II . * ^ X Louis V
il expira^ et fut enseveli à Compiegne. m?.
IS4 PBMIÉXS EPQQUl: *
Les graads da r03^«cime , apfès avoir assisté aox fanérailles du rol,«e réanirent en conseil pour lui élire un successeur. Louis était mort sans enfants ; mais son oncle Charles, duc de la basse Lorraine , était son plus proche héritier, et il rappela son droit à la couronne. Il eem\t Hugues Capet pour concurrent, et il s'était feit un dangereux ennemi du métropolitain , de ce même archevêque Adaiberon qui, en butte à la colère du feu roi, avait promfe de se justifteren public des crimes qui lui étaient imputés. ^gfi; Adalberon parut dans l'assemblée de Compiègne. Personne p*^ê. ne s'étant présenté pour soutenir l'accusation , Tarchevêquc fut absous et admis à délibérer sur les affaires de l'Etat. Prenant place alors avec le duc au milieu des grands, îl opina pour que l'élection fût différée de quelques jours, et blé? de ^* convoquer une assemblée générale à Senlis. Là, te ékJtioA 2 juin, Adalberon rappela que le trône n'était point héréronnT dltaîrc ; il soutint que Charles y avait perdu ses droits par Hugues ses fautes , par ses vices , et aussi par Thommage qu'il rendait, comme duc de Lorraine, à un prince étranger '.
' Si CJwries^ût été très-iwiissant par loi^méme , le dernier re^wocbe que lui adressa Tarchevéque eût été sans ^leur, surtout dans la bouche d'un ennemi , la pratique constante des seigneurs de cette époque étant de posséder simultanément des fiefs sous plusieurs suzerains. Mais Charles n'ayait aucune force personnelle; le domaine direct dont il héritait de smi fVère ne consistait quVnipi^iies villes; il tirait toute sa force de son iiet, et comme duc de la basse Lorraine il était dans Tentière dépendance de son suzerain , le roi de Germanie; dès lors il y avait lieu de craindre que la couronne germanique ne pesât d'un poids trop lourd dans les destinées de la France.: Olmrtes, d^lleurs, s'était folt du tort aux yeux des $nrands du royaume en rendant honuna^ pour son duché au roi'de Gejtnanie dansle temps même où la suzeraineté de ce fief était revendiquée par le roi Lothaire. Ces raisons furent au nombre de celles qui portèrent les [grands à préférer pour roi fiiigues à CbaHes, tt il n'y a rien
-A eeiïâ^u, ll'opposaedulSesgiiftlftés étde lapuisstnce «te Algues, 'et conélat*«niâisaDt: «*Si tous voulez ienràl- '^ heur de'l'État, faites^ Charles sourcraîn j si vous entendez « Tendre PÉtat heureux et 'florissant, couronnez Hugues, « rnhistre'duc. ^Hugues fut porté au trône d'une voix wmnhne, couronné àBoyon, ie 1*^ Juin 987 , ^prar Adalheron , et reconnu roi par les différents peuples de la OmHe.
•La chute des Cartovingiens ne fat pas, comme on l'a dit, c^njJJ^te'résultat d'une opposition populaire \ leur dynastie, re- J^^^^ Poussée par le senthnent' national comme étant'tondéepar {fgj^^; ia conquête. Cette opinion, erreur d'un illustre historien, "i^S^it €t qui a été soutenue avee^oute la puissance du talent, ^ïïmîit" n'est point confirmée par les témoignages contemporains. ««« J^- S'il est vrai de dire que Charles Martel pénétra dans la trone. France occidentale à la tête de nouvelles bandes germaniques , il faut reconnaître aussi qu'il y trouva un peuple défà à moitié germain par ^onçouvemeraent, parses lois, rtpar une conquête antérieure de phis de deux siècles. Les monuments de l'époque attestent que les descen- Kéjita- Haiils des Gaulois et des Germains ne faisaient phis au \l^}^. iâixièfiiesièele qu'un peuple dans la partie septentrionale ^^ày. (SefKaneienne Gaule, et que le respect traditionnel du sang tleCharfemagne avait strrvécu à l*unité de son empire. Bans la 'décomposition de celui-èi, «n l'absence de tonte Wëe 'générale, et lorsque la société «e fractionnait de touter parts/ il étâitnaturel que le rd^fût en lotte avecses plas.puissants sujets , et que les peuples soutinssent leurs
^"«0 'oonlve^ l'appni cTsHe^f réteiidae «fpMiCioa nationftle'à mie dynastie d'origine germanique, j
