‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 29 sur 90 · LIVRE tt. CHÂrt^THB T · texte numérisé non relu

LIVRE tt. CHÂrt^THB T

Philippe III : il sembïaît ne voir et n'agir que par Pierre Disgrâce de la Brosse , qui avait été son charabeFlan , et qui , porté ^^^1^^% par de basses intrigues au poste de premier ministre, s'é- ** ^l^^* tait attiré la haine de tous les grands. Une catastrophe sanglante termina les jours de ce favori. Jaloux du crédit de la reine Marie de Brabant, seconde femme du roi, il l'avait accusée de la mort du prince Louis, fils aîné de sa première femme : Philippe ordonna des recherches à ce sujet. On croyait alors ne pouvoir découvrir les auteurs d'un crime que par k torture des prévenus, ou par l'intervention des puissances célestes et infernales : Philippe consulta ceux que la superstition du temps faisait considérer comme doués du pouvoir de lire dans l'avenir. Le vfdame de l'église de Laon, un sarabaïte ', une béguine de Nivelle, passaient pour avoir des révélations. Tous trois eontribuèrent d'abord à accréditer les bruits répandus contre la reine; mais ensuite ils se rétractèrent, et mirent le roi en garde contre Pierre de la Brosse. Deux ans s'écoulèrent encore jusqu'au jour où un moine apporta au roî, à Melun , des lettres cachetées du sceau de son ministre. Le contenu de ces lettres demeura un mystère ; mais la Brosse fut arrêté aussitôt, et jeté dans une tour. Philippe lui donna pour juges trois des plus grands seigneurs de la cour, ses ennemis ; et la Brosse , condamné , fut pendu au gibet de Montfaucon, en 1 278.

Le règne de Philippe III ne laissa aucun'souvenîr glorieux pour la France, soit à llntérieur du royaume, soit à l'étranger ; et cette époque fût marquée par l'affreux désastre qui renversa le gouvernement français en Sicile.

' On nommait ainsi des moines qui ne vivaient point en communauté, qui n'étaient soumis à aucune règle, mais qui portaient la tonsure et se donnaient pour rigoristes. (Du €ange, Glossaire.)

2S0 . JOSUXiÉliK RFOQUi.

Charles d'Aiiijou, après avoir fiât eondamner à mort et exécuter le jeune Coaradiu, ûls de Conrad IV et petit^fils de Frédèrie II, se croyait affermi sur soa nouveau trône. Conradin était le dernier prince de la maison de Hohen* stauffien ; sa mort laissait le champ libre à Guéries d'Anjou, qui dès lors crut pouvoir accabler Naptes et la Sicile sow une effroyaUe tyrannie. La vengeance couvait dans tous les cœurs -, Jean de Procida devint l'âme de la conspiration : s'assura de i*appui^de l'empereur grec, Michel Paléolo*gue, et du roi d'Aragon, don Pèdre lll. Ce dénier rassemble en secret une flotte, qu'il confie au célèbre Roger de Loria, son amiral, avec l'ordre d'attendre les événements sur la 'côte d'Afrique. Tout à coup, le 30 mars 1282, le Vêpres si. peuple de Palerme se soulève au moment où les vêpres IMS. sonnent : au bruit de ce tocsm , les Français sont massue crés dans les rues de Palerme , et un mois après Ms le sont dans toute la Sicile. Charles d'Anjou, furieux, attaque Messine ; Roger de Loria accourt , et détruit sa flotte sous ses yeux. Charles pousse des cris de rage, et demande vengeance au roi Philippe, son neveu. Le pontife Martin IV soutient vivement sa cause; il déclare don Pèdve déchu 4e la couronne d'Aragon , pour le punir d'avoir soutenu les l^citiens ; et par la même bulle il nomme Charles de Valois, second (iisde Philippe, successeur dedon Pèdft, contre Gronde lequel il prêche une croisade. Philippe lU la commande^ ^^f mais cette expédition est malheureuse; Gàrone oppose nne longue résistance aux Français, tandis que le roi d'Arago», avec ses ûdèk» Almogavares % soldats demi-sauvages | occupait les mon^nes voisines : ses attaques imprévues

' Ce nom, emprunté aux Arabes» était donné en Catalogne aux fantassins arnés à la^lésère.

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'OtBMdttfiîées, ïà disette et ies^ fièvres, nMiSBcniiiintrffmiée de Phîfippe; il levieiil^Fraiiiee, mateiâe et presque se»}, porté sur une litière, et il expire dans le co«rs de ramiée. Charles d' Adjoq était OHMrt pea airaat lui, du ehagrlu d'à- Mort de ^oir perdu la SUeUe; et Ph^ippe fut suivi de près dftus la Pfji^tnsibe par Martia IV et le roi d'Aragmi.

Pendant œ règne, un simple genâlbemme, appelé Ro- Fondaoolphe, eonste de Habsbourg, fat ébà empereur m 1273, ^^^l^^^ et devint fondateur de la nouvelle laaiBOB d'Autriehe. Un '*t>^J',^^ des événoxients les plus remarquables de cette époque fût /^'' la réunion momentanée des Églises grecque et latine, opérée en 1274 par Grégoire X, aa second co«idIe œcuménique de Lyon. L'emfpereur Michel Paléologue fut reçu par le pape au nombre des fidèles ; mais les Grecs ne se prêtèrent point à cette réconciliation, qui faillit coûter la vie à l'empereur.

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