‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 19 sur 65 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

Dn 1" octobre 1791 a« 20 septembre 17f2.

La cour, la noblesse et le clergé n'avaient eu aueun pou*

voir dans les nouvelles élections ; elles furent faites sous

ouverta- ttoc lufluence toute populaire , et rAssemblée ouvrit ses

^Minbiéle' séances le l^*" octobre 1791. Elle se déclara sur-le>cbamp

légblati- ■"

tobreiÎM assemblée nationale législative, et prêta sur racte eoostitutionnel, aux applaudissements du peuple des tribunes, le serment de vivre libre ou de mourir. La minorité de U <!(»PMi dernière assemblée était devenue la majorité de celle-ei, ri^' et les partis qui la divisèrent ne tard^entp<Hnt à se montrer. Le côté droit, composé d'bommtôfermem^t attachés à la constitution, forma le parti feuillùnty qui s'appuyait sur le club de ce nom , sur la garde Datk>nale et Tamiée ; mais il ne dominait plus dans rassemblée, et céda bi«DtM; le poste important de la municipalité à ses adversaires de la gauche, qui composaient le parti girondin, à la tôte duquel brillaie&t les célèbres orateurs de la Gironde, dont il reçut son nom , Yergniaud, Guadet, G^nsonné, el avec eux Brissot, Ccmdorcet et le fougueux Isnard. Ce parti était disposé à appeler la multitude et les moyens les plus violents en aide aux progrès de la révolution, différant sur ce point des constitutionnels, qui rejetaient tout autre appui que celui de la loi. Le centre de la législative était attaché à l'ordre nouveau ; mais le défaut de concert et la crainte soumirent ses résolutions aux décisions violentes de la gauche. En dehors de rassenU>lée , la faction démoera-

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UVll U CHAmiB fl. 903

tiqae soQtetmit les gf rondins, et dispoiait des chibs et de la mahitnde : Robespierre régnait tSK Jacolrios;D«iton, Gamine Desmonlins , Fabre d'Églantlne , ao dab des Cordeliers, ptns exalté eneore que le précédent, et le brasseur Santerre, dans les fldnboiirgs: tels étaient les prinetpanx cbeft du parti populaire, et leur pouT<^r s'acerut rapidement par les audacieuses et coupables entreprises des meneurs de la révolution.

L'émigration augmentait cbaqae Jour; les deux £rà*es du roi et les princes avaient protesté contre Taoeeptation de l'acte constitutionnel par Louis XVI : à leur appel, les nobles quittèrent leurs cbâteaux ; et les officiers leurs régiments; on envoyait des quenouilles aux tratneurs ; des rassemblements bostiles se formèrent dans les Pays-Bas autrichiens et dans les électorats limitrophes; la contrerévolution était préparée à Bruxelles , à Worms et à Coblentz , sous la protection des cours étrangères '. Tandis

' « Cette noblesse avait patieaHneiit svpporté les labaissismeiits et lesdéfyMiUlemeots personnels de titres et de fortune qne rassemblée eenstitiiante lui ayait imposés par la destruction des derniers vestiges de la féodalité, ou plutôt elle avait généreusement fait elle-même un sacrifice à la patrie dans la nuit du 4 août. Mais les outrages au roi lai avaient paru plus intolérables que ses propres outrages. Le délivrer de sft captivité , Parracher à ses périls, sauver la reine et ses entats , rétaUir la royauté dans sa plénitude oi| naourir en combattant pour cette cause , lui paraissait le devoir de sa situation et de son rang. L'honneur d'un côté , la patrie de Tautre , elle n'avait pas hésiié, elle avait suivi Thonnear. II se sanctifiait encore à ses yeux par le mot magique de dévouemeut. Il y avait un dévouement réel k ces jeunes gens, à ces vieillards d'abandonner leurs grades dans Tannée, leurs biens, leur patrie, leurs familles, et d'aller se jeter 9ar la terre étrangère autour du drapeau blanc, pour y foire le métier de simple soldat etpomr y affronter Texil éternel, la spoliation pronoAcée contre eux par les lois de leur pays, les fatigues du corps, on la mort sur les champs de ba-

