CARL0V1N61EMS. — CHARLEMAGNE
la Sicile et la Dalmatie , seraient comprises dans Tempire d'Orient. Vers le même temps, Tempereur con* ohit un trailë avec le calife de Gordoue , et régla définitivement les frontières de ses Elats au delà des Pyrénées, Le tribut annuel des ducs de fiénévent, vassaux de l'empire , fut fixé à vingt-cinq mille sous d'or, et moyennant cette contribution ils acquirent et consolidèrent l'indépendance que leur avait autrefois garantie la monarchie lombarde. Le nouveau roi des Danois, Hemmiug, ayant été tué à son tour, sa succession fîit disputée par Sigefried, neveu deGottefried, et par A nul on , neveu d'Harold, autrefois roi de ces barbares : tous deux périrent dans la lutte; mais le parti d'Anulon l'emporta , et éleva à la royauté Harold et Raginfried , qui demandèrent la paix à Tempereur. Ils l'obtinrent, et, pour le moment, on put croire que toutes les frontières de la monarchie étaient calmes.
L'empire de Charlemagne (Ôi3) s'étendait alors du grand Océan jusqu'à la Calabre, au Raab et aux
montagnes de la Bohème , et depuis l'Èbre jusqu à l'Ëider et a la mer Baltique. C'était assez de gloire et de grandeur : Charlemagne, afTaibli par Vâge et voulant préserver Tenipire des secousses auxquelles sa mort pouvdit donner lieu, manda auprès de lui, à Aix-la-Chapelle, son fils Louis, roi d'Aquitaine, et, du consentement des grands , il l'associa à la dignité impériale. L'assemblée , dit le chroniqueur, était réunie dans la magnifique église bâtie en Thonneur de la Vierge, Mère de Dieu. Les voiites retentirent du bruit des applaudissements; des cris de joie se firent en-
tl3). €MniONNBIIBNT DE LOUIS l". 487
tendre au dedans et au dehors. Le consentement que Gharlemagne demandait aux évéques et aux grands fat aocordë par chacnn • d'eux interrogé l'un apvès l'autre, et ratifié par racclamation du peuple. Le dimanche suivant (on était au mois de septembre eut lieu en grande pompe la cérémonie du couronnement. Ce jour-là, l'empereur, vêtu avec une magnificence digne de son rang, et la couronne en téte^ sVvança, soutenu par son fils et entouré des grands, vers la sainte basilique d'Aix-la-Chapelle. Une autre couronne était placée sur Tautel. Gharlemagne alors piitson fils par la main, et tous deux se prosternèrent dans le sanctuaire aux pieds du Roi des rois. Quand ils eurent longtemps prié, Tempereur seleva^ et paria ainsi au roi d*Àquîtaine :
« Le rang élevé où Dieu vous place , mon fdS| vous « fait un devoir de le respecter, de l'aimer, de le «f craindre , et d'exécuter avec fidélité ses comman* « déments. Ëmpereui*, vous êtes le protecteur naturel < des Eglises , et vous devez veiller à leur bon gou- « verneraent. Vous devez les défendre contre Faudace « des impies et contre leur méchanceté. Que vos paie rents reçoivent de vous des faveurs qui leur prou- « vent que , si vous êtes leur maître , vous êtes en « même temps ou leur frère, ou leur oncle, ou leur « neveu. HonoreK les évéques comme vos pères, a aimez vos peuples comme vos enfants. Contraignez « par la force les méchants et les rebelles à suivre la « règle et à marcher dans la bonne voie. Que les mo- « nastères , que les pauvres trouvent en vous leur « consolation et leur asile. Choisissez des gouverneurs T. m. W
« et. dtijii(|9s sages, comlanls et justes. Ne déplaces a jamaisi saus des motifs aussi puissants que légitime OMS, oeux que vous aurez élevés ea digniléi et « n*ayez à rougir d'aucune de vos actions, ni devant « Dieu, ni devant les hommes. »
Gharlemagne demanda à son fils s'il promettait de gouverner d'après ces principes, pour la gloire de l'État et pour le bonheur de ses sujets. Louis en fit le serment solennel. Alors Tempefeur lui ordonna de prendre la couronne placée sur l'autel, et de la poser lui-même sur sa téte, en mémoire des conseils qu'il venait de lui donner. Louis obéit, au milieu des ao» clamations de rassemblée et du peuple. Après cette cérémonie y ila entendirent la messe et retournèrent au palais.
On voit que Gharlemagne, d'après le consentement des grands et des évéques, et en présence dupeuple, appelle lui-même à Tempire son fi Is et son successeur, et ne fait point dépendre la dignité impériale de Télection du piq>e. Cette attitude ne change en rien Forigine et la nature du droit de l'empereur. L'^* pire d'Occident avait été renouvelé et institué par le chef de l'Église, et Gharlemagne n'avait reçu la couronne que des mains de Léon III. NuUe part la papauté n'avait prétendu qu'elle interviendrait de fait et directement dans l'investiture .des héritiers de Gharlemagne ; il lui suffisait d'avoir inauguré et commencé leur droit. Gomme chef politique , Tempei^eur relevait désormais de Dieu, de son peuple et de son épée; comme investi du droit et de la mission de défienseur de l'Église etd^auxiUaire reUgieux, la plénitude.
ii^ VOIT i» OHAmunum. 499
de son autorité , le sacerdoce impérial, si nous pou* Tons parler aiasi, ne devait et ne pouvait lui être eon«>
férë que par le sacre, et c'est ce qui eut lieu plus tard. liOuis4e-*DébonDaire pose lui-même la couronne sur sa téte, et il agit comme souverain civil, armé du glaive et en pleine possession de son indépendance :
' quand il sera oint de Thuile , des mains du pontife ^ à l'exemple de Saûl et de David , il sera vraiment le prétre-roiy qui aura fonction de garder l'Eglise et de veiller pour elle.
Après le couronnement, les deux empereurs, le père et le fils, retournèrent ensemble au palais ; et bientôt ils se séparèrent, le premier pour rester jusqu'au bout occupé de la défense de son peuple , l'autre pour aller une dernière fois régler les intérêts de l'Aquitaine. Dans cette même assemblée d'Aix-la- Chapelle , Charlemagne se fit présenter les actes de plusieurs conciles provinciaux qu'il avait convocpiés , etil y souscrivit ; il publia encore quelques capitulaûm, et envoya six ambassadeurs francs et saxons au delà de i'Ëlbe , vers les Danois, afin de régler les dernières stipulations (|ui se rattachaient au maintien de la
. paix.
