‹ Histoire de Fontaine-FrançaiseChapitre 41 sur 74 · FONT AINE-FB ANC AISE SOUS U. DE SAINT-JULLIEN · texte numérisé non relu

FONT AINE-FB ANC AISE SOUS U. DE SAINT-JULLIEN

c Le cens tant en argent que cire monte à 150 livres environ ;

c Les corvées de charrue au nombre d'environ 60 et 120 de bras ; ces corvées se règlent suivant les maisons que les habitants occupent ;

c Le droit de taille seigneuriale de 60 livres qui se lèvent par les syndics et échevins, savoir : 30 livres le jour du carnaval et 30 livres le jour de la Saint-Remy, à peine de 3 sols et 4 deniers d'amende pour chacun défaut de payement ;

c Toutes les maisons qui sont sujettes aux corvées doivent une poule, la poule au feu, qui se paye 1 livre;

« Plus est dû 4 autres poules d^ cens ;

c La dixme en grain qui se perçoit sur les terres et dans les granges, à raison de 12 gerbes l'une, ou de 24 deux, de toutes sortes de grains ce qui est considérable (1), sous réserve des novalles du curé;

c La dixme du chanvre femelle, une poignée de douze, la dixme du vin qui se perçoit dans les caves lorsque les vins sont faits à raison de 20 muids (2) un, aussi sous réserve des novalles du curé ;

« Tous les vastes bâtiments (connus aujourd'hui sous le nom de la ferme) pour loger le fermier avec la grange dixmeresse ;

« Comme charge le fermier doit une rente de 12 livres pour fondations envers l'église, sur une maison située rup de France, joignant le potager du parc (celle

du jardinier);

(1) Ed effet il y avait, à cette époque, environ 3000 journaux dtmables qui pouvaient produire 37,000 gerbes ; à 2 sur 24, la dîme était donc de 3000 gerbes paires, c'est-à-dire blé et avoine.

(2) Le muid contenait 228 litres, comme la pièce actuelle de Bourgogne.

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c Une autre rente de 90 livres pour fondation faite à réglise par les anciens seigneurs de Fontaine ;

c Comme réserves le fermier doit chaque année au château, à la pèche, 190 pièces de poissons, soit carpes ou brochets, au choix du seigneur;

« Plus la paille de 3000 gerbes et 10.000 livres de foin;

« Le seigneur se réserve les lods et ventes, les saisies, amendes, épaves, droit de chasse, sans que le fermier puisse chasser, ni personne de sa part, sans une permission par écrit du dit seigneur (1). »

Puis venaient la Borde, cent cinquante journaux de terre, cinquante-neuf en pâturages et prés ; la souveraineté de Chaume et les terres de Fontenelle avec tous les droits seigneuriaux, corvées, cens, dîmes, etc., enfm Chazeuil, Mandinet, sans compter Coorchamp, Montormenlier, Sacquenay et Percey-le- Grand que M. de Saint- Jullien avait rachetés de ses propres deniers et qui ont été vendus au miUeu de ce siècle.

De 1758 à 1760, le château étant fini, M. de Saint- Jullien s'occupa alors activement des améliorations qu'il avait projetées pour embellir les alentours de Fontaine. Il fit étudier et tracer les routes et les chemins de Dijon, de Sacquenay, de LavîUeneuve, de Saint- Seine et de Chazeuil, qui devaient tous se diriger en ligne droite sur le dôme du château.

Les parties construites â cette époque furent plantées

(I) Le revenu, sur amodiation faite en 1761, était pour le seigneur de 14410 livres plus 72 poules. Le bail est signé par Mathieu Laglaotîne, directeur (régisseur) des terres et seigneuries de Fontaine, qai habitait Montigny-sur-Vingeanne. Il signe aussi le bail de la terre de Chazeuil, le 31 août 1763; conclu moyennant 1400 livres par an.

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Tarbres distants de dix mètres les uns des autres et aissant aux voies 10, 12 et même 14 mètres de larjeur.

Il ne fallut que trois ans pour ouvrir et planter ces celles routes. Celle de Paris même, que tout le monde :oniiaity étaitaussi bordée d* arbres et entretenue avec soin.

Tous les environs de Fontaine furent embellis : l'argent n'était pas épargné, M. de Saint- Jullien voulait faire un séjour délicieux de sa terre et il y était par* venu.

Les plaisirs de la chasse ne furent pas négligés, car outre l'aménagement déjà si complet et si réussi des bois parPhilibert, arpenteur, en 1756, M. deSaint-Jullien créa et planta douze remises qui entouraient Fontaine-Française, savoir : celles de Bon Blé, de la Borde, des Fourches ou Mineroi, de Taillevent, les deux de la Corvée (arrachées), de la Charme Robert, de la Combe à la Marosse, de la charme Chaufîour, des Herbues, du Champ de la Tour, et enfin de Pré Morot (bois dans les marais^ arrachés).

Que sont devenus, hélas ! depuis sa mort, et surtout depuis le commencement de ce siècle, ces chemins bordés de trottoirs pour les piétons et les beaux arbres qu'on y avait plantés? Tout a bien changé.

La population de Fontaine a dû voir avec plaisir tous ces embellissements ; d'ailleurs tous les ouvriers occupés étaient largement payés, ainsi que le démontrent les comptes et les quittances qui se trouvent dans les archives du château .

Au moment où tous ces travaux s'exécutaient, M. de Saint-Juilien crut devoir demander au roi Louis XV la permission de relever les signes patibulaires (les

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fourches) tombés en vétusté. On pourrait en condore qu'il se commettait des crimes. Cependant les prédé> cesseurs de M. de SaintJuUien avaient eu bien rarement, nous l'avons vu, occasion d'user de leur droit de haute justice, et malgré quelques procès, sans importance réelle, les habitants de Fontaine, avec lear caractère doux, calme et tranquille, ont prouvé qu'en général ils n'avaient pas besoin d'être maintenus dans l'ordre par l'appareil de la justice.

Peut-être le seul but de M. de Saint-Jullien étaitil de ne pas laisser prescrire une prérogative à laquelle il devait attacher un grand prix.

La permission de relever les fourcheSi dont Poriginal se trouve aux archives du château, est ainsi conçue:

« Louis, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre...

« Notre cher et bien-aimé le sieur François David Bollioud; seigneur de Saint-JuUien et Fontaine-Françoise, nous a fait représenter, qu'en qualité de propriétaire de la dite terre et seigneurie de Fontaine- Françoise... il a droit de haute, moyenne et basse justice pour raison desquelles il désirerait réparer la négligence de ses prédécesseurs et faire élever des fourches patibulaires et autres signes de justice pour inspirer la crainte et retenir les licences des crimes... A ces causes de notre grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale, nous avons au dit sieur Bollioud de Saint-JuUien permis et accordé par ces présentes signées de notre main, permettons et accordons de faire bastir, construire et élever, dans tels lieux de la dite terre, les poteaux, fourches patibulaires et aulressignes de justice, que les seigneurs haut-justiciers ont le

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