EMTIE FLORENCE ET LE SAINT-SIÈGE
S d'un négligeai t de se confesser : un règlement de ice, nous l'avons dit^ avait dû subordonner la cure corps à celle de rame, la médecine à la confession ^ si le temps où les conteurs écrivaient, faisaient goûter rs irréligieuses nouvelles, où le juif de Boccace devet si plaisamment catholique par surprise de voir le bolicisme debout, malgré la cour pontificale et ses iminations *.
Jà captivité de Babylone avait attiédi même le délement politique. Relégué au pays d'Avignon, leSaintge y subissait Tinfluence du milieu et du voisinage. )p éloigné des guelfes pour prendre souci de leurs érôts, il était trop voisin du roi de France pour ne pas être docile, et facilement il s'entendait nvec npereur, son séculaire ennemi. L'autorité pontiile ne s'imposait plus à l'Italie que par l'intermédiaire légats, français pour la plupart, d'humeur altièrc, cupidité insatiable, de mœurs dépravées', unique-
Toy. le dernier chapitre de notre t. lY, p. 515. Cf. Cronaca éCun ano-
0, Bibl. Magliab., cl. XXV, cod. 7. Citation de Fossati, p. ii. Giom. 1, noT. S, t. I, p. 58.
D est facile sur ce sujet d'être accusé de déclamation ou de parti-pris ;
I foici le témoignage de sainte Catherine de Sienne : • Per cagione di
pastori e go?ematori, sentendo il puzzo délia vita di molti rettori i
i sapete che sono demoni incarnati. » (Leltere^ n* 196, éd. Tommnseo.
1, p. 114.) — f Che nel giardino délia S. Chiesa voi ne traggiate li pazzolentiy pieni d'immondizia e di cupidità, enfiati di superbia, cioc
i pastori e rettori che attossicano e imputridiscono questo giardino. j» Ir. 206. Ihid., lU, 159.)— • Li vizii e li peccati, superbia e immoni, le quali cose abondano oggi nel popolo cristiano e singolarmente ne' itî e ne* pastori, e ne* rettori délia S. Chiesa, i quali sono fatti manm e dcToratori deir anime, non dico convertitori, ma devoratori. » l. 218, Ibid., m, 227.) Cf. Vita di Gregorio XI, R. I. S., Ill, part. 2, •51; Gaxata, R. I. S., XVUl, 85; Graziani (Arch. $tor , 1* ser., XVI, L I, 219 sq.), etc. yoy. aussi le tableau intéressé que les Florentins entdece gouvernement au roi de France, le 15 mai 1376. Arch. slor.y «T., t. Vm, part. I, p. 262. Doc. 223.
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ment chargés de reconquérir les domaines de TÉglise, trop ignorants du passé de la péninsule pour ne pas méconnaître les droits des villes qui tenaient à leur liberté sous le gouvernement populaire, ou à leur indépendance sous des seigneurs absolus. Quand le triomphant Âlbornoz présentait sur un char au pape son maître les clefs des villes qu'il avait soumises, il ne voyait certes pas en lui le protecteur d'une fédération de républiques. Quand il élevait des forteresses pour assurer ses conquêtes*, on entendait partout un frémissement précurseur de l'orage. Florence surtout murmurait et grondait. Seule ou presque seule capable de tenir tête aux légats, elle faisait sa cause de la cause des communes replacées sous le joug, et pour les légats, pour le pape lui-même, elle devenait, elle était l'ennemi*.
Guelfe plus que jamais, grâce à la parte^ elle cessait de reconnaître le pape pour chef de la secte : telle fut alors la grande nouveauté. Il suffisait que la faction des Albizzi s'appuyât au Saint-Siège pour que la faction des Ricci s'en éloignât. A ses yeux le souverain pontife n'étail plus que le soutien des grands, de l'aristocratie, du despotisme, un tyran comme tant d'autres, plus dangereux que les autres. Et ce n'était pas de la veille que s'accusait sur ce terrain l'antagonisme des deux factions : en 1367, on l'a vu, les Albizzi proposaient contre Milan l'alliance d'Urbain V; le cardinal Corsini, un des leurs, la procurait en cour d'Avignon, et les Ricci, très résolument, la repoussaient'. Or derrière eux marchaient, de jour en
* Par exemple, à Pérouse. Voy. PeUini, part. 1, 1. VlU, et Bonazzi, p. 477.
* Quelques-unes de ces raisons ont été indiquées par Leonardo Bmni dans un discours direct (p. iSi) qu'a résumé Sismondi (lY, 409), et par G. Capponi (I, 282). Machiavel (lU, 39 B) est ici bien superficiel.
^ Voy. plus haut, ch. précéd., p. 64, et Ammirato, XIII, 676.
