‹ Histoire de France (volume 4)Chapitre 49 sur 59 · CHAPITRE XXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIX

Suite des aventures du prince Charles-Edouard. — Sa défaite , ses malheurs, ei ceux de son parti.

Depuis le jour que le prince Edouard aborda en Ecosse, ses partions sollicitaient des secours de France; les sollicitations redoublaient avec les progrès. Quelques Irlandais , qui servaient dans les troupes françaises, s'imaginèrent qu'une des-

cente en Angleterre , vers Plymouth , serait praticable. Le trajet est court de Calais ou de Boulogne vers les côtes. Us ne voulaient point une flotte de vaisseaux de guerre dont l'équipement eût consumé trop de temps , et dont l'appareil seul eût averti les escadres anglaises de s'opposer au débarquement : ils prétendaient qu'on pourrait débarquer huit ou dix mille hommes et du canon pendant la nuit ; qu'il ne fallait que des vaisseaux marchands et quelques corsaires pour une telle tentative; et ils assuraient que dès qu'on serait débarqué une partie de l'Angleterre se joindrait à l'armée de France , qui bientôt pourrait se réunir auprès de Londres avec les troupes du prince : ils faisaient envisager enfin une révolution prompte et entière. Ils demandèrent pour chef de celle entreprise le duc de Richelieu , qui , par le service rendu dans la journée de Fontenoi et par la réputation qu'il avait en Europe , était plus capable qu'un autre de conduire avec vivacité cette affaire hardie et délicate; ils pressèrent tant qu'on leur accorda enfin ce qu'ils demandaient. Lalli , qui depuis fut lieutenant-général , et qui a péri d'une mort si tragique . était l'âme de l'entreprise. Il ne manqua à l'entreprise que la possibilité de se mettre en mer vis-à-vis des escadres anglaises ; et cette tentative fut regardée à Londres comme absurde.

On ne put faire passer au prince que quelques petits secours d'hommes et d'argent par la mer germanique et par l'est de l'Ecosse. Le lord Drummond, frère du duc de Perth , officier au service de France , arriva heureusement avec quelques piquets et trois compagnies du régiment royal écossais. Dès qu'il fut débarqué à Mont-ross , il fit publier qu'il venait par ordre du roi de France secourir le prince de Galles» régent

Louis xV. m

d'Ecosse, son allié , et faire la guerre au roi d'Angleterre, électeur d'Hanovre. Alors les troupes hollandaises, qui, par leur capitulation , ne pouvaient servir contre le roi de France, furent obligées de se conformer à cette loi de la guerre , si longtemps éludée. On les fit repasser en Hollande , tandis que la ville de Londres faisait revenir six mille Hessois à leur place. Ce besoin de troupes étrangères était un aveu du danger que Ton courait. Charles Edouard faisait répandre dans le nord et dans l'occident de l'Angleterre de nouveaux manifestes par lesquels il invitait la nation à se joindre à lui : il déclarait qu'il traiterait les prisonniers de guerre comme on traiterait les siens , et il renouvelait expressément à ses partisans la défense d'attenter à la personne du roi régnant et à celle des princes de sa maison. Ces proclamations, qui paraissaient si généreuses dans un prince dont on avait mis la tête à prix, eurent une destinée que les maximes d'état peuvent seules justifier; elles furent brûlées par la main du bourreau.

11 était plus important et plus nécessaire de s'opposer à ses progrès que de faire brûler ses manifestes. Les milices anglaises reprirent Edimbourg : ces milices répandues dans le comté de Lancastre lui coupent les vivres; il faut qu'il retourne sur ses pas. Son armée était tantôt forte , tantôt faible , parce qu'il n'avait pas de quoi la retenir continuellement sous le drapeau par un paiement exact. Cependant il lui restait environ huit mille hommes. A peine le prince fut-il informé que les ennemis étaient à six milles de lui , près des marais de Falkirck , qu'il courut les attaquer, quoiqu'ils fussent près d'une fois plus forts que lui. On se battit de la même manière et avec la même impétuosité qu'au combat de Preston-pans. Ses Ecossais, secondés encore d'un violent orage qui donnait au vi-

sage des Anglais, les mirent d'abord en désordre; mais bientôt après ils furent rompus eux-mêmes par leur propre impétuosité : six piquets de troupes françaises les couvrirent, soutinrent le combat, et leur donnèrent le temps de se rallier. Le prince Edouard disait toujours que s'il avait eu seulement trois mille hommes de troupes réglées , il se serait rendu maître de toute l'Angleterre.

