MADAME LA MARQUISE DE LA TOUR-DU-PIN
causée forcément par l'émigration de son père, attristèrent profondément sa jeunesse. Mais avec sa foi et forte de la devise de sa maison : c Deo juvante^ Dieu aidant », elle a su se créer une vie de charité et d'amour du prochain qui a largement compensé l'absence des joies terrestres qu'elle était en droit d'attendre de sa haute naissance. Mariée en 1804 à Louis-René-Victor, marquis de la Tour-du-Pin, petit neveu de M*^ de Saint-JuUien qui lui laissa sa terre de Fontaine, elle adopta la devise de sa nouvelle famille : c Deo juvante^ Dieu aidant, courage et loyauté 1 1»
M"« de la Tour-du-Pin, douée des plus rares qualités d'esprit et de cœur, eut toute sa vie une confiance illimitée en Dieu et en sa divine providence ; elle supporta avec un héroïque courage tous les malheurs qui fondirent sur elle et Idi loyauté était le propre de toutes ses actions.
M. Tabbé Carra, enfant du pays, a prononcé, le 14 mai 1879, avec le talent que tous ses compatriotes lui connaissent, l'oraison funèbre de M"* de la Tour-du- Pin.
Il a dépeint sa belle vie, hélas semée de bien des iouleurs, avec une vérité, une précision telle, qu'il
couper mes cheveux, seul legs que je puisse laisser à mes enduits, le Toulant pas qu'ils fussent souillés par le bourreau. >
Elle brisa une Titre et s'en servit pour couper .sou admirable cheveare blonde, sa plus belle parure.
Ces cheveux sont parvenus à ses enfants et MM. de Chabrillan, ses rrièro petits-fiU, en possèdent chacun une partie.
Voir, pour tous les détails qui ont précédé la mort de cette princesse, es Femmes célèbres de la Révolution, par Noisy, 1865 et le journal AiUorité du 41 février 4892.
4t2 HISTOIRE DE rOffTACfl-PKÂNÇiLISB
ne me reste qu'à conseiller au lecteur de se reporter à cette oraison funèbre qui devrait être entre les maios de tous les habitants de Fontaine et tenir une des premières places dans leurs bibliothèques.
« Après avoir perdu successivement tous les siens : son mari en 1832, son fils (le colonel Aynard mort des suites d*une glorieuse blessure reçue devant Sébastopol en 1855), sa sœur (la marquise de Louvois), le 11 septembre 1860, son gendre (le comte Jules de Chabrillan), le 13 février 1863, sa ûlle, le 7 avril 1865, enfin ses plus anciens et plus chers amis. M""* la marquise de la Tour-du-Pin, frappée dans ses afifections les plus vives, et néanmoins pleine de courage et de grandeur d'âme, se consacre tout entière aux bonnes œuvres, employant sa fortune au soulagement des pauvres, et son influence, qui était considérable, au service de tous ceux qui recouraient à elle. On ne s'arrêtera pas ici à énumérer ses œuvres de charité, qui feront le principal sujet et le plus bel ornement de son oraison funèbre (1). »
M"*' de la Tour-du-Pin termina sa longue et sainte carrière, à Paris, le 8 mai 1879; elle était dans sa 96' année.
Au moment des funérailles de M"" de la Tour-du-Pin, j'ai adressé au journal la Côte-d'Or un article inséré le 19 mai 1879; je demande la permission de le reproduire en partie.
« Depuis les premiers jours de ce mois (mai 1879), la commune de Fontaine-Française était dans l'inquiétude, dans l'anxiété...
(1) Préliminaires de r oraison funèbre^ de M. Carra, page 7, 1879.