‹ Histoire de France de 1870 à 1873Chapitre 45 sur 178 · Roub0r, Enquête parlementaire, 1. 1, p · texte numérisé non relu

Roub0r, Enquête parlementaire, 1. 1, p

pouvoir réparer, et il survivrait à l'annonce que toute cette armée du Rhin qui devait aller à Berlin est devenue la proie de Tennemi ! Gela ne saurait se concevoir. De telle sorte que le gouvernement de Tlmpératrice, ne pouvant ramener l'armée de Châlons à Paris sans s'expliquer et ne pouvant le faire sans déchaîner la révolution, la dirigeait obstinément vers Metz. Les bonapartistes se retrouvaient dans l'embarras où ils s'étaient vus, lorsque au lendemain des premiers revers, il s'était agi de replier immédiatement Tarmée du Rhin sur Verdun et Chàlons, et de même qu'ils n'avaient pu alors consentir à une retraite nécessaire, par crainte des suites qu'aurait sur l'esprit public la preuve d'impuissance qu'elle entraînerait, de même aujourd'hui, pour éviter l'aveu d'une situation encore plus désastreuse, ils envoient l'armée de Châlons périr dans un vain essai de secourir celle du Rhin.

Le général de Palikao se prêtait tout entier aux desseins des bonapartistes. Il s'emploie à les faire réussir; d'abord, en pressant le maréchal de Mac-Mahon de marcher sur Metz, puis en maintenant le Corps législatif dans la quiétude et l'espérance. Au maréchal il ne transmet que des avis favorables, propres à le décider. Au Corps législatif, appelé à répondre aux questions, il n'a d'autre souci que de ne rien dire d'alarmant. Le 16 août, le jour même où l'Empereur sorti de Metz avait failli être coupé sur la route de Châlons, il annonce que les Prussiens ont dû abandonner la ligne de retraite de l'armée du Rhin, pour se rabattre sur Commercy. Le 20, il rend compte en ces termes de la bataille de Saint-Privat, où trois cent mille hommes ont combattu : <( Messieurs les députés, les Prussiens ont mis en circulation certains bruits, qui tendraient à faire croire qu'ils ont obtenu un très grand avantage le 18 août. Je viens ici rétablir les faits. Le 18, trois corps de l'armée prussienne se sont réunis contre le corps du maréchal Bazaine et, au lieu d'avoir eu un succès, comme ils voudraient le faire croire> différents renseignements»

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qai paraissent dignes de foi, m'annoncent qu'ils ont élé rejetés dans les carrières de Janmont. » Un ministre de la gnerre ne pouvait malgré tont se tenir à un récit de cette sorte, en complète contradiction avec les nouvelles apportées par la presse étrangère ; aussi insérait-il une note, le 22, an Journal officiel où, sans parler d'échec, il apprenait c qu'il y avait lien de penser que le plan du maréchal Bazaine n'avait pas encore abouti ». liais quelques heures après, au Corps législatif, il se disait possesseur de bonnes nouvelles du maréchal. Des déclarations aussi rassurantes, dues à un homme de guerre, contribuaient naturellement à entretenir l'espoir.

Cependant les républicains savaient en partie se préserver de l'aveuglement général. Ils avaient sujet de tenir les yeux ouverts : leur qualité d'ennemis irréconciliables leur donnait à craindre que l'Empire menacé ne cherchât de nouveau à se défaire d'eux par la violence ; puis la haine les portait tout naturellement à croire les bonapartistes capables de tout sacrifier à leur intérêt de parti. Les plus clairvoyanls avaient donc reconnu que le plan de campagne était subordonné, par le gouvernement de l'Impératrice, au souci de réserver une dernière chance à la dynastie. Les députés de la gauche au Corps législatif se mirent alors à réclamer des éclaircissements sur les faits de guerre. M. Jules Simon, le 23 août, demandait au ministre du commerce s'il s'occupait d'approvisionner la ville de Paris en prévision d'un siège et il montrait toutes ses inquiétudes. Le ministre de l'instruction publique avait fait appel au patriotisme de la Chambre, pour éviter un débat qui pourrait compromettre, disait-il, les opérations militaires. M. Gambetta répondait : < Messieurs, lorsqu'un pays comme la France traverse l'heure la plus douloureuse de son histoire, il y a un temps pour se taire, cela est évident, mais il est évident aussi qu'il y a un temps pour parler. Eh bien ! pensez-vous que le silence réclamé de vous par M. le ministre de l'instruction publique soit véritablement digne du pays, au milieu des anxiétés et des

