‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 3)Chapitre 105 sur 111 · XXI. {Ibiii. p. >S · texte numérisé non relu

XXI. {Ibiii. p. >S

• Les saints mystiques ont exclu de l'état de» Anes ttamfor-

• mées, les pratiques de vertu,

XHL (AA/. p. ifii.)

• Quoique cette doctrine (du pur amour) fùl la pure et simple

■ perfection de l'Évangile, marquée dans toute la tradition, les ' anciens pasteurs ne proposoient d'ordinaire, au commun des ■justes, que les pratfques de l'ttmoariBiérMS*, proponknuiiea à

■ leur grâce.

DU LIVRE THOISIÈNE. 4^7

XXUl. {Oid.f. iya.) • Le pur nlnour fait )itj seul totile lu vie intérieure, el devient ■ alors l'unique p-incipe et l'unique mnlifile tout les actes (téli- • bérés et méritoires. •

Au reste, dous n'enlendoDs point, par la conilainnatioD expresse de ces propos) tious, approuver auctiheiuent les autres choses contenues an même livre.

Et afin que ces présentes leltres tieontnl plus âisétnënt '« ta connoissance de tous, et que personne n'en puisse prêleiulre cause d'ignorance, nous «oalons pareilleTnènf, et onJontlons par rautorlté susdite, qu'elles soient publiées aux pOiies de la basilique du Prince des apôtres, de la chancellerie apostolique, de ta coat générale du tnoot Citorio, et à là t^te du cliàmp de FlHTe dansfaville, pai* l'un de noshulssiers, selon )ï coutume, et qu'il en demeure des exemplaires affichés flilx mêmes lieux ; en sorle qu'étant tinai publiées, ellea aient envers tous et chacun de ceux qu'elles regardent, le même elTet qu'elles auroient étant signiâëes et Intimées k Chacun d'eut en personlie : ¥oUUnt auSti qu'on ajoute Iti Miéfne fol aux copies et aux elemplall^s, mente imprimés, des présentes lettres signées de la main d'uO notaire public, et scellées du Sdeau d'Une («ersonne constituée en dignité ecclésiastique, tant eu jugement que dehors, et par toute la terre, qu'on ajmilerolt i ces méines lettres réprésentées et produlttn tu original. Donné k Home, à Sainttf.^Harie Majeure, sous l'anbeau du I^^heur, lé douzième jour de iflats 1691), et l'ail hditième de notre t)ontiflcat.

Signé, 3, P. Cardiaal Albihi (i).

(i) A II «ilïiJu Bref d'InDOWDl XII, oa Xroux, duu lea préeidmWi édiiiang

crei. NoDiHiptiriltioDi cei obicrTitÎDiu, dont n6ui itDiniltDni ixabitanec dîna la lelM iDéue de THithirtf a" to3 cl cigi p, 3i4, «10. 1(09. «te. (toir.)

flKCKS Jt;STIFICATIVF9

N" IX. — Pages 291, 33o, etc.

\/ugements de quelques personnage! cèlèbies sur la

controverse du guiélitme ( 1).

Un dfs trails les plus remirqualiles Ou siècle de Louis XIV, est l'imporlance que loiiles les classes de la stMtiété alUichoient ■Ion aus alTaires de la relif;îon, et le vir intérêt que les conlroteraet Ihéologi'ques iiispïrnieni aut personnes même du monde, et souvent du plus grand monde. L'bisloire de la controverse du quittiame en fournît à elle seule bien des exeniples, qui nnt trouvé nalurellemenl leur place dans VHitloirr île Fiitclon. Hais ce qui est peut-être encore plus remarquable, c'est la vivacité avec laquelle de« hommes du monde prirent parti dans une con* troverse si abalraile, et si étrangère à leurs idées habituelles. 11 n'y eut pas jusqu'au célèbre La Bruvêre, qui ne se crût obligé d'écrire sur celle question de ibéologie; il avoit composé, ou plutàt ébaucbé des Dialogues nur le qaiétisiiie, qui furent achevés et publiés après sa mort par l'abbé Dupin. (ParU, 1699, în-ia.) I^ Bruyère devoil a Bossuel sa place chet. le prince de Coudé; et une juste admiration, Jointe au motif de la reconnoissance, ne lui permettoil pas d'hésiter entre Bossuel et FéneloD. On peut consulter, sur les Dialogues de La Bruyère, U Notice donnée sur cet écrivain, par M. le baron Walckenaer, à la tête des (Minret de La Bruyère. (T. 1, p. 77, etc.)

