‹ Histoire de France (volume 5)Chapitre 91 sur 91 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

Négoeiitions ayec les prinees d*Anemagiie.

Le cardinal de Richelieu, qui revenait de Bordeaux, o&Ie roi l'avait laissé assez gravement malade, songea à rendre plus étroits les liens qui unissaient la France aux ennemis de la maison d'Autriche. On députa en conséquence vers les princes d'Allemagne et les Provinces-Unies: le principal négociateur fut le marquis de Feuquières ; il devait appliquer tous ses soins à empêcher le refroidissement ou la dissolution de cette ligue, et il avait pour cela entre les mains des brevets de pension, arguments irrésistibles même pour des princes et des républicains.

Pendant que le marquis de Feuquières excitait ainsi les princes protestants h continuer la guerre, la politique du cardinal tenait un autre langage auprès des princes catholiques: ce fut la mission d'un second ambassadeur, qui ne parla que delà nécessité de rétablir la paix; le cardinal alla même jusqu'à députer vers rempercur, pour lui adresser les civilités les plus affectueuses, tandis que l'ambassadeur de France en Hollande, le baron de Charnacé, eut ordre de combattre la tendance que cet état montrait pour une trêve, en offrant argent et soldats , et de mettre même des troupes françaises sous les ordres du prince d'Orange.

Le cardinal songea ensuite aux affaires du dedans. Le mar^ quis deChateauneuf, garde-des-sceaux, étaitdevenu suspect au premier ministre : il ne fut pas difficile de le perdre; en conséquence, non-seulement les sceaux lui furent retirés, mais il

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fut arrêté dâii:> sa maison par un capitaine des gardl^-ducorps et conduit prisonnier au château d*Ângoulême.

Son neveu, le marquis de Leuville , fut mis à la Bastille et il ne recouvra sa liberté qu'au bout de deux ans ; epfin, le chevalier de Jars, dévoué au garde-des-sceaux , après être resté plusieurs mois en prison, fut conduit à Troyes, où Ton instruisit son procès; il fut condamné à mort, conduitau supplice, et ne 'reçut sa grâce que sur Téchafaud, d'où il fut ramené à la Bastille.

Après les actes de sévérité et de vengeance vint une amnistie générale pour tous ceux qui avaient trempé dans la rébellion du Languedoc. Quinze personnes seulement en furent ^exceptées, et dans ce nombre on comptait cinq évéques.

Enfin Louis XIII tint un chapitre de Tordre du Saint-Esprit pour y faire des promotions en faveur de ceux qui avaient rendu des services dans cette dernière circonstance.

En tête des nouveaux élus se trouvaient les cardinaux de Ridielieu et de Lavalette, trois archevêques, au nombre desquels était le premier archevêque de Paris ; ce siège ayant été érigé en 1 623 , et quarante-quatre princes et gentilshommes; au dessert du banquet solennel , le roi envoya au cardinal de Richelieu , à l'exclusion de tout autre chevalier, un rocher de confitures d'où sortait une fontaine d'eau parfumée.

FrN DD TREIZIÈME VOLUME.

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