HEN^ )V
« 4'e{te-ipi$mQ, mue de son honneur et devoir, comme gen3 < qui aimaient mieux perdre la vie que manquer à Tun ou à « l'autre en cette occasion , en connivant au renversemept ( des lois du royaume. > En effet, le lieutenant-général reçu^ mal le président Le Maistre, lorsqu'à la tête d'une députation de la coujT, il alla lui présenter cet acte important.
Le duc de Féria , effrayé de la tournure que prenaient les affaires , se Sjervit d'une ruse diplomatique qui eut un moment quelque succès. Il feignit d'avoir reçu des lettres 4e Philippe n, par lesquelles le monarque renonçait à donner le trône de France à l'archiduc Albert , et l'offrait au duc de Guise , qui épouserait l'infante. C'était combler les vœux des Seize et de leurs partisans; aussi firent-ils éclater leur joie; mais la ipajorité des Etats n'accueillit point cette proposition inattendue : le^ événements, qui se succédèrent avec rapidité, la firent bieQtôt tomber dans l'oubli ; et cette royauté , fortement soutenue par la duchesse de Montpensier, tante et maitresse du jeune prince , s'évanouit au bout de quelques jours.
Pendai^t ces vaines disputes, qui agit^iept les Etats et les Seize, Henri IV venait de remporter upe victoire près de Dreux, et s'était emparé de cette ville , où les protestants avaient placé d'immenses approvisionnements ( 5 juillet ). Le lieutenantgénéral , plus embarrassé que jamais , décida les Etats à consentir à la trêve que le roi avait offerte avant la rupture des conférences de Surenne. Les négociations reprirent leur activité ; les hommes sages des deux partis se rapprochèrent de nouveau , et le spectacle le plus touchant confirma bientôt leurs espérances. Henri IV se rendit, le 22 juillet, à Saint- Denis, pii il avait appelé plusieurs prélats : il conféra long-
temps avec eux; et, le 28, il parut dans Téglise abbatiale pour y faire son abjuration à la vue d'une foule immense. Quoique Mayenne eût ordonné que , pendant la cérémonie , les portes de Paris fussent fermées , et qu'il eût expressément défendu d'en sortir, une multitude de royalistes et même de ligueurs passèrent par-dessus les murs et se précipitèrent vers le lieu où se consommait un si grand événement. Les acclamations retentirent de toutes parts , avant et après la messe : il semblait , comme Tobserva très-bien Henri lY, que cette multitude, si longtemps tourmentée par les horreurs de Tanarchie, fût affamée de voir un roi.
Peu de jours après, les Etats, devenus inutiles et tombés dans le mépris, se séparèrent; dans les dernières séances, ils avaient cessé de s'occuper des affaires politiques, et leurs vaines délibérations n'avaient roulé que sur quelques points de discipline du concile de Trente; malgré l'opposition du parlement, ils s'étaient décidés à les accepter, pour ne pas augmenter les humiliations du légat, qui, n'étant plus soutenu que par les factieux, voyait chaque jour diminuer son influence.
Les Seize isolés de tous les partis, et frémissant du sort qui les menaçait, exhalèrent leurs fureurs par les discours et les libelles les plus violents. Le curé de Saint-Benoit, qu*on savait avoir travaillé aux articles coDstitutionnels publiés pendant les conférences de Surenne, fit un sermon oii il prit pour texte : Eripe me de lato fœcis, débourbonnez-nous, et dans lequel il soutint que la conversion de Henri IV n'étant pas sincère, elle ne pouvait être considérée que comme une horrible profanation . D'autres factieux prodiguèrent au monarque des injures plus atroces, et allèrent même jusqu'à provoquer contre lui la rage des assassins. Henri IV ne voulut opposer à ces diatribes, dont
on lai représenta vainement le danger, que la patience et la modération ; il n'y vit que les derniers efforts d'une faction expirante :
c C'est un mal, dit-il, que Dieu a envoyé sur nous pour « nous punir de nos fautes ; mon intention est de tout oublier, c de tout pardonner; et ne leur doit-on savoir plus mauvais c gré de ce qu'ils ont fait, qu'à un furieux quand il frappe, c et qu'à un insensé quand il se pourmène tout nud. »
Mais ces libelles, répandus avec profusion dans les provinces, y ranimèrent un fanatisme qui commen^it à s'éteindre dans la capitale. Pierre Barrière, jeune batelier de la Loire, après avoir été longtemps en proie à un amour malheureux, s'était livré aux passions politiques. Constamment tourmenté par vue sorte de délire, menant une vie errante, il conçut à Lyon, où le duc de Nemours commandait pour la ligue, l'hor-* rible dessein d'assassiner le roi. 11 s'ouvrit à un moine florentin, qui s'empressa d'avertir le monarque; on le fit surveiller avec soin, et on l'arrêta à Melun. Ses aveux confirmèrent la vérité des renseignements qu'on avait reçus, et il fut condamné par le parlement de Tours au supplice des régicides (31 août). Ce premier attentat sur les jours d'un roi dont la majorité de la nation commençait à sentir les vertus et les qualités aimables, excita une horreur générale, et redoubla la haine qu'on portait aux Seize.