‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 10 sur 101 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Prise de Saint - Jean d’ Angely par les catholiques.

T. es catholiques victorieux se flattaient de terminer la guerre , en prenant les trois places conservées par les protestans , sur les bords de la Charente , ou du moins de les reléguer dans les hautes montagnes de la Gascogne entre la France et l’Espagne. Le roi, accompagné de la reinesa mère et du duc d’Anjou , vintlui-mème faire- le siège de Saint-Jean d’ Angely , place peu étendue, mais très-bien fortifiée; la garnison se défendit pendant deux mois : les catholiques perdirent dix mille hommes.

CHARLES MAXIMILIEN. 3 y Cependant ils s’obstinaient à ce siège. Toutes les défenses de la place étaient absolument ruinées par le canon (i)- Dcpiles et ses braves camarades épuisés de fatigue et manquant de munitions de guerre , prirent la résolution désespérée de sortir de nuit, de forcer les tranchées et de se retirer dans Angoulème , ou de mourir les armes a la main. Ils se préparaient à exécuter leur entreprise, lorsque les généraux catholiques, ennuyés d’un siégedont les travaux avaient détruit plus d un tiers de leur armée , offrirent à la garnison des conditions honorables. Elle devait sortir avec armes et bagages et se retirer en liberté dans Angouléme, avec la seule restriction de ne pouvoir porter les armes contre le roi l’espace de quatre mois. Ces conditions furent acceptées ; mais à peine cette garnison se trouvait hors de la ville , qu’enveloppée par l’armée royale, elle fut traîtreusement dévalisée (2).

La perte des catholiques devant Saint-Jean d’Angely était plus considérable que celle des réformés à Monj;oniour ; d’ailleurs leur armée venait d’être affaiblie par le départ d’un corps nombreux d’Espagnols obligés de retourner dans les Pays-Bas. Le duc d’Anjou hors d état

(1) Daniel, Hist. de France, tom. 7.

(3) De Thon, liv. 4$.^

de rien entreprendre de considérable , se retira dans Angers avec le roi e t la reine* mère.

Coligny avait prévu ccs événemens. Le prince de Bearn’, âgé de seize ans , surpassait l’attente qu’on avait conçu de lui. Il excitait à prendre les armes, par son activité- et par ses promesses , la noblesse et le peuple d’un pays où les rois de Navarre, ses prédécesseurs, comptaient un grand nombre de vassaux eide créatures. L’amiral secondait par son expé* rience les travaux du prince de Bearn : en quelques semaines trois mille fahtassins vinrent s’enrôler; le comte de Montgommeri amena deux mille hommes d’infanterie et huit cents chevaux. ....

Cette armée n'ayant aucune solde assurée, pillait non-seulement les biens d’église, mais ceux de tous les catholiques. Elle était maîtresse de la campagne au mois de janvier. Nîmes et plusieurs autres villes du Languedoc , voyant Faillirai en état de les défendre, se déclaraient ouvertement en sa faveur. La Rochelle devenait la capitale des protestans et leur principale place d’armes ; cette ville , située assez avantageusement au bord de la mer , pouvait devenir une ville florissante, à l’aide du commerce favorisé par les Anglais.

Catherine de Médicis alarmée , négociait en même temps avec les princes protestans d’Allemagne et avec la reine Elisabeth , pour les em-;

pécher de continuer à secourir le9 réformés de France. L’électeur palatin lui répondit en l’engageant à conclure avec eux une paix sincère et durable : l’empereur Maximilien écrivait en même temps à Charles que le texte précis des constitutions germaniquesautorisantles princes allemands à employer leurs troupes à leur fantaisie hors des limites de l’empire, il ne pouvait les contraindre d’aucune manière à ce sujet.

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