L'empire ( 8i4} jouissait d'une sécurité que rien ne troublait. Charlemagne, rassuré sur l'avenir de ses peuples , se livra à des exercices de piété , à Taumène et à la prière. Sur la fin de janvier, il fut saisi de la fièvre au sortir du bain, et, le septième jour de sa maladie , il reçut les derniers sacrements des mains de Févêque Hildebald. Le lendemain a8 janvier, au lever du jour, il recueillit ses forces pour faire le signe
500 GAIIL0VIII6IBNS* ~ GIIARLnilAI}M«« m
de la croïxy et ayant récité à voix basse ce verset , « Seigneur, je remets mon ftme entre ^os mains, » il expira plein de jours, de vertus et de gloire. 11 était âgé de soixante-douze ans, et en avait régné quarantesept. Son corps fut enseveli à Aix-la-Chapelle, dans un caveau, où le grand empereur fut assis sur un trène, ceint d'une épée d'or, le diadème en téte, et le livre des Évangiles sur ses genoux : il ëtait vêtu des ornements impériaux, et ua suaire cachait sa face ; sa ckair était couverte d'un cilice qu'il avait coutume de porter; on plaça sur ses vêtements une escarcelle de pèlerin; devant lui on suspendit un sceptre et un boucUer d'or qu'avait bénis le pape; puis on ferma, on scella le sépulcre, et sur le marbre qui recouvrait la tombe on traça cette épitaphe : Sub hoc conditorio situm è$t corpus CaroU, magmatque orthodoxi impera» toris^quiregnum Francorum nobiliter ampliauit^ et per annos XLVIl féliciter rexit y decessit septuagenariusj anm iié Incarnatwne Dmmm IHXX^ — «Souscette pierre gît Je corps de Charles, grand et orthodoxe empereur, qui agrandit noblementle royaume des Francs, r^a beureusement quarante-sept ans, et moural septuagénaire , la huit cent quatorzième année de Flncamation du Seigneur (i). » Mais Nithard , petitffilsde Gharlemagne, et qui écrivit traite ans après la mort de Tempereur, traça d'une main plus vigoureuse
(i) Au dixième siècle» Othon m lit ownnr le UNsdieta de Ghnleet en .fit fetîrer sa ooaromie et son épée, qui finent déposées dans un Ben iMnoraUe. Depuis ce temps » les empereurs d'ADemagne, à la cérémonie de leur couronnement» ont toujours avec vénération et respect placé la couronne sur leur téte et l'épée à leur eélé.
•141 POaTRAlT OB CHARl.iniâgW> ' ^|
le portrait de son illustre aleuL « Qaand Charles , ditily quand Tempereur de bonne mémoire, et que toutes letnalioiiftoiitjuilBmentappdéff lAARAVDy » mourat plein d'années , il laissa toute l'Europe dans une bonne situatioa : cet homme surpassait à ce point, en toute sagesse et en toute vertu , le genre humain de son temps, qu'il paraissait à tous les habitants de la terre tantôt terrible , tantôt aimable , mais jamais autrement que digne d'admiration. Pendant tout le temps de son règne, de toute manière et de l'avis de tous, il ne fit rien qui ne conccmrùt à la (^oire et à l'utilité de sim empire. La chose la plus admirable, cependant, c'est, je l'avoue, que seul il a su réprimer, par la terreur de la loi , les coeurs féroces et les poitrines d'airain des Francs et des barbares , que même la puissance romaine n'avaiit pu parvenir à dompter ; et il l'a fait au point que, pendant tout le temps de son règne , ils n'osèrent jamais ouvertement rien entreprendre qui ne concourût à l'utilité publique. 11 régna heureusementoonuneroi pendant trent^eux années, et posséda en toute félicité aussi pendant quatorze ans la couronne impériale. » U est difficile d'ajouter quelque chose à cette page, qu'un historien moderne prodame magnifique de vérité et d'éloquence barbare.
De tous les hommes qui ont obtenu le nom de Grand, et qui, privilège beaucoup plus rare, l'ont conservé de siècle en siècle, aucun, mieux que Ghariema* gne, ne Vtt mérité par un plue étonnant assemblage de dons glorieux , d'actes illustres , de puissance prodigieuse et de services rendus aux peuples : il est le
ti02 • CARL0VIN61&M6. — CHARLËMàGNë. [MM
§t^t d« k véiM tt de la léfank, le hAm de k
chronique et des épopées; partout où il a posé le fmdf une traee eat realée de son passage; le monde .moderne remonte à lui ^ toutes les nations de l'Eu-
rope , qu'il a ployéea et jetées dans un moule , gardint l'empreinte de tes anains; et eependant Teeawe politique qu'il awt entreprise n'a pu lui survivre, sa pensée a été trop en avant de son époque pour produire des fruitsduraUes : il a montré une fois de plus, par son exemple , que les choses humaines sont un pur néant, et qu'il u'est doQpé à aucun individu, si grand et ai fav^Hrisé qu'il paraisse , de barrsr le oheeûn par où les sociétés passent, et de retarder l'histoire. Instruments de la Providence, agents plus ou moins célèbres de la volonté de Dieu, les Alexandre, les César, les Charlemagne, les ^apoléon, ont chacun une mission à remplir ; et quand ils ont terminé leur rôle» Dieu les appelle, ils rqiondenti « Présents! » comme le sddat sous les armes ; et Celui qui , dans sa balance , pèse les cendres du héros et celles de l'esclave » leur demande compte de ses dons et leur fait justice.
