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CHAPITRE XXXIII

RÈGNE DE LOUIS XVI DEPUIS L’AVÉNEMENT DE CE PRINCE JUSQU’AU TRAITÉ DE VERSAILLES (1774 à 1783).

L’idée d'un grand changement remplit tous les esprits à la mort de Louis XV ; causes qui font que ce changement ne pourra être moindre qu'une révolution. — Louis XVI ; son éducation et son caractère. Bonlé, qui va jusqu'à la faiblesse, cachée sous sa rudesse apparente. — Il tire Maurepas de la disgrâce pour le mettre à la tête de son conseil; Vergennes remplace d’Aignillon aux affaires étrangères : Turgot est fait secrétaire d’État de la marine. — Grandes lumières et grand caractère de Turgot: il est chargé de l’administration des finances, quand le cri de l’opinion publique a forcé le roi d’ôter à Terray le contrôle général et les sceaux à Maupeou. — Louis XVI, après quelques hésitations, se décide au rappel des parlements. — Difficultés causées par la disette au gouvernement. La controverse renaît sur la liberté du commerce des grains: les doctrines économiques de Turgot sont attaquées par Necker. — Émeute organisée sur plusieurs points de la France; énergie de Turgot à réprimer les désordres : la guerre des farines n'en a pas moins discrédité alors en France la science économique. — Reproche fait à Turgot de s'être trop préoccupé du triomphe immédiat de cette science, et d’avoir ajourné les réformes politiques. — Son grand mémoire sur les municipalités est plutôt une utopie qu’un plan de réforme réalisable; tort de n’avoir pas convoqué les états généraux. — Bienfaits de l'administration financière de Turgot : affection et estime que le roi lui témoigne. — Entrée de Malesherbes au consed ; la force de son caractère pour accomplir le bien n’est pas au niveau de ses lumières. — Le comte de Saint- Germain, secrétaire d'Êtat de la guerre, autre ministre réformateur: le discrédit s'attache bientôt à ses innovations. — Louis XVI, obsédé par les intrigues de la cour, appuie plus faiblement Turgot. La retraite de Malesherbes laisse celui-ci isolé dans les conseils du roi. Louis XVI le renvoie avec trop peu d'égards. — Turgot est moins regretté du public qu’il ne méritait de l'étre. — Maurepas s’adjuge la présidence du conseil des finances, et donne à Clugny le contrôle général. — Scandales île la couitc administration de Clugny : Necker directeur général des finances sous Maurepas. sans entrée au conseil. — Mérite de Necker, inférieur toutefois à l'opinion qu’il a de lui-même. — Voyage de Joseph II en France : le but politique en est manqué. — Sévérité croissante de l’opinion publique envers Marie-Antoinette. — Retour triomphant de Voltaire à Pariset sa mort. — Elle est suivie do celle de J. J. Rousseau.— La France est appelée à intervenir dans la querelle des colonies anglaises do l’Amérique du nord avec la mère-patrie. — Causes et progrès de cette querelle. — La guerre commence, avant d'être déclarée, par les combats de Lexington et de Bunker’.* Hill. — Le congrès de Philadelphie promulgue la célèbre déclaration de l'indépendance américaine. —

TABLE DES MATIÈRES

Washington généralissime et Franklin envoyé en France pour y demander des secours. — Sympathie générale de la nation française pour la cause américaine : La Fayette va offrir son épée à Washington : effet produit par Franklin à Paris. — Louis XVI, la plus grande partie de sa cour et de ses ministres sont contraires à l’alliance avec les insurgents; mais l’opinion publique triomphe de leur résistance, et un traité est signé entre la France et les États-Unis de l’Amérique septentrionale. — Le gouvernement français manque de vigueur pour soutenir cette grande détermination. — L’engagement fortuit de la Relie Punie avec l’Arcthuse commence les hostilités. Combat naval d’Ouessant : le succès indécis équivaut pour les français à une victoire. — La conduite du duc de Chartres dans cette action est calomniée; ressentiment qu’il en conserve contre la cour. — Le comte d'Estaing en Amérique ; alternative de succès et de revers sur les côtes des États-Unis et aux Antilles. La campagne de 1778 sans résultat décisif. — L’Angleterre espère un moment que l’affaire de la succession bavaroise lui donnera des alliés sur le continent: la vigilante diplomitie do Frédéric et la promptitude de son intervention armée déconcertent les projets ambitieux de Joseph II : pacification de Teschen négociée par la France. — Campagne de 1779. Charles III, aux termes du pacte de famille, est obligé, malgré lui, de donner ses secours à la France. — La réunion des deux puissantes (lottes française et espagnole sur les côtes d'Angleterre, reste sans résultat. — Succès mêlés aux Antilles. Tentative infructueuse de d’Estaing contre Savannah. — L'amiral Rodney, imprudemment rendu à la liberté, va donner un chef redoutable aux escadres anglaises. — le comte de Guiche, lui tient tête avec honneur aux Antilles. — La campagne de 1780 est très-critique pour les Etats-Unis. Prise de Charleston par Lord Cornwallis. — Rochambeau, débarqué avec un petit corps d’armée dans Rliode Island, no peut agir faute d’une escadre pour seconder ses opérations. — Détresse de l'armée américaine ; lettre de Washington à Louis XVI pour implorer un suprême effort de la générosité française. Envoi d’argent fait par le roi. L'entrée du marquis de Castries au ministère de la marine et de Ségur à celui de la guerre annonce aui opérations sur terre et sur mer une meilleure direction. — Campagne de 1781. Efforts prodigieux de l'Angleterre ; elle déclare la guerre A la Hollande pour piller ses colonies. — Ligue du Nord entre la Russie, la Suède et le Danemark pour maintenir le droit des neutres contre les prétentions tyranniques de la Grande-Bretagne. — Déprédations de Rodney aux Antilles. — Seconde réunion, aussi infructueuse que la première, des deux grandes flottes espagnole et française. — La guerre est plus heureuse aux États-Unis : Lord Cornwallis, acculé dans York. Toivny est assiégé par Washington et Rochambeau, et est forcé de capituler : la signature de cette capitulation équivaut à celle de l'indépendance des États-Unis. — Attaque des Français et des Espagnols contre l’île de Minorque : siège et prise du fort Saint-Philippe. — Chute du ministère de Lord North : le cabinet du marquis de Rockingham ne fait pas de moindres efforts que celui auquel il succède pour le succès de la campagne de 1782. — Incapacité du comte de Grasse qui communie la flotte française aux Antilles : éclatante victoire du 12 avril remportée par l’amiral Rodney. — Siège de Gibraltar: le comte d’Artois et le duc de Bourbon au camp de San Roque : batteries flottantes du chevalier d'Arçon : la grande attaque des forces combinées de terre et de mer est repoussée. — Glorieuses

TABLE DES MATIÈRES

campagnes du bailli de Suffren dans les mers de l’Inde : la conclusion de la paix l'empêche de poursuivre ses succès. — Inutiles efforts du cabinet britannique pour séparer les Etats-Unis et la Hollande de la France : négociation générale pour la paix. Traite de Versailles. — La France n’a obtenu, pour prix de ses sacrifices, que la reconnaissance de l’indépendance des États-Unis par l'Angleterre ; mais ollo a repris en Europe le rang d'oii la guerre de Sept Ans l’avait fait descendre 542

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