‹ Histoire de FlorenceChapitre 11 sur 102 · A5. 1572) MESURES ADOPTÉES · texte numérisé non relu

A5. 1572) MESURES ADOPTÉES

d'exclure des offices quatre-vingt-seize d'entre eux pour cinq ans; mais il y a loin, comme on dit, de la coupe aux lèvres, et l'on ne frappa que trois des Albizzi, dont Piero, leur chef. Encore, pour tenir la balance égale, Irois des Ricci, dont Uguccione, eurent-ils le même sort. L'esprit de défiance éclate dans cette assemblée comme le désir d'équilibre : elle décida qu'on ne ferait ni guerre, ni paix, sauf contre les Ubaldini, sans une délibération des prieurs, réunis non seulement à leurs collègues, mais aussi aux neuf capitaines de la parte^ aux cinq de la marchandise, à deux consuls de chaque art, à quatre-vingt-seize citoyens, six par gonfalon, ayant tous exercé quelqu'une desdites charges, sans qu'ils pussent jamais être deux de la même comorteria. 11 fut défendu d'entrer au palais^ sinon pendant les audiences publiques, et même d'en approcher à une distance de cent brasses, sous peine de cinq cents livres chaque fois. Une charge importante fut créée, celle des Dix de liberté. Ils avaient pour mission d'empêcher qu'il n'y eût des sectes, de veiller à l'administration de la justice, de prendre part aux votes sur la guerre et la paix. Nommés pour quatre mois, à partir du l**" mai suivant, sans doute ils remplirent bien leur office, car ils le rendirent durable. Deux d'entre eux étaient magnats, deux appartenaient aux arts mineurs, six aux arts majeurs, ou à la classe des citoyens qui n'exerçaient aucun art, et dont la tendance aristocratique réhabilitait le nom infamant de $cioperati ou oisifs. C'était faire la part belle aux popolani grassi^ parmi lesquels se recrutaient ces frelons de la ruche : pour fermer la bouche aux petites gens, on leur accorda que tout habitant injurié ou molesté par plus puissant que lui aurait le droit de réclamer

86 l'OUTÉK DES RÉFORMES. (Vs. I3/Î\

rinscription de roffenscur au nombre des grands. Bien plus, la peine, une fois prononcée, devait être maintenue, alors même que les deux- ennemis se seraient réconciliés, ce qui fut cause, selon Marchionne, de nombreux scandales dans la suite des temps*. Le même auteur ne blâme pas moins une autre satisfaction qu'on crut devoir au peuple : les cinq consuls de la marchandise s'en virent adjoindre deux nouveaux, pris dans les quatorze arts mineurs, et cette adjonction d'hommes de bas étage parut amoindrir, déshonorer une charge très estimée, même au dehors, composée, jusque-là, des marchands les plus riches, les plus pratiques, les plus considérés *.

Machiavel, comme Marchionne, juge sévèrement a»s réformes. En principe, dit-il, le nombre est plus apte à conserver une bonne organisation qu'à la trouver; en fait, les cinquante-six réformateurs pensèrent plus à supj)rimer les sectes existantes que les causes qui en pouvaient faire naître de nouvelles, et ils n'atteignirent aucun de ces deux buts. Les Ricci souffrirent des innovations infiniment plus que les Albizzi, car ceux-ci, exclus comme eux du palais des prieurs, trouvaient toujours ouvert le palais de la parle, où ils pouvaient ourdir de nouveau leur trame et préparer leur suprématie, par une recrudescence d'aminonizioni'\ Au fond ils ne se croyaient pas sérieusement menacés. — On bien fait, disait Piero des Albizzi, pourvu qu'on ne fasî? pas davantage*.

* March. de Coppo, 1\, 751-755; Machiavel, III, 59 B; Aminiralo jeune, XIII, 685. L'auiurilé véritable esl ici Marchionne, qui fut un i^ premiers élus à l'office des Dix de liberté.

- March. de Coppo, IX, 734.