Ce qui distingue Cliarlemagne , c'est la sag^^ unie à laforce; il ne crée pas ^ il améUore ; il ne supprime pas , il amende : représentant du principe germanique, il maintient les codes particuliers de la vieille patrie, il ne centralise qu'autant que le droit de rhomme libre demeure intact , et en même temps il réforme les abus dans la mesure de ce qui est possible; il met en harmonie les lois des barbare» avec le principe chrétien ; il sul)stitue l'intérêt c(»mmun à l'intérêl uidividuel ; il travaiUe a ionder la hiérarchie,
m WATBAIT DE GHAELnUMUIB. â03
à faire concourir robéissanoe de chacun à la volonté de tous; et toutefois, à suiyre les efforts et à étudier son trevafl, on sent, on comprend qu'il voudrait toujours aller au delà de ce qu'il réalise , et que , sans ■ cesse aux prises avec le droit des Germains , il a entrevu comme le seul gouvernement possible la monarchie romaine avec son unité , sa majesté , son autorité, attributs qui la rendent forte , ressorts vigoureux qui multiplient sa puissance. Ne nous étonnons pas de ce qu'avec tant de génie il a laissé des lois si imparftites et si confuses t les éléments dont se cornposaient son empire ne se prêtaient pas à une transformation plus complète, et il a dû aller au plus pressé. ' Nos codes modernes, dont nous sommes si fiers, ne sont que le résumé bien coordonné de la jurisprudence et des essais successif de quinze siècles : avant de résumer le droit , il faut rétablir, et l'expérien^ laborieuse des détails précède la science. Qui oserait reprocher à Cbarlemagne de n'avoir point eu les idées et les combinaisonsde notre temps, lorsqu'après tout il devança de tant d'espace les idées de ses contemporains, que son csuvre, prématurée, s'est éteinte avec lui ela été vaincue après sa mort?
La centralisation et l'unité absolues, quand elles sont d'une réalisation impossible, affaiblissent et ruinent, au lieu de les rendre forts, les peuples que Ton veut contraindre à subir ce joug, Cbarlemagne n'avait point à imposer à vingt nations différentes et à plusieurs civilisations diverses l'uniformité des règlements administratiis et des mœurs ; il eut vainement tenté d*|Mcomidir ce miracle inutile, et de .substituer à la
504 GAMLOVUIGIBNS. — ClUaLBllAGNE.
yie énergique et jeune des sociétés barbares une vie factice, imitée delà décadence. de l'empire d'Orient, et qui eût été pire que la mort. Sa missiony à lui, était d'achever i*œuvre de son père Pépin et de son aïeul Charles Martel : il avait à représenter et à conduire la nation des Francs, chargée , depuis sa conversion à la foi chrétienne, de mettre un terme aux invasions de la barbarie et du paganisme, qui débordaient sans relâche sur les Pyrénées, sur le Danube, sur le Wéser, partout où il y avait à réagir contre une conquête récente aocom(die au nom de l'Évangile, c*est-à«dire au nom de la civilisation, qui n*est parfaite que là où est le Christ. Il avait à cimenter par ses victoires rindépendance temporelle de la papauté et la liberté de l'Église , liberté prédeuse au Seigneur, et en vue de laquelle il dispose , quand il lui plaît , toutes les choses humaines. Le plus grand, le plus redouté d'entre les rois, il avait devoir et fonction de montrer au monde qu'il n'y a pas , pour les chefs des peuples^ d'honneur plus relevé, de gloire plus hante que de se mettre au service de la foi et de la justice, et que d'accomplir vraiment le sacerdoce civil, qui est de sanctifier la foroe et le pouvoir, en les em|doyant à la cause de Dieu.
• Tout le reste a passé, toutes les autres tentatives de Charlemagne se sont évanouies : c'est là seulement ce quiestrestéde lui, c'est par là qu'ilaété le plus puissant moteur de la civilisation et le plus utile des hommes. Vainement a-t<-il multiplié les conquêtes et rassemblé les races humaines sous une même loi ; de son vivant, déjà, ce travail était <iétruit par un travail contraire ,
•14] H>RTRAIT DE CMAELMUgHB. 805
et lui-même, dans ses deux dernières chartes de parlage, en distribuant ses États entre ses fils, semblait attester que son œuvre d'unité monarchique était un réve. Vaiuementavait-t-il crée des flottes pour préserver les côtes de son empire , bâti des forteresses au delà de l'Elbe, dépeuplé la Saxe et la Pannonie au profit delà Gaule^ imposé des tributs aux populations les plus lointaines , lui mort, tout cet édifice s'est écroulé pierre à pierre, et chaque peuple a recommencé son histoire propre.Mais Rome afTranchie du joug des Lombards et des Grecs, mais le christianisme porté aux extrémités de son vaste empire, mais la papauté émancipée sans conditions, et osant revendiquer , sans contrôle, la direction spirituelle de toutes les âmes et le droit d'être l'arbitre des peuples, parce qu'elle est l'expression de la justice d*en haut : voilà le point de départ de ïoni ce qui existe aujourd'hui dans le droit public des races chrétiennes, voilà les éléments de la civilisalion et de la justice internationales , voilà Tceuvre qu'aucun homme ne pourra défaire; et c'est par là que Gharlemagne fut vraiment admirable , vraiment auguste, vraiment digne du nom de Grand.
PIN au Taoïsita volumb.
Oigitized
ÉGLAlRGiSSËMËNTS.
PrcaOw pwi«c« dm I» mbucMa galto-inuiviM ( Ail )•
Voici coinmcnl les quatre fils de Clovis partagèrent entre eux rhéritage de leur père :
Thierry, le roi de Metz, eut pour son lot, outre les possessions des Francs au delà du Rhin, tout le pays situé entre la rlTc gauche de ce fleuve et la Meuse; et en deçà de la Meuse, les villes et territoires de Reims, Chftlons-sur-Mame, Troyes et Sens, c'est-à-dire la plus grande partie de la Champagne. •En même temps il obtint , dans l'Aquitaine , Clermont et la province d'Auvergne, avee ses annexes ordinaires, le Vélay et le Gévaudan (i); plus, les importantes cités de Hodez, de Cahors et d*Al])y (2).
Les États de Clodomir, doui la capitale était Orléans, comprenaient, à Test, les villes et territoires d*Auxmaetde Tonnerre, qui rontinaient au royaume de Bourgogne; à l'ouest, laTouraine, le Maine, l'Anjou, et les trois cités de Nantes, Vannes et Rennes, limitrophes de la partie de FArmorique restée indépendante. Au midi de la Loire, la portion occidentale du Berry (aujourd'hui le département deTIndrc), le Bourbonnais, et bien loin de là, sur les rives de TAdour, la cité de Ddx, appartenaient encore au roi d'Orléans.
