BBUXIBMB ÉPOQUfl
nombre favorisa les citoyens dans iears tentatives d'indépendance; mais ils ne réussirent point partout aus^ facilement : plusieurs villes, après avoir acheté leurs fran* chises, furent obligées de recourir aux armes pour les conserver. Ces libertés différaient peu de celles qu'assuraient les institutions municipales ; mais elles donnaient à cellesci une certaine extension y et offraient plus de garanties : lea citoyens obtenaient par elles le droit de former des conjurations ou communes y c'est-à-dire de se défendre à main armée, de nommer leurs maires ^ leurs échevius, leurs notables , de répartir leurs taxes, de rendre la justice et de s'administrer eux-mêmes, à volonté. Les engagements qu'ils prenaient entre eux supposaient un sentiment profond des droits de l'humanité ; et leur serment avait un grand caractère d'indépendance et d'énergie. Ils s'assemblaient dans la grande ^lise ou sur la place du marché; là ils juraient sur les choses saintes de se soutenir les uns les autres : tous ceux qui se liaient de cette sorte prenaient le nom de communiers ou ie jurés, et ces titres exprimaient des idées de dévouement réciproque. Les libertés qu'ils demandaient n'étai^t point cependant les libertés politiques telles que nous les entendons aujourd'hui : ils ne réclamaient pas le pouvoir de faire des lois et de participer au gouvernement de l'État ; ils voulaient obtenir de fortes garanties contre l'esclavage, et se dérober à une tyrannie insupportable; ils réclamaient le droit d'acquérir, de conserver, de vivre en sécurité sous les lois établies; enfin, cette liberté civile que le progrès social assure aujourd'hui à chaque citoyen dans la plupart des pays de l'Europe.
Le premier acte d'une commune constituée était de choisir une tour pour y établir une cloche ou beffroi, et la
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elause première du serment prêté par les habitants étaf€ l'obligation de se rendre en armes sur la place publique, aussitôt que le son de cette cloche se ferait entendre. Les communes affranchies par les seigneurs s'engageaient en général à leur donner une part dans toutes les récoltes, une redevance pour chaque personne, une autre pour chaque ehambre de leur maison , le monopole des moulins et des fours, et les habitants étaient tenus à un service personnel pendant un nombre de jours déterminé; enfin, les marehands devaient ouvrir un crédit à leur ancien maître jusqu'à concurrence d'une certaine somme. Malgré ces dures conditions et les serments les plus solennels , un grand nombre de seigneurs voulurent rompre ces traités, lorsqu'ils en eurent dépensé le prix et quand ils se sentirent assez forts pour les violer impunément. Les citoyens luttèrent presque partout avec courage ; mais ils comprirent la nécessité d'obtenir une sanction qui fût respectée par les çeigneurs eux-mêmes : ils s'adressèrent aux rois , en les suppliant de leur délivrer des chartes d'affranchissement et de les prendre sous leur protection. Les rois de France virent pour eux dans cette demande une source de richesse et un moyen de patronage direct contre les seigneurs , qu'ils haïssaient : ils vendirent donc leur appui aux communes du royaume , et accrurent ainsi de beaucoup leur propre autorité. Louis VI fut le premier qui délivra ces chartes ; mais il ne créa point les communes et n'affranchit pas leurs habitants. Les villes conquirent elles-mêmes leurs libertés, et le roi ne fit que légitimer des privilèges obtenus, en leur vendant sa sanction suprême. Ces actes royaux , quel qu'en fût le motif, fortifièrent la monarchie, en unissant sa cause à celle des peuples. Mais à cette époque le domaine royal ne s'étendait encore qu'entre la T. I. 10
lia DEVlLlfeliK BPOQOB.
