CHAPITRE III
De la mort de Charles le Gros jasqn'à fexpulsioii de la dynastie carloTiagieime.
La Gaule partagée entre la race de Charlemagne et celle de Robert le Port, jusqu'à ravénement de Louis IV.
Le partage définitif qni acheva sans retour k démem- Dernier l>remeatde Tempire eut lieu à la mort de Charles le Gros, brenff^t
^ de l'em-
Lltalie devint un royaume à part : tout le pays compris g^^^îî entre les monts Faucilles , les sonnées du Rhin et les Alpes °''^''''' Pennines, forma, sous le nom de Bourgogne supérieure ou transjurane, im nouveau royaume, dont Bodolpbe
' Les histeriens n^oat pa» compté l'empereur Charles le Gros dans ta liste des souvcnaîas du nom de Charles qui ont régné dans la Gaule, parée qu'ils ont leg^ardé son règne comme une usurpation. ▲ leurs yeux le roi légitime était le jeune Charles, fils de Louis le Bègue, qjoi fht élu plus tard.
116 PBEMlteE EPOQUE.
Welf fat le fondateur. Déjà Bosod, beau-frère de Charles le Chaure, avait pris le titre de roi de Provence ou de Bour* gogne cisjurane : ce royaume avait pour limites le Jura , les Alpes , la Méditerranée , la Saône et les Gévennes «. . La Lotharingie ou Lorraine fut resserrée entre les monts Faucilles, l'Escaut, le Rhin et la mer du Nord; FAquitaine s'étendit de la Loire aux Pyrénées , et la majeure partie du territoire renfermé entre ces divers États et la Bretagne conserva depuis le nom de France. Vers le même temps les comtes de Yermandois étendaient leur pouvoir au nord, tandis que les puissantes maisons de Poitiers et de Toulouse s'élevaient dans TAquitaine , et opposaient une barrière aux incursions des Sarrasins. C'est de ce dernier démembrement de l'empire des Francs que date l'existence historique de la nation française. A la déposition de Charles le Gros, le jeune Charles, troisième fils de Louis le Bègue, n'avait encore que huit ans : son couron- âge fut uuc seconde fois pour lui une cause d'exclusion, d'Eudes , et Ics scigueurs, alarmés d'une nouvelle invasion des Nor- ^%n}^ mands, lui préférèrent le comte Eudes, fils de Robert le 888. fort, non pour déserter la cause de Charles , dit un historien contemporain, mais par impatience de marcher à l'ennemi ^ Eudes était déjà célèbre par la défwise de Paris contre les Normands ; il fut élu roi en 888. Le règne d'Eudes commença une longue série de guerres
* Les royaumes de Bourgogne transjurane et de Bourgogne cisjurane étaient, l'on et l'autre, entièrement distincts de la partie de l'ancienne Burgondie ou Bourgogne, située entre la Saône et la Loire, et qui reçut et conserva le nom de duché de Bourgogne. En l'année 933 ces deux royaumes furent réunis en un seul , qui prit le nom de royaume d'Arles. Voir ma Géographie historique, page 31, et les cartes 6 et 7.
* Riclier, Histoire de son temps, liv. I*'.
LIYBB II. CHÀPITRB III. tl7
civiles, terminée après un siècle par Texdusion définitive de la race carlovingienne. Ce prince eut toujours les armes à la main, soit contre les seigneurs de l'Aquitaine qui entreprirent de se rendre indépendants, soit contre Charles , son jeune compétiteur dépossédé, soutenu par le 1^ de Germanie Arnolphe. Eudes lui céda enfin quelques provinces; et il l'aurait reconnu pour son successeur, lorsqu'il mourut, en 898. Qiarles III fut alors proclamé roi de Mort da
roiEades.
France ; il est connu sous le nom de Charles le Simple '; et . c»«r-
' '^ ' les III, dit
Fhistoire, qui se tait sur la plupart dés événements de son ^l^l^Sl-' règne de vingt-dnq années, nous a transmis avec son sur- ^fnom le souvenir de son incapacité. L'acte le plus célèbre de ce règne est la cession faite par Charles , en 912 , du territoire qui fut depuis appelé Normandie à un redoutable ' chef des Normands, déshérité par son père et banni de Fondala Norvège , son pays. Ce chef, qdi désolait auparavant la ^^f^^^^ Gaule par de perpétuelles invasions , est célèbre dans This- Jj|toire sous le nom de Bollon, et fut le premier duc de Normandie. Il rendit hommage au roi , se convertit au christianisme , et divisa son vaste territoire en fiefé. Soumis par lui à des lois sévères , ses guerriers devinrent les pères d'un grand peuple, qui fut le plus ferme boulevard de la France contre les invasions des peuples du Nord.
