De Gramont, La France et la Prusse, p
illusoire. C'est pourquoi aucune erainte de ce genre n'était apparue, alors que le gouvernement impérial croyait pouvoir atteindre le but complexe qu'il poursuivait, le retrait de la candidature par Tinitiative du roi ; mais maintenant que la renonciation est venue non pas de l'initiative royale, mais de celle du prince, il va rechercher la participation du roi différemment. Aussi bien la nouvelle de la renonciation est arrivée dans l'après-midi du 42, et le méme'jour, M. de Gramont, d'accord avec M. Emile Ollivier, s'arrête à deux moyens dont chacun sera une demande nouvelle; à H. de Werther il réclame une lettre, à H. Benedetti il donne l'ordre de solliciter un engagement pour l'avenir. Ces deux demandes distinctes, H. de Gramont n'a souci de les ajuster l'une à l'autre; elles se combineront, en parvenant au roi de Prusse, comme elles pourront.
La journée du 12, à Ems, s'était écoulée sans incident. Vers six heures du soir, M. Benedetti s'était rendu auprès du roi. On ignorait encore à Ems le désistement transmis par le prince Antoine à Madrid. Le roi avait dit à M. Benedetti que la réponse des princes lui arriverait le lendemain et qu'aussitôt il l'enverrait quérir. L'ambassadeur attendait donc d'être appelé, lorsqu'il reçoit le premier télégramme expédié à sept heures du soir par H. de Gramont, qui lui commande de voir le roi et de solliciter son engagement pour l'avenir. Il n'attend plus alors. Le 13, dès le matin, il réclame une audience à l'aide de camp de service, le prince Radziwîl *, qui lui répond que le roi le recevra après sa promenade. M. Benedetti, sur ces entrefaites, sort lui-même et, sur la Brunnen promenade, est aperçu par le roi dans une allée. Celui-ci l'aborde pour lui montrer la Gazette de Cologne* qu'on venait de distribuer, qui contenait un télégramme privé de Sigmariugen, annonçant la renonciation du prince de