(1) En 523, le Vt^lay et le Gévaudan, ainsi que le Rouergue, tombèrent au pouvoir des Ostrogotlin. Mais, dix ans plus tard, Théodebert, fils de Tbiorry, fit rentrer ces trois provinces sons la dontinaliun franque, [et depuis Ion eUoft lurent definitiNenient réunies an\ possessions du royaume de Met/..
(2) Le Quercy se divisait en haut Quercy ( département du Lot ), capitale Galion, et bit Quercy (départe— t de Tua ■MHHùMe), capitateMoiMaG, qii plus lard devait être remplacée par Moataiiban.
508 ÉCLàiRCittiifum.
Le roi de Paris, Childebert, reçut pour sa part, indépendamment de cette cité dont il fit sa capitale, cinq villes qui en étaient assez rapprochées, savoir : Melun, au sud-est; Meaux, à Test; Compiègne et Beau vais, au nord et au nordest; enfin, au sud-ouest, Étampes, avec toute l'ancienne Beauce, c'est-à-dire le pays Chartrain, le Dunois (1) et le Vendômois (S). Ajoutez-y la vaste province qui, sous les Romains» mïttoTmÉ^)aLSee€i%deLyimnaise (3) • Dans TAquitaine, Bourges et son territoire, le Poitou, la Saintonge» le Bordelais, le P6rigord, leUmonsin, TAg^ois, leTou1ousain,et, aupieddes Pyrénées, le Gonserans (4) et la cité de Bayonne, étaient également des dépendances du royaume de Childd)Wt.
Enfin Clotaire , qui avait fixé sa résidence à Soissons , eut en partage, outre les villes d'Amiens, Saint-Quentin, Laon et Cambrai, presque tout le pays qui s*étend au delà de la Somme, entre cette rivière, la Meuse et l'Océan. Tournai, cette première capitale des anciens rois francs , se trouvait ainsi comprise dans ses États. Quant à l'Aquitaine , il n'y possédait guère que la Harche, et, sur les frontière des Pyrénées, le Béam et le Bigorre.
Après la mort do Clotaire l*'^ les quatre iils de ce prince ayant divisé entre eux, par la voie du sort, la succession paternelle, les parts se trouvèrent réglées de la manière sui* vante :
Le royaume sur lequel avaient régné successivement
(1) Chàteaudun (aojourdHiui cheMieu d*arroiidiM«Mllt dMS It départMMat
d^£ure-et-Loir ) était la capitale de ce petit pays.
(2) Le Veodômois, actuellement réparti entre les départements de Loir-et- Clieretde laSartbe, avait pour cité principale Y^Mlâme (dieC-lieud'arroodiisèment du département de Loir-et-Cber).
(3) Ce^t à peu près la Normandie.
(4) Mt pays, aujoardlmi renfermé dans le députeneat de rAriége» el qui •vailiNNir ville principale SM-GéroDS» sur leSM, iIRMitde la haalaGa*
ÉniiinhnniiwimTS. 509
Thierry , Théodebert et Théodebald , et que le premier de ces rois avait agrandi de la Thuringe, passa tout entier, moins le Sénonais, 1* Albigeois et le Quercy, sous les lois de Sigeberl. (Test lui aussi qui hérita de l'espèce de suprématie militaire que les monarques francs exerçaient déjà sur les peuples germaniques, Frisons, Saxons, Allemands et Bavarois.
Le sort donna à Contran les anciennes possessions de Go« domir» démembrées delà Touraine et de la ville deDaz, mais accraes» par compensatioii, du Sénonais et de tout le royaume de Bourgogne.
Garibert obtint pour sa part la succession du roi de Paris, Ghildebert I*'. Il reçut de plus FAlbigeds, le Quercy , la Touraine et la cité de Dax, qui avaient été détachées, TAlbigeois et le Quercy de l'héritage du dernier roi de Metz , Dax et la Touraine des États de Clodomir. Enfin il y joignit la Provence, récemment cédée aux Francs par les Oslrogoths.
Chilpéric fut le plus mal partagé des quatre tils de Clotaire. 11 n'eut pour son loi que Tancien royaume deSoissons, auquel on ne voit pas qu'il y ait été rien i^outé alors, si ce n'est peut-être la cité de Bayonne.
Dans ce troisième partage, Sigeberl obtint, outre TAlbigeois et le bas Quercy, qui firent retour à l'Ostrasie, la dté d'Amndies (1), lesTÎlles de Ifeauxet d'Étampes, le paysCbar- Ufain , y compris le Dunois et le Yenddmois, la Touraine et
le Poitou; et, au pied des Pyrénées, le Conserans avec quelques autres cantons de la Novempopulanie.
Gonti*an eut pour son lot la partie occidentale du Berry, le Périgord , la Saintonge, l'Agénois et le Toulousain.
L'ancienne L^omiaite Seconde ( moins Avranches et son
(1) Auioiiri^toiehrf4iea tflrrotta^^ die.
ÉQLAlMSIlMi
territoire), l'Angoumois, le Bordelais, leQuercy et la cité de Dax, formèrent la part de Chilpéric .
Nous avons vu ' que Gontrari et Sigebert partagèrent entre eux la Provence. Celui-ci eut les villes d'Aix et d'Avignon , celui-là Arles et Riez. Quant à Marseille, elle fat adjugée par moitié à ces deux princes. Une convention du même genre eut Ueu pour Senlis.
EuQjït on se rappelle rarrangem^plos bizarre encore qui donnait à chacun des trois frères un tiers de Paris, mais en stipulant expressément que celui qui entrerait dans cetteville sans le consentement des deux autres perdrait par là même tous ses droits à l'héritage de Garibert.
Tel fut le partage de 567.