De nombreuses révoltes troublèrent la fin de ce règne. On vit pendant soixante ans les Français partagés entre deux familles de souverains, celte de Charlemagne et e^e du roi Eudes. Les grands reprochaient à Charles d'accorder toute sa faveur à son ministre Haganon, qu'il
' Us rois carloYîngiens du nom de Charles sont comptés comme il soit : Charles 1^' ou Charlemagne, Charles II ou le Chauve, fils de i#oa» le Débonnaire, Charles 111 ou le Simple, fils posthume de Unis le Bègue.
118 FKMHBW SPOftUB.
tyait tiié d'un vasg obscur pour relever au âeftsm d'eQx , id; q«i pouteait parfois riotoleiMîe joficpi'i Ater familièreméat le chapeau de la téta du roi pour 6*«ii ceuvrir. Is àai des mécontents était le Crère du roi Eodea, le due Boberty qui se isepentaitde u'a^^ poiot dis^^uté la sue- (Msaiou de sou finère à Ciiarles leSimple« Ge priaee ferme nue ligue ceatie Hagauon, puis déclare an roi ^'M ne eeuffrira point qu'un indigne âiTori soit préfiéré aux grands du n^naïune, et que si CSuiKles ne le £sùt pas r^* trer dans sa condition première, )ui«mtase le fera peadre sans miséricorde. Le roi méprise cette menace. jRoèert Révolte ^^^^^'^ concerte avec les grands de Nenstrie sa déchéaneet gAniB. ets'asBUve de l'adhésion du roi de Germanie, Henri l'Oi* seleor ; puis, entrant k Soissons avec une troupe de conjurés, il pénètre dims l'aj^artement du prkaee, et le setient prisonnier. A cette nouvelle Farehevèque de Reims» Ber\>é, fidèlaà la cause de Cbarles, arme ses vassausL, entre à leur tête dans Soisspns, foroe les portes du pàMe» arrive jusqu'au roi, disperse ses gardiens , et pœnaast la mam du malheureux prince : « Viens, mon roi, luidit-U, « et commande àtes serviteurs. » Il l'entrakieaiNtiliM;, et le conduit à Rdùms. Charles k Simple, aini^ délivré par r«rchevêque, se retire au fond ée la €raule Bdgîque ', et fixe Déchéan- sa résideucc dans la ville de Tongres ; mais son règne éUit cSriâie fini, sa déchéance fut prononcée, et Bobert, élu ru» par lea ^M?ion grands dans rassemblée tenue à Soissons eu 922, âstcou* ""«^ iMuéà Beims* Qiarles afpoHe À lui ses fidèles.; Uiiuté* nesse les Belles ou Lwrains à son malheur; à la tête de deux mille soldats, il marche au-devaut de son rival, et son armée rencontre celle de Robert près de l'ancienne
' On BOMMit eQoore dimi au dtuème siècle la pivs graude partie du royaume de Lorraine.
LIYKB II. CRâPIC» III. 119
mideoee segrale d*Altigoy, m Cawnpagoe* Là se livre ne saoglaote b«latUei éàm laquelle le roi Aobert fut tué ea siort de combattant. Charles était en fuite lorsqu'il apprît la mort ^^^^^' de &frf>ert ; il ne sut point profiter de eette ckeonstenee pour raffecaur la eouroane sur sa tête, et, n'osant se 6«r aux NeitttrieBi, M iseprit avee son aimée le efaeoiin de la Gi^Betgftqve.
La sueceisien de Aobert, duc de France, ûit reeneltiie par son fils, le eélèb«e Hagnes le Grand ou le Blane, qui fit des rois et ne ^ookit pas Féire keri^méme. Ce poiSHuit seigneur fit confirmer la déchéance de diarles le Simple, et décerna la couronne à son propre beam*frère Raoul ou Bodolphe, file de EichargI, duc de Boargogae, qui accepta le tràae malgré lui. Cbartes le Simple fut alors attiré dans capttrite un piège par Herbert, comte de Yermandais, qui se sairit Jcs te ' de tloi et le retint prisonnier à Péroone. »»•
Baeul, étu en ^S , régna onse ans : il eut à lutter Bèg^e de
' 7 o Raoul ou
cottfare les Normands, qu'il repoussa, eteonitre le perfide pg^'J;;, Herbert, qui, mattre de la personne du roi Charles, veu- %^^^' lak âoodner le roi Raool , et ne mettait aucune limite à ^' ses exigences, il demanda le comté de Laon, et, ne l'ayant pas efalenu, il remit Charles en liberté ; mais bientôt après il rediereba de nouveau la laveur de Hugues le Grand , qui avait couronné Raoul , et, se réoonetliant aveeeehiid, il emprisonna une seconde fois le malheureux Charles. SaMri, cependant, mû par un sentieseot d*équilé, dit le chpuniqaeur', ou par la eompassien, vint visMier le roi eaplir, et le pria de lui pardonner. 11 nto résigna point dam sea aaains le pouvoir sapréme dont II était revêtu y mais il loi rendit »v«e la liberté les résidences royales de Pon-
msioire de $<m temps.