136 PREMIÀai IBPOQUE.
seigneurs directs contre tons, fût-ce même contre le roi. Le même fait s'est reproduit en d'autres contrées, et pour le comprendre il n'est pas nécessaire de l'établir sur la haine héréditaire de deux races. On a cru voir et l'on a signalé une double cause de répulsion pour les Carlovingiens, et de sympathie populaire pour les descendants de Robert le Fort, dans l'origine germanique des premiers et dans l'appui qu'ils demandaient quelquefois à un souverain étranger, au roi de Germanie, homme de leur race et de leur sang. Mais déjà depuis longtemps à l'époque de l'avénement de la troisième race la famile des Carlovingiens avait disparu du trône impérial et de celui de Germanie ' : on sait d'ailleurs maintenant que la famille de Robert le Fort était germanique aussi bien que celle de Charlemagne ; et si les rois carlovingiens de la Gaule eurent pour alliés en diverses occasions les rois de la Germanie , ils trouvèrent d'autres fois en eux leurs plus redoutables adversaires : on vit enfin, dans les derniers temps surtout, le duc de France et le roi son suzerain rechercher avec autant d'ardeur Vun contre l'autre l'appui de la couronne germanique.
Causes La véritable explication de Tavénement de la seconde
véritables * , , • im.
<»ei'éiéva. race est dans la situation même de la société, qui prenait cïJet^Mi ^^^ ^^^^^ forme, qui s'asseyait sur des bases nouvelles. *'*'**• Charlemagne avait tenté d'imprimer à la monarchie un grand caractère d'unité ; ces idées d'unité, de concentration du pouvoir, furent le rêve et le but des efforts de ceux qui lui succédèrent) soit au tr6ne impérial, soit à la tête
* Le dernier Carlovingien ; empereur et roi de Germanie, (ht Louis iV, dit l'Enfant, qui mourut en 911, et à qui succéda Conrad !•% de la maison de Franconie , puis Henri roiséleur , fils d'Othon, duc de jSaxe et tige de cette maison.
LIVfiB II. CHàPITAE III. 137
des États entre lesquels l'empire se fractionna; mais ces prétentions superbes n'étaient plus soutenables dans la Gaule à la fin du dixième siècle ; elles étaient opposées aux tendances de l'époque, et contrastaient singulièrement avec la faiblesse de ceux qu'écrasait leur titre de roi. Une révolution sourde, d'où sortit la féodalité, s'était lentement accomi^ie ; une autre société s'était formée, et toute société nouvelle ne peut vivre et prospérer qu'autant qu'elle a pour cbef un représentant des principes qui l'ont constituée. Hugues Gapet, le plus puissant des seigneurs féodaux , était en France le représentant naturel du nouvel ordre social basé sur la féodalité ; c'est pour cela surtout qu'il fut élu roi.
Le dixième siècle est une des époques les plus obscures La caoïe
.au dixiè-
et les plus désastreuses de notre bistoire : tout faiblit à la mesiécie. fois, le zèle pieux et les vertus du clergé, l'autorité des lois, l'indépendance des habitants des villes. Les Sarrasins, les Germains, les Normands, désolent les campagnes et incendient les cités ; celles-ci ne sont plus le siège du gouvernement ou des administrations subordonnées et la résidence des riches. Les châteaux forts offrent seuls un refuge contre les invasions étrangères et les guerres civiles ; c'est là que se retirent tous ceux qui jouissent de quelque autorité, là que s'assemblent les plaids et que se rend la justice. Le commerce disparaît , et avec lui la classe bourgeoise et industrieuse : aux hommes indépendants , aux riches propriétaires, aux chefs des manufactures, succède, dans la plupart des villes, une populace tremblante et asservie : le commerçant n'a plus de résidence fixe ; il voyage de manoir en manoir, portant sur lui sa pacotille et cachant avec effroi son bénéfice. Autour de chaque
138 PftlMlintE BVOQl».
château on vdt s'éleTer de misérables cabams habitées par des stvbj qui exercent pour le compte du seigseur des professions méeani<iues oa qai «iHiTe&t ses domahies; le peaple presque tout entier est serf, àJa merci des grands , et victime de chaqae commotion politique. La misère affireuse et la désolatton gteérale ^semblèrent alors justifier la croyance populaire que la fin du -monde était proche, et qu'elle arriverait en Tan 1090. Cependant, au moment de cette décadence^ et lorsque Tancien ordre social périssait, un autre Vélevait sur ses ruines, fondé par le petit nombee de ceux qui, à couvert dans leurs forteresses, étaient de* meures libres et puissants. Ce nouvel ordre de choses, qui reçut le nom àe féodalité, avait depuis un siècle jeté de profondes racines, et, malgré ses immenses abus, il prévint la dissolution complète de tout lien social, et le retour- de la barbarie des temps reculés.
UVai II. CHAPITBE UI.
rô9
RÉCAPITULATION ET TABLEAU GÉNÉALOGIQUE DES ROIS CARLOYINGIENS DE LA GAULE.
PEPlN LE^REF.
Charlebiagne.
Louis 1", dit
le Débonnaire.
Carlomàn.
LOTHAIRE r'
empereur.
Pépin I*', Louis II,
roi d'Aquitaine. dit
le Germanique,
roi de Bavière,
n^a régné sur aucune