Un exemple bien plus élonoant, en ce genre, est celui de ma* dame de Grignan, fille de madame de Se vigne. Ellesuivoit, avec le même intérêt que La Bruyère, la controverse du quiélisme, dont elle fait l'analyse, à sa manière, dans une lettre écrite en 1B98. {Lettres de madame de Séi'igiié, édil. Monmerqué, in-S, t. X, p. Si S.) C'est dans cette lettre, que madame de Grignan porle, sur le démêlé de Bossuel et de Fénelon, ce juge-

(l) Nom réoDluong, hui ce lïlrc, qnclqnu obMnalJDiu rcpindna diula ItoUt ti Piiai jiHiificativts àa fritiioAet aaiom, etauiqueli« il ddu ■ semblé D(il« At dgi lion, 1. 11. p. 3i, s

DU LIVRE TROISEÙMI':. 4^9

meiit singulier : ■ M. de Cainbni défend bien la ouae de Dieu ; • mais M. de Heaux défend mieux celle de la religion ; il doit ■ gagner à Rome. • Il n'eal pas facile de deviner le mot de relte ei)>èce d'éoigroe, ni quelle différence madame de Grignan croyoit voir ici entre la cause de Dieu et celle de la religion.

Nous remarquerons en passant, que le cardinal Maury, dans une Nnle sur FÉloge de Finelon, attribue ce mot singulier à madame de Sévîgné, Il y a ici, de la part de rillustre auteur, une double distraction; car il est certain, que madame de Sévigné éloit morte au mois d'avril iËg6, environ dix mois avant la publication du livre des Maximes, et par conséquent longtemps avant les démêlés dontil fut l'occaaion. Il est également certain, que le mot attribué par le cai-dinal Maury à madame de Suvigne, est très-peu conforme à son caractère d'esprit ; elle s'exprimoit habituellement avec plus de naturel et de simplicité.

Un jugement, beaucoup plus digne d'attention, est celui du célèbre Leibniz, sur la question àf:X amour par (^\ divisoit Bos-' auet et Fénelon, et que l'évéque de Menux lui-même regardoit comme le pmnt décisif, qui renfermait la décision du /ouf (i). Celte question, par sa nature, n'appartient pas moins à la philosophie qu'à la théologie, puisque la solution dépend principa* lemeut de la notion qu'on doit avoir de Vamour pur ou désinlérrssé. Il n'est donc pas indifférent de cunnoitre quelle étoit ,.sar ce point, l'QpinioD d'un métaphysicien aussi célèbre que Leibnit.

Déjà le cardinal de Bausset l'avoit fait coonoltre, dans les éditions précédentes de cette Histoire, en citant quelques fragmenta des écrits de ce grand philosophe (i). La même question est traitée, avec plus de développement, dans plusieurs de ses lettres à l'abbé Nicaise, chanoin<> de Dijou, publiées depuis In mort du cardinal de Bausact, d'après les manuscrits originaux qui se conservent en partie à la Bibliothèque iftyale de Paris, et en partie à la Bibliothèque publii/ue de Lyon (3). Mous joindrons

{\)Rtfi>nieiquatn Letties de N, dt Cambiiii.a. ij). {CXiivnida Beijifsf. t. XXIX,p, 6i.) (s) Oa nuaiU iloient pl)cn parmi lea Pièctt iuilifieal. du litre III , ii. lo.