120 PBBMIÈBB BPOQUB.
thioa et d'ÂttIgBy. Charles le Simple langQit qnelqae Mort de temps. et mourut en 929. accablé par le chasriD et par les
Charles le , . * or
Simple, maladies.
Baoul régna encore sept années , et la fin de son règne futtronblée par une guerre sanglante que soutint le duc de France^ Hugues le Blanc, contre le comte de Yermandois et le duc de Lorraine. Le roi de France, suzerain de Hn* gués, et celui de Germanie, Henri l'Oiseleur, suzerain du duc de Lorraine, furent entraînés dans cette guerre, et y parurent plutôt comme auxiliaires de leurs vassaux que comme souverains.
La Germanie et la Gaule étaient en proie à d'affreuses iDTasion calamités ; rinvasion étrangère igouta ses flàiux à ceux Hoogrois. des disscusions intestines , et les Hongrois ravagèrent la Germanie. Vaincues en 933 par Henri TOiseleur dans la célèbre journée de Mersburg, leurs hordes farouches revinrent deux ans après, traversèrent T Allemagne, et pénétrèrent Jusqu'en Bourgogne. Le roi Baoul marcha à leur rencontre; au bruit de son approche les Hongrois évacuèrent la Bourgogne, et se replièrent sur Tltalie. Baoul Mort de mourut Tannéc suivante. Il ne laissa point d'enfants pour 9m!' lui succéder au trône, dont aucun membre de sa famille n'hérita. Son duché de Bourgogne, véritable siège de sa puissance, ne passa point tout entier à ses héritiers natu* rels ; Hugues le Noir» son frère, n'en obtint qu'une partie ; Hugues le Grand , comte de Paris, profita d'une guerre civile pour en saisir la meilleure part Ce puissant seigneur, fils du roi Bobert, neveu du r<A Eudes et beaufrère du dernier roi Baoul , gouvernait , comme duc de Neusirie et de France, tous les pays situés entre la Normandie et la Bretagne à Touest, la Loire au sud, la Meuse au nord. 11 devait le nom de Grand plus à la vaste éteadue
LIICBE II. CHÀPITBE III. 12t
de ses État» qu'à son mérite personnel, et il surpassait sî fort en pouvoir tous les seigneurs de la Gaule, qu'il n'au« - rait eu qu'à étendre la main sur la couronne pour s'en assurer la possession. « Mais , dit Fauteur qui nous semble avoir le mieux jugé la situation, Hugues paraît avoir considéré le pouvoir d'un seigneur héréditaire dans ses fiefs comme beaucoup plus satisfaisant pour l'ambition que les prérogatives d'un roi électif au milieu de vassaux indépendants. 11 avait déjà considérablement étendu l'héritage de sa famille, il comptait l'étendre encore ; mais il voulait donner à toutes ses usurpations la sanction de l'autorité royale, et il jugeait qu'elles seraient bien plus respectées s'il mettait entre les autres vassaux et lui le nom d'un roi légitime et dont il serait le maître, que s'il s'exposait à voir contester en même temps et les acquisitions qu'il avait faites et son propre titre à la couronne. Tous les grands du midi des Gaules et de l'Aquitaine avaient voulu dans les dernières guerres demeurer fidèles au sang de Gharlemagne; Hugues compta qu'il les gouvernerait au nom d'un descendant de cet empereur'. »
Hugues le Grand songea donc à Louis, fils de Charles Avéne. le Simple. Ce jeune prince, âgé de seize ans, vivait alors lSu^ iv, retiré en Angleterre avec sa mère, sœur du roi anglo-saxon tre-Mcr.' Athelstane , et il dut à cette circonstance le surnom de Louis éC Outre-Mer. Hugues lui fit donner la couronne, d'un commun accord avec Guillaume Longue-Épée, second duc de Normandie, et avec les seigneurs de Neustrie et d'Aquitaine. Une ambassade solennelle lui porta leurs vœux à la cour du roi son oncle, l'invitant à venir régner sur la France. Louis accepta la couronne , et fut sacré à
* Sismondi, Histoire des Français , seconde partie, chap. IV. T. I. • 6
112 PHBHlàBK ÉPOQTO«.
Beimsen l'année da6, à la même époque où Othon le Gnmâ;. de la maison de Saxe, suceédait à Henri rOiseletur, son pèKy surt le trône impérial de Germanie.
La Gftiileso«s4e8 derniers GarioTingîeiis» Louis IV, dit.d'Oatre-Mèr> Lotbake et Louis Y , dit le Fainéaat.