Les dragons anglais commencèrent la fuite , et toute l'armée anglaise suivit, sans que les généraux et les officiers pussent arrêter les soldats. Ils regagnèrent leur camp à l'entrée de la nuit : ce camp était retranché et presque entouré de marais.

Le prince , demeuré maître du champ de bataille , prit à l'instant le parti d'aller les attaquer dans leur camp , malgré l'orage qui redoublait avec violence; les montagnards perdirent quelque temps à chercher dans l'obscurité leurs fusils, qu'ils avaient jetés dans l'action , suivant leur coutume. Le prince se met donc en marche avec eux pour livrer un second combat ; il pénètre jusqu'au camp ennemi l'épée à la main : la terreur s'y répandit; et les troupes anglaises, deux fois battues en un jour, quoiqu'avec peu de perte, s'enfuirent à Edimbourg ; ils n'eurent pas six cents hommes de tués dans cette journée, mais ils laissèrent leurs tentes et leurs équipages au pouvoir du vainqueur. Ces victoires faisaient beaucoup pour la gloire du prince , mais peu encore pour ses intérêts. Le duc de Cumberland marchait en Ecosse : il arriva à Edimbourg le 40 février. Le prince Edouard fut obligé de lever le siège du château de Stirling. L'hiver était rude; les subsistances manquaient : sa plus grande ressource était dans quelques partis qui erraient tantôt vers Inverness, et tantôt vers Aberdeen , pour recueillir le peu de troupes et d'argent qu'on

hasardait de lui faire passer de France. La plupart de ces vaisseaux étaient observés et pris par les Anglais. Trois compagnies du régiment de Fitz-James abordèrent heureusement. Lorsque quelque petit vaisseau abordait, il était reçu avec des acclamations de joie : les femmes couraient au-devant; elles menaient par la bride les chevaux des officiers. On faisait valoir les moindres secours comme des renforts considérables; mais l'armée du prince Edouard n'en était pas moins pressée par le duc de Cumberland. Elle était retirée dans Inverness, et tout le pays n'était pas pour lui. Le duc de Cumberland passe enfin la rivière de Spey , et marche vers Inverness : il fallut en venir à une bataille décisive.

Le prince avait à-peu-près le même nombre de troupes qu'à la journée de Falkirk. Le duc de Cumberland avait quinze bataillons et neuf escadrons avec un corps de montagnards. L'avantage du nombre était toujours nécessairement du côté des Anglais : ils avaient de la cavalerie et une artillerie bien servie, ce qui leur donnait une très-grande supériorité; enfin ils étaient accoutumés à la manière de combattre des montagnards, qui ne les étonnait plus; ils avaient à réparer aux yeux du duc de Cumberland la honte de leurs défaites passées. Les deux armées furent en présence, le 27 avril 1 746, à deux heures après midi, dans un lieu nommé Culloden : les montagnards ne firent point leur attaque ordinaire qui était si redoutable. La bataille fut entièrement perdue; et le prince, légèrement blessé, fut entraîné dans la fuite la plus précipitée. Les lieux, les temps , font l'importance de l'action. Dans cette guerre , en Allemagne , en Italie et en Flandre, des batailles de près de cent mille hommes n'eurent pas de grandes suites; mais à Culloden, une action entre onze mille hommes d'un

464 IIISTOIflE DE FRANCE.

côté, et sept à huit mille de l'autre, décida du sort de trois royaumes. Il n'y eut pas dans ce combat neuf cents hommes de tués parmi les rebelles ; car c'est ainsi que leur malheur les a fait nommer en Ecosse même, on ne leur fit que trois cents vingt prisonniers ; tout s'enfuit du côté d'Inverness, et y fut poursuivi par les vainqueurs. Le prince, accompagné d'une centaine d'officiers, fut obligé de se jeter dans une rivière, à trois milles d'Inverness, et de la passer à la nage. Quand il eut gagné l'autre bord il vit de loin les flammes au milieu desquelles périssaient cinq ou six cents montagnards, dans une grange à laquelle le vainqueur avait mis le feu, et il entendit leurs cris.