(1) Uae ptrtte it cttlc Comtptmàimee de Leitti: i*te Vahbi Nicaitt, ■

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470 PliCK JUSTIFICATIVES

ii:i >ui fngincDt* déjà publié* psr le cardinal de Bausset, lei GvtraiU de cm nouvelles leUres, concernaat rufTaire d» quiélitme. Lm uni e| \t» tuttt» montrent lom ■ la fois U rare saf[acilé de Leibnixi et la modération >le »ep jugpmçn') lur la controverse dont il l'agit.

FragmrnU <U quelifttU lellret de LeibnU. 1° LcUrc i Thoipu BuniU.

< On agile en Anglelttrre iina queition inr l'amour de Dieu , i]i)i e«i auui agltéi eo Prance , entre l'archevêque de Cambrai, précepteur du duc de Bourgogne, et l'évfque dcMeaut, d-devant préceptear du Dauphin. Il y a longiempi que j'ai eiamimé celte matUre , car elle ttt de grande importamee ; et j'ai pensé que, pour décider de tellei quMtiona, Il faut avoir de bonnes déRnitions. On trouve une dàfinition de l'amour dans la Préface de mon Code diplomatique, où Je dii; Aman, eti fe- Ueltale alleriUi deleelari ; aimer, c'eit trouver ton (diiiiir dan* la . félicité d' autrui ; et, par cette déânition. on peut retondre cette grande queition : Comment l'amour véritable peut Être désintéreaié, quoique cependant il loit vrai que nou» ne faiions rien que pour notre bien ; c'est que toutes cet chose* que noua détii'ons pour elles-mémei, elians aucune vue d'intérêt, sont d'une nalura a nous donner du plaisir par leur* eicellente* qualités; de sorte que la félicité de l'objet aimé entre dans la nôtre. Ainti on voit que la définition termine la dispute en peu de

a< A l'tbM NioÙH.

Ne fait-on pat un peu de tort i H, l'archevêque de

Cambrai? Je me déËe toujours un peu du torrent populaire; et toulei les foi* que j'entends crier : Crucifige, je me doute de

été publiée en iBKj, dam U Rerae dti deax Bnur^giui. ISie ■ été nprodnUe, iTce qiulqiin pièces aouTeila, dini li Innuème édîtlon d« FtagmentM philat. it M. Couln. (Parti, iS38, in-S*, t. II. p. 106, etc.) (Énrr.) (i) OEovnu de Udni: , I. Vi , p. a54.

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DT3 LITBE TROISliîME. 47'

quelque supercherie. C^iendant je n'ai rien à dire là-dessus ; je n'ai pas vu son livre ; el peut-eire que la matière me passe. Ce n'esl pas asseï d'avoir quelque chose de commun avec les vériléa; il r'j a euère d'erreur qui n'emprunre quelque belle vérité, pour s'en masquer; et nous serions bien malheureux , si pour cela nous devions être privés de l'usage de ces vérités. Cependant, sachant l'exactitude de M. de Meaux, que j'entends prendre quelque part dans cette querelle, je veux croire qu'il y tiendra nn juste milieu... Il y a des gens, parmi let Protestants d'Allemagne, qu'on appelle Piitislu (i), qui font Ici autant de bruit que les QuUtisiei en peuvent faire en France. Comme JB suis entré en quelque discussion là-dessus, je trouve ce qu'on trouve ordinairement dans les disputes, et même dans les |irocès, qu'on a souvent quelques torts de part et d'autre. • 3' Aa même.

• Jat reçu, par la faveur de H. Pinsion, la Letlrt paiiomit

lir M. Je NoyoH et la iMtre de M. l'abbé de la Trappe au sujet du quiélisme (*), La première est savante et éloquente; et la swonde explique fort bien le fond de la chose, et ce qu'on doit reprendre dans la quiétude des lâua mystiques. Cependaut il me semble que <%la ne touche poiot H. de Cambrai. J'ai lu une relation de son livre, insérée dans VHisloire des out-rages dtt

(i) Lu Pifilùlif nntnat <«ct« d'illumiaés . Toadéc pir ^«ncr u dii-tcp- |U« litclc, paor kr^tdmg do lolbiruiign, Oi pmt cooiaUM u ujet il* Mlle ucM I* Dimiaimairt it Uonn , irlicla PiHûtts, Plnqurl, Did. ddi Hitnia,ilHd.,— laSjmbiMfatitiA<M!ctl\.U, Ut. II, chip. 3, | 73. (Ëdit.)

