DEPUIS LA GUERRE DE HOLLANDE JUSQU'A LA PAIX DE N1MÊGUE
La perte de la Hollande semble inévitable dans la lutte qu’elle va soutenir, rien chez elle n'est préparé à une guerre continentale. Tout est prêt, au contraire, en France. — Louvois; son génie et sa funeste influence. — Forte organisation qu'il a donnée à l'armée française. — Coudé et Turenne sont les deux lieutenants de Louis XIV. — Prise de Rheinberg, Wesel, Buriclc et Orsoy. Fameux passage du Rhin à Tolhuys. — Rapides conquêtes des Français : stupeur et consternation des Provinces-Unies. — Les États généraux offrent de traiter à des conditions d’un avantage inespéré pour la France et qui sont néanmoins rejetées. — Vaste soulèvement des Provinces-Unies-, les écluses sont ouvertes et les digues percées ; l’inondation du pays arrête les progrès des troupes françaises. — Le stathoudérat est rétabli en faveur de Guillaume de Nassau, prince d'Orange : assassinai de Jean et de Corneille de Witt : Guillaume use de la dictature, ainsi mise entre ses mains, pour sauvet son pays. — Funeste conseil donné par Louvois de rendre au stathouder vingt mille prisonniers hollandais. — L’empereur e-t entraîné par l’électeur de Brandebourg dans l'alliance des Provinces Unies. Turenne arrête les Allemands prêts à passer la Meuse. — Louis XIV, au début de la campagne de 1673, offre aux Hollandais les conditions qu’ils lui avaient offertes eux- mêmes Tannée précédente, et qui sont repoussees. — Prise de Maêslricht par le roi, assisté de Vauban. Impuissantes tentatives de débarquement surla côte hollandaite : Ruyter fait face avec avantage aux escadres de France et d’Angleterre. — L'Espagne se déclare à la suite de l’empereur : première coalition formée contre la France au dix-septième siècle. — Louis XIV comprend la nécessité d’évacuer la Hollande, et s’y résigne. Il offre
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encore unefoisla paix aux Hollandais arec l'entière restitution de leur territoire, afin de poursuivre seul à seul sa querelle contre la maison d’Autriche : Guillaume fait rejeter ses offres. — Campagne de 1674 : orgueilleuses espérances du prince d'Orange : elles sont déjouées par le prince de Condé à la bataille de Seuef. — Reprise de Grave par Guillaume. — Admirable campagne de Turenne sur le Rhin : combats de Sinlzheim et d'Enlzheim. Louvois lui envoie enfin des renforts. Turenne feint d’abandonner l'Alsace aux impériaux, qui s'y établissent pour prendre leurs quartiers d’hiver, et les rejette par ses habiles manœuvres au delà du Rhin. — Attaque sans succès des côtes de France par l’amiral Tromp. — Insurrection do Messine : le duc de Vivonne vice-roi de Sicile, au nom de Louis XIV. — Nouvelles ofTres de paix faites aux Etats généraux, et encore rejetées par l'obstination du st.ilhouder. La Suède se déclare pour la France. — Succès sans importance aux Pays-Bas : troubles à Bordeaux et en Bretagne causés par laggravalion des impéts. L'intérêt de la campagne de 1675 est tout entier dans la lutte engagée sur les bords du Rhin entre Turenne et Montecuculli : mort de Turenne. Deuil national. L'armée française est rejetée en Alsace. Condé va en prendre le commandement : dernière campagne de M. le Prince. — Défaite du maréchal de Créquy à Konz- Saarhrück. — Les conseils de Vauban sont suivis pour la campagne de 1676 : siège et prise de Condé. Investissement de Bouchain. Louis XIV, par respect pour sa gloire, craint d’engager une bataille dont toutes les chances étaient en sa faveur : tardif et long repentir qu’il eu éprouve. — Le prince d’Orange échoue devant Maestricht. — Prise de Philipsbourg par le nouveau duc de Lorraine, Charles V, gé éral des troupes impériales. — Succès de la marine française dans les eaux de la Sicile. Bataille navale devant Agosla entre Ruyter et Duquesne, mort de Ruy ter. — Victoire éclatante de Duquesne devant Palerme. — Le prince d’Orange parvient encore à empêcher les Hollandais, quoique las de la guerre, à traiter avec la France; il se croit sûr d'entraîner l'Angleterre dans la coalition. — Tout se prépare pour que la campagne de 1677 ait aux Pays-Bas un résultat décisif. — Fait d'armes extraordinaire de la prise de Valenciennes, qui est suivie de celle de Cambrai. — Siège de St-Omer par le duc d'Orléans : Guillaume arrive pour secourir cette place. — Bataille de Cassel; la part glorieuse qu’y a prise Monsieur a pour résultat de l'exclure à l'avenir du commandement des armées. — Belle campagne du maréchal de Créquy contre le duc de Lorraine à qui il ferme l'entrée de son duché, — Combat de Kochersberg : prise de Fribourg en Brisgau, qui répare la perte de Philipsbourg. — Nouvel échec du prince d'Orange devant Charleroi. — Traité d'alliance entre la Grande-Bretagne et les Provinces-Unies pour le rétablissement de la paix générale. Louis XIV se décide à évacuer la Sicile; mais il prépare en même temps un coup destiné à amener à la paix la Hollande, fatiguée de la politique guerrière du stalhouder. Prise de Garni et d'Ypres, aux premiers jours du printemps de 1678. — Le roi déclate suspendre les hostilités pour laisser le temps d’aboutir aux négociations entamées à Nimègue. — Les Etats généraux, malgré le stathouder, adhérent à une trêve, suivie bientôt de la signature de la paix entre la France et les Provinces-Uiiies. — Sanglant combat de Sainl-Denys, près de Mons, livré par Guillaume au maréchal de Luxembourg après la paix signée. — Le trailé. conclu
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entre la France et l’Espagne, donne 6 Louis XIV la Flandre française et la Franche-Comté. — Obstination de l’empereur à reprendre Fribourg : le maréchal de Créquy déconcerte encore une fois tous les efforts du duc de Lorraine, et achève la campagne par la destruction du fort de Kehl. L'empereur signe k son tour le traité de Nimègue. — L'électeur de Brandebourg et le roi de Danemark, sous la menace des coups du maréchal de Créquy, rendent au roi de Suède les villes qu'ils lui ont prises; et la paix est rétablie dans toute l’Europe. — Louis XIV est à l’apogée de sa puissance et de sa gloire : le corps de ville de Paris lui décerne le surnom de Grand .WR