11 y avait plusieurs femmes dans son armée, une entre autres, nommée Mme de Seford, qui avait combattu à la tête des troupes de montagnards qu'elle avait amenées ; elle échappa à la poursuite; quatre autres furent prises; tous les officiers français furent faits prisonniers de guerre, et celui qui faisait la fonction de ministre de France auprès du prince Edouard se rendit prisonnier dans Inverness. Les Anglais n'eurent que cinquante hommes de tués et deux cent cinquante-neuf de blessés dans cette affaire décisive.

Le duc de Cumberland fit distribuer cinq mille livres sterling (environ cent quinze mille livres de France) aux soldats : c'était un argent qu'il avait reçu du maire de Londres; il avait été fourni par quelques citoyens qui ne l'avaient donné qu'à cette condition. Cette singularité prouvait encore que le parti le plus riche devait être victorieux. On ne donna pas un moment de relâche aux vaincus; on les poursuivit partout. Les simples soldats se retiraient aisément dans leurs montagnes et dans leurs déserts : les officiers se sauvaient avec plus de

JjOOIS XV 465

peine ; les uns étaient trahis et livrés, les autres se rendaient eux-mêmes dans l'espérance du pardon. Le prince Edouard, Sullivan, Sheridan, et quelques-uns de ses adhérents, se retirèrent d'abord dans les ruines du fort Auguste , dont il fallut bientôt sortir. A mesure qu'il s'éloignait il voyait diminuer le nombre de ses amis, la division se mettait parmi eux , et ils se reprochaient l'un à l'autre leurs malheurs, ils s'aigrissaient dans leurs contestations sur les partis qu'il fallait prendre; plusieurs se retirèrent; il ne lui resta que Sheridan et Sullivan qui l'avaient suivi quand il partit de France.

Il marcha avec eux cinq jours et cinq nuits, sans presque prendre un moment de repos , et manquant souvent de nourriture. Ses ennemis le suivaient à la piste; tous les environs étaient remplis de soldats qui le cherchaient , et le prix mis à sa tête redoublait leur diligence. Les horreurs du sort qu'il éprouvait étaient en tout semblables à celles où fut réduit son grand-oncle, Charles II , après la bataille de Vorce^ter, aussi funeste que celle de Culloden. Il n'y a pas d'exemple sur la terre d'une suite de calamités aussi singulières et aussi horribles que celles qui avaient affligé toute sa maison ; il était né dans l'exil, et il n'en était sorti que pour traîner, après des victoires, ses partisans sur l'échafaud , et pour errer dans des montagnes : son père , chassé au berceau du palais des rois et de sa patrie , dont il avait été reconnu l'héritier légitime , avait fuit comme lui des tentatives qui n'avaient abouti qu'au supplice de ses partisans. Tout ce long amas d'infortunes uniques se piésentait sans cesse au cœur du prince , et il ne perdait pas l'espérance : il marchait à pied , sans appareil à sa blessure, sans aucun secours, à travers ses ennemis; ilar- T. xv. 30

riva enfin dans un petit pott nomnié Àrizaig , à l'occident septentrional de l'Ecosse.

La fortune sembla vouloir alors le consoler. Deux armateurs de Nantes faisaient voile vers cet endroit, et lui apportaient de l'argent , des hommes et des vivres ; mais avant qu'ils abordassent les recherches continuelles qu'on faisait de sa personne l'obligèrent de partir du seul endroit où il pouvait alors trouver sa sûreté; et à peine fut-il à quelques milles de ce port qu'il apprit que ces deux vaisseaux avaient abordé , et qu'ils s'en étaient retournés. Ce contre-temps aggravait encore son infortune. 11 fallait toujours fuir et se cacher. Onel , un de ses partisans irlandais au service d'Espagne, qui le joignit dans ces cruelles conjonctures, lui dit qu'il pouvait trouver une retraite assurée dans une petite lie voisine , nommée Siornai , la dernière qui est au nord-ouest de l'Ecosse. Ils s'embarquèrent dans un bateau pécheur : ils arrivent dans cet asile; mais à peine sont-ils sur le rivage qu'ils apprennent qu'un détachement de l'armée du duc de Cumberland est dans l'Ile. Le prince et ses amis furent obligés de passer la nuit dans un marais pour se dérober à une poursuite si opiniâtre. Ils hasardèrent au point du jour de rentrer dans leur petite barque , et de se remettre en mer sans provisions, et sans savoir quelle route tenir; à peine eurent-ils vogué deux milles qu'ils furent entourés de vaisseaux ennemis.