Stmme et la Loke , €t les seiilM Tf tlet aoxcpMllef Looin VI vendit des duirtes fèrent Beaii?aîs , Noyou , La(Hi , Sois** 9ÙQS 9 Amiens , Saint-Biqàier^ Saint-Quentin et Abbeville^ Sans les autres parties de la Franqe actuelle les rois ii*ea« rent aucune part au maintien des libertés des communes^ les comtes n'y souffrirent pas l'intervention royale. Bans lea vyiea des contrées méddionales Rétablissement de» eonnumes lencimtra moins d'obstaeles que dans le notd; la lutte fut plus courte et le suœès pkis décisif : le systène léodal s'était moins appesanti sur elles, la plupart avaient eonservéleurs institutions municipales dans leur intégrité ' ; laques* unes étaient florissantes, telles qu'Arles et Nar^ bonne, ainsi que Toulouse, qui avait des rois pour alliés : )à le système communal ne fit que développer et garantir les libertés acquises.
Cambrai , le Mans , Amiens , Laon , Beims , Yézday , se distinguèrent parmi les villes qui montrèrent le plus d'énergie pour la conquête de leurs libertés communales. Cette révolution fut féconde en heureux résultats ; les cam» pagnards les plus voisins des villes envièrent le sort de leurs habitants: un grand nombre abandonnèrent les terres seigneuriales pour devenir eux-mêmes membres des communes, et plusieurs vBles, dont la population s'aeerut de cette manière, reculèrent leurs murailles. C'est ainsi que grandit par degrés la puissance des dtés et que s'affaib^ celle des ehàtetmx. Quand chacun eut obtenu dans les villes sécurité pour sa vie, pour sa fortune, et la libre jouissance des firuits de son travail , Tindastrie naquit, le commerce s'étendit , la classe bourgeoise devint chaque
' Les magistrats municipaux se nommaient consuls dans les Tilles du midi.
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jmt ijos IbrlA) p\m riohe , plas respeclabfe ; Taisatice gé- Demie aBCOMOta^ etia dvilisatiOB ût des pas rafrfdes. Ces preuves fooeot plas* seasiblea et plus prompts en Flandre ^e dans ks autres contrées du nord; le voisinage de la mer et la sttuaUon maritime de plusieurs grandes cités y ocntribuèrent , en davorisant rétablissement des manufactures , qnlettriohireirt; les citoyens , et en habituant ceux-ci de tout te ApB à ni^ leurs efforts contt e^les ravages des eaux. Après avoir appris ^'11 leur suffisait de s^associer pour dompter rOcéan, ils^urent toat préparés à sHmir pour lutl^ eoDl;re Fofq^resskm féodale, et pour en triompher.
Mais , pamii les-éménements qui caractérisent le onzième inflaencp et le douzième sièele« ceux <fui dominent cette époque et crof^des
^ «ur les
qui exercèrent riaâueoce la plus grande^sur^fesprit, les mœurs. «Meurs et V^\sA%nw de toutes les classes de la nation , fuient les croisades. Jusque alors la valeur fhroucbe des guerriers de FOeddent, excitée par la soif de la domination et dès ricbeises, n'avait eu pour but que des conquêtes toutes matérielles; les croisades en Terre Sainte n'amollilent point cette rudesse guerrière des mœurs, mais elles donnèrent au courage un but pkrs noble [et plus élevé , dles m spîritualisèrent la source : les Bommes s*accoutumèiVBt à combattre 9 à supporter les privations les plus emelies, à dernier leur vie pour quelque chose d'immatéïàè\ et d'idéil , pour une cause qui élevait leur âme ; et ils ae sentirent hommes pour une autre lin que celle de satisîeire leurs penchants grossiers. Ces expéditions lointaines, en tran^pOKtant de» multitudes innombrables ;à^ une si gnaide distance de leur patrie , a^iblirent les hafines na~ tionale^ et les> préjugés des^ différentes classes : il était iaopaisible^quetant d'kioiiNiies arnïés pour la même cause teinasiieiit teus eceur à tMl^ senti ment de A*aternité. Les
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moeurs de la noblesse surtout éprouvèrent d'heureux effets des croisades. L'enthousiasme religieux donna naissance à la chevalerie, qui brilla du plus vif éclat à la fin de cette chevaie- époque. Scrvir Dieu, chérir et respecter sa dame, défendre intrépidement, la lance au poing, envers et contre tous, ce double objet d'un culte enthousiaste, tel lut le devoir d'un preux chevalier. La domesticité était réputée service noble; la cour des suzerains, les châteaux dé^ seigneurs devinrent des écoles où les jeunes gentilshommes appre* naient à servir, sous le nom de varlets, de damoiseaux, d'écuyers, et à mériter ainsi eux-mêmes l'honneur suprême de la chevalerie. L'étude des lettres et des sciences n'entrait pour rien dans l'éducation du gentilhomme, qui passait pour accomplie lorsque celui-ci savait prier Dieu , servir les dames, combattre, chasser, manier son cheval et sa lance ; hors de là son ignorance était absolue , et il convient d'attribuer surtout au défaut de toute instruction intelleo« tuelle le bizarre mélange de superstition fanatique, de violence brutale, de piété sincère , d'enthousiasme pour le beau sexe, de courtoisie et de férocité, que présenta si longtemps le caractère chevaleresque.