Le domaine royal était alors limité au comté de Laon ; là seulement Louis IV régnait de fait comme de nom ; partout ailleurs dans la Gaule les ducs et les comtes étaient plus souverains que le roi. Hugues le Grand, en lui rendant hommage, n'entendait point Taffranchir de sa tutelle : le jeune monarque revendiqua lui-même son indépendance ; il avait Tâmè d'un roi, s'il n'en avait le pouvoir, et son règne fut une lutte orageuse et perpétuelle. Invasion Une rcdoutablc invasion des Hongrois en marqua le dé- }ion|^is. but : une horde nombreuse de ce peuple sauvage passa et repassa à travers le royaume comme un torrent dévastateur I, et ce fléau suspendit quelque temps la rupture prête à éclater entre Louis d'Outre-Mer et son puissant vassal. Lieue des Hugucs, voyaut cusuite le roi échapper à son influence, fit ' d?1â" une ligue étroite avec plusieurs seigneurs du nord de la [ronire; Qaulc, ct cu particulier avec Guillaume, duc des Nor-
Louis '
il*(»utre-
.Mer.
mands, Arnolphe, comte de Flandre, et ce même Herbert, comte de Yermandois, qui avait retenu si longtemps Charles le Simple prisonnier.
• Frodoard , Chronic, ann. 937. — Suivex cette invasion des Hongrois dans la Géo^r, hiét, de la Ffamt^ carte n*^ e.
LIVfiE II* GHâBITaCt ni. 123.
Les Lorraias à cette époque étauMït iosHrgés coatre rempereur Othon le Grand, roi de Germanie, leur siœraiû, et ils trattsférèrent leur hommage à Louis d'Outna- Mer, qui l'accepta. Une guerre à cette occasion édata Guerre au entre les deux, rois, et dans cette lutte les seigneurs. H- Xr% gués, vassaux de Louis d'Outre-Mer, s'allièrent contre lui ^t^ïb" au roi de Germanie, qu'ils proclamèrent roi des Gaules à, if"*'^* Attîgny. Othon ne conserva point ce titre ; mai» il rec<Mir o&^t vra la Lorraine, et fit la paix avec Louis. d'Gutr6.Mer^G,îi,^l époux de sa sœur Gerberge % princesse d'un rare mérite, ^^ST et qui dans la suite empioya son. influence avec sueeès **' pour maintenir la bonne inteiligence^ctotre son mari et son . frère. La lutte de Louis d'Outre-Mer contre les seigneurs rebelles se prolongea encore deux années, et. fut terminée par l'entremise du pape Agapet et de l'empereur Othon : celui ci réconcilia Hugues le. Grand:avec le roi.
Le royaume fut agité à cette époque par une querelle Lutte de fameuse entre deux prêtres, qui Tun et l'autre se dii^m. hJ^S? taieut le siège archiépiscopal de Beims:run était Hugues ^«n^^" de Vermandois, fils du comte Herbert» sacré nresan'an ^^aeArl sortir du berceau, et protège par le comte de Paris; l'au- ^^î^*** tre, élu du, peuple et partisan du roi, était Févéque Ar» taud : celui-ci fut pour un temps chassé de son siégie, et Reims s'affranchit de l'autorité royale. Cette querelle se prolongea durant toute la durée du règne de Louis d'Oii*tre-Mer; elle tient une place considérable dans les annales de l'époque, et pour comprendre son importance il faut savoir que les évêques étaient encore dans la Gaule au dixième siède les véritables maîtres des citéô, où ils
' Hugues le Grand, comte de I>«fiô,et duc de France, avwf épousé une autre sœur de remçereur Otb^n, nommée Hedwige^
124 PREMIÈRE ÉPOQUE
avaient leur siège, et qu'une ville alors était souvent un État et quelquefois presque un royaume.
Dans ces temps barbares la violence des grands ne s'arrêtait pas devant l'assassinat, et contre les abus de la force brutale la loi était impuissante. Le prince qui après Hugues le Grand était le plus redoutable vassal de la couronne, Guillaume Longue-Épée, ducdcNor- Assasai- maudie, tomba lui>méme victime d'un odieux guetcfidi-^ apens : il fut lâcbement assassiné par des émissaires d'Ar-
laume *
E°é?duc °<>lP^®> comte de Flandre, et le meurtrier, contre lequel fa^Sf; ,1a justice du roi était sans force, demeura lmpuni>. La conduite de Louis d'Outre-Mer dans cette circonstance fut peu loyale. Les^ Normand^ avaient reconnu pour successeur de Guillaume un fils naturel de ce prince, le jeune Ricbard, âgé de dix ans, et qui depuis fut surnommé ScmS'Peur. Louis s'empressa de le confirmer dans les honneurs et privilèges du rang ducal, puis il demanda et obtint que cet enfant lui fftt confié , afin de recevoir à sa cour une éducation convenable à sa fortune. capuvité Maître de sa personne , Louis , de concert avec Hugues le fib^û Grand, médita de lui ravir son duché : ils espéraient se Sans-Peur partager la Normandie, et ils s'associèrent dans ce but. Ces coupables espérances forent déçues : Osmond, gouverneur du prince , trompa la surveillance de ses gardiens Sa déu- par un stratagème : il cacha le jeune Ricbard dans une botte de foin, le porta ainsi sur son cheval, et, partant au galop, il atteignit durant la nuit le château de Coucy, où il mit le prince en sûreté. Louis, le sachant libre, renonça hautement à le dépouiller, et Hugues, n'espé-
< Richer donne à entendre que Hugues le Grand et même Tanpereur Othon furent les instigateurs ^e ce meurtre.
vrance.