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304 QUATRIÈMB BPOQUB.

que les nobles émigrés disposaient tont à l'exténear pour la guerre , les prêtres réfractaires tendaient à soulever le peuple ; les évéques firent défense de s'adresser, pour les scission sacrements, aux prêtreseonstitutionnels, qualifiés d'intrus; «|^«- des circulaires foudroyantes contre ceux qui y participaient forent répandues dans les campagnes, et des soulèvements redoutables éclatèrent dans le Calvados, dans le Gévaodan et la Vendée. L'assemblée, irritée , adopta, le 30 octobre , un décret qui déclarait Louis-Stanislas-Xavier , frère da roi, décbu de ses droits à la régence , s'il ne rentrait en France dans deux mois ; elle décida ensuite que les Français rassemblés au delà des frontières étaient suspects de conjuration contre la patrie , que si au 1^*^ janvier 1 792 ils étaient encore en état de rassemblement bostile, ils seraient traités en conspirateurs, et punissables de mort; * Décret enfin elle arrêta que le^ ecclésiastiques réfractaires seraient

surl'obli- ^ ^

*wment" ^^°"* ^® prêter le serment civique, sous peine d'être privés *^*îï!- de leurs pensions, et passibles d'une détention dans le mif cas où des troubles religieux surviendraient dans leurs communes. Le roi sanctionna le premier décret ; il opposa son veto aux deux autres. Il se prononça néanmoins avee énergie contre l'émigration ; mais la cour mettait tout son espoir dans l'Europe, et fut le foyer des intrigues ourdies contre l'assemblée : mal inspirée par sa baine pour la constitution et ses principaux auteurs, elle fit la faute énorme de retirer toute sa confiance aux constitutionnels, lorsque seuls ils se dévouaient pour la défendre ; c'est ainsi qu'elle porta le girondin Pétion à la mairie, de préférence à la

taille.... Dans les guerres cîTiles il faat juger chacun des partis avec ses propres idées , et elles sont presque toujours Fexpression de deux de?oirs en opposition l'un contre Tautre. »

(LamartiBe, ffist, des Girondins, t. If.)

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LITRE f. CHAPITBB II. %0S

Fayette, et qu'elle ooTrit rentrée delà oommune de Paris aux hommes de la multitude.

L'indignation nationale était alors particulièrement excitée par la conduite des princes limitrophes, qui accueillaient avec faveur les émigrés, et favorisaient les attroupements militaires. On voulait faire prendre à Louis XVI contre eux un engagement solennel ; et Isnard termina un discours, prononcé dans ce but à la tribune, par ces paroles emphatiques et fougueuses : « Disons à TEurope que « si les cabinets engagent les rois dans une guerre contre « les peuples , nous engagerons les peuples dans une guerre « à mort contre les rois ; disons-lui que tous les combats « que se livrent les peuples par ordre des despotes res- « semblent aux coups que deux amis, excités par un ins- « tigateur perfide, se portent dans l'obscurité. Si la clarté n du jour vient à paraître, ils jettent leurs armes, s'em- « brassent, et châtient celui qui les trompait ; de même si, « au moment où les armées ennemies lutteront avec les nô- « très, le jour de la philosophie frappe leurs yeux, les peu- « pies s'embrasseront a la face des tyrans détrônés , de la « terre consolée et du ciel satisfait. » La mesure proposée Préparafut décrétée avec transport et à l'unanimité; Louis XYI la guerre. l'approuva. « Si mes représentations ne sont pas écoutées, « dit-ily Jl ne me restera qu'à proposer la guerre. » L'assemblée vota vingt millions pour cet objet; cent cinquante mille hommes furent levés ; on forma trois armées, établies sur les frontières du nord et de l'est, et on leur donna pour chefs Rocbambeao, Lukner et la Fayette. Les princes émigrés furent en même temps décrétés d'accusation, et Monsieur déclaré déchu de ses droits à la régence. L'Autriche, gouvernée alors par le prince de Kaunitz, principal ministre, répondit à ces décrets en ordonnant au maréchal de

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906 QUAxminfK iroQUE.