angoisses... d — A droite et au centre : « Comment des angoisses? J> — M. Gambetta : « Ah ! messieurs, si vous n'avez pas d'angoisses, vous qui avez attiré l'étranger sur le sol de la patrie... » Ce reproche soulevait les plus violentes réclamations. M. Gambetta reprenait : a Je maintiens que, quand on m'a interrompu, j'étais en droit de dire que cette Chambre, lorsqu'on démande à contrôler les paroles ministérielles, devrait se rappeler qu'à une époque malheureusement encore trop voisine, elle applaudissait des ministres qui la trompaient etfrontément et qu'elle ne permettait pas la réplique. Eh bien ! je dis que depuis huit jours on monte à cette tribune, pour nous donner des nouvelles qui ont un caractère alarmant, permettez-moi de vous le dire ». — «Oh ! oh ! » (Réclamations sur un grand nombre de bancs.) — « Nous sommes arrivés à un moment où il ne faut pas croire que le patriotisme consiste à endormir les populations. J'estime que nous nous sommes assez tus, qu'on a trop longtemps jeté un voile sur les événements. J'ai la conviction que ce pays roule vers l'abîme sans en avoir conscience. » Ces paroles suscitaient de nouvelles protestations à droite et au centre. La clôture, mise aux voix, était prononcée. Peu après, MM. Gambetta et Jules Favre trouvaient encore moyen de réclamer des éclaircissements, mais sans autre résultat que de faire dire au ministre de Tinlérieur que le gouvernement, privé de dépêches depuis la veille, n'avait point de nouvelles à communiquer.

Le lendemain, le Corps législatif discutait la proposition de M. de Kératry d'introduire neuf députés dans le Conseil de défense. M. Thiers expliquait que la Commission dont il était le rapporteur, n'avait pu s'entendre à ce sujet avec le gouvernement; pour éviter une crise ministérielle dans la circonstance, elle concluait donc au rejet de la proposition de M. de Kératry et de diverses autres analogues. M. Clément Duvernois et le général de Palikao repoussaient absolument la demande de M. de Kératry comme inconstitutionnelle. M. Jules Favre répondait au ministre de la

guerre; son discours marquait le point culminant des efforts faits par les républicains pour assurer le contrôle efficace du Corps législatif.

« Messieurs, je sens profondément le& difficultés d'une discussion dans la situation où nous sommes. Sur la question du salut du pays^ nous sommes unanimes, nul ne le conteste, seulement nous plaçons les moyens de Tobtenir dans des voies différentes, et la question est de savoir laquelle doit être choisie. Eh bien ! messieurs, il est dans le pays beaucoup d'esprits sincères, et je suis du nombre, qui pensent que les malheurs de la patrie sont dus exclusivement au système politique auquel elle s'est confiée. Si cela esl vrai, est-ce que ce n'est pas une aberration véritable que de nous dire sans cesse, dans la situation extrême où nous sommes placés, que la politique doit être écartée et qu'il ne faut songer qu'à la défense de la patrie? Si c'est cette politique qui perd la patrie, comment voulez-vous la sauver en y persévérant? Certes il faut énergiquement s'opposer à ce qu'au nom de la politique Tordre soit troublé de quelque façon que ce soit; mais plus je crois qu'il faut montrer de fermeté, plus je crois qu'il serait téméraire et inexcusable de nous annihiler ici, dans cette confiance qui nous a été si fatale, en disant : Le gouvernement veille, et c'est assez. Le gouvernement, quel est-il ? Pour que la défense nationale soit complète, il faut qu'elle soit d'accord avec la politique. Le sol esclave est défendu par un tyran à la tête de ses soldats, le sol libre est défendu par la nation tout entière. Les institutions et le sol sont étroitement liés.