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jour plus nombreux, tout ce qui restait de gibelins, tous ceux qui se voyaient exclus des bourses, frappés ou menaces d'ammonizionej tout le menu peuple, étranger comme jadis aux affaires publiques, mais impatient plus que jamais de son exclusion, depuis que quelques arts mineurs, après l'avoir partagée, en avaient triomphé. Ainsi la balance avait cessé d'être égale entre les deux partis rivaux : si les Âlbizzi conservaient la force d'une position acquise et ancienne, les Ricci acquéraient celle du nombre, avec laquelle, tôt ou tard , il faut compter. Sous le pontificat de Grégoire XI, s'était aggravé, entre Florence et l'Église, l'inévitable désaccord. Le mauvais gouvernement des légats, sainte Catherine de Sienne le reconnaît, poussait aux résolutions hostiles \ Après avoir tant souhaité le retour d'Avignon, les Florentins le redoutaient, pour des raisons économiques et politiques*. Us refusaient d'entrer dans la ligue contre Beraabô pour une guerre c médiocrement juste, nullement nécessaire', > et ils en détournaient leurs alliés. Le nouveau pape en ressentait un vif courroux. Il leur reprochait, en outre, d'avoir secoué le joug des Albizzi, de vivre en mésintelligence avec ses légats, Gérard Dupuy, abbé de Montmayeur*, et Pierre d'Estaing, car-
' t Paniamo chei Fior. scusa non abbiano nel maie operare, nondiineno perle moite pêne e cose ingiuste e inique che sostenevano par cagione dei nnli pa^tori egOTernatori, lor parera non poter far altro. » (Lettre 196 au pape. Rd. Tomm. UI, 114.)
* Yoy. les raisons économiques dans Pagnini, I, 54. ' c Bello quidem forte minus justo, sed saltem nonnecessario. » (Lettre
<iela seigneurie à Charles de Durazzo, dit de la Paix. Septembre 1375. ^. tior., 5* ser., t. VI, part. 1, p. 234, doc. 49.) Il faut dire que cette appréciation est d'un temps où Florence était déjà en lutte ouTerte avec le Sïint-Siège.
* On peut Toir dans Gattta {Chron, Regiensêy R. I. S., XVIII, 85), Sis- OMMidi (IV, 412), Bonaizi (p. 481), les eicuses que Gérard Dupuy trouve
iOO GRIEFS DE FLORENCE (Ah. 1575)
dinal de Bourges'. N'était-il donc pas légitime des*affranchir d'une secte qui voulait confisquer toutes les libertés, comme de voir des ennemis dans ces légats qui promettaient de c< mettre à mort les gens nouveaux, détenteurs inexpérimentés des offices, où ils tenaient indûment la place des bons citoyens qui en avaient la pratique*? > Ce dessein de redresseur intéressé des torts, un seul l'avouait, un seul peut-être l'avait conçu; mais il devenait, dans l'opinion, le dessein de tous. On ne tardait pas à le prêter au pontife lui-même, ou du moins n l'en rendre responsable : de nombreux témoignages, disait-on, établiraient son consentement'. Il passait pour vouloir étendre sa domination sur la Toscane \ et il avait beau s'en défendre% on ne le croyait pas. Ses conquêtes tout autour ne présageaient-elles pas de prochains empiétements? Pérouse ayant été prise par ruse, puis fortiûée contre ses citoyens, on crut fermement que le même sort menaçait Florence. L'animosité devenait
aux déportements de son neveu. Ils sont caractéristiques de sa domination.
* Sismondi et Bonazzi disent cardinal de Burgos, mais Sozomène (R.I.Sm XVI, 1095) rappelle « abbas bituricensis, » et Ton Toit dans Ciacconi(n> 57i ) qu'il avait été bénédictin, évèque de Saint-Flour, puis archeT. de Bourges, créé cardinal par Urbain Y.
' March. deCoppo, IX, 738.
' c Nolumus, ne nimis acerbe loqui videamur, ostenderé de consensu summi ponlificis processisse, quod quidem pluribus possemus testirnooils demonstrare . » (La seign. à Enrique U de Castille, 29 juin 1376. Arch,Uor-f 3* ser., t. VIII, part. 1, p. 270. Doc. 268.)
^ « Sparserunlilli jam ante inter se rumores in GregoriumiEtruris dominatum ab eo affectari. » (Ann. eccL, 13 avril 1375, § 13, t. XXYI,p.267.) Cf. Ammirato, Xdl, 679.
* c Dicitur quod quidem ex vobis palam et saepius, sed temere et minas vere protulerunt in populo quod dicta Ecclesia volebat terras Tusci» occupare, cum hoc veritate careat,etc. » (ïhid.) Déjà en 1371, Grégoire XI écrivait dans le roéroe sens aux Siennois pour les rassurer. Yov . sa lettre dans Ann. ecclf 1371, § 7, t. XXVI, p. 201.