Bmider de 80«to&ir réfteeteor de Trêves s'il étirit attiqné, et exigea la réintégration des innées aUenands aotreflslB pessemonnés en Alsace : elle vonlaH le rétabHssenent de la féodalité dans cette prorince» oa la gverre.

L'assemblée législative acevait alors le ministère de faiblesse et de manvaise volonté; et me intrigne ayanA fait sacrifier à Bertrand de MoUevttle, minis^e de la marine, Justement siupect, le ministre de la guerre Narbonse, sincèrement attadié à la censtiti^ion, il s'ensuivit une dissolution tottJe du conseil, et le renvoi du ministre des affaires étrangères Delessart devant la baute cour d'Orléans. Le roi, pressé par les dreonsfances, forma un BfinistèK mkiistère girondin, dont les membres les plus remarquabtes ManiTM. fèrent le général Dumooriez et Roland. Le premier, babltué dès sa Jeunesse à Tintrigue , voulait parvenir à tout prix : il était audacieux, léger, sans conviction politique, mais doué d'un coup d^oeil rapide et sûr, d'un génie actif et fécond en ressources. Le second Joignait l'austérité des mœmv à une grande simplicité dans les manières; mais il avait peu d'étendue dans l'esprit, et se laissait trop do> miner par sa femme : celle-ci obéissait elle-même à un dangereux enthousiasme; elle fut l'âme et le conseil de fa Gironde.

La première mesure du nouveau ministère fut relativ à la guerre. Lé&pM était mort; François II, roi de Bohème et de Hongrie, allait lai succéder à l'Empire, et son élévation ne changea rien à la politique autrichienne par rapport à la France* Le prince de Kaunitz exigea au nom de sa cour la restitutioii des biens de l'Église au clergé, des terres de l'Alsace aux princes allemands, et du comtat Yenaissin au pape. Tel était l'ultimatum de l'Autriche. Louis XVI y répondit en proposant la guerre, et l'assem-

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UTKB I* CHAPIZU'II. M7

blée la dédda : l'inimkm de la Bdgiqve, oeeufée par les caerre PranieDs, fot réiolae, et BadMUttbeao eut ordre de l'en* Afrti ' tepvettdre; mate lea éeva. lumières eolo&Bes d'iavasioii ferait aateies d'une terrear panifia à Taspcct de rarmée Pranim pmsifteoMy et prirent la faite; Roehanbeau te démit da eommandemeat, et la guerre prit ub caraetère défensif : deax armées oauvrirent nos frontières du nord et de Test, §018 la Fayette et Lukner : Tarmée de la Fayette s'étendit de la mer à Loogwy; celle de Lnkner, de la Moselle anJara.

Le premier revers de nos armes excita de vives inqniétodes, et souleva de violents mécontentements. La eonr fut aeetisée de oomplidté avec l'ennemi, et l'assemblée se mit en permanence : elte ordonna le Heenciement de la garde constitutionneUe du roi^ portée par loi de dix-huit cents hommes à six mille^ et rendit deux décrets contraires aux vœux du roi : l'un exilait les prêtres réfractaires, l'autre étabKssaît un camp de vingt mille hommes sous les murs de Paris. Les ministres supplient le roé d'6ter toute CÊçéranee au clergé opposant, en admettant auprès de lui des prêtres assermentés : leurs efforts sont inutiles, et une scission éclate à ce sujet dans le mhitstère. Roland écrit à i^etow de

" Roland

LoQis XY I une lettre inconyenmite et dure sur ses devoirs *« ^' constitutionnels, et l'exhorte à se faire franchement le roi de la révolution : cette lettre blesse le monarque, et décide la dissolution du cabinet; les mimstres girondins sont ren> vojés, et peu de jours après les deux décrets sont rejetés par le roi : l'assemblée déclare aussitôt que trois membres du dernier ministère, Roland, Servan et Glavière, emportent les regrets de la nation.

