CHAPITRE V
Les diplomates chargés de reprendre les préliminaires de paix signés à Versailles, pour les transformer en traité définitif, s'étaient réunis à Bruxelles le 24 mars ; M. de Goulard et le baron Baude représentaient la République française, le comte d'Arnim et le baron de Balan, l'Empire allemand. Ces derniers avaient tout de suite élevé des prétentions, qui montraient chez leur gouvernement le désir de tirer le meilleur parti de ses avantages. Ils demandaient que les 5 milliards de Tindemnité fussent entièrement versés en numéraire; que les chemins de fer compris sur les territoires cédés accrussent à TAllemagne, à la seule charge de désintéresser les porteurs d'obligations; qu'on indemnisât les Allemands expulsés de France ; qu'une clause du traité garantît, en temps de guerre, la propriété privée sur mer. Les Français repoussaient naturellement ces exigences ou ils ne les acceptaient qu'avec des restrictions qui leur étaient toute importance; puis ils cherchèrent eux-mêmes à faire alléger leur fardeau. Ils soutinrent que l'Alsace- Lorraine devait prendre une part proportionnelle à sa population de la delte française, à déduire de la rançon de 5 milliards. Les Allemands écartèrent péremptoirement cette prétention, tout en renonçant à l'indemnité réclamée pour leurs nationaux expulsés, ainsi qu'à la clause relative à la propriété sur mer. Ils maintenaient entières leurs