I FONTAINE-FRANÇAISE SOUS M. DE SAINT-JULLIEN
seigneur de Saint-Jullien, né le 3 mai 1674, fut reçu le 6iuilletl704, conseiller secrétaire du roi, maison, couronne de France; il fut aussi lieutenant-général d'épée aux bailliages du Bourg- Argental et de Saint-Ferréol, et mourut le 6 janvier 1736.
f « De son mariage, accordé par contract du 5 juillet 1707, avec Demoiselle Françoise Ollivier (sœur de François Ollivier, Seigneur de Senozan, chevalier de Tordre du Roi et intendant général du clergé de France), fille de Noble David Ollivier, ancien échevin de la ville de Lyon, et de Dame Françoise Arezon, il eut quatre enfants, dont François-David BoUioud, écuyer, seigneur de Saint-JuUien, &" degré, né le 12 juillet 1713, marié à Anne-Madeleine de la Tour-du-Pin De ce mariage il eut un fils Jean-Victor-François- Auguste BoUioud né le 7 septembre 1749, mort à Paris en 1779. »
La fortune de M. de Saint-JuUien était immense pour répoque. Le lendemain même de son mariage il dressa la déclaration, sous forme d'état général, de ses biens propres, qui montaient à 1,810,359 livres 2 sols 5 deniers (c'est mathématique),, dont 350,000 livres pour sa terre située au Bourg-Argental et le reste en diverses valeurs et espèces (1).
A la mort de M. de Saint-JuUien, 8 septembre 1788, on a payé 42,256 francs 66 centimes de droits de succession.
A peine, par son mariage avec M"' de la Tour-du - Pin, M. de Saint-JuUien était-il devenu seigneur de
(1) Archives du château.
La fortune de M. de Saint-Jullien vaudrait aujourd'hui de cinq à six miliioDs de francs, car à cette époque la livre valait plus de trois francs de notre monnaie.
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Fontaine-Française, qu'il eut la malheureuse idée de démolir Tancienne forteresse des aïeux de sa femme, ce beau manoir, encore bien conservé, que le cardinal de Givry avait tant embelli et que ses successeurs avaient maintenu en très bon état, pour construire le château actuel, grandiose, il est vrai, mais d'une architecture lourde, écrasée et ne remplaçant pas la splendeur et la noblesse de l'édifice disparu.
C*est en 1754 que fut commencée la démolition du vieux château.
On raconte encore dans le pays que M"* de Saint-Jollien, ignorant les projets de son mari et le commencement de leur mise à exécution, arriva à Timproviste à Fontaine-Française. Désolée à la vue des ruines du manoir de ses pères, elle refusa de descendre de voiture et retourna à Paris. Il lui fallut, dit-on, de longues années pour s'habituer au nouveau château et elle ne put jamais pardonner ce qu'elle appelait à juste titre le vandahsme de M. de Saint-JuUien. C'était l'habitation de ses pères, elle y était née, et ce vieux donjon, si fier de ses cinq tours, avait abrité trois générations de sa famille.
M. de Saint-Jullien habitait-il Fontaine pendant la reconstruction du château? C'est une question dontje n'ai pas trouvé la solution.
Cependant on voit dans les archives du château que M. de Saint-Jullien a été compris dans le rôle du sel pour 4 minots par an, soitl40 pintes, pour 20 personnes à raison de 7 pintes chacune. Que M. de Saint-Jullien habitât ou non Fontaine, il n en avait pas moins un domestique de 20 personnes.
Il est également de tradition que lors de la démolition du château on ne prit aucun soin pour conserver les ob-