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CHAPITRE XXXIV

DEPUIS LF, TRAITÉ DE VEFSAJLLBS JUSQU'A LA CONVOCATION DES ÉTATS GÉNÉRAUX (1783 à 1789).

Caractère de ces dernières années du règne de Louis XVI. — A quoi s’est lairnée jusqu’alors l’influence de la reine dans le gouvernement. — Mesures bienfaisantes dont l’initiative appartient au roi. — Grave situation des finances. — Habile administration de Necker. — Premières assemblées provinciales. — Necker obtient de Louis XVI de publier son Compte rendu : grand effet de cette publication. — Cabale formée contre lui à la cour et dans le ministère : il donne sa démission. — les témoignages de la faveur publique l’accompagnent dans sa retraite. — Mort de Maurepas : Joly de Fleury et d Ormesson ne font qu'aggraver le mal des -finances : Galonné nommé contrôleur général. — Sous sa funeste administration, l'ancien régime jouit de son reste. — Etourdissement général des esprits. — Représentation du Mariage de Figaro. — Comment la philosophie prétend remplacer la religion. La Iranc -maçonnerie. Foi alwurde aux impostures du comte de Saint-Germain et de Cagliostro. — Mesmer et le magnétisme animal. — Effet produit par la decouverte des aérostats : croyance illimitée à la puissance du génie de l’homme. — La passion des lettres est amortie : doux hommes supérieurs se font diversement remarquer, Bernardin de Saint-Pierre et Mirabeau. — Miralieau prête sa plume à Galonné. — Age d’or financier promis par Galonné : il est pour la cour le ministre modèle. — Apparences de prospérité sous lesquelles se cachent d'abord les funestes résultats de son administration. — l e livre de N'ecke’r sur l'administration des finances contribue il éclairer le public sur les opérations de Calonne. — La prudence de la politique extérieure de Vergennes va jusqu'A la faiblesse : il abandonne l’empire ottoman aux envahissements de l'ami) lion de Catherine. — 11 fait payer par le trésor français une partie de la somme, au prix rie laquelle les Provinces-Unies échappent aux exigences ambitieuses de Joseph IL — Procès du collier; arrestation et acquittement scandaleux du cardinal de Rohan : l’im|sipularité de Marie-Antoinette s’en accroît. — Voyage de Louis XVI à Cherbourg. — Calonne, réduit à l’emploi des grands moyens, (impose au roi des réformes financières qui entraînent la réforme politique de l’Etat: Louis XVI cousent à convoquer l’assemblée des notables. — Traité de commerce entre la France et l'Angleterre, fondé sur le principe du libre échange. Mort de Vergennes, négociateur de ce traité. — Ouverture de l’assemblée des notables. Cette assemblée est dès le principe tout entière hostile aux plans de Calonne.

TABLE DES MATIÈRES

— Elle réclame la communication «te l’état au vrai des finances. — Refus de Calonne d’accéder à cette demande; il livre ses plans à la publicité , pour en appeler de l'assemblée au jugement populaire. — Louis XVI ne peut plus le soutenir ; le conseiller d'Êtat Fourqueux parait quelques jours au contrôle général, et fait place k l’archevêque île Sens, Loménie de Brienne, p.-rte au ministère parla faveur de la reine. — Rrienne , prélat décrié, fait tomber le gouvernement plus bas que ne l'avait fait Calonne. Marie-Antoinette commence à intervenir directement dans le maniement des affaires. — Brienne n’obtient rien de plus des notables que n’avait obtenu Calonne. Ils se retirent, déclarant s’en remettre au roi des nouvelles charges à imposer à la nation. — Les assemblées provinciales, établies par le vote des notables, ne sont destinées qu'à une courte existence. — Résolution du roi de convertir en édits les mesures qui ont été soumises aux notables : la maladresse présomi>tueuse de Brienne suscite dans lo Parlement une violente opposition à ces mesures. — DEpremeSnil et Adrien Duport, avec des vues toutes différentes, dirigent cette opposition. — Exil du Parlement à Troyes. — Brienne se fait nommer premier ministre : retraite des maréchaux de Castries et de Ségur. — La révolution accomplie en Hollaude, à l’aide des troupes prussiennes, atteste l'abaissement du gouvernement français. — Transaction entre le Parlement exilé et la cour : rentrée triomphante des magistrats à Paris. — La convocation des tiats généraux e>t réclamée par l’opinion publique dans tout le royaume. — Misérable stratagème imaginé par Brienne pour éluder cette irrésistible réclamation : lit de justice dans lequel la souveraineté absolue du roi est méconnue. L'exil du duc d'Orléans et l’emprisonnement de deux conseillers ne font qu’accroître la violence de l’opposition parlementaire. — Brienne prépare contre le Parlement un coup d'Etat semblable à celui de Maupeou. Son secret est livré à la Compagnie. — Fameuse séance du f> mai 1788 : arrestation de Goislard et de ti'Kpremesnil sur les bancs de la Grand’chambre ; vive, mais courte émotion de l’opinion publique. — Lit de justice dans lequel la réforme radicale de Maupeou est renouvelée ; prétendu rétablissement de la Cour plénière pour l’enregistrement des édits.

— Impossibilité de donner à cette cour un commencement d’existence.

— Paris reste immobile; mais l'agitation est dans toutes les provinces.

— Les parlements résistent à l’injonction royale qui leur défend de s’assembler : troubles en Bretagne et en Béarn. — Le mouvement du Dauphiné prend un caractère bien autrement redoutable dans sa régularité.

— Les anciens états de, la province se réunissent au château de Vizille. Influence exercée par Mounier sur leurs délibérations. Leur protestation solennelle contre les nouveaux édits et la Cour plénière. — Impuissance de Brienne contre les mémorables résolutions de l’assemblée de Vizille : il est contraint d'annoncer d’abord la convocation des états généraux, puis d’en fixer l'époque au 1" mai 1789. — Le déchaînement de l’opinion publique n'en est pas moindre contre lui; il s’efforce, mais en vain, d'appeler sous lui Necker à la direction des finances, et est obligé enfin de se retirer. — Caractère menaçant de la joie publique à Paris, à la nouvelle de la chute de Brienne et de la rentrée de Necker au ministère. — Disette et rigoureux hiver. Triomphe de l’habileté financière do Necker d’avoir aidé la France à vivre dans ces circonstances critiques.

— Son insuffisance politique; il ne sait point prendre sur lui la décision de la question de la double représentation du Tiers, et propose au roi

dp la remettre à l’Assemblée des notables. — Les notables demandent le maintien des anciennes formes, et un arrêt du conseil donne tardivement à l'opinion la satisfaction qu elle réclame. — Necker ne sait pas reconnaître que la délibération commune des trois ordres et le vote par tête sont le résultat nécessaire de la double représentation du Tiers. — Le mouvement extraordinaire de l'esprit public est attesté pir le grand nombre des écrits politiques. Fameux pamphlet de l’abbé Sieyes: (Ju'esir.f que le tiers et fit? — Lettre de convocation des états, pour le 27 avril, à Versailles. Règlement pour les élections. — Agitation qu’elles entretiennent pendant trois mois dans le royaume. Mirabeau à Aix et à Marseille. — Immense attente des esprits. Court instant d'une grandeur sans exemple dans l'histoire. — L'ancienne monarchie et son histoire finissent le 5 mai 1789, jour de la réunion des états généraux. . . 601

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