‹ Histoire de France de 1870 à 1873Chapitre 128 sur 178 · Général Truolm. ICnqiUlepu · texte numérisé non relu

Général Truolm. ICnqiUlepu

fixeront sous le fort de la Faisanderie, aux points où des rampes d'accès ont été préparées. A onze heures du soir, lés ponls débouchent du canal, mais une crue subite a grossi la Marne, et sous le pont de Joinville un courant violent les arrête. En insistant on fait couler les premiers bateaux attachés aux remorqueurs ^ 11 faut rétrograder. On augmente l'intervalle entre les bateaux, on force la vapeur et Ton parvient à passer. Toutefois la nuit s'est avancée; on ne saurait maintenant placer les ponl^s en temps voulu, pour que l'armée franchisse la Marne assez matin. Les ingénieurs courent informer de ce contretemps le général Ducrot, qui tient aussitôt conseil avec le général Trochu au fort de Rosny. Us reconnurent que, quelque préjudiciable que fût un retard, qui permettrait peut-être à l'ennemi de prendre éveil, on était obligé de remettre à la nuit suivante le passage de la Marne. Ils avaient combiné un certain nombre de feintes, venant s'ajouter à l'attaque principale sur la Marne. Ils les laissèrent exécuter en partie, pour diviser l'attention de l'ennemi. En conséquence, le 29 dans la matinée, une pointe vigoureuse était faite sur l'Hay par des troupes de la 3* armée sorties des Hautes-Bruyères, elles trouvaient le village fortement retranché et occupé et se repliaient avec pertes. Plus heureux, des fusiliers marins, soutenus par des gardes nationaux parisiens mobilisés, enlevaient la Gare-aux- Bœufs, en avant de Choisy, et, après l'avoir gardée quelques heures, revenaient sans être inquiétés.

Dans la nuit du 29 au 30 novembre, les préparatifs sont enfin terminés. Les l*"" et 2* corps de la 2* armée franchissent la Marne sur sept ponts, devant les forts de Nogent et de la Faisanderie. Ils s'avancent protégés par toutes les batteries de position, qui tirent par-dessus les têtes des colonnes, traversent la plaine de Champigny et abordent les pentes. A dix heures, après avoir enlevé Bry

1. Rapport de M. Krantz. Général Ducrot, La défense de Paris, t. H, p. 387.

et Champigny, ils attaquent Villiers et Cœuilly. Mais, si les Allemands n'avaient tenu que faiblement les premiers villages trop voisins des forts de Paris, ils avaient en arrière accumulé les obstacles. A Villiers, le mur d'un parc donne un front de 400 mètres, il a été crénelé, renforcé de levées de terre, soutenu d'épaulements pour l'artillerie et est ainsi devenu un ouvrage redoutable. Le château et le parc de Cœuilly, sur un mamelon, en face de Champigny, ont été de même soigneusement fortifiés. A trois reprises, les Français s'élancent, cherchant à enlever Villiers et Cœuilly, et chaque fois, arrivés à découvert, sous le feu des positions retranchées, ils sont contraints d'abandonner l'attaque. On veut ouvrir une brèche à Villiers, le mur du parc s'étend en contre-bas d'un pli de terrain, l'artillerie pour le battre avec effet doit tellement se rapprocher que le feu des défenseurs lui fait la position intenable^ Les Allemands s'étaient à diverses reprises portés en avant, pour essayer de reprendre Bry et Champigny ; ils avaient été à leur tour repoussés et ramenés. Pendant que les 1"" et 2"" corps attaquaient de front Villiers et Cœuilly, le 3° devait les prendre à revers, en traversant la Marne à Bry et Neuilly. Cette partie de Topération échoua. La pose des ponts en arrière de Bry, opérée sous le feu des combattants, éprouva des retards^. Puis, lorsqu'il fallut traverser la rivière, le général d'Exéa vit Tennemi reprendre l'offensive et réapparaître sur les hauteurs, qui commandaient le débouché des ponts. Le passage lui sembla trop périlleux dans ces conditions, il resta immobile, pendant que les deux autres corps s'engageaient^. A deux heures seulement |^ général de Bellemare, avec une des divisions du 3^ corps, franchit la Marne ; mais, au lieu de tourner Villiers, selon les instructions du général Ducrot, il vint donner dessus. Cette

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