CHAPITRE XIII
DEPUIS L’ASSASSINAT DU MARÉCHAL D’ANCRE JUSQUA L’aVÊNEMF.NT AU POUVOIR DU CARDINAL DE RICHELIEU (1617-1624).
Luynes , maitre de l'esprit du roi, obtient l'éloignement de Marie de Médicis ; elle est reléguée à Blois. — Procès et supplice de Léonora Galigaî : la pitié succède à l'indignation excitée contre elle. — Assistance prêtée au duc de Savoie contre l’Espigne : la sœur du roi, Christine de France est mariée au prince de Piémont. — Les honneurs et les richesses accumulés sur la tête de Luynes le rendent aussi odieux que l’avait été Concini ; les dispositions des grands de la cour redeviennent favorables à Marie de Médicis. — D'Épernon la tire du château de Blois. — Luynes est obligé de traiter avec elle : l’évêque de Luçon est rappelé de son exil d Avignon , et devient le principal conseiller de la reine-mère. — Luynes fait sortir M. le Prince de la Bastille . pour s’en faire un appui contre Marie de Médicis. — Commencement de la guerre de Trente ans en Allemagne : avènement de Ferdinand II au trône impérial; génie de ce prince. — Son élection précipite la révolution de Bohème ; l'électeur palatin Frédéric I" est couronné roi à Prague. — Ferdinand II, au milieu du soulèvement général de ses états, invoque l’appui de Louis XIII contre l'introduction imminente de nouvelles républiques. La France se porte médiatrice dans le grand débat qui partage l’Empire : cette médiation équivaut à une assistance directe; Ferdinand II en prolite pour chasser le palatin
TABLE DES MATIÈRES
île Bohème, elle dépouiller mime Je ses Ruts héréditaire». — Nouveaux honneurs accordé» à Luynes et il ses frères : le prince de Coudé, qui dans l'intérêt de sa fortune a renoncé à l'esprit de faction, s'altaclü fidèlement au favori. — Intrigues je la petite cour de Marie de Medicis A Angers pour le renverser : vaste complot où entrent la plupart des grands seigneur» du royaume, — Louis XHI marche en Anjou contre les rebelles ; échnufiburte du l'ont de Cé : Marie de Médicis , dont les troupes ont été dispersées. n'en obtient [ as moins de la prudence de I.uynes des conditions favorables. — Résolution prise par Louis XIII et Luyn s, après la pair d’Angers, de frapper les huguenots. — Esprit d'insubordination et organisation menaçante des religionnaires : leur refus persévérant depuis Henri IV de laisser rétablir le culte catholique en ltéarn. - Expédition du roi contre cette province. — I. assemb.ée générale des enlises protestantes tenue à la Rochi Ile n'en devient que plus animée il la guerre civile : le duc de Rohan et son frère Soubise deviennent les chets de cette entreprise dési spéré ■■ — Campagne du roi en Guyenne et en Languedoc: Luynes connétable s'altrii ue en même temps la charge de garde des sceaux. — Il conduit le roi au siège de Momauban : la résistance énergique de cette ville force Louis XIII à abandonner l'entreprise : son mécontentement contre Luynes. Le connétable va mourir de maladie au siège de la petite ville de Monheur. — Trois années se passent pendant lesquelles le roi laisse flotter le pouvoir entre sa mère et le prince de Condé. L’influence de l'évèque de I.nçoii pénètre dans le conseil par Mario de MéJicis qu'il gouverne.— Il ne peut néanmoins empêcher une n< uvtlle campagne contre les huguenots, réclamée par M. le Prince, Siège de Montpellier; le roi, entré dans cette ville, accorde la pais aux hugue nots, 11e leur permettant plus l’assemblée de leurs églises que pour affaires ecclésiastiques. — L’évêque de Luçon reçoit le chapeau île cardinal , objet de son ambition.— Affaire de la Valleline : arrangement temporaire qu met en dépôt au» mains du pape les forteresses de cette vallée. — Efforts en tous sens pour fermer au cardinal de Richelieu l'enlree du conseil. La Vieaville y entre, comme surintendant des finances : il en fait sortir les deux Brûlart , et obtient enlin de Louis XIII d’y rappeler l'évêque do Luçon. — Scène de comédie jouée par Richelieu pour fuir en apparence devant le but qu'il poursuit depuis sept ans. 11 saisit le pouvoir pour ne le plus quitter qu'avec la vie 43.