LIVRE TROISIEME. I
« Vous VOUS plaignez de la force de mes espres- « sions!... Venons au fond. Monseigneur; laissons a là tous les égards dus à votre personne, contre « lesquels vous ne montrez pas que j'ai péché. . . . « Il s'agît ici de dogmes nouveaux, qu'on voit in- « troduire dans l'Église, sous prétexte de piété, « par la bouche d'un archevêque. Si , en efîet, « il est vrai que ces dermes renouvellent les er- « reurs de Molioos, sera-t-il permis de le taire?. . . « Pourra-t-on le dissimuler sans trahir la cause (de « la religion)? Voilà pourtant ce que le monde «appelle excessif, aigre, rîgoureu?t, emporté, si o vous le voulez. Il vondroit qu'où laissât passer s un dogme naissant, doucement et sans l'appeler a de son nom, sans exciter l'horreur des fidèles, « par des paroles qui ne sont rudes qu'à cause c qu'elles sont propres, et qui ne sont employées « qu'à cause que l'expression est nécessaire. . . Si « l'auteur de ces nouveaux dogmes les cache, les m enveloppe, les mitigé, si vous voulez, par certains ■ endroits, et par là ne fait autre chose que les « rendre plus coulaots, plus insinuants , plus dan- « gereux; faudra-t-41, par des bienséances du monde, « les laisser glisser sous l'herbe, et relâcher les « saintes rigueurs du langage théotogique? Si j'ai a bit autre chose que cela, qu'on me le montre. Si « c'est là ce que j'ai fait. Dieu sera mou protec-
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i8o aisTDtnK de pénelob.
K teur contre les mollesses du monde et ses vaines
« complaisances ( i ) . n . . .
... « Après cela, Monseigneur, je n'ai plus rien n à vous dire. S'il se trouve dans vos écrits <[uel- « que chose de considérable, qui n'ait pas encore été « repoussé, j'y répondrai par d'autres moyens. Pour « des lettres, composez-en tant qu'il vous plaira; diu vertissez la cour et la ville ; faites admii-er votre « esprit et votre éloquence, et ramenez les grâces des « Lettres provinciales ;\e neveux plus avoir départ a au spectacle que vous semhtez vouloir donner au o public (a). »
11 est impossible de méconnoître dans ces accents passionnés, l'émotion profonde d'une nme agitée par le sentiment d'un grand danger, et par la prévoyance de grands malheurs. C'est peut-être moins encore le zèle de la vérité, qui porte fiossuet à s'armer avec tant d'inflexibilité centre les mollesses du monde et ses vaines complaisances, que cette inquiète sollicitude d'un Père de l'Église, qui a vu souvent les
(i) Réponse à quatre Lettres, ubi supra, p. 76 et 76, Nous supprimons ici quelques fragments de cette Réponse de Bossuet , relatifs à la cmti'overse sur la nature de la charité. II nous a paru nécessaire de les renvoyer un peu plus bas (p. 184)1 afin de mettre le lecteur plus à porl^ de comparer les raisous apportées par les deux prélats, à l'appui de leur sentiment. (Écit.)
(a) Ibid. p. 87 et 88.
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