Arn^> C'est à la première croisade que remonte pour la noblesse biasoD. l'usage des noms de famille. 11 fallait, dans ces immenses réunions d'hommes de plusieurs nations, que tout chevalier se fit reconnaître par un nom qui lui fût propre , et la plupart adoptèrent celui de leur fief. Les armoiries, les emblèmes héraldiques , sont de la même date. Un éclat extraordinaire s'attachait dans l'opinion aux exploits des croisés. Les seigneurs, pour en perpétuer le souvenir, placèrent dans leurs châteaux, à l'endroit le plus apparent, les bannières sous lesquelles ils avaient combattu en Terre Sainte; elles étaient les monuments de leur gloire ^ et les
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fàmilies^ en s'alliaot, se cotaniiiiiiqtiaieDt ces signes d*l1- Instraftîon ; les clames es brMktient l'image snr les meubles, sur leurs habits et sur cenx de leurs éponx; les guerriers les faisaient peindre sur leurs écus, et Ton indiquait d'une manière abrégée les exploits que ces étendards rappelaient : «ne arche signifiait un pont défendu ou enlevé ; par un créneau on désignait une tour; par un casque, l'armure complète dTun ennemi vaincu. Chacun de ces signes distincUfs devenait l'éeusson d'une famille, et les domestiques s'en montraient chamarrés dans les cérémonies. Le blason était l'art d'Jnterpréter ces emblèmes ; il fut dans le principe une espèce de langue qui faisait reconnaître les alliances et les droits à l'estime publique.
Les premiers essais de la poésie française sont du même Poésie. temps. Les croisés , revenus de la Palestine , parcouraient les châteaux pour y porter les nouvelles de ceux qu'ils avaient laissés en Orient ; ils récitaient les prouesses dont ils avaient été les témoins , et en augmentaient le merveilleux. On appelait trouvères dans les contrées du nord, et troubadours dans celles du sud , ceux qui mettaient ces l)elles actions en vers; chanières et ménestrels, ceux qui les chantaient en s'accompagnant d'instruments.
