‹ Histoire de France (volume 4)Chapitre 16 sur 70 · V. lies en un droit sur certaines marchandises · texte numérisé non relu

V. lies en un droit sur certaines marchandises

il) Millot , Élém. sur l’hist. de France , loin. 3.-

Dit

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jusqu’au parfait paiement. On imposa vingt sous par muid de viu dans tout le royaume: le montant des octrois des villes fut versé dans le trésor public. On permit aux maires et échevins de doubler les octrois pour remplir les charges municipales; enfin, on ouvrit encore des emprunts.

Malgré les trésors du nouveau monde , les finances de Philippe IV étaient aussi épuisées que celles de Louis XIV : c’est le sort des nations d’être presque toujours mal gouvernées. L’ambition de quelques intFigans les plongent dans la guerre ; alors l’économie est abandonnée; et, tandis que les frontières sont ravagées , les. factions se forment, les remèdes qu’elles feignent d’apporter au mal sont le plus pernicieux de tous les maux. Les divisions entre le parlement et le ministère éclatant au dehors, contribuaient à retarder la signature de la paix; le cardinal n’en était que plus ardent à se procurer les fonds capables de pousser vigoureusement les opérations militaires pendant la campagne de 1648.

Plusieurs édits parurent pour créer vingtquatre nouveaux maîtres des requêtes , rendre tous les présidiaux semestres , aliéner des domaines pour quinze cent mille livres de rente, créer des officiers de police sur les ports de Paris , de nouvelles charges de secrétaires du

roi , augmenter les droiis du sceau ei ceux dtî' franc-fîef , retrancher quatre quartiers aux rentiers , et quatre années de gages aux cours souveraines. Dans un désordre moins pressant le produit de ces taxes eut été immense ; mais les affaires étaient réduites au point que, pour obtenir un million, il fallait enabandonncr quatre ou cinq aux traitans. Le cri fut général à la lecture de ces édits : celui des rentes était aussi imprudent qu’inhumain, puisqu’il réduisait à la mendicité une infinité de familles qui n’avaient d’autre subsistance que l’intérêt de l’argent placé par elles sur l’état. 11 est aisé de juger combien les esprits se soulevaient contre deux Italiens venus en France sans fortpnc , enrichis aux dépens de la nation , et qui donnaient tant de prise sur eux. Le parlement de Paris, les maîtres des requêtes, les autres cours et les rentiers de Paris se soulevèrent. En vain Mazarin ôta la place de contrôleur général à Emeri et le rélégua dans ses terres; on s’indignait que cet homme eut des terres en France. Ou prenait le cardinal Mazarin en horreur, quoique dans ce temps-là même il consommât Je grand ouvrage de la paix de Munster ; car il faut remarquer que ce fameux traité et la journée des barricades , sont de la même année

Mazarin avait cru qu’en divisant adroite

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nient (1) la ifeagislrature , il préviendrait les troubles; mais on opposa l’inflexibilité à la souplesse.il retranchait quatre années de gages aux corps de magistrature en les exemptant de payer la taxe inventée par Paulet, sous Henri IV, pour s’assurer la propriété de leurs charges : les gages étaient conservés au seul parlement de Paris. Le cardinal s’était flatté de le gagner par cette faveur; mais il méprisa une grâce assez médiocre et qui l’exposait au reproche de préférer son intérêt à celui de toutes les autres compagnies de justice. Le ministre 11e prévoyait pas qu’une cause aussi légère dût allumer le feu d’une guerre civile ; mais l’cdiiice de l’état était violemment ébranlé ; le moindre vent pouvait le renverser. La guerre civile qui désolait alors l’Angleterre et qui lit tomber le roi sous la hache d’un bourreau , avait commencé par un impôt de deux schellingS par tonneau de marchandise.

Mazarin rie pensait pas surtout qu’à l’occasion de ses édits , le parlement pût s’unir avec les maîtres des requêtes auxquels il reprochait si souvent de faire casser ses arrêts dans Je conseil d’état. Etait-il vraisemblable qu’il se joindrait à lu chambre des comptes contre laquelle il s’était battu dans l’église de JNotre-

(1) Mém. de Talon , lom. 4-

1 1 0 HIST. DE ER. , II*. p. , L. XVI.

Dame ? Le parlement n’était pas moins jaloux du grand conseil qui jugeait les compétences des parlemens , et qui leur avait enlevé la connaissance de toutes les affaires ecclésiastiques , excepté les appels comme d’abus. Pouvait-il s’entendre avec la cour des aides dont il avait vu avec chagrin le droit d’enregistrer les édits des finances et de juger des affaires contentieuses dans cette partie? Enfin, il était encore moins vraisemblable que les pairs du royaume, oflensés de l’égalité que les présidens à mortier affectaient avec eux , prissent le parti d'une compagnie dont ils avaient à se plaindre. Us se croyaient , en qualité de pairs, non-seulement les chefs du parlement, mais l’essence de cette cour qui n’était sans eux qu’un simple tribunal de justice contentieuse , et qui ne pouvait changer de nature que quand il était honoré de leur présence ; ainsi , tout concourait à faire penser à la reine et à son ministre, que le parlement n’aurait ni la hardiesse ni le crédit de résister à la volonté royale.