11 n'y avait plus de salut qu'en échouant entre des rochers sur le rivage d'une petite lie déserte et presque inabordable. Ce qui en d'autres temps eût été regardé comme une des plus cruelles infortunes, fut pour eux leur unique ressource : ils cachèrent leur barque derrière un rocher, et attendirent dans ce désert que les vaisseaux anglais fussent éloignés, ou que la

mort vint fitift tant de désastres, il fié restait au priait; I &es amis et àUx matelots , qu'iin peu d'eàii-dë-ifle ^bûr stfolettifr leur vie malheureuse; on trouva pafr hasard quelques ptilèsons secs que de* pécheurs, poussés par là téÛpëte, àvàlerit laissée sur le rivage. On rama d'Ile eil Ile quand les Vaisseaux ennemis ne parurent plus. Le prince abordé flans cette même lie de Wight où il était venu prendre terré lorsqu'il âirlvi de France : il y trouve un peu de secours et de répbs ; mais cette légère consolation ne diita guère; des milices dû duc dé Cuniberlâbd arrivèrent au bout de trois jbtit-s dans ce tibiivel asllfe. La mort où la fcaptitité paraissait inévitable.

Le prince avec ses deux compagnons se cacha thois joutt et trois nuits dans une Caverne. 11 fut encore trof) heureux de te rembarquer, et de fuir dans une autre lie déserte, où il resta huit jours avec quelques provisions d'eau -de-vie, de pain^ d'orge, et de poisson salé. On ne pouvait sortir de ce désert et regagner l'Ecosfe qu'en risquant de tomber entre les mains des Anglais qiii bordaient lé rivage ; mais il fallait bu périr par la faim , ou prendre ce parti.

Us se remettent donc en met*, et ils aboHleut fondant là nuit. Ils erraient sur le rivage, n'ayant pour habits que des lambeaux déchirés de véteinetits & l'usage des montagnards. Ils rencontrèrent au point du jour ude demoiselle à cheval ; suivie d'un jeune domestique : ils hasardèrent de lai parier; cette demoiselle était de la maison de Macdonâld attachée aux Stiiarts. Le prince, qui l'avait vue datis lé teiflps fre ses succès, la reconnut, et s'en fit reconnaître. Bile se jeta à âeâ pifedft : le prince, ses amis et elle fondaient en larmes, et leè pleurs que M11* de Macdonald versait dans cette entrevue si singulière et si touchante redoublaient par le danger où elle voyait le pflriCe ;

on ne pouvait faire un pas sans risquer d*être pris. Elle conseilla au prince de se cacher dans une caverne qu'elle lui indiqua au pied d'une montagne , près de la cabane d'un montagnard connu d'elle et affidé , et elle promit de venir le prendre dans celte retraite, ou de lui envoyer quelque personne sûre qui se chargerait de le conduire.

Le prince s'enfonça donc encore dans une caverne avec ses fidèles compagnons. Le paysan montagnard leur fournit on peu de farine d'orge détrempée dans de l'eau ; mais ils perdirent toute espérance lorsqu'ayant passé deux jours dans ce lieu affreux personne ne vint à leur secours. Tous les environs étaient garnis de milices : il ne restait plus de vivres à ces fugitifs; une maladie cruelle affaiblissait le prince; son corps était couvert de boutons ulcérés ; cet état , ce qu'il avait souffert , et tout ce qu'il avait à craindre, mettaient le comble à cet excès des plus horribles misères que la nature humaine puisse éprouver; mais il n'était pas au bout.