LIVBB II. GHAPITBB IH. 135
rant plus rien de Falliance da roi , redevint son ennemi. Louis, cependant, fut victime à son tour d'une ruse des Normands : sur l'invitation qu'il reçut d'eux , il se rendit à Boaen y et l'accueil qu'ils lui firent acheva de l'abuser. La ville de Bayeux avait alors pour gouverneur un ancien roi danois, du nom d'Harold, expulsé de ses États par ion fils; ce Harold demanda une conférence au roi Louis , qui 9 avec une suite peu nombreuse , alla sans défiance à sa renconti-e, au gué de Herluin. Là, au signal du chef barbare, une troupe armée tombe à l'improviste sur l'escorte royale, la disperse et la met en fuite; l'écuyer du roi meurt pour le défendre, et Louis, emporté à travers champs par un cheval rapide, regagne seul les murs de Rouen, ou, au lieu d'un refuge, il trouve une prison. Les habitants, complices de la perfidie d'Harold, Emprise saisissent de la personne du roi et le font prisonnier. m^t4e Le comte de Paris feignit de s'intéresser au sort du mo- ^^^^ narqne captif; il intervint en sa faveur, et demanda ^«"«"• comme otages ses deux fils à la reine Gerberge, leur mère. Gerberge n'en voulut livrer qu'un; Hugues le fit accepter par les Normands en échange du roi I^uis, et cdui-ci fut remis par eux en ses mains. Hugues alors leva le masque; et voyant le monarque en sa puissance, perfidie il faussa sa parole, le retint captif, et repoussa la puis- lecnSo! santé intervention d'Edmond, roi des Anglo-Saxons, en faveur de son neveu % Hugues abusa indignement de ses avantages; il accabla de reproches le malheureux prince, et le contraignit à lui céder Laon, sa meilleure ville, pour sa rançon.
' La mère de Louis d^Outre-Mer était sœur des rois anglo-saxons Athelstane et Edmond.
iW PRSmtoB 'EPOQUE.
. Délivré à ce prix, le roi se rendit à Compiègne, où l'attendait sa femme, la reine' Gerberge , célèbre par ses Tertws, et oùs'étaieiitrémiis plusieurs évêques et quelques «mis âdèles; ià, en leur présence, il ne put contenir sa éî**roL ^^**^^ • " Hugues I Hugues 1 s'écrla-t-il , que de biens tu «m'as enlevés, combien ide maux tu m'as faits I Tu t'es « emparé de la ville de Reims, tu m'as surpris celle de « Laon. Dans ces deux villes je trouvais accueil, elles « étaient mes seuls remparts. Mon père captif fut délivré « par' la mort de malheurs semblables à ceux qui m'acca- « blent; et moi, réduit aux mêmes extrémités, je ne rap- « pelle de la royauté de mes aïeux que l'apparence. J'ai le « regret de vivre, et II ne m'est pas permis de mourir » I » Louis , dans sa détresse, implora contre Hugues et obtint J^^ le secours de son beau-frère l'empereur Otbon le Grande >^^- roi de Germanie, et de Conrad le Pacifique, roi de la ^^2Sdî* Bourgogne transjurane et de ta Provence. Avec le secours de le«rs armées 11 reprit la ville de Beîms, où il rétablit révèque Artaud sur le siège archiépiscopal , puis il investit la viUedeLaon , et s'en empara par surprise. Conçue Un concile, où parurent les rois de France et de Gerheim. manie, se rassembla à Ingdheim, sous la protection des armées impériales; le principal but de cette assemblée étGdt, d'une part, de suspendre les hostilités du comte Hugues contre le roi , et, d'autre part, de décider le trop fomeux différend entre l'évêque Artaud et son compétiteur : celui-ci fut déposé , et le pape Agapet confirma cette décision. Le concile fit défense à Hugves de marcher dé- . sormaisen armes contre le roi son seigneur, et le comte, refusant d'obéir , fut excommunié.
' Richer, Histoire de son temps.
