‹ Histoire de France de 1870 à 1873 (volume 2)Chapitre 12 sur 102 · Général Vinoy, Enquête parlementaire, p · texte numérisé non relu

Général Vinoy, Enquête parlementaire, p

administrer la ville de Paris. Les maires et les adjoints élus du peuple, et remplaçants autorisés du gouvernement, se trouvent ainsi former, avec les députés de la Seine, entre le Comité central et le pouvoir légal, une sorte de troisième puissance ou corps intermédiaire, et ils vont rechercher une transaction qui écarterait la guerre civile. Le Comité central, le 20 mars, dans son Journal officiely répudiait toute prétention à être un gouvernement. 11 s'était simplement saisi, disait-il, de Tautorité abandonnée, pour permettre au peuple de Paris de constituer un pouvoir municipal. A cet effet, il avait déjà rendu, le 19, un décret appelant les électeurs à élire, le 22 mars, un Conseil communal, devant lequel il promettait de se retirer. Cette attitude modeste donna une grande force au Comité central. Les craintes de violence révolutionnaire et d'usurpation, que le mot de Commune avait suscitées, semblaient dès lors sans raison d'être. Tout paraissait réduit à une affaire locale, au self government de la ville de Paris. Or la question ainsi posée ralliait presque tous les Parisiens, car ils poursuivaient depuis longtemps, avec passion, la conquête des franchises municipales. Sous l'Empire, le préfet de la Seine, avec un Conseil nommé par lui, avait, dans son omnipotence, démoli et rebâti une partie de la ville, en modifiant toutes les conditions de l'existence. C'était là l'exercice d'un pouvoir arbitraire, contre lequel les habitants n'avaient cessé de protester. 11 est vrai que Paris possédait alors le gouvernement, les Chambres^ la Cour, et ce fait, qui lui assurait un privilège et des avantages spéciaux, avait servi d'excuse pour le priver de représentation municipale. Mais, maintenant que l'Assemblée nationale lui a enlevé le gouvernement et les Chambres, il n'existe plus de prétexte qui permette de lui refuser les franchises municipales, et il est bien juste, pense-t-on dans son sein, qu'on le laisse au moins constituer luimême sa propre administration. Ce sont donc les élections municipales qui vont être demandées pendant les essais de transaction.

Les maires et un certain nombre de dépulés de la Seine tenaient une réunion, le 19 mars, à la mairie du IIP arrondissement, avec une quarantaine de chefs de bataillon de la garde nationale. Le Comité central, l'ayant appris, délibéra sur la conduite à suivre à leur égards La majorité de ses membres pensa qu'il fallait s'entendre avec eux ; s'ils voulaient se prêter aux élections municipales, on les ferait en commun ; on obtiendrait ainsi en France un effet moral considérable, et, à Paris, on verrait un plus grand nombre d'électeurs se rendre aux urnes. Le Comité délègue donc un des siens, Arnold, à la mairie du IIP arrondissement, qui offre aux maires, s'ils consentent à participer aux élections, de leur rendre l'Hôtel de Ville el les mairies d'arrondissement occupées. Le Comité central se transporterait à l'état-majar de la place Vendôme, en gardant le commandement de la garde nationale et l'autorité militaire dans Paris. Les maires et les députés firent partir, sur cette ouverture, un certain nombre des leurs pour l'Hôtel de Ville. Ces envoyés s'élevèrent contre les membres du Comité central; ils ne leur voyaient, dirent-ils, d'autre autorité que la force, et ils protestèrent contre les prérogatives qu'ils s'arrogeaient. L'Assemblée de Versailles demeurait, à leurs yeux, la source de toute légalité, par conséquent ils ne pouvaient reconnaître ailleurs le droit de décréter les élections. Ceux du Comité récriminèrent contre le gouvernement et l'Assemblée de Versailles, qui abandonnaient Paris après l'avoir provoqué et qui, si on ne les tenait en échec, détruiraient la République. Le débat dura ainsi jusqu'à neuf heures et demie du soir, sans résultai-. On décida de le poursuivre avec les maires et les députés, qui se tenaient maintenant en permanence à la mairie du IP arrondissement. Varlin, Moreau, Jourde et Arnaud, envoyés par le Comité central, trouvent les maires et les dépulés réunis sous la présidence de M. Tirard, à la fois

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