WrmgammU te acrauBS ém taàmk Aol.
c Écoutez-moi , trés-chers fifères, et prêtez, je vous en
conjure, une oreille attentive aux conseils que je viens vous donner, dans l'intérêt de votre salut. Songez aux engagements que vous avez contractés avec le Seigneur le jour de votre baptême, et demandez- vous si vous y êtes restés fidèles. Ce n'est pointasses que voqs ayez reçu le nom de chrétiens, si vos œuvres ne sont vraiment chrétiennes; Le titre de chrétien n'est utile qu'à celui qui retient dans son cœur et met en pratique les préceptes du Christ, qui ne dérobe point, qui ne &it point de &ux témoignages, qui s'interdit également le mensonge et le parjure , qui aime les antres hommes comme lui-même , et ne rend point le mal pour le mal. Celui-ld est vraiment chrétien, qui accueille avec joie les voyageurs !|comme il accueillerait le Glu-ist lui-même, se souvenant de ces paroles de l'Évangile : « J'ai été voyageur, a et vous m'avez reçu. » Gelui-là est vraiment chrétien qui fait l'aumône aux. pauvres selon ses moyens; qui ne se sert niile balances trompeuses, ni de finisses mesures; qui, re-
lenMit di méoioire le symbole el l'oraisiNi domteicile, 1m
enseigne à ses enfeuito et à toute m mateon
« Vous devez surtout vous garder soigneusement d'imiter les païens dans leurs coutumes sacrilèges. Ne consultez donc, pour quelque affaire ou quelque maladie que ce soit , ni devins, ni sorciers, ni enchanteurs; car celui qui commet ce péché perd aussitôt la grâce du baptême. De même, n'observes point les augures ou les étemuments ; et, quand tous serez en voyage» ne prenes point garde au chant des oiseaux* Que nul chrétien ne remarque quel Jour il sort de sa maison, ou quel jour il y rentre; car Dieu a &it également tous les jours. Que nul ne soit assez impie pour invoquer les noms de Neptune, de Diane, de Minerve , et qu*on laisse enliii de côté toutes ces folies. Que nul n'allume des lampes ou ne suspende des offrandes dans les sanctuaires des païens , auprès des pierres, des arbres, des fontaines, et aux endroits où aboutissent plusieurs chemins. Que nul ne suspende des bandelettes au cou d'un homme ou de quelque animaly lors môme qu'elles auraient été Dûtes par des clercs» et que ceux.* d les donneraient pour des choses sacrées» parce qu'ils auraient écrit dessus quelques versets de TÉcriture. Quand la lune s*éclipse, pourquoi cette frayeur et ces cris? N'est-ce pas Dieu qui veut qu'à certaines époques sa lumière se voile à nos regards? Pourquoi ci aindre aussi de commencer un travail à la nouvelle lune? La Providence a créé cet astre pour qu'il servît à marquer les temps, à diminuer la profondeur des ténèbres , et non pour qu'il suspendit les travaux OU qu'il troublât la raison des hommes. Qu'aucun de vous n'appelle le soleil et la lune du nom de seigneurs, ni ne jure par eux» parce que ce sont de simples créatures de Dieu» qui les fidt servir à nos besoins. Que nul ne se croie abandonné à la vobnté capricieuse du destin» ou soumis è un sort, à un horoscope, disant € qu'il est tel que sa naissance Ta fait; » car Dieu veut que tout homme puisse fàire son salut et arriver à la connaissance de la vérité....
« N'adorez point le ciel , ni les astres , ni la terre , ni rien des choses créées. C'est Dieu seul qu'il faut adorer, puisque seul il a tout tiré du néant. Sans doute le ciel est bien élevé
au-d0S8U8deiiostétieB, laterre est grande» la mer immente, et les étoiles sont Inen bdles; mais ne eomprenei-TOUS pas qu'il doit être eneore plus grand et plus beau Gdiû dont toutes
ces merveilles sont Touvrage ? Craignez-le par-dessus tout , aimez-le au delà de tout , adressez-vous à sa miséricorde , et
ne désespérez jamais de sa clémence
« Chaque dimanche , rendez-vous à l'église , et là ne vous occupez ni de procès, ni de querelles, ni de vaines fables;
' mais écoutez en silence les divines leçons d
( SpicUegéum de d'Ach^, tome V, p. 311-845^ pasHm. )
OMNietère rell|rle«x et social de l'empire d*Oecldenf , r^teUl
11 y a une diftérencejtrès-caractéristîqiie entre l'aide donnée an cbristiamsme par Constantin etChailemagne. Le
premier, ayant vaincn Fempire païen, noiHseulement lia le monstre de telle façon qu'il demeura incapable de porter ses griffes et ses dents sur l'objet de ses fm'ies sanguinaires, mais il le jeta chargé de chaînes aux pieds de sa victime. Cette captivité , loin d'abattre la féroce inimitié du monstre , ne fit que l'augmenter à mesure qu'il voyait croître en grandeur cette ÉglisOt objet de ses vaines fureurs. Le vieil empire romain ne se coalisa jamais avec l'Église. Tant qu'il conserva quelque vitalité , il resta toiqours païen et antichrétien dans son essence et son action : il a constamment été du parti de ceux qui, dans les époques andennes ou modernes» ont essayé de foire rétrograder la société vers les antiques tradi* lions romaines. Mais Tempire, consacré par Charlemagne à l'honneur et au service du christianisme , représenté dans l'autorité gouvernementale conférée à saint Pierre, n'est point une puissance conquise , mais créée par le principe chrétien. C'est par l'enthousiasme chrétien que Charlemagne, comme nous l'avons vu, acqidert cet empire; c'est avec la politique de l'Église (il n'en connaît point d'autre) qu'il
ÉCLAlECISSBMBirrS. ^13
cherche à civiliser ses sujets et à éievci- leur prospôrili*. Etre en tout le coadjuleur du successeur de 'saint Pierre est son ' phis hcuu titre, il Tinscrit entôte de ses lois : c'est le mot d'ordre de ses armées marciiant à la victoire » il rilluslrc en sa propre condMite par les aveux les plus solennels et par des actes efficaces. Nous le trouvons même emphatiquement symbolisé dans cette étiquette par laquelle , depuis ce jour, il passa en usage que les rois et empereurs, peu importe de quelle dynastie, descendissent de cheval en présence du prince des apôtres, et lui rendissent l'hommage des plus humhles services. Lorsqu'il fait son testament, il recommandé et enjoint par-dessus tout,.sw;)er omnia,b. ses fils, héritiers de sou royaume, de demeurer champions lidùles des droits spirituels et temporels du siège de saint Pierre, ou, en d'autres termes , de la papauté , à laquelle il s'était dévoué lui-même imi* le serment que nous avons mpporté.