^ Machiavel, lU, 59 B; Boninsegui, p. 556. — * Bouinscgni. p. 555.

k3i. 157Ô) EXaUSION DES ALBIZZI. 87

Il n'y avait donc qu'à a faire davantage, » ou même împlement à exiger l'application, lè respect des provi- »ons votées^ pour que tout parût mal aux Âlbizzi. À cet égards les cinquante-six étaient bien disposés : Machiavel n'a pas assez vu ou assez dit que le mouvement dont Lapo de Gastiglionchio et ses amis étaient les réservés promoteurs , les avait bien vite laissés en arrière : au premier plan se trouvaient, pour l'heure, de vrais amis du peuple, déterminés contre ses ennemis. Le 12 avril, avant môme qu'eussent pris fin les délibérations des cinquante-six^ Bartolommeo Ridolû avait élé relégué parmi lus magnats*. Le 18 septembre, ce fut le tour d'un plus gros personnage, de Francesco des Albizzi. Migliore Guadagni, qui avait attaché le grelot contre ce « mauvais citoyen*, » son voisin, son rival à la campague, se trouvant gonfalonier de justice en janvier 1375, résolut de poursuivre ses avantages. A lui comme à bien daulres, l'exclusion des Albizzi, réduite à cinq années et à trois personnes, paraissait dérisoire. Les exclure tous à jamais en déchirant leurs cédules, voilà ce qu'il osa proposer et ce qu'il obtint '.

Il en fut « porté au ciel * » et n'en prit que plus de hardiesse. Devenu l'âme de la seigneurie, il fit publier.

* Diario del Monaldi, p. 330.

' « Per malvagio e reo uomo che egli era. » {Diario del Monaldi^ p. 330.) ' c Yobis D. Prioribus humiliter supplicatur pro parte popularium et vtificum quat6DU8 pro bono et pacifico stalu dicte civitatis et popularium ^artificutn et pro conservanda et augenda liberiate dicti populi et comunis, i^temini solempniter providere quod omnes et singuli de domo de Riccio P«r lineam masculinam siat prohibiti et inhabiles et kabcant devctum ad (lualibet oflilia populi « commuais et universitalis mercatorum. » (8 janvier ^575. Propvisionif LXI, 143.)

* Ainmirato, XIU, 087. « Per laquai cosa si credc non riavcranno lo ^to per di qui a gran tempo, n (Monaldi, p. 331.)

88 INUTILES EFFORTS (b. \ùil]

pour rendre moins fréquents les meurtres et les blessures, que chacun aurait le droit d'arrêter les coupables, et recevrait en récompense, avec le privilège de porter des armes, une somme d'argent. C'était donner pour auxiliaires aux famigli trop peu nombreux des officiers de juslice, la population tout entière, et tomber dans l'excès de la démocratie pour éviter ceux de l'aristocratie. Afin d'ôter aux agresseurs l'asile des églises, des couvents, des maisons contiguës, car il suffisait qu'une maison touchât à un lieu saint pour que les pires scélérats y fussent en sûreté, il fit décider que tout clerc qui leur en ouvrirait la porte se verrait fermer celle des prieurs et cesserait de recevoir les aumônes, les secours accoutumés ^ Rien, assurément, n'était plus légitime; mais loucher aux clercs, même en leurs plus criants abus, c'est susciter contre soi des légions d'ennemis.

Que ces ennemis trouvassent un point d'appui dans la parte, et ils deviendraient invincibles, et ils lui donneraient à elle-même un surcroît de force dont ce redoutable instrument de règne n'avait nul besoin. Traquer la parle dans son repaire s'imposait donc aux courageux réformateurs, s'ils voulaient couper le mal dans sa racine. Mais c'était la plus périlleuse des entreprises. In des prieurs, Piero Fastegli Pelriboni*, ayant proposé qu'aucune ammonizione ne fût valable désormais sans l'approbation de la seigneurie et de ses collèges, on vit aussitôt contre lui un déchaînement effroyable. Les capitaines et leurs adhérents l'accusent de vouloir*

» Ammiralo, XIII, 687.

* Les listes de Marchionne disent Picro Fastclli (DeL XIV, H 4); ÂraU**' rato (XiU, 687), Pietro Petriboni; Boninsegni (p. 605), Piero Fastegli F^ triboni.