LivBB' II. cntLwrmm -in. 127
L'anafhème de lIÉgItae, loin de désarmer ce puissant vassal, le rendît plus violent et plus redoutable; de concert avec les "Normands, tl ravagea les terres du roi Louis, incendia ses châteaux , et porta dans «es villes le pillage et le meurtre. Louis continua te lutte avec plus de courage ^^^^} que de succès; enfin , reconnaissant son impuissance, il eut recours , pour négocier la paix entre Hugues et lui , au pape, au roi Othon et aux évêques. TIs obtinrent qu'une trêve fût signée ; Hup:ues se reconnut de nouveau l'homme ^^^' du roi, et lui jura fidélité. Louis d'Outre-Mer ne jouit pas longtemps du repos que cette paix semblait lui promettre ; il vît encore plusieurs parties de Ja France romane, et entre autres le Vermandois , les diocèses de Reims et de Laon , ravagés par les Hongrois, et survécut peu à Tin- ?nîSon vasion de ces barbares. Comme il se rendait de Laon à Honnis. Reims, un loup croisa son chemin ; le roi se lança à sa poursuite; mais son cheval s'abattit, et Louis fut mortellement blessé ; il mourtit à trente-trois ans, en septembre 954, ^lîTui^^ estimé pour sa valeur et pour des talents qui en d'autres ^mS^' circonstances auraient suffi pour affermir la couronne sur sa tête. La race de Chorlemagne brilla en la personne de Louis d'Outre-Mer de son dernier édat ; tant qu'il vécut il y eut encore un roi en France, mais déjà il n'y avait plus de royaume.
Louis IV laissait deux fils en bas âge, Lothalre et ment de Charles. Leur mère Gerberge, sœur d'Othon le Grand , '^aïï.'^^' roi de Germanie, comprît que sans l'assistance du comte de Paris le trône échapperait à sa famille ; elle demanda donc son appui , et les mêmes motifs qui avaient engagé Hugues à couronner le père le déterminèrent à couronner enoore le fils, dont il attendait plus de docilité. Lothaire , fib aîné de Louis d'Outre-Mer, fut donc proclamé roi à
128 PBEMIÀBB IÊPOQUB/
Reims à la fin de rannée 954, sous la protection de Hugues le Grand ; et il reconnut ce service en ajoutant aux possessions de Hugues le duché d'Aquitaine, dont il lui donna l'investiture, au préjudice des enfants orphelins et mineurs de Raymond Pons, comte de Toulouse, qu'il dépouillait de l'héritage de leur père. Hugues conduisit aussit6t une armée en Aquitaine, et après une expédition malheureuse il en préparait une nouvelle, lorsque la mort
Mort de vint le surprendre au château de Dourdan-sur-Orge (956 ].
Grand. i\ nV cut daus Fancienne Gaule durant sa vie aucune puissance comparable à la sienne ; il en usa sans modération, mais non sans prudence. H fut le véritable fondateur de la grandeur de sa famille ; mais il n^attacha son nom à aucune œuvre utile et vraiment glorieuse ; et s'il ouvrit à son ûls le chemin du tr6ne, où déjà s'étaient assis son père et son oncle, il contribua aussi à déconsidérer ce trône, enseignant aux seigneurs^ par son exemple, comment on brave et comment on opprime ceux qu'on a soi-même couronnés.
Partage Hugues le Grand laissa le duché de France et le comté
Etats, de Paris à son ûls Hugues , qui depuis fut surnommé Capet; Henri, son dernier fils, hérita du duché de Bourgogne. L'un et l'autre étaient enfants à la mort de leur père. Hugues, l'aîné, avait dix ans à peine. Leur mère, Hedwige, et la reine Gerberge, mère et tutrice du jeune roi Lothaire, étaient sœurs \ elles avaient pour frère Tune et l'autre Othon le Grand, roi de Germanie, etelles mirent leurs enfants sous sa protection.
Puissance Cc priuce, de la maison de Saxe, était alors le plus il-
delempe-
otïioïie ^^^^^^ ^* ïc plus puissant des souverains de 1 Europe : il
Grand, gvalt couquis deux fols l'Italie sur Bérenger II; et il reçut
des mains du pape^ comme Charleraagne, la couronne
LIVBS II. GHAPITAB III. 129
impériale. Par ses grandes qualités et par ses victoires, il rendit à la monarchie germanique toute sa vigueur. Ses alliances ajoutaient encore à sa grandeur, et lui donnaient de l'influence sur la plus grande partie de l'Europe occidentale. Saint Bruno, son frère, gouvernait la Lorraine^; son beau- frère, Conrad le Pacifique, régnait dans la Bourgogne transjurane et dans la Provence; ses sœurs enfin. Tune reine, Tautre duchesse de France, recevaient de lui des instructions et des conseils. Sa fortune et son génie rapprochaient les membres épars de Fancien empire; et celui-ci parut renaître dans ses mains. Ce grand monarque mourut en 973 ; il eut pour successeur Othon II, son fils, et sa mort fut suivie de sanglants désordres dans plusieurs contrées qu'il maintenait paisibles ou soumises parla terreur de ses armes et de son nom.