Le no«veau ministère est cfaoi^ parmi les feuillants, qui Ministère ne comptaient dans leurs rangs que des hommes suspects à Jub) i^aa-

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208 QUATRIJOIB ÉPOQUE.

la nmltitode par la modération de lears principes, et odieni à la conr par leur attachement à la constitution : ils manquaient de force ; et le roi , qui reconnaissait leur faiblesse et leur impuissance, n'espérant plus que dans rintervention de l'Europe, chargea Mallet-Dupan d'une mission secrète auprès des princes coalisés. Les partisans de la monarehie constitutionnelle , à la tète desquels étaient Latly et Malouet , tentent un dernier effort contre le torrent ré* volutionnaire : Duport, Lameth, Barnave et la Fayette essayent de réprimer les clubs et de rétablir l'autorité du roi; la Fayette écrit à l'assemblée , lui dénonce les jacobins comme les fauteurs de tous les désordres, et la conjure de ne prendre pour le salut public que des mesures légales : cette lettre n'a d'autre effet que d'ébranler le crédit du général. Les partis se divisent de plus en plus, toutespoir de conciliation s'évanouit; chacun d'eux cherche à vaincre par des voies funestes : la cour compte sur l'Europe pour ressaisir la puissance , et la Gironde a recours à la multitude pour établir la sienne : Chabot, Santerre et la marquis de SaintHurugue excitent les faubourgs; l'anniversaire du Jeu de Paume approche, et une formi- Lepenpie dablc insurrcctiou se prépare. Ce jour- la, 20 juin, trente leriei^ mille hommes armés de piques descendent des faubourgs» »8s- et marchent vers le lieu des séances de l'assemblée, où leur chef prononce un discours menaçant; son hideux cortège déûle ensuite dans la salle , en chantant le san* guinaire refrain Ça ira y et au cri de Vivent les sans-cu-* lottes^ à bas le veto! Santerre et Saint- Hurugue le conduisirent ensuite aux Tuileries, dont les portes sont ébranlées par la multitude: le roi les fait ouvrir, et se présente presque seul aux insurgés. Sommé par eux de sanctionner les deux décrets, il résiste avec un admirable courage;

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LIYBB I. GHAPItBE II. 209

mais il n*ose refuser le bonnet rouge qu'on lat présente an bont d'un pique, et il le met sur sa tête aux applaudissements de la populace. Pétion, maire de Paris, n'avait rien fait pour prévenir l'insurrection : il feignait de l'ignorer lorsque déjà depuis plusieurs heures Louis XVI et sa famille étaient exposés Sans leur palais aux plus indignes traitements : il arrive enfin, et harangue la multitude, qui s'écoule sans résistance, satisfaite, pour cette fois, d'avoir impunément outragé la majesté royale.

Les constitutionnels, indignés, supplient le roi de leur accorder sa confiance et d'accepter leur appui ; le duc de la Bochefoucauld-Liancourt lui propose de le conduire à Bouen, où il commande, et la Fayette le conjure de venir se mettre à la tête de son armée : mais la fatalité aveugle l'infortuné monarque , il refuse. La Fayette accourt à Paris ; il demande à l'assemblée la destruction de la secte jacobine et la punition des auteurs du 20 juin; mais l'assemblée ne l'invite aux honneurs de la séance qu'après avoir délibéré si elle ne le traduirait pas en accusation, comme déserteur de son poste. La Fayette compte sur la garde nationale pour fermer les clubs, et les gardes nationaux ne répondent point à son appel ; il retourne alors à son armée, après avoir perdu son influence et sa popularité.

Les souverains étrangers rassemblaient toujours des masses formidables sur nos frontières , et la division des partis à l'intérieur rendait la situation du royaume de plus en plus alarmante : le roi était dans l'assemblée en butte aux plus violentes invectives; déjà la question de la déchéance y était agitée, lorsque le 5 juillet l'assemblée déclare la patrie en danger : tous les citoyens en état de porter les armes sont mis en activité; on distribue des

