Tome IX. I
du Maine et le comte de Toulouse sont privés de la qualité de princes du sang. — j i . Contestations entre le conseil de régence et le parlement de Paris. — J 2. Troubles de Bretagne. — La restitution de Gibraltar est offerte à la cour de Madrid. — i 5 . Traité de la triple alliance. — Négociations entre le baron de Goerts et Alberoni. — 14. Les habitans de la Martinique renvoient en France le commandant de cette île. — Aventure de l'intendant de Bordeaux.
j^,5 I . i EKDAHT que Louis XIV luttait coutre la mort, le chancelier Voisin procurait au duc d’Orléans , une copie du testament de ce monarque j il lui proposait d'enlever cet acte à force ouverte dans les archives du parlement. Le duc d’Orléans rejeta ce conseil. On lui suggéra un autre expédient; c’était de convoquer les pairs , les grands officiers de la couronne et les ministres , et leur dire ; Les circonstances me déterminent à prendre surle-champ, les rênes de l’Etat , je vous engage, Messieurs , à m’aider de vos lumières. Vous ne trouverez probablement aucune opposition , lui disaibon. Si le duc du Maine annonce des prétentions contraires aux vôtres , la majorité approuvera une résolution, qui l’associe à l’administration des affaires publiques. On lui conseillait d'aller ensuite au parlement, non pour le consulter, mais pour lui notilierJa régence.
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Reinold, colonel des gardes-suises , avait 1715 reçu du duc du Maine, des sujets de méconlenlemcns. Le duc de Guiche^ colonel des gardes françaises , était attaché au duc d’Orléans. A l’egard des affaires ecclésiastiques, le procureur général d’Aguesseau p^’oposait de bannir les Jésuites de France. Restait le pape et la constitution Unigenitus. Le conseil du duc d’Orléans s’arrêtait au projet de prodiguer des ternies de soumission envers la cour de Rome , en représentant à Clément XI, la nécessité où on était d’user de circonspection; l’exhorter d'une manière affectueuse ù donner la paix à l’église, lui faisant craiiidre les conséquences d’une roideur inattendue.
Ces projets n’eurqnt pas d’exécution. I.e duc d’Orléans craignait de trouver plus d’opposition daus l’assemblée des princes et des pairs , que dans le parlement.
2. Le parlement s’assembla le lendemain de la mort du roi, les régimens des gardes entourèrent le palais. Plusieurs officiers sai\s uniforme, se répandaient d9ns.|e.s salles, çt exprimaient lenr voçu en fayeur du duc d’Orléans. j- *, , , ,
« Parmi les ducs et pairs, se trouvaient des .pai lisaiis zélés du duc d’Orléans. Il y comptait aussi des adversaires inféressé.s à l’exécu- .lion des dernières volontés de Louis XIV.
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t7i5 La même dissidence éclatait parmi les princes du sang.
Chacun ayant pris sa place, le duc d'Orléans prononça un discours, dont chaque mot avait été pesé dans son conseil privé. Ayant observé que deux titres l'appelaient à la régence: la qualité de premier prince du sang, et la volonté de Louis XIV , il priait la cour de délibérer conjointement sur ces deux titres. Mais quels que soient mes droits, ajoutait-il, je proteste, Messieurs, que je mériterai la régence par mon amour pour le bien public, étant aidé par vos conseils et vos sages remontrances. C’était flatter le parlement , longtemps humilié par Louis XIV.
On lut le testament et les deux codicilles de Louis XIV. L’avocat général, Joly de Fleuri, développa les principes adoptés en France durant les régences. 11 prouva que l’autorité d’un régent de France , devait être une image parfaite de la royauté. Les conclusions des gens du roi furent admises presque tout d’une voix.
Il s’éleva quelques difficultés, au sujet de la garde du roi, et du commandement des troupes de sa maison , deux dépôts confiés au duc du Maine, par la volonté de Louis XIV.
