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LA VICTOIRE ET LA PAIX

Alliés refusèrent tout armistice dont les conditions ne seraient pas imposées par les chefs militaires, et Foch n’arrêta la marche de ses armées que lorsque, par l’armistice du 11 novembre, l'ennemi eut accepté toutes ses conditions. À cette date la révolution avait déjà éclaté en Allemagne: à l’imitation des Soviets russes, des Conseils d'ouvriers et de soldats se constituèrent partout. La République fut proclamée à Munich le 8 novembre et le lendemain à Berlin. Guillaume II s’enfuit en Hollande, bientôt suivi par le kronprinz (10 novembre). Ce fut un gouvernement provisoire socialiste qui signa l’armistice du 11 novembre. ;

Les clauses principales de l’armistice étaient les suivantes: évacuation en quinze jours des territoires occupés en France, en Belgique et en Alsace-Lorraine; évacuation en un mois de tous les territoires de la rive gauche du Rhin, que les Alliés occuperaient ainsi que Mayence, Coblentz et Cologne; livraison de 5,000 canons et de 25,000 mitrailleuses, de tous les sous-marins, de la majeure partie de la flotte de guerre; évacuation par les troupes allemandes de l’Autriche-Hongrie et de la. Russie. En fait, l'Allemagne mise hors d’état de recommencer la guerre, se trouvait réduite à merci.

La Conférence de la Paix. — La paix fut réglée par la Conférence interalliée de Paris qui s’ouvrit le 18 janvier 1919 sous la présidence de M. Clemenceau. Comme la guerre elle-même, la Conférence de la Paix eut un caractère mondial: 27 États y étaient représentés, parmi lesquels des États américains, asiatiques, africains et océaniens. En fait, toutes les décisions importantes furent prises en petit comité par le président des Etats-Unis, Wilson, le premier ministre anglais, Lloyd George, le premier ministre français, Clemenceau, le premier ministre italien, Orlando.

Les négociateurs avaient accepté comme base de leurs célibérations le programme de paix formulé en quatorze points par le président Wilson dans un message du 8 janvier 1918. Les quatorze points du président Wilson dérivaient tous d’un même principe, le principe du droit des peuples à disposer librement d'eux-mêmes. Ils visaient tous à l'établissement d’une Société générale des Nations, gardienne du nouvel ordre international.

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Mais d’autre part chacun des Alliés avait ses préoccupations particulières: pour l’Angleterre, le point principal était de ruiner la puissance maritime et coloniale de l'Allemagne; pour la France, de mettre l’Allemagne hors d’état de nuire sur le continent et de l’obliger à restaurer ses régions dévastées.

Le Traité de Versailles. — Après des négociations difficiles, les Alliés, s’étant mis d’accord, imposèrent à l’Allemagne le traité de Versailles (28 juin 1919). La paix fut signée dans cette même Galerie de Glaces où, le 18 janvier 1871, avait été proclamé l’Empire allemand.

Le traité de Versailles instituait une Société des Nations. Ouverte d’abord aux Alliés et aux neutres, la Société devait être dirigée par un Conseil de neuf membres et par une Assemblée des représentants de tous les membres de la Société, qui se réuniraient à Genève. Les membres de la Société s’engageaient à soumettre leurs différends à l’arbitrage. Mais l’institution nouvelle n’avait pour elle que la force morale: le Conseil de la Société ne disposait d’aucune force matérielle pour faire respecter ses décisions.

Au point de vue territorial, par application du principe du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, l'Allemagne devait restituer l’Alsace-Lorraine à la France, la Posnanie à la Pologne et accepter que le sort du Slesvig, de la Haute-Silésie et de la Prusse polonaise fût réglé par plébiscite. A l’est, le port de Dantzig, débouché de la Pologne, était constitué en ville libre. A l’ouest, le bassin de la Sarre, dont une partie avait été française avant 1816, passait sous le gouvernement de la Société des Nations pour une période de quinze ans, à l’expiration de laquelle un plébiscite déciderait de son sort. Hors d'Europe, l'Allemagne cédait au Japon ses droits sur Kiao-Tchéou; elle renonçait à toutes ses colonies, qui devaient être administrées par d’autres puissances, en vertu d’un mandat de la Société des Nations.

Au point de vue économique, l’Allemagne, déclarée responsable de la guerre, s’engageait à réparer tous les dommages causés aux populations civiles et à leurs biens, à rembourser toutes les pensions accordées aux victimes militaires de la guerre. En compensation des pertes subies par les Alliés, elle

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