FONTAINE-FRANÇAISE SOUS ANTOINE D*ARNAULT
tournois francs deniers, dont 62.000 comptant en louis d*or et argent (1).
On donna à Antoine d'Ârnault le surnom de Antoine du Fort, parce qu'ayant changé de religion (il était protestant), il eut la singulière idée de proposer la construction du fort Louis pour incommoder ceux de la Rochelle (2). C'était un homme cruel et plein de suffisance. Dans une chambre remplie de miroirs, il faisait le beau et étudiait la bonne grâce.
Dans un mémoire présenté par M"^® de la Charce, Clauàe de Mazel, du 17 juillet 1725, à propos d'un procès qu'elle soutenait contre le curé Bouteiller, de Sacquenay et Chaume, elle dit de d'Arnault : <k Le sieur Amault, homme de naissance, quoiqu'il eût acquis, pour ses intérêts particuliers, une charge de secrétaire du roi, dont il prenait le titre, était âgé de près de soixante*douze ans lorsqu'il acquit de la maison de la Rochefoucauld la seigneurie de Fontaine-Française et Chaume (3). »
L'auteur de l'histoire de M"« de la Charce (Philis de la Toqr-du-Pin qui vivait en 1692), dit que d'Arnault était de la maison d^Andilly et de Pomponne, 1883. Je n'ai encore pu vérifier cette assertion. Mais voici les armes de cette maison : d'azur à un chevron d'or, accompagné en chef de deux palmes adossées d'or et en pointe d'un rocher de six monts aussi d'or.
L'objet de la vente est ainsi conçu :
c La terre et seigneurie de Fontaine-Françoise si-
(4) Il existait toajoars une saisie de cette terre aux reqaôtes da Palais.
(î) Tallemaot des Réaux.
(3] Archives du chAteau.
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tuée en Bourgogne» au ressort du bailliage de Dijon, consistant eu justice haute, moyenne et basse, château, maison- forte, granges et autres bâtiments, cour, basse-cour, colombier, parc, jardins, vergers, hommes, sujets, vassaux, fief, arrière-fief, cens, rentes el autres droits seigneuriaux, moulin à eau, terres labourables et non, prés, bois, buissons, étangs, eaux, cours d'eau, tailles, corvées, dixmes tant inféodées que autres, et autres domaines, droits et possession, même la portion de la terre et seigneurie de Fontenelle, située en
Franche-Comté, hors de ce royaume et encore les
terres et seigneurie de Chaume, etc., etc., de tout ce que dessus appartenant aux dits seigneurs (de la Rochefoucauld et Andrée de Vivonne) du propre de ladite dame, comme seule et unique héritière de défunte Marie-Antoinette de Loménie, sa mère, veuve en premières noces de André de Vivonne, père de la duchesse de la Rochefoucault, et en secondes noces de haut et puissant seigneur, messire Jacques Chabot, marquis de Mirebeau, auxquels marquis de Mirebeau et dame Marie-Antoinette de Loménie alors son épouse, la terre de Fontaine-Françoise, portion de celle de Fontenelle et la terre et seigneurie de Chaume ont été vendues et adjugées sur les neveux et héritiers de feu François Chabot, comte de Charny, par décret de la cour du Parlement de Paris du l*' août 1628 et délivrées le 7 septembre suivant, au-dessous duquel est transcrit un extrait de la déclaration faite par ledit sieur marquis de Mirebeau que l'adjudication était au profit de ladite dame son épouse et de ses deniers dotaux. i>
Aussitôt en possession de la terre de Fontaine, M. d'Arnault s'empressa d'acquérir le four banal et la
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seigneurie de Berthaut, qui avaient jadis appartenu aux seigneurs de Fontaine-Française.
Par contrat du 18 mai 1656, cette acquisition fut faite sur Louis de Meslin ou Mellin, seigneur de Saint-Seine, et de sa femme, Innocente de Boujoux.
Cet acte contient aussi le rachat des huit émines de blé et avoine par moitié et rente foncière affectés sur la terre de Fontaine au profit dudit Mellin.
Le tout est vendu 12.000 livres tournois dont 3.000 comptant (1).
Antoine d'Arnault fait, le 9 août 1656, foi et hommage à révoque de Langres pour sa reprise de fief de la terre de Fontaine et de ses dépendances (2).
Et le 22 août suivant, Jacques de Mazel, fondé spécial de pouvoir d'Antoine d'Arnault, fait pour celui-ci acte de prise de possession de ladite terre (3).
En 1647, le duc de Larochefoucault avait, suivant la coutume, amodié la terre de Fontaine, c'est-à-dire tous les revenus à prélever, moyennant : 1° 2.7001ivres tournois pour les dixmes, cens, tailles ; 2° 150 livres aux officiers, bailli, receveur, etc., et diverses choses en nature.
D'Arnault fait en 1656 un bail qui monte déjà à 3.100 livres, plus les 150 comme ci- dessus (4).
Et on appelait cela une fortune ! Il est vrai que la valeur de l'argent et de tout ce qui était nécessaire à l'existence ne peut pas se comparer avec ce qui se passe de nos jours.
Mais le nouveau seigneur de Fontaine-Française
(t, 2, 3, 4) Archives du château. Le fourneau s'achevait en 1656 et n'était pas compris dans le bail des 3000 livres.
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ayant omis (est-ce par oubli ou volontairement) de faire, selon l'usage, sa reprise de fief en la Chambre des Comptes de Dijon, concernant particulièrement le foor banal, le roi s'en empara, et par ses lettres patenta du 31 octobre 1658 en fit don à François de Cazillac, marquis de Cessac. Ce don est ainsi conçu : « Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, à tous présentz et à venir salut. Désirant recoignoistre les bons et fidelles services qui nous ont esté rendus par nostre chier et bien amé François de Cazillac, marquis de Cessac;... Â ces causes et aultres, nous luy avons donné, octroyé, quitté, quittons, cédons, transportons et délaissons par ces présentes, signées de nostre main, tous les droicts qui nous ont été échues sur le four banal de Fontaine-Françoise, mouvans de nous, à cauze de nostre duché de Bourgongne, à fault par le seigneur duditlieu de Fontaine-Françoise d'avoir fait reprize dudict fief en nostre Chambre des Comptes de Dijon... (1). »
Antoine d'Ârnault fit opposition, et par arrêt du Conseil privé du roi, du 30 septembre 1661, Antoine d'Ârnault et le marquis de Cessac furent alors renvoyés au Parlement de Paris, qui rendit le four et ses dépendances à son légitime propriétaire.
Au moment où, sous François de la Rochefoucault, la terre de Fontaine avait été en saisie par arrêt du Parlement, le prieur d*alors, Mayeul le Brun, s'imagina avoir le droit de s'emparer de toutes les dixmes. Le seigneur de Fontaine défendit ses droits. Un long pro-
(4) Archives du château. C'est la deuxième fois que le roi de France s'empara d'une partie de la terre de Fontaine et la donna à des étrangers. Mais elle revint toujours à ses seigneurs naturels.