(ks. 1573) POUR RÉDUffiE LA PARTE. 89

détruire la partCj ils mettent en question s'il ne convient pas de lui trancher la tête. Ils l'assignent à comparaître devant eux le l*' mars, le jour même où il sortirait de charge, comme suspect d'être gibelin. Le jour fatal venu, ce prieur de la veille dut, la courroie au col, supplier ses accusateurs de lui laisser la vie. Il ne l'obtint qu'en subissant Vammonizione^ qui Tcxcl liait à perpétuité du gouvernement, et cette rigueur parut presque un acte de clémence *. Vouloir qu'il n'y eût plus un État dans l'État, quel crime irrémissible aux yeux de h parle et de ses fauteurs! Il méritait mille morts.

Celle puissance de la parte, au temps où elle semblait le plus menacée, est une des plus grandes singularités de l'histoire florentine. Loin de s'amoindrir, on voit s'augmenter chaque jour ce funeste ferment de discorde et de tyrannie. Ceux qu'il menaçait en viennent à le seconder. Les deux membres des arts mineurs qu'une réforme récente avait introduits dans le Conseil de la faction ne s'accordent même plus à combattre Vammonizione. C'est miracle si Giovanni Magalotti, que nous avons vu participer à la réunion de San Pier Scheraggio contre les Albizzi et les Ricci, eut l'énergie vraiment civique de reprendre la proposition de Piero Fastegli. Membre de la seigneurie en mars 1374, il profita des jours où il la présidait, en qualité de proposto, pour réunir six cents richiesti et solliciter leur assentiment. Dans l'assemblée se trouvait Lapo de Castiglionchio, qui cumulait alors, avec ses fonctions de sage à vie, celles de capitaine de la parte*. Il défendit la cause qui lui était chère en un discours si long, contrairement à Tu-

* Ainmirato, XIII, G87, 688 ; Boninsegni, p. G05. ^ Voy. plus haut, même chap., p. 8U.

90 TYRANNIE CIIOISSANTE (As. 1575)

sage, que le propoito lui dut imposer silence. Furieui, il assourdit alors le Conseil de ses vociférations indi* gnées. — On ne pouvait plus, s'écria-t-il , parler en faveur de h parte ; il n'en serait pas autrement, si 6ernabô était seigneur de Florence. — Ce langage, ordinaire aux factions, aurait dû laisser froids des gens qui en avaient sans doute les oreilles rebattues ; mais il servait ou excitait les passions et fournissait un n^le a ceux qui, volontiers, se posent en conciliateurs. Un des prieui*s, Manette de ser Ricciardi, et le gonfalonier de justice, Lionardo de Beccanugi, exhortent Lapo à reprendre son discours, pouiTu qu'il le fasse brièvemenl. D'autres encore parlèrent après Lapo, sans empêcher plus que lui rassemblée de donnera la seigneurie tout pouvoir pour mettre un fi*ein ou une fin à l'ammomzione.

Le coup pouvait être rude pour la parte^ si les prieurs avaient agi sans retard, s'ils avaient délibéré au préalable, arn^'té les moyens d'exécution. C'est la moitié du succès, aux heures de crise, que de prendre les devants. Toujours habiles, toujours résolus, les capitaines s'assurèrent cet avantage. Ils notent Magalotti comme suspect, ils inscrivent sur leurs registres Manette, dont le seul mérite était d'avoir rendu la parole à Lapo, comme défenseur et bienfaiteur de \ti parte *. Ce qu'aurait fait la seigneurie, on ne peut le dire : il lui restait peu de jours à vivre, et une recrudescence de la peste lui imposait des soins plus pressants*.

C'est ainsi que Vammoniziûne put fleurir de plus

' Auiiuirato, XIII, GUO. Marchionne ne souffle mol de cette curieu^ séance.

* Marcli. de Goppo, IX, 745.

