‹ Histoire de FlorenceChapitre 56 sur 102 · L'UNIVERSITÉ LANGUISSANTE · texte numérisé non relu

L'UNIVERSITÉ LANGUISSANTE

sans peine l'effet de cette éventuelle promesse par Toctroi d'un bénéfice immédiat. Devenir chanoine à Carpentras, sans être tenu à la résidence*, c'était une faveur qui avait son prix.

Le Studio florentin dut donc se passer de Pétrarque. Il y perdit l'éclat qui aurait pu l'acclimater : sur ce sol marchand il languit et dépérit dès lors, comme une plante exotique. A diverses reprises les cours cessent, soit parce que des lecteurs sans talent n'attiraient pas d'écoliers, soit parce qu'un sordide et mercantile esprit d'économie jugeait improductive ou trop considérable une dépense de deux mille cinq cents florins d'or. Quelques-uns osent répondre qu'une masnada de vingt-cinq aventuriers coûte, par an, plusieurs fois la même somme, et souvent sans profit comme sans honneur' : il n'en faut pas moins réduire la dépense de mille florins, rendre le salaire des maîtres proportionnel au nombre des écoliers', assimiler en un mot la science au trafic (9 août 1357).

Pour guérir la plaie d'argent et faire rouvrir les cours « en toutes les facultés de chaque science^ », on aura beau prodiguer les privilèges qui ne coûtent rien ' : les doctes n'avaient point goût aux viandes creuses; ils ne se payaient que d'espèces sonnantes ; ils élevaient même leurs prétentions suivant leurs talents ou l'estime qu'ils

* Sade, m, 662; Fracasselti, noie à Tép. 1 du 1. XI des FamiL, t. III, p. 9 ; Ammirato le jeune, XII, 650.

* c Si gittavano Tanno parecchie volte sanza frutlo o sanza honore. • (M. Villani, VU, 90.)

» Prowmoni, XLYl, 23.

^ M. Villani, VII, 90.

* Quiconque aura offensé quelque lecteur, écolier, familier ou bedeau, encourra la même peine que pour avoir maltraité un citoyen. — 27 février 1359. ProwUioni, XLYD, 102; L. dd Migliore, p. 385 ; Prezziner, 1, 13.

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