Les liens du sang et de la reconnaissance attachaient le roi Lothaire et Hugues Gapet, duc de^ France et comte de Paris, à l'empereur Othon II , roi de Germanie , fils du grand homme qui avait protégé leur Jeunesse; ils formèrent l'un et l'autre de nouveaux nœuds avec sa famille , en épousant chacun une de ses sœurs '. Cependant la paix entre les deux rois fut de courte durée : une contestation s'éleva au sujet de la Gaule Belgique ou basse Lorraine, sur laquelle l'un et l'autre prétendaient avoir
' La Lotharingie ou Lorraine avait été réunie à la couronne germanique vers 923 par l'empereur Henri V% dit l'Oiseleur. Devenue province de l'empire, le gouvernement en fut donné, en 953, par l'empereur Othon le Grand à son frère Bruno, archeTéque de Cologne. Cdui-ci la divisa en deux parties, la haute Lorraine ou Mosellane, et la basse Lorraine : cette dernière était presque tout entière formée du pays qui est aujourd'hui la Belgique.
^ Lothaire épousa Emma, et Hugues Capet sa sœur ^alduède.
cw^u- des droits^ La Lotharingie ou Lorraine, difîsée ^am ^tïo? 'Otiion le Orand en hante et basse 'Lorraine, et réunie •%dc*iï'* la couronne germanique par son prédécesseur Henri Lorraine, p Oiseleur, était dcpuls lors considérée comme une province de Vcmpire. Charles, frère du Tol'Lothaire, y avait hérité de quelques flefs du chef de sa mère; et après la matt d'Othon le Grand il les réclama les armes à 'la mahi. L'empereur Othon II , inquiété sur d'autres frontières, offrit à Charles le duché de basse Lorraine , pour être tenu par lui en fief de la couronne germanique. Charles raccepta,et Othon crut avoir satisfait par cette concession le roi Lôthaire ; mais celui-ci, apprenant, l'ansj[prijc née suivante , que l'empereur était sans défiance dans la ^;C- ville d'Aix-la-Chapelle, forma le dessein de l'y surprenuSuïl. dre, et une expédition fut résolue d'une voix unanime contre le roi de Germante. L'armée aussitôt réunie fut secrètement dirigée sur la Meuse ; et le roi Othon faillît être surpris "dans sa capitale. Les soldats de Lôthaire occupèrent la ville et le palais; les tables royales furent renversées, les insignes impériaux enlevés, et l'aigle de bronze que Charlemagne avait placé au sommet de son pafois, les ailes déployées, et tourné vers l'ouest, fut retourné du côté du sud-est, comme un symbole de la fuite précipitée des Germains : là s'arrêta le succès de Lôthaire, et il ramena son armée, sans avoir obtenu aucun sérieux * avantage.
"aPSo^* Othon II tira vengeance de sa disgrâce : il envahit la Gaule à la tête d'une armée formidable de Germains, et, ravageant tout sur sont passage, il s'avança jusqu^aux portes d&Paris. Là,«irl&soiiHiietd&la biitteJifoBtmartre,
' Richer, liv. Ui, chap. Livn.
thon H.
LIYBS II. CHAPiniB HI. f ai
il fitentoiiner.pBrse6«olâats:te Gtmtique desmaritjrs, de manfère à être enteada des habftants^etdu comte Hugues^ qui défendait cette ^pitale contre (ai. Gertte inutile bravade fût la seule satisfaction qu'obtint le roi de fermanie ; désespérant de pénétrer dans Paris , et n-oiant séjourner au milieu de populations ^ennemies, il reprit le chemin de ses États, et sa retraite, inquiétée par Lotbdire et par Hugues^ fut aussi précipitée que ravait^été son attaque.
Lothaire comprit cependant qu'il y avait plus de ^ûi^eté pour lui dans l'alliance du roi de Germante que dans son ressentiment; il lui srbandonna donc ses droit» sur la Lorraine , et ils se réconcilièrent : de ce moment Réconci-
__ ' liation de
ttagues Capet et Lothôire devinrent ennemis. Mais Hu- ^^j^Jj» gués vit bientôt tous tes périls dont te menaçait l'union *g|jf des deux rois , et il s'attacha dès lors à les diviser. Il se othoS*"!!. tendit secrètement auprès du roi Othon , conclut la paix avec lui, et, au retour, il traversa sous un .déguisement tes possessions de Lothahre, et sut éd>apper à ses embûches. Le roi et ^le ducemployèrent l'un contre l'autre de perfides machinations, et tes peuples-souffrirent longtemps de leurs inimitiés; reconnairaant enfin leur impuissance à se détruire, ils firent te paix et parurent réconciliés.