Le grand conseil , la chambre des comptes , la cour des aides s’étant assemblés d’abord par députés , demandent au parlement sa jonction pour s’opposer de concert à l’exécution des nouveaux édits. Le parlement n’hésite pas un instant (1) , il rend, au mois de mai et au

(1) Mém. de Talon , tom. 5.

mois de juin-, deux arrêts d’uuion avec tous les parlemcns et les autres cours supérieures de Paris et des provinces. La cour prévenue de sa toute puissance , casse ces arrêts d’union que Mazarin ne prononçant que difficilement notre u voyelle , appelait des arrêts d ’ognon. La reine ayant mandé une députation des magistrats au Louvre , leur fit défense de rendre à l’avenir de semblables arrêts les magistrats ayant observé qu’il n’existait aucune loi qui déclarât illégale la réunion du grand conseil de la chambre des comptes et de la cour des aides au parlement , pour s’opposer de concert aux édits contraires au bien public. Si le roi , leur répliqua Mazarin , ne voulait pas qu'on portât des boucles à ses souliers , il n’en faudrait pas porter , parce que ce n’est pas tant la chose défendue que la défense qui fait le crime. Cette comparaison fournit la matière à des vaudevilles , et l’arrêt A' ognon fut célébré aux dépens du ministre italien.

Le parlement cessa de rendre la justice pour s’occuper uniquement des affaires générales. Les maîtres des requêtes s’assemblaient , de leur côté , dans la chambre appelée les requêtes de l’hôtel (1). Us cessèrent de rap-* porter Jes a flaires au conseil comme le par-

(i) Mcm. de Moltevillc, tom. 2.

nient cessait de rendre lajustièc. La reine manda les maîtres des requêtes ; elle était quelquefois un peu aigre dans ses paroles quoique son caractère fût doux; elle leur dit , qu’ils étaient de plaisantes gens de vouloir borner l’autorité du roi.

Un souverain (i) est souvent obligé de faire des actes de fermeté, mais rarement il doit se permettre des paroles dures. Les maîtres des requêtes ne furent que plus affermis dans leur résolution ; le chancelier les interdit des fonctions de leurs charges : ils s’interdisaient eux-mêmes. Ils allèrent en corps au parlement s’opposer à l’enregistrement de l’édit ; on les y reçut comme parties : toute jalousie de corps cédait alors à la haine contre le nfiinistre. Le parlement n’avait encore dans son parti ', aucun prince , aucun pair ; la freine outrée contre lui , dit hautement plusieurs fois quelle

CM ctLV*;. ''Vj«rV^i>ï' '

(i) Erection de la terre deCœuvres en duché pairie ; les lettres n’en furent enregistrées qu’en i663.

Érection de la terre de GraoJmonten duché pairie ; les lettres n’en furent enregistrées qu'en i663. 1

Érection du comté de Tresmes en duché pairie , en faveur de René Potier de Gèvres , secrétaire d’état j les lettres n’eu furent enregistrées qu’eu i663.

Louis xiv... n33

ne soirffrircnt pas que cette canaille insultât la majesté royale.

Ces paroles ne servait pas à ramener les esprits. Les princes et les pairs furent sommes , par les chambres assemblées , de venir prendre séance au parlement. On demanda une réforme dans l’administration et surtout celle des inteudans , regardés comme des magistrats sans titres , instrumens odieux des rapines du ministère , oppresseurs du peuple , établis par la tyrannie du cardinal de Richelieu , et dont il fallait délivrer la France à jamais. Le parlement se trompait , les inlendans avaient été créés sous Henri II, en i55i , sous le titre de commissaires départis dans les provinces , mais il était sûr de plaire à la nation , autant qu’il irritait la cour. Le parlement voulait que , suivant les anciennes lois , aucun particulier ne fût mis en prison sans que ses juges uaturels connussent son délit dans les vingt- quatre heures, et rien ne paraissait si juste; le parlement fit plus , il abolit les inlendans, par un arrêt, avec ordre aux procureurs du roi de . son ressort d'informer coulr’eux : ainsi la haine contre le ministre menaçait Ja cour d’une révolution. La reine céda; elle offrit de casser les intendans: elle demandait seulement qu’on lui en laissât trois; e% fut refusée. La condescendance de la cour était attribuée.-û sa faiblesse ; elle enhardissait les mécontcns. Les Tom. VI , 2e. part. g

ï 14 HIST. DE FR , II*. P. , L. XVI.

“ 1048. glands du royaume voulant se dédommager , sous le ministère de Mazarin , des affronts qu’ils avaient essuyés de la part de Richelieu , se réunissaient pour faire cause commune avec le parlement ; cette alliance avait été projetée au commencement du règne de Louis Xlll ; il en résulta, sous la minorité de Louis XIV, une guerre ridicule. Elle est connue sous le nom de guerre de la fronde ,sans que les contemporains nous aient laissé entrevoir quel fut l'origine de ce burlesque nom.

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