ÉPOQUE BU1W50NDK BT ORIGINE DU PAYS DES ATTU ARIENS
entrèrent dans nos pays, y mirent tout à feù et à sang, ravageant tous les villages et Tabbaye de Bèze.
En 940, les Hongrois commirent les mêmes atrocités, pillèrent de nouveau Tabbàye de Bèze qui resta 50 ans avant de se relever.
Pour terminer cette esquisse de l'histoire de Bourgogne, il me reste à dire que de 4032 à 4361 elle fut gouvernée par douze ducs capétiens dit de Rouvres qui la tenaient du roi de France (4).
En Philippe de Rouvres, douzième et dernier duc de la première race royale, finit la première maison ducale (4361), et la Bourgogne fut incorporée au royaume de France (2). Mais Jean le Bon, roi de France, donna en fief la Bourgogne à Philippe le Hardi, son quatrième fils, qui y régna de 1363 à 4404. Son fils Jean-sans-Peur posséda ce fief de 4404 à 4449, Philippe le Bon de 4449 à 1467, et son fils Charles le Téméraire de 4467 à 4477. Alors Louis XI, en vertu du droit féodal, en sa qualité de parent et tuteur de la princesse Marie, unique héritière du duc Charles, réunit définitivement la Bourgogne à la couronne de France. Un édit du 48 mars 4477 confirma les privilèges du pays et de chaque ville et créa le Parlement de Dijon,
Depuis lors et jusqu'en 4789, un gouverneur et des lieutenants généraux représentèrent l'autorité du roi ; des intendants et des subdélégués, dont les pouvoirs
(1) Le duc Hugues Hl, qui vivait de 4162 à 4492, donua, eu M 87, à soD oncle Tévôque de Langres le comté de Langres érigé depuis en Duché- Pairie.
(2) Aprè^ le traité de Bretigny (4361) le roi Jean vint à Dijon et là soîmneUement et offlciellement il unit et incorpora le duché à la couronne.
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allèrent toujours en augmentant, furent chargés de Fadministration.
Avant d'entrer plus avant dans l'histoire de Fontaine-Française, je suis obligé de revenir sur mes pas et de reprendre répoque gauloise pour faire connaître Torigine du Pagus Atluarioriim, Pays des Attuariens, celui que nous habitons, dont Ates [Hèlé]^ proche Rozières, était la capitale, et dont relevaient plus de quatre-vingts villagesou bourgs, parmi lesquels FonlanaSy Fontaine, était un des principaux.
Constance-Chlore (1), créé César en 292, devint Auguste par Tabdicalion de Dioclétien et partagea l'empire avec Galère-Maxime en 305. Il eut les Gaules et s'y fit chérir. Sans faire bruit de ses victoires, il anéantit la faction des Bagaudes parisiennes et battit Alectus-Caurausius et les Francs. Une bande de Germains étant entrée sur le territoire des Séquanes et des Eduens, il courut au-devant d'eux; accablé par le nombre et blessé en combattant on le transporta à Langres, dans une ville amie. Mais dès le lendemain, il oublie sa blessure, réunit les habitants à ses légions et se précipite sur l'ennemi qu'il surprend et taille en pièces. On poursuivit les fuyards avec tant d'acharnement que 60,000 barbares restèrent sur le champ de bataille. On donna à cette victoire le nom de bataille de Langres.
Le territoire de Peigney, à l'est de cette ville, a toujours été regardé comme le théâtre de ce combat; les champs voisins connus sous les noms de la Grande
(1) Constance fut surnommé Chlore à cause de sa pâleur {Diciionnaire des grands hommes].
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et de la Petite Bataille confirment cette tradition (1).
Plusieurs provinces de la Gaule Celtique étant presque désertes, depuis les dernières guerres, Constance- Chlore» y envoya des habitants pris surtout parmi les peuples francks vaincus, et entre autres des Atiua^ riens. Il leur ordonna de fertiliser le sol des TricaneSy celui des Lingom^ et de peupler les vallées désertes dans les environs de Bèze. Ce serait là l'origine du Pagtis Attoarensis (2).
Voyons maintenant ce que dit Courtépée à ce sujet.
« Constance-Chlore, ou le Blond, fut surpris et blessé par les Germains, à Langres, vers Tan 300 de de notre ère, où il s'enferma. Mais il sortit à la tète des habitants et de ses soldats, fondit sur les Germains et leur tua 60,000 hommes. Ceux qui échappèrent au carnage s'enfuirent jusqu'au Rhin où ils furent faits prisonniers. II les dispersa et il plaça entre autres les Attuariens, colonie de Franks, originaire des Celtes, sur la Tille, la Bèze et la Vingeanne. Ils ont formé dans la suite le Pagus Attuariornm. »
Leur capitale, je l'ai déjà dit, était AteSy entre Saint-Seine et Champagne, près le vieux château fort actuel de Rozières, et non pas Antuay dans la forêt de Velours, comme on l'a prétendu bien à tort; car Antua n'a dû être entouré de fossés et de murailles en parapet que bien longtemps après (3).
La Chronique de Bèze paraît assigner pour hmites
(1-2) Chronique de VEvéché de Langres, n92.
(3) On y trouvait le puits des Grands Jours, aujourd'hui comblé, nom que la tradition a conservé, parce que les ducs tenaient en ce lieu les assises ou Plaids de Dieu. Dans ces Grands Jours, on réprimait les injustices, on jugeait les procès, on réglait les affaireS) et on cherdiait les moyens de remédier aux maux qui affligeaient la nation.
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au canton des AUuariens, la Saône à Test et TOuche au sud ; ou plutôt il était renfermé entre les comtés de Chalon, d'Amont et de Langres, comme le disent les Annales de Saint Berlin^ sous Tan 839. Il pouvait ainsi avoir neuf lieues de longueur depuis Mantoche jusqu'à Saint-Jean-de-Losne, sur une largeur de six 2^ sept lieues, de la Saône jusqu'à Dijon (1).
Les Francks comptaient ou plutôt mesuraient le temps par le nombre de' nuits, comme les Gaulois, persuadés qu'ils étaient que les ténèbres avaient précédé la lumière. La nuit précédait toujours le jour quand ils parlaient soit de leur naissance, soit de faits remarquables, ou du commencement des mois et des années. Ainsi un propriétaire qui avait perdu un esclave, un animal, avait quarante nuits pour le trouver et non pas quarante jours.
Cette coutume subsistait encore en Bourgogne au ix^ siècle.
L'année bourguignonne commençait au jour de la revue générale des troupes, qui était le 1^' mars-
Sous les rois carlovingiens c'était au jour de Noël et à Pâques, sous les Capétiens.
Ce n'est que depuis 15b3 qu'en France l'année commence le 1" janvier.
On a appelé depuis longtemps les habitants de la Bourgogne, Bourguignons salés.
On n'est pas d'accord sur l'origine de cette expression.
(t) Voir la carte dressée par M. Garnier, archiviste, en 1845. — Marcelin rapporte que le César Julien, dans la guerre qu'il fit aux Germains en 355, s'empara d'un pays de Francks, appelés AUuariens et qu'après en avoir défait une partie il fut obligé de leur donner la paix.