M11* de Macdonald envoie enfin un exprès dans la caverne; et cet exprès leur apprend que la retraite dans le continent est impossible; qu'il faut fuir encore dans une petite île nommée Benbécula , et s'y réfugier dans la maison d'un pauvre gentilhomme qu'on leur indique; queMUe de Macdonald s'y trouvera, et que de là on verra les arrangements qu'on pourra prendre pour leur sûreté. La même barque qui les avait portés au continent les transporte donc dans cette île; ils marchent vers la maison de ce gentilhomme. M,le de Macdonald s'embarque à quelques milles de là pour les aller trouver; mais ils sont à peine arrivés dans l'île qu'ils apprennent que le gentilhomme chez lequel ils comptaient trouver un asile avait été enlevé la nuit avec toute sa famille. Le prince cl ses

amis se cachent encore dans des marais. Onel en6n va à la découverte; il rencontra Mlle de Hacdonald dans une chaumière : elle lui dit qu'elle pouvait sauver le prince en lui donnant des habits de servante qu'elle avait apportés avec elle, mais qu'elle ne pouvait sauver que lui , qu'une seule personne de plus serait suspecte. Ces deux hommes n'hésitèrent pas à préférer son salut au leur; ils se séparèrent en pleurant. Charles Edouard prit des habits de servante , et suivit , sous le nom de Betti , M11* de Macdonald. Les dangers ne cessèrent pas malgré ce déguisement : cette demoiselle et le prince déguisé se réfugièrent d'abord dans l'Ile de Skie , à l'occident de l'Ecosse.

Ils étaient dans la maison d'un gentilhomme, lorsque cette maison est tout-à-coup investie par les milices ennemies. Le prince ouvre lui-même la porte aux soldats : il eut le bonheur de n'être pas reconnu ; mais bientôt après on sut dans l'Ile qu'il était dans ce château. Alors il fallut se séparer de M"e de Hacdonald; et s'abandonner seul à sa destinée. Il marcha dix milles suivi d'un simple batelier ; enfin , pressé de la faim et prêt à succomber, il se hasarda d'entrer dans une maison dont il savait bien que le maître n'était pas de son parti, c Le fils « de votre roi , lui dit-il, vient vous demander du pain et un c habit. Je sais que vous êtes mon ennemi ; mais je vous crois « assez de vertu pour ne pas abuser de ma confiance et de « mon malheur. Prenez les misérables vêtements qui me couc vrent, gardez-les; vous pourrez me les apporter un jour « dans le palais des rois de la Grande-Bretagne. » Le gentilhomme auquel il s'adressait fut touché, comme il devait l'être ; il s'empressa de le secourir autant que la pauvreté de ce pays peut le permettre , et lui garda le secret.

|7p HISTOIRE Qf FRANCE

0* Wtte llfl i) rrçagqa l'Ecosse, et çç ntqdjf 4ans )a tribp de Morçr, qui jui était ajfqçtjopnée; jl erra ensuite dans te Lockaber, dans le Çadenoçk. Ce fut là qu'il apprit qjj'on avait arf été MUe fle îflacdonald , sa bienfaitrice , et presque tops ceux qui l'avaiçnt reçu : il vit la liste de tous ses partisans condamnés par contumace : c'est ce qu'on appelle en Angleterre un acte d'atfeinder. Il était toujours en danger lui-même ; et les seules nouvelles qui lui venaient étaient celles de la prison de ses serviteurs dont on préparait la mort.

Le lirait se répandit alors en France que ce prince était au pouvoir dp ses çnnemis ; ses agents de Versailles , effrayés, supplièrent le roi de permettre qu'au moins on fit écrire en sa faveur. Il y avait en France plusieurs prisonniers de guerre anglais ; et les partisan? du prétendant s'imaginèrent que cette considération pourrait retenir la vengeance de la cour d'Angleterre . et prévenir l'effusion du sang qu'on s'attendait i voir verser sur les échafaud». Le marquis d'Argenson, alors ministre des affaires étrangères; et frère du secrétaire de la guerre, s'adressa à l'ambassadeur desProvinces-Unies, M. Van- Hoey, comme à un médiateur. Ces deux mipistres se ressemblaient en un poipt qui les rendaient différents de presque tous les hopimes d'État , c'est qu'ils mettaient toujours de la franchise et de l'humanité où les autres n'emploient guère que la politique.

L'ambassadeur Van-Hoey écrivit donc une longue lettre au duc de Neucastle , secrétaire d'État d'Angleterre : c Puisc siez-vous, lui disait-il, bannir cet art pernicieux que la t discorde a enfanté pour exciter les hommes à se détruire t mutuellement ! misérable politique qui substitue la venf geance, la {laine, la méfiance, l'avidité , aux préceptes dj-

Page 1