CHAPITRE XXI
DEPUIS LA MORT DK MAZARIK JUSQU'A LA PAIX d'aIX-LA-CHAPELLE
Louis XIV deviné par Mazarin seul; son caractère; fermeté de ses résolutions; ses Mémoires témoignent de la haute et sérieuse idée qu’il s’était faite des devoirs de la royauté. — Son attention se porte tout d'abord sur les finances ; Fouquet refuse de croire & la persévérance du roi ;\ s'occuper de ses affaires; il le trompe et court à sa perte. — La fête de Vaux affermit et précipite la décision prise par lo roi contre son infidèle ministre. — Fouquet est arrêté à Nantes. — Colbert, qui a aidé Louis XIV à découvrir les malversations de Fouquet, entre au conseil des finances. — Chamore de justice instituée contre les traitants. — Fouquet est cité devant cette chambre; son long procès; intérêt qu’il excite; sa condamnation est aggravée par Louis XIV. Emprisonnement et mort de Fouquet au château de Pignerol: on a voulu à tort en faire le héros de la légende du Has'/ur de fer. — Colbert, Lionne et I.etellier
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sont les trois ministres associés alors au gouvernement personnel de Louis XIV. — Politique extérieure du roi; sa doctrine sur les infractions secrètes aux traités. — Querelle de préséance à Londres entre les ambassadeurs de France et d’Espagne;la hauteur mena.antede Louis XIV fait décider la question en sa faveur. — Même attitude du roi avec l'Angleterre au sujet du pavillon. Dunkerque vendu par Charles II à la France. — Conflit à Home entre les gens du duc de Créquy et la garde corse du pape; les menaces et les préparatifs de guerre du Louis XIV contraignent Alexandre VII à d'humiliantes soumissions. — Éclat de la cour de Louis XIV; sa politique est d'accord avec son goût pour tenir rassemblée autour de lui la haute noblesse du royaume. — Ballets et carrousels. — Fêtes magnifiques de Versailles en 1 664 ; publicité des amours du roi et de Mlle de ia Vallière.— Expédition du duc de Beaufort sur la côte d'Afrique; prise de Gigelli; traités imposés aux régences barbaresques. — Secours envoyés à l'empereurcontre les Turcs; part glorieuse du comte de Coligny dans la victoire de Saiul-Gothard remportée par Montecuculli. — Alarmes causées à l'Europe par la puissance de Louis XIV avant qu'aient éclaté les projets de son ambition. Inquiétudes de Jean de Witt, grand pensionnaire de Hollande, qui a devi é la pensée du roi sur les Pays-Bas espagnols. — Guerre déclarée par Charles H aux Provinces-Unies. — Jean de Witt réclame les secours de la France; peu d'empressement de Louis XIV à les lui accorder. — Mort de Philippe IV, suivie de près par celle de sa sœur Anne d’Autriche. — Louis XIV commence par revendiquer & l’amiable la part qu’il prétend revenir à la reine, son épouse, dans la succession du roi d’Espagne. — Guerre navale formidable entre les Anglais et les Hollandais; faible part qu’y prend la marine française. — Louis XIV est déterminé h faire valoir par les armes, au printemps de IG67, ses droits sur les Pays-Bas. Habileté de Lionne à lier les bras à l'empereur, en maintenant les princes allemands dans l’alliance française. — Le Traité des droits de la reine sert de manifeste pour annoncer à l'Europe les opérations militaires du roi. — Rapides conquêtes de Turenne en Flandre. — Entrée pompeuse de la reine à Douai et à Tournay.— Siège et prise de Lille. — Inutile appel du cabinet de FEscurial aux princes de l’Europe; Jean de Witt seul, après le traité de Bréda, qui vient de rétablir la paix entre la Hollande et l’Angleterre, s'efforce d'intervenir entre la France et l'Espagne. — Traité de la triple alliance entre les Provinces- Unies, la Grande-Bretagne et la Suède pour arrêter le progrès des armes de Louis XIV. Louis XIV pose lui-même des bornes à son ambition, en vue du partage éventuel de la monarchie espagnole qu'il vient de conclure secrètement avec l’empereur Léopold. — Projet d’invasion de la Franche-Comté ; le prince de Condé est rappelé à la tète des troupes françaises, et la province, attaquée au cœur de l’hiver, est conquise en quinze jours. — Étonnement de l’Europe de trouver Louis XIV aussi modéré après cette conquête qu’il l’était auparavant. Les conditions de la paix, arrêtées é Saint-Germain, reçoivent la forme solennelle d'un traité au congrès d’Aix-la-Chapelle. La France est accrue de plusieurs des villes de la Flandre et du Hainaut ; mais la frontière mal tracée, qui lui est faite par le traité d’Aix-la-Chapelle , doit amener de nouvelles et prochaines hostilités 478
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