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lui proposer un plan utile au progrès des bonnes études, et digite de la gloire littéraire de la nation.
Féneldn se ressouvint peut-être alors des plaisanteries de madame de Maintenon , qui paroissoit attacher assez peu d'importance aux travaux de l'Académie Françoise (i). Madame de Maintenon, qui écrivoit avec tant de goût et de pureté, sans avoir probablement jamais ouvert le Dictionnaire de VAcadémie, étoit peut-être excusable de ne pas apprécier le mérite d'un travail si nécessaire, pour fixer la tradition des usages et des règles, consacrés par l'exemple et l'autorité des meilleurs écrivains ; mais le public étoit bien plus injuste encore que madame de Maintenon, dans les reproches qu'il hasardoit quelquefois, sur l'espèce de stérilité dont paroissoit frappée la première compagnie littéraire du royaume. Ou oublioit trop facilement, que tous les titres de gloire qui ont honoré les grands hommes sortis de son sein, appartenoient en quelque sorte à l'Académie elle-même.
On pouvoit en effet, on devoit même supposer, que le génie naturel des grands écrivains qui ont jeté tant d'éclat sur le siècle de Louis XIY , avoit été puissamment secondé par la noble émulation qu'ils avoient puisée dans une association née, pour aiosi dire, avec Louis XIY, et environnée de sa gloire et
(i) Voyez ci-dessus, 1. 1«% p. 271.
LÎVKE HUITIEME. 3o']
de sa protection. Mais la malignité se plaisoit à établir un parallèle peu équitable entre les savantes et utiles recherches que deux autres compagnies littéraires publioient dans leurs Mémoires, et le travail sec et pénible d'un Dictionnaire d'autant plus difficile à conduire à sa perfection , que les caprices et la mobilité de l'usage le condamnent sans cesse à subir de nouvelles variations.
Ce fut sans doute pour soutenir le courage de ses estimables collègues, dans cet ingrat emploi de leurs talents, et pour ouvrira leur zèle une carrière plus vaste et plus utile, que Fénelon proposa à TAcadémie un plail , dont l'exécution auroit rempli le véritable objet de son institution, et auroit servi peutêtre à prévenir les abus et la corruption que l'on a reprochés à la littérature du dix-huitième siècle. Tel est l'objet de la réponse qu'il adressa à M. Dacier, et qui a été imprimée, depuis sa mort, saus le titre de Lettre à F Académie françoise.
Cette lettre est restée comme un de nos meilleurs ouvrages classiques, et comme un des plus propres à fonner le goût , par la sagesse des principes, le choix des exemples, et l'application heureuse de toutes les règles qui y sont rappelées ou indiquées. Mais Fénelon ne l'avoit point écrite pour qu'elle devînt publique ; sa modestie ne lui auroit point permis de substituer son autorité à celle de la compagnie littéraire, qui rendoit un hommage honorable à son
Lettre de
Fénelon
a V Académie,
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notre.
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goût et à ses lumières. La persuasion où il étoit qu'il parloit à des collègues et à des amis, dans le secret d|e la confiance, et avec le seul désir de concourir I leurs vues pour la gloire des lettres, lui donna le droit et le courage de proposer à TAcadëmie une occupation véritablement digne d'elle; mais, comme il le déclare lui-même, cr avec la plus grande 'c défiance de ses pensées, et une sincère déférence . «c pour ceux qui daignoient le consulter. » Du DictioH' Il est facile de s'apercevoir, dès les premières
lignes de la lettre de Fénelon, qu'il s'étoît fait, sur l'utilité d'un Dictionnaire, une opinion qu'on trouvera peut-être trop sévère, mais qui paroi tra cependant assez juste à ceux qui n'apportent ni prévention ni enthousiasme dans les objets les plus chers de leurs études et de leurs occupations.
Il convient « que le Dictionnaire^ auquel l'Aca- (c demie travaille, mérite sans doute qu'on l'achève; (c mais il ne dissimule pas que l'usage, qui change <c si souvent pour les langues vivantes, pouiTa chan- « ger ce que ce Dictionnaire aura décidé. »
Il croit bien que les François les plus polis peuvent avoir quelquefois besoin de recourir à ce Z)/ctionnaire, par rapport à des termes sur lesquels ils doutent; mais, ce qui est remarquable, c'est qu'il fait consister son plus grand mérite dans l'utilité dont il peut être pour les étrangers curieux de notre langue, ou pour aider la postérité «à expliquer nosmeil-