ILothairefit assoder au trône de son vivant son fils Loj^irc V fait cou-
Louis, à peine âgé de treiie^iMi. Ce jeune prince fut cou- ^^^^^
ronnéen l'année 978, à Compiègne, par l'archevêque de
Reims , Adalbeffou:, ten présence et avec l'assentiment de
Hugues Capet»et des grands du royaume. Lothaire tenta
de soumettre l'Aquitaine à son fils', en lui donnant pour
femme Adélaïde , ^princesse du midi des Gaules, et veuve
de Baimond, duc de Septimanie'. Mais Louis ne rachetait
*- Plusieurs chroniques disent que Louis épousa une princesse du
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par aucune qualité royale ses goûts dissipés; les grand» d'Aquitaine ne reconnurent point son autorité , sa femme elie-méme l'abandonna, et il était toml)é dans une situation périlleuse, lorsque le roi Lothaire pénétra en Aquitaine avec une armée, et ramena son ûls.
Mort de Othon II mouHit à cette époque à Rome ( 983 ), laissant r?ur' un fils ésé de trois ans seulement, qui fut couronné sous
jiiJîtion *« û^n* d'Othon m. Lothaire profita des désordres qui
^'^^^^^ durant la tutelle de cet enfant paralysèrent les forces de la Germanie 9 pour revendiquer de nouveau ses droits sur la Lorraine; il y conduisit une armée, assiégea et prit Verdun ^ De retour dans sa ville de Laon, il méditait une nouvelle expédition en Lorraine, lorsqu'il tomba malade
Mort^da et expira (986) dans la quarante-cinquième année de son
^ÎSÏ^* âge et la trente-troisième de son règne*.
Louis V. Louis y, dernier roi de sa race, ne fit que passer sur Fa^^>A<- le trône. Comparant sa faiblesse avec la puissance de son vassal Hugues Capet, il alla vers lui, et lui dit : « Mon « père en mourant m'a recommandé de gouverner le « royaume par vos conseils et avec votre concours. Il as- « surait qu'avec votre assistance je posséderais les ri- « chesses, les armées et les places fortes du royaume : « qu'il vous plaise donc de m'entourer de vos conseils; « je place en vous mon espoir, ma vdonté, ma fortune K »
midi des Gaules , nommée Blanche, qui Pempoisimna dans la suite. Nous avons suivi la version, beaucoup plus circonstanciée» de Richer.
'■ Quelques auteurs ont prétendu qu^il rendit Verdun à Otbon III ^ nicher affirme qu'il conserva cette ville jusqu'à sa mort.
' Il est dit dans plusieurs chroniques que Lothaire mourut empoisonné par la reine Etnma, sa femme, coupable d'adultère.
3Richer, liv.IV,c. IL
• LIVBE II. CHAPITBB III. 183
Le roi parut ainsi Ini-méme mettre sa coaronne aux pieds de son vassal. Cependant l'historien qui nous a conservé ces paroles ajoute que le duc se laissa entratner malgré lui par le roi à une guerre ouverte contre Tarchevêque Reims «sde Reims Adaiberon, a qui le roi imputait entre autres J^^^^\ torts celui d'avoir facilité la dernière invasion du roi de ^^p*^'- Germanie Othon II, du vivant de Lothaire, et d'avoir assuré son salut et celui de l'armée germanique en l'assistant dans sa retraite. Le roi et Hugues Capet mirent donc le siège devant Reims , et menacèrent des dernières rigueurs la ville et l'évéque si celui-ci ne consentait à se purger publiquement des accusations dont il était l'objet. Le métropolitain promit de se justifier et de comparaître à un jour qu'il détermina ; il donna des otages, et le siège fut levé.
Un autre prélat, du nom d'Adalberon, évoque de Laon, fiit, comme celui de Reims, en butte aux persécutions sous ce règne : accusé par la clameur publique d*adultère avec la reine Emma, veuve de Lotbaire , il fut chassé de son siège ; la reine partagea sa disgrâce; l'un et l'autre se dérobèrent à leurs ennemis par la fuite; mais ils tombèrent dans les mains de Charles, frère de Lothaire , duc de la Fuite et
captivUé-
basse Lorraine, et il les retint dans ses prisons. Hugues ^^^^i Capet, cependant, agissait en secret auprès delà famille ^°^'"'qui régnait en Germanie; il resserrait les liens qui l'atta- (i^"^^^";^. chaient aux Othons^ et assurait d'avance à ses vues ambi- *îîJSnœ tieuses l'adhésion de l'impératrice Théophanie, tutrice du ^imuiJ jeune Othon m. ^'£^
La crise approchait du terme. Le roi Louis V fit à Sen- ' ^^ lis une chute dont les suites devinrent mortelles, et une année seulement après la mort de son père, le 22 mai 987, Mort de-