JEAN, DIT LE BON
Malheurs de ce règne plus grands que ceux du précédent : ils sont encore causés par l’esprit de la noblesse féodale personnifié dans le monarque.
— Mélange de violence arbitraire et d'impuissance dans la royauté. — Assassinai du favori de Jean, Charles de la Cerda, par Charles le Mauvais, roi de Navarre : génie pervers et qualités brillantes de ce prince.
— Renouvellement de la trêve avec l’Angleterre. — La guerre toujours allumée en Bretagne. Combat des Trente. — Etats généraux de 1355 convoqués par Jean, afin d'obtenir des subsides pour la guerre qui va recommencer. — Empressement patriotique des Etats A les accorder, mais en même temps conditions qu’ils imposent à la royauté pour en assurer le bon emploi. — Jean va se saisir à Rouen de la personne du roi de Navarre , et fait eiècuter sommairement quatre de ses conseillers. — Geoffroy d’Harcourt déchaîne encore une fuis les Anglais sur la Normandie. — Marche audacieuse du prince Noir de Bordeaux jusqu’au coeur du royaume. — Le roi se porte A sa rencontre : il rejette l’olfre laite par le prince de Galles de restituer toutes ses conquêtes, et livre la fatale bataille de Poitiers, où il est prisonnier. — Le dauphin arrive en fugitif A Paris pour y prendre en main le gouvernement du royaume. —
TABLE DES MATIÈRES
Idée de ee qu’était alors & Paris : influence du prévôt des marchands Etienne Marcel. — Ouverture des Etats généraux : Marcel y a pour coopérateur Hubert le Coq, évéque de Laon. — Les Etats ne consentent à accorder de subsides qu'à la condition de la destitution des principaux conseillers du dauphin. — Commission de trente-six membres pris dans le sein des Etats pour siéger en leur absence. — Grande ordonnance de 1357: elle substitue le pouvoir populaire au pouvoir monarchique, qui s'est retiré de la société. — Travaux utiles ordonnés par Marcel pour étendre et fortifier la capitale. — Une partie des membres des États quittent l’assemblée et laissent le pouvoir aux mains de la bourgeoisie parisienne. — Efforts du dauphin pour obtenir des autres villes du royaume les subsides que Paris lui refuse : il échoue dans cette tentative. — Marcel délivre le roi de Navarre, et assure l’appui de ee prince à ses projets démocratiques. — Situation de Paris livré à la souveraine influence de la parole sur les masses populaires. — Le palais est envahi, et les deux principaux conseillers du dauphin égorgés sous ses yeux. — Il quitte Paris, et réunit une partie des députés aux Etats à Compiègne. — Politique ferme et suivie qu’il oppose aux entreprises de Marcel, jeté désormais dans l’esprit de faction. — La Jacquerie : épouvante qu’elle répand d’abord; les Jacques exterminés. — Marcel, qui a essayé de s’en faire des alliés, sent son pouvoir chanceler dans la capitale. — Mécontentement causé par l’impuissance où il se trouve de protéger les environs de Paris contre les ravages des compagnies. — Marcel, pour se sauver, veut livrer la ville à Charles le Mauvais et le faire proclamer roi : il est frappé par Jean Maillart, et Paris remis an dauphin. — Avortement de la tentative prématurée de la bourgeoisie pour entrer dans le gouvernement du royaume. — Ravages croissants des compagnies : état déplorable de la France pendant l’hiver de 1358 à 1359. — Traité de paix signé par Jean à Londres : il est rejeté par les Etats généraux, que le dauphin a rassemblés à Paris. — Renouvellement des hostilités , effort sans succès d'Edouard pour aller se faire sacrer à Reims. — Le dauphin reconnaît la nécessité de traiter; conditions désastreuses imposées par le roi d'Angleterre; il consent à les modifier. Traité de Brétigny qui lui donne le tiers de la France. — Retour de Jean; il a l’intention, non le pouvoir, de réparer les maux du royaume. — Dévaluions effroyables des compagnies : le connétable de Bourbon perd contre elles la bataille de Briguais. — Le duc d’Anjou, un des fils du roi, livré par lui en otage, s'évade d’Angleterre : Jean so décide à y retourner captif pour fidélité à sa parole. — Avant de partir, il met le comble aux maux de son règne en donnant en fief le duché de Bourgogne au plus jeune de ses fils, Philippe le Hardi. — Mort du roi Jean à Londres 534