‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 35 sur 51 · Paroles de Vauban, citées par M. Camille Roussel · texte numérisé non relu

Paroles de Vauban, citées par M. Camille Roussel

premier signe de la volonté royale. Ajoutons que les deux lieutenants du monarque étaient Condé et Turenne. Le titre de maréchal général conféré à ce dernier plaçait au-dessous de lui tous les autres maréchaux de France : il s’en trouva trois 1 pour se refuser à celte subordination ; mais le roi parla si haut que leur désobéissance ne fut pas de longue durée.

Louis XIV, parti de Saint-Germain le 28 avril, arriva le 5 mai à Charleroi, et avec le gros de son armée, il marcha aussitôt sur la Meuse. Maëstricht était sur ce fleuve la place d’armes des Provinces- Unies ; il y eut tout d’abord à résoudre si on l’assiégerait ou si on laisserait un détachement destiné à en observer et à en contenir la garnison. Turenne fit prévaloir ce dernier avis, et l’on se porta en toute hâte sur le Rhin. Les Hollandais y occupaient quatre villes, qui appartenaient aux électeurs de Brandebourg et de Cologne, mais dont ils s’étaient saisis pour en faire comme la garde avancée de leur territoire. Rheinberg, Wesel, Burick et Orsoi furent assaillies à la fois et emportées en quatre jours (3 à 7 juin), et l’on sait comment, après ce premier coup frappé, Louis XIV, dans sa superbe complaisance en lui-même, écrivit à Colbert : « J'espère qu’on ne se plaindra pas que j’aie trompé l'attente publique. » Les deux places de Rees et d’Emmerick n’opposèrent pas une plus longue résistance, et l'armée française, maîtresse de l’une et l'autre rive du Rhin, atteignit le point où ce fleuve, se

Page 1