LIVRE TaOlSIÈME. SqI
■ madame de MaiateDon. Sa Majesté y fit deux cri- •t tiques : fane sur quelques expressions qu'e/le « trouva irop^fiatteuses pour t archevêque de Cam^ « &rai[i). J'avois beaucoup aimé ce prélat, avec letc quel j'étois assez lié, avant même qu'il fut à la « cour; et il faut avouer que son commerce étoit « délicieux. Affligé de son illusion, que je u'attri-r o buois qu'à une trop gi-ande subtilité d'esprit, j'a-> « vois cherché à adoucir par mes paroles l'ameis « tume de sa disgrâce , et à le consoler moi-même» a en quelque manière, de ce que j'étois obligé de faire a contre lui. Je ne dissimulerai pas non plus, que « n'ignorant pas comlûen les révolutions sont ordi- « naires à la cour, et prévoyant que celui qu'on ve- " noit de flétrir par une censure rigoureuse, poui^ « roity revenir ua jour pour y jouer un premier « rôle , j'avois cru qu'il étoit de la prudence de ne « point aigrir le mal par la dureté des expressions, « et de faire sentir à l'archevêque de Cambrai, que o ne pouvant approuver les pieux excès de son zèle, a je n'avois jamais cessé d'admirer ses talents, et de « respecter sa vertu. Le Roi trouva donc que fen M par/ois un peu trop favorablement ; mais sa cri-
(i) Le Te^femo^iiff venoit de parattre, et avoit achevé d'aigrir Louis XJV contre Féuelon. lîous rendrons compte, dans le livre suivant, de tout ce quicoDceme le Tétémaque. (Note de tmàteur.)
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39''i uim'uihe ue f^nelon.
« tique, toujours modérée comme son caractère, ne « me coûta que le retranchement d'une ligne d'én crîture, et «n laissa assez dans mon discours, pour a remplir l'objet que je m'étoîs proposé.
•X La seconde critique me fît voir jusqu'où le Boi m portoit , de lui-mt^me, sa grande délicatesse sur la « religion, et surson pouvoir dans les matières ec- 0 ctésiastiques. Il fut d'abord blessé du la qualité ■ à'éi't'que extérieur, que je lui donnois dans mon u discours; il craignit qu'elle ne fut trop forte, et il a me fit écrire par M. dePontchartrain,que je prisse « garde ji ne lui attribuer que ce qui lui apparie- « noit véritablement. Mais comme c'est le titre que o les évêques de Nicée donnèrent à Constantin ( r), et « que les assemblées du clergé ont souvent répété a en parlant à nos rois, je répondis à M. de Pontn chartrain , qu'après avoir admiré le scrupule du a Boi , je croyois pouvoir laisser dans mon discours « une qualité si autorisée par l'Église même ; et elle
(i) II ne paroit pas que les évéques du Concile de Nicée aient dunné à Coostantio le tiu-e âîévéque extérieur. Eusèbe dit seulement, dans la Vie de Conttanlin (lib. IV, cap. a^), que ce prince, dans les conversations qu'il Hvoit fréquemmcnl avec les évéques, aimoit à prendre ce titre. Fénelon, àm%\e Discatirs prononcé au. sacre de l'électeur de Cologne, le i"' mai 1 707, explique avec beaucoup d'exactitude et de clarté te sens de ce titre, dans l'idée des anciens auteurs qui l'ont donné à Constantin. (Ëdit.)
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