1373) DE L\ PARTE GLELFA. 91

î,car rien, pas même la mort des leurs, n'en délourles redoutables champions de roligarchie. Marnne montre en termes exagérés quelquefois, mais ours expressifs, les abus croissants de cette instituparasite et envahissante. « Qui avait, dit-il, dix îs à recouvrer pour marchandises vendues et ne les uvrait pas, faisait mettre son débiteur au nombre grands ; qui trouvait dans ses papiers de famille la ndre créance, remontât-elle à son bisaïeul et à cent ées, en exigeait le remboursement. Si le descendant et du débiteur ne reconnaissait pas la dette, il le it devant les Dix de liberté, embellissait raffaire, ait d'injures dites, de coups donnés, de couteau délé. Pour éviter Vammonizione^ il ne restait plus qu'à ;r. Qu'un ciloyen se mit à table après être resté [t-quatre heures sans manger, si un autre survenait dît : Ce pain est contre la parte, vite il se levait et tait la table. » Instituée, dans le principe, contre les onnes vraiment coupables de meurtre, de blessures, oups, d'obstacles apportés à la libre jouissance de la >riété individuelle, Vammoniziane, audacieusement urnée de son but, frappait les innocents de terreur, janvier 1377, une autre seigneurie essayera de endre l'œuvre répressive de 1374; elle y échouera me ses devanciers. Nul ne la soutiendra dans le pu- , car toute confiance est perdue dans ces honnêtes et •ageuses tentatives \ On sent bien que, pour extirper lal, il faudra quelque jour tout bouleverser. Longps on recule devant l'explosion, mais on ne reculera toujours. Ainsi se préparent, en tout temps comme

March. de Coppo, IX, 760.

92 DERMÈRIi: GUERRE (Jb. 15ÎÔ)

en tout pays, par raveuglement fatal des uns, comme par la colère longtemps contenue des autres, tant ds révolutions légitimes à l'origine, bientôt décriées par leurs excès.

Pour les retarder, se joignent parfois, à la longue palicnce des opprimés, des événements d'ordre divers, fléaux de la nature ou guerres extérieures. Nous aurons, dans le chapitre suivant, à nous étendre sur une de ces diversions puissantes, qui absorba, durant quelques années, toute l'activité des Florentins. Il nous sera permis de ne pas donner tant d'importance aux événements de la guerre contre les Ubaldini, quoiqu'ils tiennent, dans les auteurs du temps, infiniment plus de place que les incidents de la vie intérieure, que les signes et symptômes du malaise social. En l'état où ces hobereaux étaient réduits, guerroyer contre eux n'est plus, en quelque sorte, qu'une affaire domestique. Incorporés au confarfo depuis 1360*, ils ne vivaient plus qu'en vulgaires voleurs. On vole dans les « Alpes des Florentins*,» disait-on par toute l'Italie. Il fallait en finir avec ce nid de brigands. Une provision institua huit « officiers des Alpes, » pour fortifier et défendre, dans le Mugello, les possessions de la République'. Mille florins d'or furent promis au meurtrier d'un quelconque des onze Ubaldini

* Voy. plus haul, même livre, ch. i, p. 15, 16.

* March. de Coppo, IX, 759.

3 (( Quod qualibet provisione in facto Caslri Leonis bonum esset quod conlinuc cives vacarcnt circa dcstruclionem Hubaldinorum;... quod ad finalem dcstruclionem Hubaldinorum intendatur qui impotentes suntrespeclu polenlie communis. » (Doc. dans Inventano e regesto dd Capitol^ I, i'^^) — « Il comune di Fir. deliber6 di fare impresa contra loro per aninio di disfarli dal mondo. » (Cronicheita d'incerto, édilce par Marmi, dans ^'" blioteca scclta Stlvesiri, t. 468, p. 274.) Cf. March. de Coppo, IX, 759; Ammiralo le jeune, XIII, 686.

