IMITATEURS DE DANTE
de ces intelligences d'élite qui représentent ce qu'il y a de vraiment durable aux évolutions de l'humanité.
L'impérissable gloire de Dante conserve son rayonnant foyerau sein de l'ingrate et aveugle ville qui Ta condamné à Texil et qui l'y a maintenu. C'est en vain que Cecco d'Ascoli, d'humeur envieuse et dénigrante, se glorifie « de ne pas chanter comme les grenouilles dans un étang, à l'exemple de ce poète qui n'imagine que des choses vaines, de ne produire ni Paolo ni Francesca, de laisser là les fables et de ne chercher que la vérité ». Pour Florence, comme pour toute l'Italie, Dante est un être divin, et, mieux que le reste de l'Italie, Florence a compris que le divin ne doit pas être imité. C'est au dehors que se produisent d'imprudents imitateurs : Fazio des Uberti, hôte des cours lombardes, qui entreprend de décrire le monde matériel *; Federigo Frezzi, dominicain de Foligno, qui croit voler de ses propres ailes quand il s'accroche aux ailes d'autrui, quand il promène un voyageur sous la conduite de Minerve dans les règnes de l'amour, des vices, du démon, et sous la conduite d'Enoch dans le règne de la vertu'; Pétrarque, exilé florentin, qui, dans ses Trionfiy œuvre de vieillesse en tercets dantesques, se souvient de la Divine Comédie en même temps que du Roman de la Rose^ assez sage du moins, ou assez heureux pour ne point achever un poème qui n'ajoute rien à sa grande renommée'.
^ Son Diltamondo (Dicta mundi dans les plus anciennes éditions) a été plusieurs fois imprimé. Monti et Perticari ont essayé d*en établir le teite. Yoy. surtout l'édition de Milan, 1826.
• Son poème est intitulé Quadriregio,
' On peut lire Tanalyse de ce poème dans les diverses histoires de la littérature italienne, MafTei, Giudici, Etienne, et la nôtre, p. 81. Sur toute cette période littéraire, Toy. Symonds, Renaiêsance in Italy. Tkeremalof