Sans nul doute, le principal objet de Léon III était d'avancer les intérêts de la religion » en assurant ainsi la parfaite liberté du pouvoir entre les mains de celui à qui raidministration en avait été confiée. Hais tel est le trait distinctif dès œuvres du très-haut et très-sage architecte , dans le monde moral et dans le monde physique , qu'il ne se rencontre rien de choquant ou de dispaiate avec quelque partie que ce soit du système général, mais que tout s'y harmonise et y ajoute une beauté, une puissance , une perloclion nouvelles : et de là est advenu, quoique nous ignorions si un tel résiUtat était attendu (et vraisemblablement il l'étiiit), que l'acte prévoyant de Léonin» àTégard du bien-être spirituel des nations chrétiennes, aj^t comme par un coup de baguette magique sur la dbreclion de leurs destinées politiques.
Nous avons dit que le monde barbare-roman était fortement fixé dans la main de Charlemagne. Ceci est hors de contestation. Ou peut encore moins contester que la hase du système fondé par lui n'avait d'autre garantie de durée que sa fbrce colossale. M. Guizot le recounaiten piusieui*s endroits de ses écrits.
« On parle beaucoup , dit-il, de l'ordre qu'il avait ramené dans ses États, du grand système d'administration quil avait T. ni.
ÉCLAiEdMimm.
essayé de fonder. Je crois , en effet , qu*il avait essayé , mais qa*il y avait très-peu réussi : mal^p^ Tunité , malgré i'activité de sa pensée et de son pouToir, le désordre était autour de lui y immense, invincible ; il le réprimait un moment, sur un point; mais le mal régnait partout où ne parvenait pas sa terrible volonté , et là où elle avait passé il recommençait dès qu*il s'était éloigné (1). »
Conséqueinment , avant l'heure où le pape plaça le diadème sur sa tète , la stabilité du système fondé par Charlemagne dépendait exclusivement, entièrement, du génie, de la vie d*im seul homme , d*un homme qui , après cinquantetrois campagnes, avançait rapidement vers la vieillesse. Mais à peine racclamation léonienne euM-elle retenti à des milliers d'oreilles dans Saint-Pierre , à peine eut-t-elle été redite par les peuples lès plus éloignés , barbares ou romans , que la position entière des aflkires de rOccident changea, et, on peut ajouter, changea de la manière la plus heureuse. Le monde social , qui , une seconde auparavant , oscillait , suspendusur un abîme d'inévitable (2) anarchie par le fil de la vie d*un seul homme, était tout à coup jeté sur une base ferme, nouvelle, aussi impérissable que Tinmiortel renom de Cliarlemague. Son génie , sa gloire , les conquêtes de son épée, de sa sagesse i tout Tentourage de son nom , un des plus grands noms connus avaht ou après, tout cela était sauvé, par ce seul acte , du sort qui lui ^it inévitablement réservé , et s'incarna, pour ainsi dire, en une institution dans laquelle les traditions les plus prisées , et en même temps les plus indispensables à la régénération et au progrès des deux races barbare et romane , se combinaient en Charleniagne à la fois roi des Francs , et le grand et paciliquc empereur des Romains (3).
Et voyez pourquoi. Quoique impatients de règlement et de repos, il existait cependant, dans la poitrine des barbares, un désir instinctif de Tun et de Tautre , ou an moins un désir de
(1) Hist. de ta cMUtation en France, etc., par M. Guiiot, t. II, p. 127;
Paris, 1843.
(2) Gibbon, t. VI, p. 224.
(3) Mîchelet, Hist. de Fr,, t. I, p. 309.
ÉCLÂiaCl&SËMËNTS. 515
068 avanlages qd ne peuvent avoir de sécurité» d'erâienee, que dans ioet ordre de choses où les lois dominent et protègent.
Les fragments de ces grandes constructions, aqueducs,
villes, bourps , ponts, voies publiques-, débris de marbres de toute sorte, parmi lesquels ils taisaient pâturer leuiN troupeaux , disposaient leurs embuseades de j^uerre , eliercliaient les délices de la chasse, ou s'embusquaient pour rançonner le voyageur et le pèlerin : toutes ces grandes ruines d'un État tombé, qu'ils hantaient sans cesse (peut-être avec admiration), excitaient en eux de vagues idées sur ce mystérieux, et splendide système d'existence sociale à laquelle appartenaient ces objets* On peut dire la même chose des restes de la société romaine, de ses institutions mutilées survivant encore, spécialement au dedans des villes ruinées ou des bourgs municipaux. Le nom même de l'empire , les réminiscences de celte grande et glorieuse société, ne cessiiient pas d'agiter la mémoire des vivants. Parmi les sénateurs des anciennes cités, parmi le clergé (ît tous ceux qui avaient pris origine dans le monde romain , ces considérations rétrospectives étaient accompagnées de regrets d'autant plus amers, (]ii'ils avaient à souffrir de plus crudles et incessantes violences des mains de leurs féroces conquérants.
Les conquérants eninnèmes étaient attachés à de semblables souvenirs par leurs plus ardentes passions , et par cette soif de renommée qu'ils aimaient au-dessus de tout, excepté leur religion nouvellement adoptée.
LMmage de la grandeur antique s(; présentait souvent vive et brillante à leurs imaginations, lorsqu'ils prêtaient l'oreille aux chants de leurs bardes , qui , au milieu des fêtes de leurs carrousels, célébraient les prouesses de leurs ancêtres qui avaient joué un rôle dans ses guerres, dans ses triomphes, et surtout dans sa destruction. La conséquence était inévitable. En contemplant ainsi Timage de cet ordre majestueux , leurs intelligences, rudes et inconsistantes comme elles étaient, ne pouvaient manquer d'être frappées des défauts et de Tinfériorité de leur propre condition sociale, si leur manière de vivre peutseulement mériter le nom de société. Ils sentirent, vivant
oi6 KCLAIRCISSEMENTS.
parmi les ruines de i*empire romain, qu'il leur manquait quelque chose qu'ils ne pouvaient ni ne savaient imiter et reproduire. De Ià, l-efifet de ce coup politique qui fit revivre Tempire d'Occident. Il opéra magiquemrat sur le monde barbare. Ces grossiers instincts, ces sauvages natures, dépourvues de toute lixité, prirent soudainciiient de l'unité, deTharmonie, de la stabilité. L'idée qui tourmentait depuis si longtemps les âmes , semblable à une vision nocturne qu*on ne peut réaliser, fut reconnue et saluée par leurs acclamations, au moment où elle se présenta à leurs regards dans la per* sbnne du puissant héros couronné de Dieu par les mains du successeur de saint IHerre, grand et puissant empereur des Romains.