(kl. 4515) CONTRE LES UBALDINI. 95

nominativement désignés*. C'est hors du territoire florentin qu'on s'empare de leur chef iMaghinardo *, le plus valeureux et le moins pervers de celte race malfaisante, el la loi, en pareil cas, ne permettait point de le condamner à mort : malgré la loi, malgré le capitaine du peuple et l'exécuteur de justice qui voulaient l'observer, les gonfaloniers des compagnies, interprètes du sentiment public, exigent qu'il ait la tête coupée'. 11 fallait un exemple, et l'exemple porta ses fruits. Les dernières résistances tombent, les derniers châteaux ouvrent leurs portes*, les derniers des Ubaldini sont condamnés à habiter Florence. Seules, leurs femmes obtiennent de résider dans leurs montagnes : elles le durent à la requête des habitants*.

Qui donc serait resté debout autour de Florence,

* Les Doms de ces onze Ubaldiai sont reproduits d'après la provision et dans le même ordre par le Diario d'anonimo^ p. 299. L'histoire de 1360 semble recommencer, mais c'est pour bien peu de temps. Voy. Ammirato le jeune, XHI, 686. March. de Goppo (IX, 739) parle de 14 châteaux, nuis le Diario d'anonimo (p. 302) en indique au moins 17 qui furent perdus. Caprile fut acheté 2500 fl. d'or, nets de toute gabelle. Le vendeur obtint, sa vie durant, une provision de 10 il. d'or par mois et une de 5, pendant cinq ans, pour chacun de ses trois fils. Voy. les documents publiés à la suite du Diario danonimo par M. Âl. Gberardi, Doc. di storia ita~ liana, VI, 488. Cf. March. de Coppo, IX, 739 ; Ammiralo, XIII, 688. — Dgolino avait demandé 3000 fl. La provision est du 18 janvier.

* n avait été pris nu château de Frassino. Voy. Diario d'anonimo, p. 300 ; March. de Coppo, IX, 739; Ammirato, XIII, 688. N. Gberardi conteste que cette sentence ait paru injuste aux Florentins.

^ • Quod Maynardus de Ilubaldinis mictatur ad carceres.... Et ex nunc dicatur sibi quod comune exiget ah eo quod juris esset, et si videtur amplius dicendum, id est, quod de anima cogitet, fiât. » (Diario danonimOy p. 500, texte et note 2 de Gberardi.)

^ i E se no Tavesse dato, sigli sarebbe istalo tagliato il capo. » (Diario

d^anonimOy p. 301.)

» 10 novembre, 14, 23 décembre 1373. Capiloli, UI, 231, 232, 242. Sur tous ces faits, que nous indiquons à peine, voy. Capiloli, II, 145, 148; Dtarto danonimo, p. 299, 302, et les doc. à la suite, p. 491 ; March. de Coppo, IX, 739; MonaUi, p. 331 ; Boninsegni, p. 557 ; Ammirato, XIII, 689,

î»l FIN DE LA FÉODALITÉ EN TOSCANE. (.Ah. i,",-)

quand les Ubaldini tombaient à genoux? Les ventes de châteaux, de territoires, sont à Tordre du jour. Guidode Batlifolle, dans le Mugello, Totto de Fiiippozzo, dans le val de Sieve, s'y résignent, quoique de mauvaise grâoî*. Leur ambition n'est plus que d'obtenir un plus haut prix, et ils l'obtiennent par la corruption, par les présents*.

Aussi bien sont-ce là, en Toscane, les dernières convulsions de la féodalité expirante. Pour terminer contre ses voisins la guerre sans merci qui remonte aux premières années de son existence communale, Florence, dans la seconde moitié du quatorzième siècle, n'a guère plus à tirer l'épée ; il lui suffit de lever la hache et d'ouvrir sa bourse. C'est contre de plus lointains ennemis, désormais, qu'elle ira en guerre; et quand les ennemis lui feront défaut au dehors, c'est contre ellemême qu'elle tournera ses armes, pour trancher ce nœud gordien des questions sociales, qui résiste au fer comme à l'adresse, et reste, depuis la naissance du monde, l'énigme éternelle, l'éternel tourment des sociétés bu-

maines.

» 20 avril, 13 juin 157i. Capitoli, H, 150.

' C*cst ce que nous apprend Mardi, de Coppo (IX, 7iO), un des (piair^ ragionieri extraordinaires élus pour diriger ces transactions. Cf. Âmmirato, ilILCOI.

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