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110 QUATSliME iPOQinb

piqnes/aoeurMedes batallloiifl de yokmtaîres; un camp se fcMrme à Soissoos; Teaudti^on révoluftioMiaire est â' son comble , et s'aecEott encore par rarrivée des fédérés marseilfais à ParÈ^ Fétion devient l'objet de TadoratHNi du peuple^ et à Famiiversaire du 14 juillet le aenleri de la fédération est : Pétion, ou la mort! Le dpb des leuH* Jants est fermé ; on casse les compagnies de grenadiers et de chasseurs de la garde nationale, qui faisaient la force de la bourgeoisie ; la ligne et les Suisses sont éloignés : tout se pr^iare pour une catastropl». Manifeste L'armée ennemie s*était ébranlée ; le due de Brunswick, de B^. précédé d'un foudroyant manifesle , s'avoiçait à la tête de soixante et dix mille Prussiens et de soixante-buit n»lle Autrickiens , Henois ou émigrés. Ce raudfeste renfermait d'effroyables menaces contre Paris et contre toutes les Tttles qui auraient Taudaee de se défendre; il irrite tes popnlatioos, et produit un soidèyement général. Dans Paris te parti populaire veut sur-le<champ annuler l'autorité du roi : Bobespierre, Danton, Gao^lle Desmoulins, Fabre d*Églantine et l'infilme Marat haranguent la m>ultitttde, et échauffent son délire; le 3 août le maire Pétion se présente à l'assemblée, et demande la déchéance âm roi au nom de la commune et des sections. Cette pétition est renvoyée à une commission de douze membres. On discute peu de jours après la mise en accusation de la Fayette ; il est absous à une faible majorité. Le peuple insulte ceux qui ont voté en sa faveur ; les scènes dedésordre se multiplient, et les insurgés fixent l'atta^pie du palais an matin du 10 août Affitation ^ feubourg Saint-Antoine, où les jacoirïns se rendent K??tta- ^ cortège , eçt le centre de rinsnrrection ; là on décide c7&uiû. de consigner Pétion , pour le soustraire à tonte respoesaki-

LIYKB I. CKAPnrBK II. 211

iilé, et de fi«bstitttef au cooseH de la comnooe mie fiamy- chute de dpalîlé îBsiinreelifioiielie : les agitateurs se roident en cue^^ mène temps dans ias casernes des fédérés narseiHais et *"^' bretons. Instruite de ees dispositions meotçaotes, la covr avait mis le chèteatt fsa état de défense; Thilérieur était gardé par huit à neuf eents Suines et par une troupe de gettdis-hoiiuiies armés d'épéee et de pistolets; pkisieurs balaillMis de gardes natioDaHX , et entre autres ceux des Fifles-SakiA-ThioaQafl rt ^s Petits-Pères , eonims par leurs sealiments royalistes, oeeupaient les orars et les postes eitérieors; mais vx^ omp funeste ébranle leinr résolution : Mandat, lemr commandant général, e^ appelé devant le nouveau oooseil de la commune pour rendre compte de sa conduite, et la multitude Tégorge sur les degrés de VhàtiA de ville. Le brasseiur San terre lui succède aussitôt dans son csnmianderaeiity et la cour se voit (nrivée d'un de ses plus fermes défenseurs. Les insurgés, excités surtout par le re< doQlable Danton, s'avançaient sur plui^eurs colonnes, et tooroident lairs^c«ioes c<mtre le château ; le roi, ayec la doaknr empreinte'sur le visage^ passe les troupes en revie; maki dans les rangs de la garde nationale les cris de Vive le rai! sont couverts par ceux de Vive Pétian! à bas le vetOf à bas le traître 1 Le procureur* syndic, Bœderer, s'avance alors vers les insurgés , et leur Ut Farticte de la loi qui enjoignait de repousser la force par la force ; Is garde nationale le seconde faiblement, et les insurgés redooblent d'audace. Rœderer rentre au château , et déclare à la famille royale qu'il n'y a plus de sûreté pour elle que dans le sein de l'assemblée législatiTe : « Allons, monsieur, » dit la reine au roi, en lui présentant un pistolet, «Toici le moment de vous montrer »• L(Miis XYI Ktfde l&fl»ftenee; peu de moments après il ctonne le signal

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212 QUATBIÈIU KPOQUfi.

du départ, et se rend à la salle de l'assemblée, au milieii des YoeifératioDS de la populace. Vergoiand présidait; le roi prend place à côté de lui ; mais Chabot ayant rappelé que rassemblée ne pouvait délibérer en présence du roi, Louis XVI et toute sa famille passèrent derrière le président, dans la loge obscure du logographe.

