Benedetti, Ma mission en Prusse, p
i. Rapport officiel rédigé sous la surveillance du roi.
Hohenzollern. Il ajoute qu'il n'a pas encore la lettre du prince, mais qu'il l'attend le jour même. M. Benedetti dit que, de son côté, il a reçu de Paris la nouvelle de la renonciation. Le roi peut donc considérer le conflit comme terminé, lorsque soudain l'ambassadeur le prie de donner la promesse de s'opposer, dans l'avenir, à toute reprise que le prince voudrait tenter de sa candidature. Le roi répond sans hésitation qu'il ne saurait donner semblable promesse. M. Benedetti poursuit sa demande, en l'appuyant du mieux qu'il peut. Le roi renouvelle son refus et met presque aussitôt fin à l'entretien.
H. Benedetti rentre à son hôtel. Il y reçoit le second télégramme, envoyé de Paris la veille au soir à onze heures trois quarts, où M. de Gramont lui réitère l'ordre de solliciter l'engagement du roi. Revenu chez lui, le roi trouve de son côté la lettre de Sigmaringen apportant la renonciation des princes, ainsi que le rapport de M. de Werther sur sa conversation avec MM. de Gramont et Emile OUivier. La veille, le roi avait promis à M. Benedetti de le faire appeler, dès qu'il aurait la réponse des princes, mais la demande imprévue qu'il a subie sur k Brunnen promenade, à laquelle s'ajoute celle d'une lettre que transmet M. de Werther, l'amène à changer d'avis. Au lieu d'envoyer chercher l'ambassadeur pour lui faire part de la renonciation, il charge le prince Radziwil de ce soin. Celui-ci se rend auprès de M. Benedetti ; il l'informe que la renonciation du prince de Hohenzollern est arrivée de Sigmaringen et que le roi le prie de télégraphier à son gouvernement que, désormais, il considérait l'incident comme terminé.
Mais M. Benedetti, depuis l'entrevue sur la promenade, a reçu de M. de Gramont le second télégramme ; il attend pour presser sa demande que le roi le fasse appeler, comme ils en sont convenus la veille ; voyant que le roi manque de l'appeler, il réclame une nouvelle audience au prince Radziwil, et il lui dit que, s'il agit ainsi, c'est qu'il a reçu des ordres, qui le contraignent à revenir sur un
sujet dont il a entretenu le roi le matin. H. Benedetti, à la manière dont sa demande d'engagement pour Tavenir a été repoussée, soupçonne bien que la mission confiée à l'aide de camp vient du désir que le roi éprouve de se soustraire à de nouvelles instances; mais il ne se doute point qu'à ce moment est intervenu en outre le rapport de M. de Werther, car M. de Gramont lui a laissé ignorer qu'il eut réclamé une lettre à l'ambassadeur de Prusse ^
Le prince Radziwil, retourné auprès du roi, lui communique la demande d'une nouvelle audience et, comme M. Benedetti a mentionné le sujet qu'il entend traiter, le roi sait qu'il veut poursuivre auprès de lui sa demande du matin. Il renvoie son aide de camp, le prince Radziwil, dire à M. Benedetti que la réponse qu'il lui a déjà faite était définitive : il ne saurait donc reprendre l'entretien relatif à un engagement pour l'avenir, et il n'accordait point l'audience sollicitée dans ce but, mais d'ailleurs il approuvait pleinement la renonciation du prince Léopold. L'ambassadeur rédige, pour son gouvernement, sous les yeux du prince Radziwil, la partie d'une dépêche relative à celte assurance : « Le roi a consenti, m'a dit son aide de camp, à donner son approbation entière et sans réserve au désistement du prince de Hohenzoilern ; il ne peut faire davantage. » Le prince Radziwil se retire, après cette communication, et, dans cette journée, les choses en restent là.
Pendant ce temps, M. de Gramont cherchait, par ailleurs, à transmettre au roi sa demande de garantie pour l'avenir. Il remettait à lord Lyons, l'ambassadeur d'Angleterre, le mémorandum suivant, avec prière de l'envoyer à son gouvernement, pour qu'il le communiquât comme médiateur au gouvernement prussien : <( Nous demandons au roi de Prusse de défendre au ))rince de Hohenzoilern de revenir sur son entreprise; s'il le fait, l'incident est terminé. }) Lord Lyons en recevant le papier faisait observer