Edgard Rodrigues, Le carnaval rouge, p
ils seront trop nombreux et il est encore des officiers qui s'abstiennent du massacre. La proportion des iusillés parmi les prisonniers faits variera sur chaque point. Tout est laissé, dans le premier moment, à l'iniliatlve des officiers et même des soldats, qui règlent, à leur gré, le sort des homtnes leur tombant entre les mains*.
Ceux de la Commune savent que leur cause est absolulumeiit perdue. Aussi les rangs s'éclaircissent-ils de plus en plus. Mais alors le petit nombre des fanatiques ou des désespérés qui persiste, déploie une énergie extraordinaire. Derrière chaque barricade, des hommes, fixés au pavé, combattent jusqu'à ce qu'ils soient tués. Les prisonniers, passés sommairement par les armes, meurent, la plupart, tête haute, en défiant les soldats.
Li désertion survenue au milieu des fédérés s'était produite parmi leurs élus. Le 2:2 au matin, il ne se présenta à l'Hôtel de Ville qu'une vingtaine des membres de la Commune^; sauf quelques-uns au combat, les autres s'étaient déjà dérobés. Les membres, réunis en si petit nombre, renonçaient à tenir séance. La Commune, qui depuis le 26 mars avait été le gouvernement, était donc bien morte. Il n'en subsiste plus qu'un groupe flottant, qui ne dépasse jamais la vingtaine^ et s'agite et discute sans suite. Il couiprend les courageux, tenant à honneur de soutenir les combattants de leur présence. Parmi les plus fermes sont certains membres de la minorité, Vermorel, Varlin, Lefrançais, que les violents avaient accusés de trahison et de lâcheté, lis persévéreront du reste dans une modération relative et déploreront les cruautés de la dernière heure, dont ils seront les témoins impuissants. Au contraire des membres de la Commune, ceux du Comité central étaient pour la plupart demeurés à leur poste. Ils cherchèrent une dernière fois à négocier avec