€ Je disais tout à l'heure que, depuis que l.i Chambre est assemblée, la politique semble avoir subi une déviation singulière; il n*en est plus question, de telle sorte que la nation française ne sait pas pourquoi elle va mourir. » Ces paroles soulevaient les plus violentes réclamations. — Le ministre de l'intérieur : c Nous armons le pays et vous le désarmez !» — Le ministre de la guerre : <( Ne découragez pas l'armée 1 » — Le président Schneider: « Monsieur Jules

Favre, je ne puis admettre de telles paroles, quand le pays tout entier, dans l'unanimité de celte Chambre, témoigne qu'il sait parfaitement pourquoi il se défend. C'est que l'étranger est sur notre sol, et que ce doit être là, à Theure actuelle, la seule pensée absorbant toutes les facultés, toute l'énergie, toutes les passions de la nation. > (Vive approbation.) — M. Jules Favre : « Messieurs, si vous êtes d'un avis contraire au mien, dites nettement à la nation, au lieu de vous renfermer dans des réticences, qu'elle meurt non seulement pour défendre son sol, mais encore ses institutions. Si vous avez confiance dans les institutions actuelles, dites-le ! Que le Corps législatif élève la voix et puisqu'il a confiance dans le système politique actuel, qu'il le dise ! » (Interruptions et murmures.) — M. Granierde Cassagnac: « Il l'a dit. » — € Qu'il s'adresse au peuple français, qu'il lui dise si c'est pour maintenir l'Empire et sa dynastie... » L'orateur, violemment interrompu, était de nouveau rappelé à la question par le président et enfin, arrêté par le bruit, il terminait en disant : « Je prie la Chambre de faire acte de virilité, je la supplie de placer à côté du ministère les neuf délégués qui lui ont été demandés. Je lui demande d'affirmer que le pouvoir est dans le pays et que la nation est appelée à défendre à la fois son territoire et sa liberté, qu'elle défendra ees biens précieux jusqu'à ce que l'étranger ait été repoussé du sol, et alors, dans sa souveraineté, elle jugera ceux qui l'ont plongée dans de pareils malheurs, j^

M. BulTet prenait la parole après M. Jules Favre : « Messieurs, disait-il, je ne veux faire qu'une courte observation. Je tiens à adhérer de toutes mes forces aux paroles que notre honorable président prononçait tout à l'heure quand il vous disait : Il n'y a qu'une question, chasser l'étranger (Applaudissements sur tous les bancs de la Chambre). 11 n'y a aujourd'hui aucune question politique à discuter. Quand nous aurons repoussé l'ennemi, nous pourrons discuter entre nous les responsabilités. Permettez-moi de vous le dire, messieurs, si je pouvais avoir

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aajoard'hoi one aotre préoccopation que celle de la défense nationale, si je pensais à l'aTenir des institutions parlementaires que j'ai toojoors aimées et toujours défendues, je ne tiendrais pas un langage différent, et je vous dirais : le gouvernement parlementaire a dans une grande crise nationale à faire ses preuves. > — M.Jules Favre : c Eh bien! qu'il s'affirme. > — H. Ernest Picard : « Soyez ministre alors ! > — c En présence de l'ennemi, malgré les partis qui peuvent exister dans cette Chambre, c'est à nous, partisans de ce régime, de montrer que nous avons un seul désir, une seule passion : l'union de tous les sentiments et de toutes les énergies vers un même but, chasser l'étranger. >

M. Buff^el, le 15 juillet, lorsqu'il avait voulu contrôler le gouvernement, n avait trouvé aucun écho ; cette fois au contraire, parlant selon les aspirations du Corps législatif, toujours porté à s'incliner devant le pouvoir exécutif, il était applaudi et félicité à outrance. Son intervention mettait donc fin au débat. M. Glais-Bizoin ayant représenté la proposition de Kératry sous une forme modiflée, à titre d'amendement, au vote elle était repoussée par 204 voix contre 41. M. Gambetia essayait encore après ce vote d'obtenir des nouvelles; précisant, pour qu'on ne pût lui opposer de refus, sous prétexte de renseigner l'ennemi, il se bornait à interroger sur la grande bataille du 18 août et sur la marche des envahisseurs vers Paris. Le ministre de l'intérieur venait redire que le gouvernement, laissé sans dépêches, n'avait aucune nouvelle à communiquer.