Les amis du duc d’Orléans redoutaient les suites de cette discussion , ils lui persuadèrent dn
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la suspendre, en levant la séance et la remettant à l’après-midi. On met à profit ce court délai J d’Aguesseau et Joly de Fleuri représentaient à leurs collègues , que les règles du gouvernement monarchique ne permettaient pas de placer l’autorilé politique d’un côté, et le pouvoir militaire de l’autre. Le régent ne trouva plus d’obstacles dans la séance tenue l’après-midi. Le duc du Maine, voyant le commandement de la maison du roi sur le point de lui échapper, demanda d’étre déchargé de la garde du jeune roi, conservant le soin de son éducation. L’arrêt fut rendu en ces termes : La cour, M. le duc d’Orléans, régent de France , y siégeant avec les princes et les pairs , ordonne que le duc de Bourbon sera chef du conseil de régence , sous l’autorité du duc d’Orléans , les princes du sang y auront séance, en atteignant leur vingt-troisième année. Ordonne que le due d’Orléans pourra former le conseil de régence, et meme tels conseils qu’il jugera à propos. Le duc du Maine sera surintendant de l’éducation du roi, le commandement des troupes de la maison du roi , demeurant an duc d’Orléans.
C’était s’exprimer en souverain , obçerve Voltaire ; ce langage se trouvait-il autorisé par la présence des princes et des pairs ? le
1716 patlement ne parlait pas au nom du mo- , naïque, enfant. Que faisait-li donc ? Il usait d’un dioil acquis par deux exemples, celui de Warie de Médici.s, et celui d’Anne d’Autriche, mère de Louis XUIet de Louis XIV, investies de la régence au même litre. Ainsi des droits nouveaux s’établissaient en France, sur les débris des droits anciens. Le parlement se mettait à la place de la nation comptée pour rien.
Des lettres du comte de Cellamare , ambassadeur d’Espagne, prouvent que Philippe V s’était flatté d’obtenir la régence; il eût chargé le duc du Al aine de l’administrer en son nom. Ce fut le principe caché des liaisons entre le duc du Maine et le roi d’Espagne, dotit les suites produisirent , entre les cours de Paris et de Aladrid, des dissensions, tantôt ouvertes , tantôt cachées, et influèrent sur les événemeus de la régence.
3 . l.e duc d’Orléans était un homme d’une taille médiocre, d’une figure agréable, et d’une sagacité rare ; il improvisait avec précision. Ses réparties étaient promptes et justes. l?es lectures superficielles et une mémoire heureuse lui tenaient lieu d’une application suivie. Ce prince se connaissait en peinture, en musique, en chimie et en mécanique. Né avec une valeur brillante, il serait devenu
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un grand capitaine , si Louis XIV lui eût permis de parcourir le carrière militaire , il ne gardait dans les occasions ordinaires aucun ressentiment des injures reçues j en cela il se comparait à Henri IV.
Dubois, conduit parla main delà fortune sur tous les échelons des distinctions humaines, avait élevé ce prince. On est curieux de connaître l’origine de "ce personnage important durant la régence. Fils d’un apothicaire de Brie, il s’était marié dans sa jeunesse avec une villageoise du Limousin. La misère rompit ses na-uds. Dubois vint à Paris, entra dans un collège j il fut chargé des fonctions les plus basses. Né avec de l’esprit , il acquit un peu de littérature. Le curé de Saint- Eustache le prit en qualité de scribe et de laquais. Il fit, chez ce curé, la connaissance du précepteur du duc de Chartres ; ce précepteur le chargeait de copier les thèmes du jeune prince. On lui donna l’habit ecclésiastique pour le rendre présentable. Souple , prévenant, ne se rebutant de rien, il s’insinua par degré auprès du précepteur et d& son élève; le précepteur était souvent malade , Dubois donnait les leçons de littérature à la satisfaction du jeune prince. Le précepteur mourut assez brusquement. Le duc de Chartres ne voulut pas d’un autre instituteur.