Les tournois prirent naissance à la même époque : ces Touraoïs. jeux, militaires étaient intimement liés avec les mœurs chevaleresques. Les temps qui ont précédé ou suivi la chevaterie n'offrent rien de semblable. On y accourait de toutes parts comme à des fêtes nationales; les gentilshommes y OMDlNillaient armés de toutes pièces, avec des lances , des haches et des épées dont le fer était émoussé ; quelquefois le combat se livrait à outrance. Les chevaliers cherchaient à se surpasser dans ces jeux, autant en magnificence qu'en iinrGe, en adresse et en courage. Ils y paraissaient distin*
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gués par leurs devises sous ies yeux -des niis^ des prioees et des dames, dent ils aiob&tiisMii^ent les applandissiiDents; les dasoes doBûoÈent les prix aux ^nttincpieors. Les toimim étaientréglés par une légjslatîoii pavtioiilière, doât le principal auteur fat €reo£froi de Preailly. re^léu ^^ ^^^ oélèbres ordres religieux mil^akes tmtemt fmdés par des Français à roceasîou de ia première eraisadev et de France ils se sont répandus dans toute 1- £uf <^. Les deux premiers furent les Hospitaliers de Saint'/ean et les Templiers : ils se Youàreut hiunblement auserriœ et à la défense des pèlerinsde la Terre Sainte, et, de mdifiies soldats qu'ils étaient d'abovd, ils devinrent souTemins. Uft troisième ordre, celui des Antamns^ se consaem aussiiilagement de ceux qui étaient atteints d'une espèce de peste appelée le feu sacré. C'est à la charité dirétienne que l'iis^ mmûté fat redevable de la fondation des ordKs ecelésias* tiques, qui la plupart, enrichis ensuite par de pieuses largesses, s'écartèrent de leur but, et dégénérèr^t de leur sainte origine. Les ordres d'hosf^taliers, institués pour Ib rachat des prisonniers faits par les Inôckdea et pour iesoillagement des malades , forent fondés plus ts^d, aussi bien que l'ordre célèbre des ïhminieainsiXi Frères prêcheurs, et celui àe&lFranoisoains ou Cordeliers, ainsi nommés parce qu'ils portaient une corde pour ceinture. Ces deux: derniers étaient aussi appelés ordres mendiait^ y parée qu'ils faisaient vœu de pauvreté «et vivaient d'aumônes , selon l'intention formelle de leurs illustres fondateurs, saint François d'Assise et saini Desnioique de 6h»mttit : ils acquirent en peu de temps une grande puissance : en vertu de commissions papales, ils prèdiaient, administraient les sacrements, dirigeaient la eonsdenoe des rois et des peuples, s'emparant ainsi par degrés de toutes les
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îmdkèoê 4es«téqtt6t et ém ctergé séouHer ' . N^tint rim, Us possèdmt toutes choses > (Usait; à l'empereur fréàé* vie IIsonttlutiM^ler.Pi^hre^sVi^^s. Hssapûentdausâft hoKA l^aocietiDe'liiérarehie de VÈgliM : <;Ar ito aaouliûeol: i^utte de»
ordres
en qoelipte sorle le pouvoir dea évêquea, dont ils bravaient j^^^°; l'autorité. Us Yoalareot aussi diriger les écoles, en s'eoa^ i^STiverpuraat des chaires de runivefSHlé « .ou dominait encore le ^^^^* dei^ séoalkr; eelui-ci résista, et soutint une lutte opt* n^Uve : la cpierelle dura trente uns , «t se f^olongea durant une gran^ partie du nègne de saint Louis; enfin, aprèa de longs orages et des e^eommunicaticais réciproques , Tu- ' Biversité fut contrainte de céder par le pape Ale^Modre IV ; les ordres mendiants obtinrent qadqaes chaires dans les éodles, et TuBiTersité conféra le grade de docteur à deuK membres illustres de ces ordres, au franciscain Bonateo* ttireetau dominicain saint Tliomas d'AguiU) ^ui^tsur* nommé l*An^ de l'école , et dont les éedts théologiquef «Réitèrent l'admiration enthonsîaste de ses contemporains»
Le mouvemait reli^eux diescroisades fut très^favoUibte à«^ accroissement prodigienK de la puissance des moines, ^ provoqua une multitude de fondations pieuses; les monastères dé C/teM.y et de Câtmum^ vastes et magniâques, regorgeaient de richesses ; ils sertalent aux assemblées de la noblesse , et leurs ablo^ iétaient admis dans le conseil des rois.
Les croisades communiquèrent en toutes dioses une vive et foite Imimlsion aux esprits et aux raieiirs. Propices
' Le Gier$é séculier est aasi Bommé parée quMl Tk dans le monde, dans lo siècle* Il se compose de tous les ecclésiastiques qui ne sont point engagés par des vœux dans une communauté religieuse. Les ecclésiastiques menibres des communautés , ou haUtant des monas<* »m, oompos^itte clergé régulier.
