‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai (volume 4)Chapitre 27 sur 46 · livre, l'exposition du sentiment de Lcibnitz , sur cette na · texte numérisé non relu

livre, l'exposition du sentiment de Lcibnitz , sur cette na

tière. (£oit.) .i^^^/

(2) Ce iràgmeot ^u. Joumal de Vabbé Ledieu est cité dans YHist, de Bossuet, U III, liv. X, H. 19» p. 33a, etc.

LITRë TROISIEME. 33 1

« vêqtie de Paris j et rfesta reilfermë chez lui ^ sads « se modtrer en public. »

Dans les prehiîers moments quî suivirent la ré*» ception du Bref, il parut très-satisfait d'avoir obtenu la condamnation dé l'archevêquiB de Cambrai; il kvoît observé sensiblement combien on commenfeoit à se fatiguer, à Versailles, de cette interminable discussion, et avec quelle impatience l'archevêque de Paris et Tévêque de Chartres soupiroient après une décision quelconque. Il étoît lui-même si inquiet du succès, depuis le projet des canons proposés par le Pape, qu'il s'applaudit d'abord très-sincèrement, d'être enfin arrivé au terme de tant de travaux et de sollicitudes (i); mais il laisse ensuite apercevoir dans ses lettres, que des réflexions ultérieures Favoient rendu mécontent des ménagements que le Pape avoit montrés pour l'archevêque de Cambrai dans ce décret (2). Enfin , il écrivit à son neveu, le la avril (1699) : « Il est inutile de « parler davantage du Bref; on le recevra comme « il est, et on le fera valoir du mieux qu'il sera pos-

(i) Voyez les Lettres de Bossact à son neveu y des a3 et 3o mars 1 699. [Œuvres de Bossuet, t. XLII , p. 37 4 et 3^o.) Bossuet s'exprime , sur le même sujet , avec les termes de la plus vive satisfaction , dans une lettre inédite du 1^^ avril 1699, dont lioDs avons vu l'autographe, ohez M* Villeiiavepère. (ÉBrr.)

(a) Lettres des 6 et 12 avril 1699. (Ibid, p. 412 et 4*^*}

33a histoire.de fenelon.

« sible. On trouve ce parti plus convenable, que a d'entamer de nouvelles négociations , et de s'exa poser à voir peut-être affoiblir encore le jugement, a en le faisant réformer, d

On peut se faire une idée de toutes les difficultés que les adversaii*es de Fénelon avoient eues à remporter la victoire, par quelques expressions de la lettre du P. Roslet, en envoyant à l'archevêque de Paris le Bref de condamnation ( i ) • « Monseigneur, « j'envoie à Votre Grandeur la peau du lion qui « nous a fait tant de peine^ et qui a étonné tout « le monde par ses rugissements continuels , dua rant plus de vingt mois. Le Pape, touché de « compassion, vouloit qu'on supprimât le nom de a l'auteur ; mais on lui fit entendre que cela ne se ce pouvoit pas, puisque l'auteur même s'étoit nommé,

<c et manifesté à toute l'Église Je regarde le

a succès de l'affaire comme un miracle de la divine c< Providence; car, selon les règles de la sagesse ce humaine, elle ne devoit pas sitôt, ni si heu-

ce reusement finir J'ai un peu de peine de ce

« que le jugement ne soit pas en forme de huile ^ « quoiqu'un bref soit essentiellement la même a chose. C est en vérité beaucoup^ que Von ait oh-

(i) Le P. Roslet, procureur général des Minimes, étoit l'agent de l'archevêque de Paris auprès de la cour de Rome.

a tenu cette ^emionjattentiscircumstantiis (\\i>

L abbé de Chanterac apprit en ces termes o Fé- L'abbé de chaoneloii le jugement qui le condamnoit (2) : « Voici , **"*^ anooiice

, • àFéneloii

ce Monseigneur^ le temps de mettre en pratique ce le jugement qui

ce que la religion vous a jamais fait comprendre dé '« condamne.

« plussaint, dans la parfaite conformité à la volonté

« de Dieu. Voici le temps, si je l'ose dire, et pour

a vous et pour ceux qui vous sont unis, d'être obéis^

K sant à Jésus-Christ jusqu'à la mort , et à la mort

« de la croix , afin que ceux qui vivent ne vii^ent

« plus à eux-mêmes. Vous avez besoin de toute

« votre piété, et de toute la soumission que vous

<K avez si souvent promisé au Pape dans vos lettres,

<ic pour posséder votre âme avec patience, en lisant

« le Bref qu'il vient de donner et de publier contre

« votre livre. Il seroit inutile de vous dire ici cer-

« taines circonstances qui ont accompagné cette dé-

« cision , et qui ne serviroient qu'à la rendre plus

« accablante. Le zèle de quelques particuliers allait

^jusquà croire rendre service à Dieu y en derruin^

« dont encore d autres choses plus flétrissantes ^ et

« dun plus grand éclat ; et le Pape a cru faire

« beaucoup pour vous, de leur résister là -dessus.

« On a cru que je devois le voir , non - seulement

(i) Lettre inédite du P. Roslet à V archevêque de Paris ^ du i3 mars 1699.

(a) Lettre de Vabbé de Chanterac à Fénehny i4 mars 16^9. {Corresp. t. X, p. 41^0

334 H1STOIR6 DE FENELON.

« pour l'assurer de votre SQurnissiou à son juge- « mept, mais epcQre pour d'autres choses, dont je « pourrai peut-être vous rendre compte à la fin de « cette lettre. Quelle différence entre ce qu'il dit en «c particulier , et ce que son Bref fait entendre au « public ! Nous ne saurious être tous ensemble si « affligés y comme il le paroissoit luisent, de ce qu'il « pouvoit y avoir de pénible pour vous dans le ju- <c gement qu'il yenoit de rendre ; il en paroissoit « changé, à n'être pas reconnoissable. Il me dit plu- (c sieur$ fois, qu'il vous connoissoit pour un grand ar- « chevêque , très-pieux, très-saint , très-docte, piis- « sinio^ santissimOy dottissimo :çe sont ses propres « termes ; car il parloit italien. Je ne dois pas vous oc dire ici ce que je lui répondis.

« Totis vos amis , Monseigneur, croient que vous « devez recevoir ce Bref avec une parfaite soumisce sion , telle que vous l'avez promise , simple et « sincère ; ils sont persuadés même , que plus elle « paroîtra simple , plus elle sera agréable à Dieu et « au^ hommes. Il semble que Motre-Seigneur vous « destine autant à édifier toute l'Église par votre « soumission , qu'on veut feire croire qu'elle a été « scandalisée par votre livre. Ce seul exemple douce nera une plus grande idée de la perfection des « vertus chrétiennes , que tout ce que vous auriez ce pu dire de plus saint sur la religion. Je n'ai point

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