SUITE ET FIN DU BÊGNB SE PHILIPPE LE DEL
Caractère de Boniface VIII; il se méprend sur la situation de la papauté.
— la maltéte, à laquelle Philippe prétend assujettir les clercs comme les laïques, devient l'occasion des premiers démêlés de ce prince avec le pontife, jusque-là favorable aux intérêts de la France. — Bulle C/ericis laicot. — La querelle est suspendue par les affaires de Flandre: Philippe se rend maître de cette contrée. — JubiU de l’année 1300 : l'affluenqe immense des pèlerins venus à Rome aux pieds du pape lui fait illusion sur sa puissance. — Philippe fait arrêter le légit du pape Bernard de Saisset, évêque de Pamters. — Bulle Ausculta fill par laquelle Boniface VIII reproche au roi ses attentats contre le Saint-Siège et les excès de sa tyrannie. — Philippe fait brûler cette bulle, puis, pour s'assurer dans ce grand débat l'assentiment national, il convoque les premiers Etats généraux et obtient leur adhésion. — Convocation d'un concile à Rome : bulle l’nam sanclam. — Embarras de Philippe le Bel, à qui la Flandre soulevée vient d'échapper, en même temps qu'Edouard I" réclame de lui la restitution de l'Aquitaine. — Il la lui rend, et ajourne sa vengeance contre les Flamands, tout entier à sa querelle avec le pape. — Consistoire d’Anagni : Boniface y annonce la dernière sommation qu’il a faite au roi, sous peine de déposition, s'il n’y obtempère. — Philippe envoie Nogarel en Italie : association de celui-ci avec Sciarra Colonna : leur entrée menaçante à Anagni, et violences auxquelles ils se portent contre le pontife : mort do Boniface. — Benoit XI, son successeur, excommunie Nogaret et Colonna, et meurt empoisonné.
— Gouvernement tyrannique de Jacques de Châtillon en Flandre : soulèvement du pays : bataille de Courtray. — Philippe, libre de son différend avec Boniface, va se venger des Flamands, qu il défait à Mons en Puelle. Il s'empresse de traiter avec eux, et leur accorde la paix, moyennant la cession de la Flandre française. — Administration despotique de Philippe le Bel : nul plan arrêté de gouvernement; bonnes et mauvaise mesures. — Altération continuelle des monnaies; aggravation exorbitante des impôts, qui amène partout des émeutes impitoyablement châtiées. — Ordonnance générale pour la réformation du
TABLE DES MATIÈRES
royaume; organisation définitive du Parlement, qui est rendu sédentaire. — Situation indécise de la royauté, qui pat absolue dans la personne ilu monarque, mais non en vertu de» institutions. — Election du pape français ilément y ; condition» que lui a imposées Philippe le Bel. Le pape les subit toutes, sauf celle par laquelle le roi prétend l’obliger à condamner Bonifiée comme hérétique et usurpateur du Saint-Siège. — Le jugement de ce grand procès est remis au concile qui va s’assembler à Vienne en Dauphiné. — Motifs des poursuites de Philippe le Del contre les Templiers, Leur arrestation par toute la France : griefs qui leur sont imputés. — Nouvelle convocation des Etats générau» pour les associer au» rigueurs de la justice royale contre l’ordre du Temple. — Aveux faits par les chevaliers; ils les rétractont et Philippe en fait brûler cinquante-six comme relaps. — Ouverture du concile de Vienne, impossibilité où il se trouve de juger l’ordre : Clément V en prononce l'abolition. — Exécution inique du grand maître, Jacques de Molay, ordonnée par Philippe le Bel. — Clément V obtient du roi de renoncer au procès entamé contre la mémoire de Boniface VIH, au pria de l'abolition de tou» les actes de celui-ci contre Philippe et ses agent». — Philippe le Bel réunit Lyon, ville impériale, à la couronne. — Fûtes pompeuses de la cour h l’occasion de la venue d’Edouard 11 en France. — Désordres de la maison royale ; supplices qui en dévoilent le secret. — Un nouvel impôt établi sur les marchandises excite l'exaspération universelle : ligue de la noblesse de3 diverses provinces. — La royauté est forcée de capituler avec les députés des villes convoqués à Paris. — Irritation et inquiétude de Philippe le Bel : sa mort 115
fHAPlTRK xxm.
LES TROIS FILS DE PHILIPPE LE BEL; LOUIS X, DIT BUTIN (1316-1316); PHILIPPE DIT LE LONG (1314-1322) ; CHARLES IV, DIT LE BEL (1322-1328).
La réaction, commencée contre le gouvernement de Philippe le Bel, continue plus violente sous son successeur; mais le pouvoir royal affaibli ne restera pas vaincu parla féodalité. — Rigueurs exercées par Charles de- Valois contre les conseillers du feu roi son frère; supplice d’Enguerrand de Marigny. — Concessions arrachées à Louis Hutin par les seigneurs; charte aux Normands, etc : nul ensemble dans leurs réclamations égoïstes et anarchiques. — Louis X, qui a hérité de son père la guerre contre les Flamands, est sans argent pour la faire. — Sa fameuse ordonnance pour l'affranchissement des sprfs des campagnes. — Son expédition sans succès contre la Flandre. — 11 se propose do la renouveler et en est empêché par la mort.
La veuve de Louis Hutin reste grosse : à qui doit échoir la couronne, si elle accouche d’une fille? Philippe, frère du feu roi, fait décider par les barons la question en sa faveur, et se saisit de la régence. — Naissance d’un prince, dont le règne dure six jours. — Philippe V est reconnu roi, et le ptincipe de la succession masculine entre dans le droit public de la Franco. — Efforts de Philippe le Long pour faire reculer l'anarchie qui a prévalu sous le règne précédent. — Mesures empreintes d’un caractère d’ordre et de régularité qui attestent l'influence U 37
TABLE DES MATIÈRES
rendue aui légitimes. Philippe termine heureusement et sagement la guerre contre les Flamands; il garde Lille et Douai. — Nouvelle insurrection des paysans, qui rappelle celle des Pastoureaux* elle est rigoureusement châtiée. — Complot attribué aux lépreux et aux juifs pour empoisonner les fontaines : des rigueurs plus impitoyables encore sont déployées contre ces misérables. — Le règne de Philippe le Long s'achève, comme celui de son père, au milieu du mécontentement public causé par le poids écrasant des impôts.
Charles IV succède à son frère en vertu du principe de l’hérédité masculine. — Supplice du sire Jourdain de 1 Isle, un des plus puissants barons du midi de la France, témoignage de l’ascendant du pouvoir royal même en de faibles mains. — L’intervention de Charles le Bel en faveur de Louis de Crécy dans la succession flamande montre également la prépondérance acquise it la royauté. — Isabelle de France, mariée & Edouard 11, vient en France préparer les moyens de détrôner le roi son époux. — Edouard 111 couronné t la place de son père. — Tentative infructueuse de Charles le Kel pour se faire élire empereur. — La seigneurie de Bourbon est érigée en duché pairie en faveur de Louis, comte de Clermont, petit-fils de saint Louis. — Mort de Charles IV après six ans de régne. — L'opinion populaire croit à un arrêt de 1a Providence sur les fils de Philippe le Bel, morts tous les trois sans laisser le trône à leurs enfants 158