à l'affranchissement des communes, elles favorisèrent en-
core les progrès de la bourgeoisie par Textension qu'elles
com. donnèrent au commerce. Les délices de l'Orient firent
merce.
naître de nouveaux besoins ; les marchands , Jusque-là méprisés, acquirent plus de considération, et formèrent le lien entre l'Europe et l'Asie. Le commerce maritime surtout, presque nul avant les croisades ^ acquit par elles un très- vaste développement : l'industrie européenne gagna également aux conquêtes des croisés. Les étoffes de soie , les épîces, les parfums, et les autres trésors de l'Orient, étaient connus en Europe dès le siècle des Garlovingiens; mais on ne les voyait qu'à la cour des princes ou dans les habitations des grands : aussitôt qu'en partie, par Teffet des croisades, les villes furent devenues des centres d'activité libre y de commerce et de richesses, ce luxe s'étendit de toutes parts. La manière de se vêtir, de se meubler, de se nourrir, devint différente, et l'aisance augmenta chez les nobles et les bourgeois. Parmi les principales conquêtes de l'industrie dues aux croisades, il faut compter l'art de tisser la sole et les perfectionnements de la teinture, ainsi que la découverte de la canne à sucre, et l'art d'en ex* traire cette substance précieuse : le safran et l'indigo furent aussi à cette époque transportés en Europe.
La dernière et la plus nombreuse classe de la nation fut celle qui retira le moins d'avantages de ces expéditions : cependant les malheureux serfs ne furent pas totalement étrangers à leurs résultats. Les papes déddèr^t qu'on ne pourrait empêcher aucun chrétien, dans quelque condition qu'il fût né, de prendre la croix et de partir pour la Terre Sainte : c'était briser d'un seul coup lesliens qui attachaient les serfs à la glèbe, à la terre de leur seigneur; c'était les admettre à une espèce de fraternité d'armes, et accroître
LltHB I. ' CtE4MTHE TI."' ÎÎ5
à leorâyenx le sentiment WDisolateiir âe leur digûîtë imtivtâneUe ooffline naembres de ta famille hninaitie. Mais, quoicpie cest^aysans, deveâus soldats de l'Église, eussent acquis lenr affimnehissement , 11 n'en put résulter FétaMig- «ement d*une etasse de payisians libres. De cette multitude d'bommesqui partirent pour la Palestine, un petit nombre seulement revirent leur patrie; la plupart périrent de misère, de ^tigues et d'excès, ou furent moissonnés par le cimeterre des musulmans.
Plusieurs sciences sont redevables aux croisades de sciences. grands progrès, entre autres, l'art militaire, la navigation , l'histoire et la géographie. L'aspect de tant de con« trées différentes , l'observation de mœurs nouvelles et si variées, la comparaison d'une multitude d'usages, étendirent les idées des peuples, et déracinèrent un grand nombre d'erreurs et de préjugés. Cependant la plupart des améliorations dont les croisades furent la cause ne se manifestèrent que très-lentement, quelques-unes même ne portèrent tous leurs fruits que longtemps après que l'Europe eut renoncé à ces expéditions religieuses; celles-ci furent accompagnées et suivies d'un grand nombre de calamités, et il faut reconnaître l'un de leurs effets les plus , funestes dans Tardeur sanguinaire qu'elles parurent avoir \ communiquée aux chrétiens , disposition entièrement con- / traire à celle du divin fondateur de leur culte. Les peuples chrétiens depuis longtemps, il est vrai, regardaient comme maudits de Dieu tous ceux qui ne partageaient pas leur foi ; les croisades fortifièrent cette fatale tendance des esprits : les peuples réputés hérétiques furent bientôt poursuivis avec autant de fureur que les musulmans et les juifs, et l'extermination des Albigeois ouvrit le champ à une longue série de guerres cruelles. La faiblesse des progrès
. do diriitiiiilianie en (kkiA et plnsiewns dtoeetpet ûm fihvétittia 4aiMi la Sftiesttee doivent Atre en^nende pnrfie attribués anx barbaries dâ muses, qui te eiegiakat tout permis envers les infidèles , et qui ne pensaient pas 4lee leoQs à garder avec eux leur parole. Us oubliàieat qm la mâlleure preuve que les bosimes puissent donner de la supériorité de leur civilisation et de la saiatelétle leur eutte est le resq^t qu'ils montrent pour la vertu et pour la vérité.
LIVA» II* CAAtIVU I. ttr