Les efforts des députés de la gauche républicaine pour contrôler le gouvernement demeuraient donc stériles. Il est vrai que l'opposition, qui trouvait ligués contre elle dans la Chambre la majorité et le ministère, n'était point soutenue en cette occasion par le public. Celui-ci avait fini par désapprouver hautement l'essai des républicains exaltés, au lendemain des premiers revers, de renverser l'Empire par la force; depuis, une tentative, suivie de mort

d'homme, entreprise à la Yillette contre une caserne de pompiers, par le parti Blanqui, avait excité une indignation générale. Quelque soin que les députés de la gauche eussent pris de rester étrangers aux actes de violence et même de les flétrir énergiquement, les accusations qu'ils portaient contre le gouvernement leur donnaient un air d'entente avec les révolutionnaires de la rue. Surtout leurs inquiétudes, dans l'optimisme où l'on se maintenait, demeuraient incomprises. Ce n'étaient donc pas MM. Jules Favre et Gambetta qui tenaient au pays le langage qui pût lui plaire, c'étaient le général de Palikao et M. Buffet.

Il s'élevait, entre le gouvernement et l'opposition, un autre sujet de conflit. Le général de Palikao mettait la plus grande activité à incorporer les réservistes et les hommes appelés par les nouvelles lois, mais il ne voulait point armer le peuple, et, de ce chef, les députés de la gauche lui prodiguaient les reproches. M. Keller, député du Haut-Rhin, se plaignait personnellement de l'état désarmé de l'Alsace : « Messieurs, disait-il, le département du Bas-Rhin tout entier et la lisière même du Haut-Rhin quil'avoisine, sont en ce moment rançonnés, non seulement par des troupes régulières, mais par des paysans badois qui, sans fusils ni uniformes, simplement armés de sabres, passent le Rhin et viennent lever des contributions dans nos villages (Sensation). Vous me demandez, messieurs, comment le fait est possible ? C'est qu'on a sans cesse refusé des armes à notre population. » — Voix à gauche: ( C'est cela, voilà la vérité. » — « Au milieu de cette population désarmée, nous avons eu à constater une grande faiblesse de la part de ceux qui auraient dû la soutenir et ^l'encourager. Ainsi dans la ville de Colmar, dans un moment de panique, l'administration a noyé une quantité considérable de poudre en dépôt ; dans la ville de Roufach, il y a eu une rixe entre des jeunes gens de la ville et des Allemands qui insultaient à la douleur publique : les jeunes gens français ont été arrêtés et conduits en prison les menottes aux mains. Messieurs, cet état de choses ne peut pas durer;

I'" -'J>:r{MRt). W ntlNCE DE 1870 A 1873.

Li«V? H Lin^iteiUDDA la population tout entière est prête •i 9t \^\iu L'i>i>iiHâ utt seul homme, si on le lui permet. Ce i|ue je H>;u».vtitig.uteinwider, c'est précisément qu'on le lui

tW Uit^ laato^es ?« passaient sur tout le territoire tiu^iilii. Ou vojaît des éclaireurs, des uhlans, isolés ou (■41 {iuU'a jjroupes, devancer au loin les colonnes ennemies, it,u* ijui: iitifsonDe cherchai à les arrêter. Quatre nblans |iit:ii:i4i!ul possession de Nancy et cinq autres de Chàlonssui'-.Miniio. Les populations, pour résister à l'ennemi, t'USM-iil l'u besoin d'êlre tirées de leur torpeur. Il eût fallu les appeler à combattre, en réveillant les grands SKuliiuLiits. Mais un gouvernement sorti du coup d'tlat ui' peut :se permettre de soulever le peuple, car, s'il fait iiailif lu fureur patriotique, il déchaînera, en mfime Iciiips, lus passions politiques autrefois comprimées, qui lui rendront l'existence impossible. Aussi ne distribuaituji (l'iirmeB aux citoyens, surtout à Paris, qu'avec uue exlrêuiB réserve.

