CHAPITRE VI
Les sorties des défenseurs de Paris, au mois d'octobre, n'avaient été que des affaires partielles, exécutées surtout en vue d'aguerrir les soldats et de les préparer à une attaque décisive contre le cercle d'investissement. Pour se promettre la réussite d'une telle opération, il fallait mettre en ligne de grandes masses. Le 8 novembre, la totalité des forces militaires à Paris a été répartie par le général Trochu en trois armées : la i", commandée par le général Clément Thomas, se compose des 266 bataillons de la garde nationale sédentaire ; la 2% sous les ordres du général Ducrot, destinée à la grande attaque que l'on médite au dehors, compreild les meilleures troupes, soit les 13" et 14*' corps, auxquels on joint tous les fragments de corps organisés depuis le siège et des bataillons de mobiles. Ces divers éléments ont été répartis à nouveau, en trois corps d'armée, à trois divisions chacun: le 1" sous les ordres du général Blanchard ; le 2% du général Renault; le 3% du général d'Exéa. La 3* armée, sous les ordres du général Vinoy, compte six divisions, presque exclusivement formées de garde nationale mobile.
Les généraux Trochu et Ducrot devaient diriger leur grande attaque à travers la presqu'île de Gennevilliers, pour communiquer avec le dehors par la basse Seine. Ils avaient étudié un plan dans cette donnée, fait construire des ponts de bateaux, établi des batteries commandant le
cours de la Seine'. Ils étaient sur le point d'agir, lorsque, le 14 novembre, on apprit la victoire de Coulmiers et la reprise d'Orléans par l'armée de la Loire. Celle nouvelle produisit à Paris un grand enllioiisiasme. On ne put songer désormais qu'à rejoindre l'armée libératrice, que tout le monde voyait s'avancer d'Orléans*. Les généraux TrochuetDucrot, forcés de renoncer à leur premier projet, en conçurent rapidement un nouveau et se préparèrent k opérer sur la Marne. Ils construisirent des batteries fixes de ce côté, pour soutenir l'effort des troupes, en même temps qu'ils occupaient le pliiteau d'Avron.
Des coteaux où sont assises les redoutes de la Faisanderie et de Gravelle, à l'extrémité du bois de Vincennes, on domine la Marne et, par delà, une plaine basse qui s'étend jusqu'à Champigny. Les défenseurs de Paris commandaient donc de face la plaine de Champigny ; comme, en même temps, ils occupaient sur un de ses lianes la presqu'île de Saint-Mrtiir, et sur l'aulre le fort de Nogent et le plateau d'Avron, ils pouvaient la couvrir de tels feus qu'ils s'y assureraient le passage de la rivière. Aussi est-ce sur ce point que les généraux se résolurent à sortir, Ils se préposaient, après avoir rompu le cercle ennemi, en enlevant les villages de Bry et Cliampigny en première ligne, de Noisy-le-Grand, Villiers, Cœuilly en seconde ligne, d'atteindre Lagny et de se porter à la rencontre de l'armée de la Loire vers Fontainebleau.
Le 28 novembre au soir, les trois corps de la 2° armée bivouaquent dans le bois de Vincennes et derrière le fort de Nogent; ils doivent traverser la Marile la nuit même. Les ingénieui^ lûjiiilz et ilucros avaient été ciiargés de construire et de placer les ponts d4 ItsteauX! Ils les ont tenus en arriére, pour les cacheçjkjBaMBl^ia nuit venue, ils les sorlironl du canal J
1. Général Diicrot, La défente *H| Trochu, Vne paqe d'hisloire cohI(^