De cette heure , les tribus barbares acquirent une affinité nouvelle (1), et se trouvèrent attachées simultanément à la
pensée d'une association, d'une unité générales et permanentes. Son inlliit'nce réunit en un seul peuple les nations harl)arosel roinnnes. Quoique unies comme membres de l'Éf^lise callH)li(|uc, il n'existait cependant entre elles aucun lien politique. Elles possédaient des codes , des lois particulières ; leur ressemblance , ordinaire du reste entre les vainqueurs et les vaincus, consistait, non pas à combiner, mais à diviser. Mais, comme citoyennes de l'empire dont Charlemagiie était la tète, toutes ces races se trouvaient unies par les liens qui retiennent plus énergiquement les esprits et les cœurs d'un peuple. Le liarbare aimait à se battre et même à verser son sang pour l'empire, parce que le diadème en reposait sm* le front de Icni- propi c roi et héros barbare. Quant aux Uomains, leur Irioniplio de voir un roi bai bare recevoir à genoux le litre (le Iciii- phis liaut(; dignité, vX prendre le nom d'auguste, d'empereur, non des barbares, mais des Romains, était tel, qu'ils oubliaient volontiers les hontes, les désastres du passé.
(John Mu.ky, UtstoiredeêJÉkUs dupape, trad. par Ouin-Lacroix.)
(I) (.ui/ut, Hisi. delà civii. — Michelet, /iist. de Fr., 1. 1.
TAfiL£.
Pag».
Rois FAIHÉants et maires nu palais. Rornumcs de ISriistrie ft de
Bourgogne: Clovis , roi (838-656; i^vhpa et Erchinoald, maires du palais; Flaochat, id,, en Bourgogne. — Royaunu d'Autrasie : Sighebert ITl, roi , mort en 656 ; Pépin l'Ancien et Grimoald , maires du palais; Clovis II, roi de tous les Francs (656); Régence de sainte Bathilde (656-664 ) ; Clotaire III, roi ( 656-670 ) ; Ébroîn, maire du palais ; Childéric II ( 160) ; Wulfoald, naîredtt
ptlais ; CSiildéric U» aeal roi de» Fnuxs (670-675) t
Aoatrasieet Nénitrie. . ; %
GkmftII.^Si8|MbwtIlL — FlaoclMt 7
GiHm contre k Thmiiige 9
GrimoaM. — Enhinoalil. • • 10
Sainte BelliiUe n
Clotaire m. — GbOdéricII i4
RégeDoe de wiote BMliilde. • i5
Abdicatioa de la régente. • %%
Ébroîn a3
Gouvernement d*Ébroîn gi$
Thierry IIl jiS
Gouvernement de saint Léger 29
Rénctiun aristocratique • 3o
Ohildéric 11 et saint I>ger, •• 33
Disgrâce de si i ut Léger. «••• • , 35
Mort de Childéric n 36
Ron wkSKÉMfn bt xatasa du valais. (Suite. ) Nenstne ei Bout» gogne : TWerry ni (673-61)1 ) ; Ébroîn, maire du palais ; Clovis ni (691-695); Pépin d'Héristal, maire; Grimonid, lils de Pépin, njairo du palais de Neuslrie et duc do Moiirgogne ; Childei t m , roi de Neuslrie (byj-71 1 ); Dagoberl 111, id. (711-
oiS TABLE.
761); 11iéolMkl,iiiure; Rtinfroi, mtira. ^Jutirmi» : Digfr» bon roi ( 673-679); MMn, dpciB^dWriatd, doc (687- 714); lliéodeliald, fib dtÔfiièoild» torfre (714-716); Charia Ifarlel, doc d*Aiiitratie (716). jéquitame : Eudes, fib et
roewMWir de Boggis (d'origine ■énvingieiuie), doc d'Aqutlaiiie. 38
Digobert n. — Tliieny m 39
Bévohe dltbNfti • • * 40
Éljvato et ttint Lé0er a 4i
Martyn» de Mi«t , , 4»
Gww^amiwent M Ikgrfiirt. g. ♦ 47
Guerre eemra PAmtnMie...... , 49
Mort d'Éhroïn 5o
Nouvelle j^uerre cofitre l'Austrasie 53
Bataille (Je Testry 54
Ahaisscment des Mérovingiens $7
Puissance de Pépin d'Héjist;)) 69
Gouvernement de Pépin d'Héristal
Transformations politiqgies.. ...•••.•...»..••...... • 6%
Fils de Pépin d'Héristal , • ^6
G9ttp d*ceii sur TAquiUipe 67
Royaume ou duché d'Aquitaine *••• 1^
Tiléobald. RaiofroL ^ Gburlet Mv^ 71
GhOpério-Dipiel y9
Bilulle d'AwUer. , 7^
litiillfl èfi VÎDcy 77
Qmwtmmiox de dwries l|#rtBt w 7^
DÉcADKircE DB LA RAcs mérovin GinN ifB. JVêusffie et Bourgogne : Ghilpério-Daniel , roi; Tierry de CheHès, roi. — Jusirasie : Charles Martel, duc. — Jquitme : Eudes ^ roi ou duc; Charles Martel, duc des Francs (730-74^) 81
Bfiflsion des Francs sous Charles Martel 8%
Les Maures eja Espagne. 85
Invasion des Maures « 86
BaUille d'El-Balat 88
Progrès de Pinvasion «^1
Charles se dispose à intervenir 9a
Bataille de Poitiers , 9$
TAILK. Bi9
Pages.
