L ANCIEN CHATEAU
Jusqu'au commencement du xyv siècle, le châteal ancienne forteresse, composé d*un donjon de 100 piel de hauteur avec pont-levis, entouré de quatre courti nés aux murs épais de plus de six pieds flanqués ait angles de quatre grosses tours de 10 mètres de di^ mètre, avait à peu près la forme carrée. Les courtin^ et les tours étaient crénelées et avaient des machicoul lis ; une terrasse couverte en plomb courait le long di toutes ces constructions. \
Ces dernières parties de Tédifice étant probablemenl en mauvais état, le cardinal de Givry, évêque de Lan-| grès, frère du seigneur de Fontaine, et coseigneur de cette terre dont il faisait sa résidence habituelle, répara' le château, le fit embellir et construisit un étage sur la courtine du côté de l'étang Pagosse et sur la partie au sud jusque contre le donjon, où se trouvait Tunique , porte armée d'une herse en fer et précédée d'un pontlevis. C'est alors que furent établies des charpentes et des couvertures en tuiles sur les tours et les courtines.
Le plan, levé en 1727 par le géomètre Cheuzy cTArgillière, et que j*ai copié dans les archives du château,
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donne exactement la figure du château- fort tel qu'il a été depuis le commencement du xvi* siècle jusqu'au moment de sa démolition (1).
En fait de description détaillée de cette forteresse je ne possède qu'un Extrait sommaire du rapport des sieurs Philibert et Cournault, du 18 septembre 1752, portant reconnoissance et état de la Seigneurie de Fontaine- Françoise (2).
Je ne copie de ce rapport que ce qui concerne le château et ses principales dépendances.
Article 1^'.
a Le Château consistant dans un donjon en tour carrée où est la porte d'entrée, une grande cour carrée où sont les bâtiments qui consistent dans un grand corps de logis, avec deux ailes en avance dans la cour; dans le bas une grande salle (la salle des gardes) au bout de laquelle, du côté du midi, est un grand appartement consistant en un salon, chambre, cabinet et garde-robe ; de l'autre côté un petit vestibule où est l'escalier de pierre, ensuite une grande chambre (la salle à manger actuelle et la bibliothèque) et joignant est la Chapelle (aujourd'hui la cuisine) qui a des revenus et dont le chapelain est à la nomination du seigneur de Fontaine.
« Au-dessus une grande salle et mêmes appartements qu'au bas excepté que sur la chapelle est une
(4) On ignore la date de la construction de Tancien château qae M. de Saiot-Jullien a fait démolir ; mais ce qu'on sait par les anciennes chartes c'est qu'en 4098 il existait déjà unmanoir à Fontaine-Française, ou maison-forte construite par les Fouvent.
(2) Cet extrait se trouve aux archives du château.
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chambre ; dans les deux ailes à côté du corps de logis il n*y a que les gros murs, la charpente et la couverture qui est en tuiles plates plombées. Sous Taile du côté du midi est une cave (1). Il y a des réparations à faire dans le corps de logis, le tout est couvert en tuiles partie plombées. Lesdits bâtiments et cour sont entourés d'un grand fossé taillé dans le roc. Â côté de la porte du donjon, à droite en entrant, est un corps de logis où se trouvent les cuisines et offices qui ont aussi besoin de réparations.
« Autour du fossé, en dehors, des côtés du levant, midi et couchant, est une terrasse dont les murs sont détruits en partie ; celle du couchant est ornée de parterres ; au-dessous du même côté est une pièce d'eau et des canaux servant de réservoirs à mettre du poisson qui s'étendent jusqu'à un ancien étang à présent en pré TEtang Dessus, lesquels canaux et pièces d'eau sont partie remplis de terre amenée par les eaux.
« Au couchant de la terrasse qui tient trois côtés des fossés du château un petit potager^ d'environ un quart de journal ; dans lequel il y a un petit bosquet de charmille au bout du jardin en bize et le logement du jardinier dont partie est tombée en ruines.
