LIVRE TROISIÈME
Le Pape déctaroit ensuite, « qu'après avoir pris les « avis de ces mêmes cardinaux et docteurs en thëo- ■ logie, il condamnoit et réprouvait., de son propre 0 mouvement , le livre susdit , en quelque langue et a versioD que ce fut; d'autant que, par la lecture a et l'usage de ce livre, les fidèles pounvient être {^i) « insensiblement induits dans des erreurs déjà con- K damnées par l'Église catholique ; et aussi, comme « contenant des propositions, qui, soit dans le sens « des paroles , tel qu'il se présente d'abord , soit eu « égard à la liaison des pnncipes (a) , sont respec- « tivement téméraires, scandaleuses, mal sonnantes, « offensives des oreilles pieuses , pernicieuses dans « la pratique, et même erronées. » I^e Bref rapportoit ensuite vingt-trois propositions extraites du livre des Maximes des Saints , et que le Pape déclaroit soumises respectivement aux qualifications énoncées. Le reste du Bref expnmoit les dispositions d'usage pour les livres condamnés, H à l'exception de la clause qui les condamne au feu. y
1 La plupart des propositions condamnées par ce Bref, peuvent se rapporter, comme nous l'avons
(t) Dans la traduction de ce Brer, imprimée tome XV de l'édittao des OEueres de Sossuet, publiée par dom Dcforis, on a mis peuvent élre, au lieu de pourraient étr«: ce qui fonne un sens difTérent, dans le style des censures.
(a) Le même U'aducteur & ajouté, et des maximes, mots <]iii ne se trouvent pas dans le Bref.
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3a6 HISTOlftE DE FÉMELOIf.
dé^k reinarquû (l), à deux erreurs fondamentales, dont l'une regarde la suppression de tous les actes distingués de la charité, dans un certain état ^c perfection ; et l'autre, le sacrifice absolu du salut, dans les dernières épreuves de ta vie intérieure (2]. Les autres propositions condamnées par le Brej, quelque répréhensibles qu'elles soient dans leu r sens propre et rigoureux, ne paroissent avoir aucune liaison avec les premières, ni avec le système général du livre condamné (3); ce sont dçs inexactitudes, dont les meilleures intentions ne préservent pas toujours les auteurs même tes plus instruits. « On peut dire de ces propositions, selon la « i-einarque du P. d'Àvrigny, qu'elles servent à K montrer qu'on ne voulolt faire nulle grâce à tout a ce qui pouvolt être tant soit peu ambigu, ou équio voque, ou susceptible d'un mauvais sens (4)- »
(i) Ci-dessus, |>. 44-
(a) L'analyse que nous donnons ici du Brtf d'Innocent XJI, étoit renvoyée, dans les précédentes éditions de celte Blrioire, au n, X des Pièces justifieaiires lie ce troisième livre. L'importance de ces développements, pour compléter ceux que nous avons dé^k donnés sur le fond de la controverse, nous a déterminé à les insérer dans le corps de l'histoire. On peut voir de plus amples éclaircissements sur celte matière, dans VHist. Utt. île Fénehn, II* parlici n. 85, etc. (Édit.)
(3) Cette observation regarde en particnlier les prop. 3, i3, i5, 16 et aa.
(4) D'Avrigny, atém.ckronol. sur VHùtoire ecclés. t. iV;
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