[ij L'^iti^iie de Ndjod, Fnp^sii it Ocmwnt-ToDntrr*, ttDOÎI <je pubJiir une Ltttn patiBTtU, en forme dt préstrvati/ eoiure Ut maximet pernicieuiei Ju juiéiùmt (i5 pigciin-r). CeUeinMmclioa, diléeduiB mii iKg7, M mjniird'bui peu connac . pirci qn'tlLe ut i peine meotioDsie pir Ln autcurt ntmei qui oui ^crit plu en détail l'hiilolre ic la controtene du qiilélume. Elle ett d'iilieuni d'An (oible ialérét, el peu propre à édureir Ira qnesiîgni alors ■gil^ tttt tant de tlncité. Le jngenenl qu'en porte Leibsii , dana la noie placée à II auîlc <le «Ile lettre, nom paraît aunl jute que aaiiri.

LMltlirtie l'abbé it h Tm/T», doolparle ici Leibnii.Hl une de édita qn'a| a Tuee plua hanl, p 69. etc. (Ëdit.)

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47^ PIECES JDSTIfICATIVES

tavanli de H. de Beau val -BuiMge (i), où je ne ti'OUTe rien qu me paroiue dan|;ereui. Vous verrez plus amptemeat ce que j pense sur i^tte malière, dans le papier ci-jotnt (i). Il meseinbl que l'ien ne lerl plus à propager le quiéllame, que le bruit qu'oi fait pour le supprimer.

VMi cgD JKIiUi, aoU (ta. ctacm Oimmu ;

Si aa n'avoit rien écrit contre le livre de H. de Cambrai , la cliow eu teroit demeurée làj et l'empreasemenl qu'on a de le réfuter, réveille la curiosité d'une infinité de gens, qui ne se contieodront pas dant les bornes que M. de Cambrai leur a marquées, et qui donneront peut-âtre dans les fausses msiimes qu'on réfute, dont ils n'auroient rien su sans les réfutations. 11 en est de même des PittUtts cbez nous, qui font pour le moins autant de bruit en Allemagne, que les Quiéliite» en Italie ou eu France. Si on avoit écouté les conseils de ceux qui vouloient qu'on n'écrivit point rentre, il y a longtemps qu'on n'en auroit plus parlé. Il y a dans le voisinage un homme très-savant à sa manière, et trèa-ingénieui, qui nous menace d'une nouvelle théoli^ie, et qui a donné déjà quelques échantillons. Saos moi , il y a longtemps que nous aurions en lui un hérétique de plus; mais j'ai tâché, tant que j'ai pu, d'empêcber qu'un ne le réfutât.*

StatimaU dt Lcibai:

• La Lellre pastorale de M. l'Août de Nojoa est savante et éloquente, et, en un mot, digne du caraclèrc de son auteur; mais il eût été a souhaiter qu'il eût voulu s'expliquer davantage ; car il nous aui'oit appris bien des choses belles et relevées. Il dissuade (de) la lecture des libres remplis ilt maximes dange-

MaxiiHtt. (Miri 1697, p. 3ai.)'Lc méiiM rccutil donsa, peu de teinpi aprii, aoeicnblible »mIjk iI« VlmlrucUoo Je Boituil tut Ui êiau J'oraiim. (Stpl. 1697, p. 3, etc.) CiUc ittaiite lùaljte |uirail ci géuéral moiiH cticle que Ii preiDlère: luli, dan l'une CQBHne dam l'autre, krédacteur parie aiec uae nodéraUsn remarquable, ilu diui ouiraiei et de lean aiil«iin. (ËniT.) (a) C'eil la langu noie placée à la aiûte de eeUe iMIre.

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