« Au nord du fossé est la basse-cour très spacieuse.
(\ ) Il n'est pas question de souterrain et cependant il en existait un, car je me souviens qu'en 4852, la voûte d'un souterrain qui se troovait vers l'angle ouest du château était effondrée laissant béante une large excavation. On a comblé cette excavation. Ce souterrain, qui se dirigeait du côté de l'étang, pouvait avoir 4" 50 de largeur et î"30 de hauteur, sous la voûte. Il devait servir soit à amener à volonté les eaux dans les fossés, soit comme passage secret pour entrer au chftteau ou en sortir.
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c A côté de la deuxième baie de porte d'entrée (sur la rue de France) à gauche eu entrant, un petit bâtiment servant de logement au fermier, couvert en laves et en assez bon état.
« A droite de cette même porte d'entrée, cinq toits à porcs, des poulaillers en très mauvais état et qui ont besoin d'être réparés à neuf.
€ De l'autre côté de la basse-cour, joignant le mur qui est au couchant, un grand pressoir non banal garni de ses aiguilles et mares, le tout en bon état.
« Près du pressoir^ un grand colombier en pied» sous lequel est une chambre et une cave. Le colombier n'est pas peuplé suffisamment.
c Au fond de la cour, du côté du septentrion, une grange couverte en tuiles servant à mettre les dixmes en assez bon état. Une autre grange plus petite, servant à mettre les grains de la ferme et cinq écuries dans le même corps de bâtiment (toutes ces constructions étaient appliquées contre la face intérieure des remparts ou courtines).
Article 2.
« Le parc situé près de la basse-cour près lequel il y a une grande allée de gros arbres très anciens et allant sur toute la longueur du parc, depuis la porte d'entrée, sur la rue de France, jusqu'à l'autre porte qui est au mur du levant; de chaque côté de ladite allée sont deux allées à l'extrémité desquelles sont des bosquets en charmes bien venants.
« A l'entrée du parc, à gauche, en entrant par la porte de la rue de France, joignant ladite grande allée, un grand jardin potager garni d'arbres fruitiers et entouré de murs ; de l'autre côté, vis-à-vis le potager,
est une vigne appelée de la basse-cour, d'enviroD 38 ouvrées (aujourd'hui le verger) ; le tour du parc est en allées garnies d'espaliers, de contre-espaliers, de treilles à raisins et charmille ; le restant du parc en terre labourables, partagées en trois saisons, de chacune environ 44 journaux, lesdites teres garnies d*arbres fruitiers en plein vent. »
On voit que le potager, le parc et le verger étaient sensiblement autrefois ce qu'ils sont aujourd'hui ; du moins ils occupent exactement les mêmes emplacements.
Tels ils étaient d'ailleurs en 1640, ainsi que le montre le plan dressé par Schalle, du finage de Fontaine- Française.
Les fossés du château étaient à volonté remplis d'eaa au moyen d'un canal voûté, haut de près de dnq pieds, qui partait des anciens marais et canaux (aujourd'hui l'étang du château) et traversait en biais, d'amont à l'aval, le parterre jusqu'au pied de la tourouest, emplacement qu'occupent actuellement les coisioes.
J'ai encore vu ce souterrain et je me souviens qu'il y a une trentaine d'années, M. le comte de Chabrillan, le père du propriétaire actuel, passant un jour vers l'angle ouest du château, s'engloutit dans une espèce de précipice et ne se fit heureusement aucun mal. C'était la voûte du souterrain qui venait de s*effondrer.
J'aurais voulu qu'on réparât ce passage. On s'est contenté de combler l'excavation.
De l'ancien château il ne reste que la courtine, du côté de l'étang, contre laquelle on a appliqué de la taille qui forme la façade actuelle.
En 1373 le château fut assiégé par le sire de Mirebeau, qui dut lever le siège sur l'ordre formel delà duchesse de Bourgogne.
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