LIVRE TROISIÈME. 'iSg
a de la saîue doctrine, elle a rendu un témoignage « éclatant de la pureté de sa foi. La vérité n'a ja- « mais remporté une victoire si célèbre, ni si com- « ptète sur l'erreur. Aucune voix discordante n'a a troublé ce saint concert, cette heureuse harmonie a des oracles de l'Eglise : et quelle a été sa joie, « lorsqu'elle a vu celui de ses pasteurs dont elle « aurait pu craindre la contradiction, si son cœur « avait été complice de son esprit, plus humble et «plus docile que la dernière brebis du troupeau, « prévenir le jugement des évéques, se hâter de u prononcer contre lui-même une triste mais salu- « taire censure, et rassurer F Église effrayée de la « nouveauté de sa doctrine, par la protestation n missi prompte que solennelle d'une soumission it sans réserve, d'une obéissance sans bornes, et « ittm acquiescement sans ombre de restriction, d Le chancelier d'Âguesseau nous apprend , qu'eu prononçant son discours au parlement, il avoitdonné à l'éloge de Fénelon un peu plus d'étendue, et ou caractère encore plus touchant et plus flatteur. 11 y avoit été porté par un sentiment d'estime pour la conduite de l'archevêque de Cambrai dans cette grande crise, par un goût naturel pour son esprit et son caractère; et enfin, ajoute-t-il avec une naïveté (fui désarme la critique, « par la considération des « révolutions si ordinaires à la cour, oii celui qu'on « venoit de flétrir par une censure rigoureuse, pou-
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« voit un jour y revenir pour y jouer le premier « rôle (i). »
Le récit qu'il nous a laissé des motifs qui te forcèrent à afibiblir un peu réloge de Fénelon, lorsqu'il fit imprimer son réquisitoire, renferme quelques détails assez curieux, pour nous Faire présumer qu'on nous saura gré de transcrire ici ce fragment de ses Mémoires{'i). « H ne restoit plus, pour finir l'affaire « du quiétisme, que de faire imprimer les lettres K patentes et l'arrêt d'enregistrement. Je ne pou- « vois me dispenser d'y faire insérer mon discours, a surtout après l'invitation qui m'avoit été faite n par le premier président , au nom de la compa* a gnie, de te mettre dans les registres ; mais je crus, n suivant t'avis de mon père, que je devois prendre a auparavant la précaution de le faire voir au Boi , a quand ce ne seroit que pour prévenir les coma mentaires malins, que le parti condamné ou le « parti victorieux, dont j'avois cependant ménagé n l'un et loué l'autre, pourroit en faire auprès de « Sa Majesté, si elle n'avoit pas été prévenue sur ce « sujet; et la suite justifia la bonté du conseil que a mnsn père, qui étoit encore plos mou oracle, m'a- <i voit doDBé. J'envojai donc mon discours à M. de ff Pontchartrain ; il le lut au Boi , en présence de
(i) arwrei,-taine ItlU, p. 189. t ' (a) Ibid.