Lefrançais, Etude sur le mouvement communc/es/e, p
fédérés à Passy se sont réfugiés dans les maisons. A l'endroit le plus exposé, au Point-du-Jour même, ils ont complètement déserté les lieux. Le 21 mai, vers trois heures, M. Ducatel, piqueur des ponts et chaussées, qui passe au Point-du-Jour, découvre l'abandon de la défense ^ Il monte sur le rempart à la porte de Saint-Cloud, agite un mouchoir blanc, crie aux avant-postes versaillais que l'entrée est libre. Le capitaine de frégate Trêve l'aperçoit et, suivi d'un sergent, court à lui. Une des poutres du pont-levis s'est abattue à travers le fossé. Le capitaine Trêve y passe, reconnaît que le rempart est bien réellement délaissé et revient en donner la nouvelle. Deux compagnies de ligne de garde aux tranchées, les sapeurs et artilleurs employés aux travaux, pénètrent à la hâte dans la ville. Le génie jette une passerelle. La première division du 4^ corps peut alors entrer tout entière. Le maréchal de Mac-Mahon, prévenu de la surprise, donne ses ordres à tous les corps. Les soldats déjà entrés dégagent l'une après l'autre les portes d'Auteuil et de Passy, aussitôt utilisées. Sur la rive gauche, dans la nuit, le corps du général de Cissey, aidé par des secours venus de l'autre rive, a forcé la porte de Sèvres, puis ouvert celle de Versailles. Le 22, au malin, les têtes de colonne ont pu s'avancer, sur la rive droite, jusqu'à la Muette et au Trocadéro; sur la rive gauche, dans Grenelle, et, en arrière, le gros de l'armée entre par cinq portes.
La première nouvelle de la surprise arrivait au ministère de la guerre dans Paris, à cinq heures. A sept heures, le Comité de salut public recevait cette dépêche de Dombrowski, que Billioray lisait à la Commune. La foi dans la résistance était encore si grande et le progrès de l'attaque si peu connu, que ces premières dépêches ne convainquirent point que les remparts fussent définitivement forcés. On se dit que les soldats auront pénétré en petit nombre, on se flatte de pouvoir les chasser, on doute même de la