Parvenu à un emploi , au-dessus de ses espérances, il obtint l’entière confiance de son élève , en corrompant ses moeurs, il devinait ou il faisait naître les vices de son maître. Ce fut sa vraie puissance. Le peu d’importance du personnage le sauvait de la jalousie de tout ce qui entourait le duc de Chartres. On le regardait comme un instrument sans conséquence. Louis XIV ayant voulu marier une de ses filles naturelles avec le duc de Chartres, Dubois, chargé de cette négociation , y réussit en effrayant le jeune duc de la puissance du roi , et faisant briller à ses yeux l’appât d’une grande augmentation de crédit. Le mariage fut conclu , malgré la répugnance du duc d’Orléans. Le nouveau marié trouva, dans son épouse^ tous les avantages de la richesse et de la vertu. Cette princesse s’était fait sur sa naissance une illusion singulière , elle se comparait à Minerve qui ne connaissait point de mère , se glorifiant d’être la fille de Jupiter. Peu sensible à l’amour de son mari , elle montrait plus de dépit que de jalousie envers ses maîtresses , et n’eut pas fait la moindre avance pour le ramener à elle.
Cette conduite fortifia le penchant du dtic d'Orléans , vers une viç licencieuse exempte de toute gène. Cette liberté qu’il prenait pour
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lui , il la laissait aux autres. La dissipation et la débauche lui devinrent nécessaires. Admettant dans sa société des bornmes sans mœurs , les prisant à leur valeur , il les appektit ses roués. L’indécence était poussée si loin dans ses petits soupers, que la comtesse de Sabran lui dit un jour : Dieu, après avoir créé rbomme, prit un reste de boue dont il forma les princes et les laquais. Le régent trouva cette réflexion plaisante.
Ce prince eut un grand nombre de maîtresses. Elles n’obtenaient aucune influence sur les aflaires publiques. La comtesse,de Parabère l’emportait à ses yeux sur toutes ses rivales , parce qu’élle ne se mêlait jamais de politique. Son attachement pour sa Allé aînée, la duchesse de Berry, éveilla la méchanceté des courtisans. Ce prince entendit retentir à ses oreilles l’accusation d’un amour incestueux ; il là brava par un excès de tendresse paternelle, elle ressemblait à une profanation de ce sentiment.
Accablé par les aflaires , le duc d’Orléans voyait arriver avec joie le moment où ses travaux allaient être suspendus. Il s’enfermait avec les compagnons et les compagnes de ses plaisirs. Cependant, dans la familiarité des festins, jamais les secrets de l’Etat ne furent
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1715 dévoilés par le duc d'Orléans à ses favoris et à ses maîtresses.
Au sortir du parlement , le duc d’Orléans était venu cheï sa mère , elle lui dit : N’ayant d’autre désir que le bien de la France et vo^re bonheur, jenevous fais qu’une seule prière, donnez-moi votre parole d’honneur de l’accorder : il la donna j c’est de n’employer jamais dans l’administration l’abbé Dubois ; j’ai étudié son caractère. Profondément faux et méchant, il sacriOerait la France, et vous sacriûerait vous-même au moindre intérêt.
4. Le régent commença son administration, par des réformes dans la maison du roi.
Louis XIV avait ordonné de conduire le jeune roi au château de Vinceunes, à cause de la salubrité de l’air. Les médecins de la cour, logés commodément à Versailles, redoutaient cette translation. Elle eut lieu cepeudai^t, mais le jeune roi fit peu de séjour à Vincennes. On le logea à Paris au palais des Tuileries.
Dans le testament de Louis XIV, le maréchal de Villeroi était nommé gouverneur du jeune roi, la duchesse de Rohan-Ventadour, gouvernante, Fleury évêque de Fréjus, précepteur, et le jésuite Letellier, confesseur. Le renvoi du jésuite fut le seul changement à ce sujet. Le duc d’Orléans, maître déformer
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le conseil de régence à son gré, se conforma iyi5 à la plupart des choix de Louis’ XIV. Le conseil se composa du duc de Bourbon , du prince de Conti , du duc du Maine , du comte de Toulouse , du chancelier Voisin, des maréchaux de Villeroi, de Harcourt, de Besons, de Villars, du duc de Saint-Simon, et d^ l’évêque de Troyes.