GtRFTS dkun le ••••••••••••••••••••••••••é
Knterrègne loo
Mort de Charies Martel io3
DBRiriàHS PÉniODB DE LA DYNASTIE MÉROVIHG lEMNE. IMcHStrie f.t
Bourgogne : Childéric III ; roi ; Pépin , maire. — Austmsie : Carloman , duc (743-74?) Pépin, duc (747-753). Jqui'
taine et Nasconie : Hunald, duc; Waïfer, duc • io4
Les fils de Charles Martel loS
GMrloman et Pépin. — Ghikiéric lU • loéî
Betraite de Carloman. .«•• 109
Gnffon. — Waîfer ii«
AvéneaMOt.de Pépin I iS
lliauMi BB LA piaioin màmimmûammm • iiS
IVaneforinatMii «les noee * it6
AqnitaÎDe » , • 119
Wenstrie el Aiutranie , « « XM
TVuMfornatioiiB de la royauté lai
Dhmité des lois et des oouhunes laS
Décadence des înatitiilioiis * isg
Tendances vers Pordfe ftodil i3i
Civilisation chrétienne iSS
Le paganisme. — - Les ordres monastiques i35
Règle de saint Colomban 187
Dernières luttes contre IMdolâCrie il^o
Mission smMale de PÉgiise , .'...* i4i
La papauté au septième siède • i43
GommeDceffients du Bas-Empire 1 1 4^4
Émancipation )>olttif|ue de la papanté i47
Mission sociale de rÉgKse t49
Saint Grégoire, — Les ordres monastiques i5i
Mouvement littéraire •.»... iSa
Les lettres au dnqoièine slède» i54
Les lettres an siuèinè siède 1S7
Grégoire de Tonrs v« xSg
Saint Portunat. — La légende 161
Décadence rapide des lettres i63
Altération do laiigage 16S
Industrie. — Costumes 167
Page*.
Architecture 169
L^art mérovingien 171
CiiBLovTVGisiTS. Pépin le Bref (752.-768); Charles et Garloman
Premier sacre de Pépin « 174
Guerres en Aquitaine et en Saxe 176
Guerres contre les Bretons, 17g
Usurpations des Lombards 180
Le pape se réfugie en France i8a
Le pape sacre Pépin 184
Le pape réclame le secours des Francs 187
Lettres du pape 18S
Appel de Saint-Pierre 190
Premier champ de mM. ig3
Intervention de Pépin ipS
Résistances de T Aquitaine.. 197
Siège de Narbonnc 199
Pépin et Waîfer aoo
Prise de Germent ao3
Suite de la guerre >* ao4
Attitude douteuse des Bavarois 207
Pépin désole TAquitaine 209
Progrès du christianisme chez les barbares 9.11
Conversions en Germanie ai3
Les évêques gallo-francs ai 5
Progrès de la puissance ecclésiastique ai 6
Pépin et les souverains pontifes aig
Nouvelle guerre en Aquitaine aai
Résistance opiniâtre de Waîfer aa3
Mort de Waîfer 29.5
Mort de Pépin 226
Avènement des fils de Pépin > 228
Hunald . — Didier 281
Mort de Carloman 233
Chablbm AORB, BOi DES Frahcs . — Première période du règne
L''Europc à Tavénement de Charlcmagne 236
L^Espagne. — Le Nord. — L^empirr ^rec 289
Les iconoclastes hyTOntins 240
Pages.
Mission de Charlomagne ; . . a43
Guerre contre les Saxons 244
La Germanie au huitième siècle 24b
Les Saxons
Lois dfes Saxons a5i
Le christianisme et IMdolàtrie saxonne... a53
Le moine saint Liéfwin a55
L'Irmensœul
Prise d'Ehi-esbourt^ 258
Guerre de Lombardie a6i
Passage des Alpes 262
(«harlemagne devant Pavie a65
Conquête de la Lombardie. . 267
rharlemagne à Rome w 268
Chariemagne roi des Lombards 271
Nouvelle révolte de la Saxe 278
Défaite des Saxons 27$
Guerre en Italie 277
Soulèvement des Saxons 278
Les Maures d^Espagne 280
Préparatifs de guerre 283
Expédition en Espagne 284
Désastre de Ronccvaux 287
Mort (le Roland 289
Légendes populaires 291
Chant d'Altabicar. 292
Witikind reparait en Saxe 295
Défaite des Saxons 297
Synode national et capitulaire 299
Droit d'asile. — Dinie Joi
Nouvelle campagne en Saxe 3o3
Capitulaire régissant la Saxe 3o5
()rganis;ai()n imposée à la Saxe 3o7
Royaume de Lombardie 3o8
I^uis roi d* Aquitaine. — TassiUon 3 10
Nouvelle révolte des Saxons 3i3
Massacre de Verden 3i5
Nt)uvelle guerre 3 1 7
Détaite et déiîasti^es des Saxons 319
o22 TABLE.
Pages.
Conversion de Witikind ...^ 3aa
Conjuration en Thuringe 3a3
La Brelag;De armoricaine 325
Le duché de Bénévent > » « 327
Modération de Charlemagne ; . . . 3fl9
Perfidie de Tassillon 33o
Déchéance de Tassillon 333
Grimoald, duc de Bénévent 335
Charlemagne et Irène 337
Guerres dans le Nord 839
Portrait de Charh'niagne, diaprés Egiuhard 342
Emma et Éginhard 35 1
États de Charlemaj^e 353
Austrasie et Neustrie 354
Bfjurgogne et Aquitaine 35^
Wasconie. — Loinbardie 359
Provinces germaniques 36i
Assemblées générales et plaids ; 365
ConBeillers . — Otticiers du palais , '. . 367
Discussions des affaires publiques , 369
Enquêtes royales « . 371
Caractère politique deCharlema°;ne 37a
Royauté carlovingienne 374
Missi dominici 376
Gouvernement de Charleniagnc 379
. Capital aires 38o ■
Instructions données aux missi 383
Capitulai re de faillis 385
Capitulaires d^intérèt général 387
Législation pénale 389
Rapport avec les évèques 390
Discours au champ de mai iga
La royauté carlovingienne 397
Intervention dans le choix, des évêgiies 399
Service militaire 4oo
Organisation de Farmée 4o3
Législation civile 4oS
Procédm^ criminelle 407
Monicipes. — Plaid*^ provinciaux » 4o9
Pages.
Hérésie de Félix d'Urgel
4'il
Il 1
524 ' TâBLB.
Page».
Couronnemeot de Louis l^', •••••••••• • , 49^
Mort de Charleraagne. ••••«,.. 499
Portrait de Cbarieuuigiie. s 5o8
Wn DB LA TABU.