i'ar ailleurs se manifestait une sourde coIm-b. Le soupçon <\p tmliison n'avait pu manquer de germer et de s'enpuri^i'. il<' diverses manières, d'un peuple qui, au lieu des virlijin'~ attendues, n'avait subi que des défaites. Aux yeux d(^ paysans dévoués à l'Empire, les ennemis de rEnipcii'iir k l'intérieur étaient des traîtres. Des accusalions ;iLLa)ogues à celles qu'avait formulées à la tribune M. (hattier de Cassagnac, d'une entente entre l'ennemi et les républicains, se produisaient donc spontanément dans ri'rl;iiiii>s parties de la France. Un député du centre gauche, M. il'Estournel, était assailli la nuit dans Péronne par une l'oule farieuse; soupçonné de communiquer avec l'ennemi, il était poursuivi à coups de pierres, menacé de mort (!t n'échappait qu'avec peine. Sur les confins de la ûordu^ne el de la Charente, à la foire de la Haule-Faye, en pk'iii Jour, un jeune homme du pays, H. de Honeys, ai^cuïié (l'être ennemi de l'Empereur et t Prussien t, était accablé de coups, traîné dans une mare à sec, recouvert

de paille et de fagots et brûlé vivant par les paysans ameutés contre lui.

Les jours s'écoulaient et le gouvernement de Tlmpératrice tenait plus que jamais à éviter le contrôle du Corps législatif. Le ministère faisait donc repousser la demande de M. Latour-Dumoulin et du centre gauche qu'une ce Commission de cinq membres fût chargée de se tenir en rapport avec les ministres et de s'enquérir des moyens employés pour la défense de Paris et de la France ». M. Keller, après avoir exposé l'état désarmé de l'Alsace, voulait que le Corps législatif nommât une Commission chargée d'organiser sur les lieux la défense ; le ministère faisait encore écarter ce projet. A ce moment, le général Trochu inspirait plus d'inquiétude que jamais aux bonapartistes groupés autour de l'Impératrice; sa popularité lui donnait une très grande influence ; aussi, à mesure que leurs défiances grandissaient, les députés de la gauche cherchaient-ils à se rapprocher de lui. Le Corps législatif, le 27 août, s'étant formé en comité secret, MM. Gambetta et Estancelin proposaient que le gouverneur de Paris vînt donner des explications sur le& faits de guerre. Mais le ministre M. Busson-Billault s'y opposait péremptoirement; au seul ministre de la guerre, disait-il, revenait le droit de renseigner la Chambre.

Les députés de la gauche avaient persisté à réclamer des nouvelles et, comme précédemment, le gouvernement se taisait. Cependant, le 31 août, le général de Palikao, venu à la tribune, pour répondre à une question sur les corps francs, donnait quelques détails sur des faits insignifiants ou imaginaires. Il racontait qu'un corps franc était allé intercepter un train de chemin de fer, sur le territoire badpis; ensuite, plus exagéré que tous les journaux, il portait à 200000 hommes les pertes de l'ennemi depuis son entrée en France.

Les résultats que le gouvernement de l'Impératrice pouvait attendre de sa conduite étaient obtenus: la nation laissait faire et se tenait tranquille. Elle était bouleversée

au fond; mais, se refusant à admettre une chute dont rhoi'L'oiir épouvante, elle se rattachait avec frénésie aux vieilles illusions. Quiconque eût cherché h les détruire, en donnant aux événements leur vrai jour, eût couru risque d'être déchiré. On ne savait rien des opérations de guerre, sinon qu'elles s'exécutaient, et l'on se promettait, sans s'expliquer comment, d'en voir tout à coup surgir (luelque péripétie favorable'.

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