Six autres conseils étabiis’en môme temps semblaient réaliser les projets d’administration attribues au duc de Bourgogne, père de Louis XV. Le premier, appelé conseil de conscience , était présidé par le cardinal de INoailles, et composé de l’archevêque de Bordeaux, du conseiller clerc Pucelle, du procureur général d’Aguesseau , de l’avocat général Joly de Fleuri. Le second était le conseil de guerre, composé du duc du Maine, président, du maréchal de Villars, du duc de Guiche, des Comtes de Puységur, de Biron, de Levis , et des conseillers d’état , Leblanc et Saint-Contest. Le maréchal de Villeroi et le duc de INoailles étaient à la tète du conseil des finances, où siégeaient !e Pelletier des Forts, Fagon, Rouillé du Coudrai et Dudon j le maréchal d’Uxelles présidait le conseil des affaires extérieures , composé du marquis de Canillac , de l’abbé d’Etrées, des conseillers d’état, Chiverni elTorcy. Le conseil delà ma-
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rine était présidé par le comte de Toulouse, ' , il avait pour collègues, les maréchaux d’Etrées et de Tessé , et quatre conseillers d'état. Enfin le duc d’Antin présidait le conseil de l’intérieur, ou siégeaient les comtes d’Ârgenson , du Harlqy et de Goissard. Les présidens des six conseils avaient entrée au conseil de régence.
Cette institution rendait inutiles les* ministres. Le seul Philippeaux, ministre de la maison du roi, fut conservé. Le parlement obtint, par une déclaration du i 5 septembre, la liberté de faire des remontrances avant reuregistrcment des édits. Louis XIV l’en avait privé par un édit de 1G75.
Par la promotion du cardinal de Noailles à la présidence du conseil de régence , prirent une nouvelle tournure les vaines disputes religieuses, dont la bulle Unigenitus remplissait la France. Les prisons étaient remplies d’individus accusés de jansénisme. Ils obtinrent leur liberté. On distingua parmi ces victimes des opinions religieuses , le comte d’Aremberg , renfermé à la Bastille depuis un grand nombre d’années , pour avoir procuré l’évasion du père Quesnel des prisons de Malines.
5 . Louis XI\i entretenait dans les cours de l’Europe des agens secrets. Ils s’instruisaient
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des particularités dont le roi ne voulait pas charger ses ambassadeurs. La munificence avec laquelle étalent payés les avis, en proportion de leur importance, garantissait l’exactitude des individus employés à ce ministère. Le régent conserva ces ressorts cachés de la politique. Avec cette méthode il surmonta les obstacles apportés à son administration. Nous avons vu les étrangers exercer à leur tour une réaction sur la France par les mêmes moyens sous les règnes de Louis XV etde Louis XVI.
L’unité de plan et de mèsure, auquel on reconnaissait éminemment le cabinet de Louis XIV , fît place à une mobilité de principes et d’intérêts.
Dans cette partie de l’administration , Louis XIV avait montré un génie supérieur.
L’Europe s’était accoutumée à concevoir une haute idée d’un gouvernement attaché avèc constance à une même série de principes. 1 a faiblesse de Louis XV éteignit peu à peu le respect porté au nom français. La cour de Londres se saisit de l’instrument secret avec lequel Louis XIV remuait l’Europe. La France, sans avoir déchu de sa puissance, devint le jouet des nations environnantes.
Ces mystérieuses négociations, détachant la reine Ânne de la grande alliance, retint la France au bord de l’ablme dans lequel ell«
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i5 allait tomber. J’ai parlé des mesures tardives prises par celle princesse eu faveur de son frère , exclu du irôue par elle-même. La mort de la reine rompit ces mesures. George 1*''
• poursuivit à outrance les négociations de la paix avec la cour de France. Cependant l’autorité dé ce monarque n’était pas affermie. La maison Stuart conservait des partisans dans la Grande Bretagne j l’intérêt de George l**" le rapprocha du régent de France.
Un Ecossais , de beaucoup d’esprit, le lord Stairs, résidait à Paris en qualité d’ambassadeur britannique. L’abbé Dubois fut sondé de sa part. Cet intrigant, voyant la route vers une grande fortune s’ouvrir devant lui, voulait obtenir le chapeau de cardinal. Le roi d’Angleterre jouissait d’un grand crédit sur l’esprit de l’empereur; la cour de Vienne dirigeait alors la cour de Rome. Dubois saisit l’occasion • d’obtenir l’appui de la cour de l.ondres.
Si Louis XV, dont la santé chancelait, était venu à mourir, ou ne pouvait décider si les i renonciations de Philippe V au trône de France, seraient envisagées comme un obstacle capable d’exclure un prince appelé à la couronne par la loi fondamentale de l’Etat.
Philippe V, veuf de Maric-Xouise de Savoie, remarié avec Elisabeth Farne^e, avait d(«s eu-
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fans du premier Ht , et pouvait en avoir du se- 1715, cond. .Les premiers auraient régné en France, les seconda en Espagne. Ce partage écartait la réunion des deux empires sur la même tête , but prin.cipal des renonciations commandées par le traJté d’Utreclit. Dans cette expectative consista le véritable ciment de la puissance du cardinal Alberoni , principal ministre d'Espagne; elle menaçait la France d’une guerre civile.
Stairs et Dubois diraient de concert au régent : Advenant la mort de Louis XV , le roi d’Espagne est plus voisin que vous de la couronne , vos titres et ceux du roi George sont donc les mêmes, vous devez vous entendre ensemble. Stairs et Dubois négociaient avec le plus grand secret; tous deux avaient leurs raisons. Stairs donnait alors au parlement d'.Angleterre des appréhensions sur les inten- • lions de la cour de France , afin de procurer au roi des subsides plus abondans. A l’égard ^ de Dubois, il entretenait une mystérieuse correspondance avec Stairs et Alberoni. Dubois négociait avec les cours de Londres et de Madrid , tandis qu’Alberoni négociait avec George l®’’ , le régent de France , et avec le duc ou plutôt la duchesse du Maine. Cette princesse, petite fille du grand Coudé, sentant vivement l’injure faite à son mari, après
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•71 5 la mort de Louis XIV , excitait au milieu des fèics données à Sceaux, des tempêtes sous lesquelles le régent fut sur le point d’être submergé , et dont lés suites enlevèrent au duc du Maine les brillantes prérogatives qu’il tenait de son père. Cet entortillage exigeait beaucoup d’habileté ; de toute part on cherchait à se tromper^ suivant les principes adoptés dans les cours européennes depuis le siècle de Machiavel.
L’empereur J Charles VI , venait de remporter des victoires signale'es sur les Musulmans. Malgré ces succès, craignant d’être attaqué par les Espagnols , il avait conclu avec eux la paix dans Passarowits , en 1715. Il était douteux si la France conserverait longtemps le bienfait de la paix; plus douteux encore que, sans courir à sa perte , elle fût eu mesure d’entreprendre une nouvelle guerre.
6. Villeroi , chef du conseil des finances , n’ayant aucune connaissance de l’économie politique, donnait sa confiance à Rouillé du Coudray, homme instruit, et plein de probité. Cet administrateur serait peut-être venu à bout de rétablir la balance entre la dépense et la recette, si ses opérations n’avaient pas été contrariées.
A la mort de Louis XIV , les dépenses s’élevaient à cent cinquante -un millions. Les re-
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veuus allaient à cenl iV-'-sanle-six millions. Sur J7i5 celle somme les an'.icipalions avaient enlevé celle de quatre-vingt-dix-sept millions. Le marc d’argent valait vingt-six francs dix sous.
Ces revenus publics élaieul eniore dintinnes par uné énorme quantilé de deltes exigibles dont le calcul n’avait pas été failj les fonds de l’année 1716 et la luoiîid de ceux de 1717 éiaieet consommés d’t.''ance. Il fut proposé par le duc de Saint-Simon d’assembler les états-généraux. C’était un moyen infuiliible ^d’augmenter la faveur publique , ou-eilement déclarée, pour le duc d’Orléans. Ce prince, dans une autre circonstance, se serait prêté à cet expédient honorable; il red<^n!ait les intrigues de la cour de Madrid et du duc du Maine dans celle assembie'e ; elle fut ccarléc.
Vers le milieu du règne de Louis XIV' , le gouvernement monarcliique dégénérait en France en aristocratie aidique. On peut rapporter cette révolution à la mort de Lonvois; opérée sans commotion , elle échapait à tous les yeux. Les formes admlnisiralives restaient les mêmes ; mais d’autres ressorts conduisaient le gouvernement. Le parlement avait perdu ‘ sa puissance politique , elle passait dans les mains des courtisans. Ce changemênt dérivait de la disposition de l’àme du monarque depuis son mariage avec la marquise de Maintenon.