La cause du combat ne subsistait plus depuis le départ du roi pour l'assemblée; il s'engagea cependant une lutte furieuse entre les Suisses et les assaillants, dont les Marseillais et les Bretons formaient Tavant-garde : l'audacieux Westermann, ancien adjudant-sous-officier, dirige l'attaque ; les Suisses, qu'une première décharge rend maîtres du Carrousel , sont refoulés par la multitude, dispersés et exterminés. Ce fut là le dernier Jour de la monarchie. La nouvelle municipalité vint faire reconnaître ses pouvoirs dans l'assemblée, et termina sa harangue en domandant la déchéance du roi et une convention nationale. Vergniaud répondit en proposant la convocation d'une assemblée extraordinaire, la destitution des ministres , et la suspension du roi. Ces mesures furent approuvées : on rappela au pouvoir les ministres girondins; Louis XYIfat Lafomuie condult au Temple, et Ton désigna le 20 septembre pour ^Temple." l'ouverture de l'assemblée qui devait prononcer sur les destinées de la nation.

L'armée ennemie approchait , et la guerre civile était à craindre. La Fayette aima mieux renoncer à son commandement que soutenir à l'intérieur des luttes sanglantes ; il quitta son armée, et passa la frontière avec Bureau de Posy, Latour-Maubourg et Alexandre de Lameth : reconnu par des postes autrichiens, il fut arrêté, et l'empereur le fH ^Se^iî^ enfermer à Magdebourg, puis à Olmutz, au mépris du ôJmutz. droit des gens. Là il déploya un noble courage pendant

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LIVBE T. CHAPITRE II. 213

quatre années d'une captivité cruelle : sa délivrance fut mise au prix de quelques rétractations; il resta dans les fers plutôt que de renier les principes au triomphe desquels il avait voué sa fortune et sa vie. ' Le parti vainqueur au 10 août procédait dans Paris à rétablissement de ses pouvoirs par les moyens les plus violents : il fit abattre toutes les statues des rois , abrc^ea le directoire départemental , abolit lés conditions exigées par la loi pour devenir citoyen actif, et ouvrit ainsi un dangereux accès à la multitude dans le gouvernement ; enfin le même parti demanda à l'assemblée l'établissement d'un tribunal extraordinaire pour juger ceux qu'il nommait les conspirateurs du 10 août. Ce tribunal fut établi; mais sa justice parut trop lente à la terrible commune , docile aux inspirations de Marat, Panis, Sergent, Jourdeuil, 0)lIot-d'Herbois, Billaud-VarcnueSjTallien, et dominée surtout par le fougueux et formidable Danton , récemment appelé au ministère de la justice, et surnommé le Mirabeau de la populace.

Les Prussiens, soutenus par trente-six mille Autrichiens mmion et dix mille Hessois, menaçaient la frontière du nord ; six ?«?«.' mille émigrés français, sous le pnnce de Gonde, marchaient de concert avec eux contre la France. L'armée de Sedan était sans chef, et l'invasion des ennemis fut rapide. Longwy, investi par eux , capitule ; Verdun est bombardé; de là le chemin est ouvert jusqu'à Paris : l'effroi règne dans la capitale, et déjà dans le conseil exécutif il est question de se replier derrière la Loire. Danton soutient avec raison que la France est dans Paris, qu'il faut s'y maintenir à tout prix ; et il termine par ces paroles sinistres : t( Mon avis est que pour confondre les agitateurs et pour arrêter l'ennemi il faut faire peur aux royalistes. »

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214 ' (^UATKlilIB iPOQQS.

De DombreosM inearcératkMis sont svr-fe^diaiiip (Nrieo* nées et iàiles par la eonttme ; les pi-isoimiers noùt t^cM» daai tes classes dissi^ntes de la noblesse et du etetgé; des régiments partent pour ta frpivtière. Des bruits sourds glacent les esprits : la commuDe s^agtte, et des mesures y sont prises sur-le-champ pour k levée eu niasse des ci* toj^ens. Vergniaud s'y présente, et prononce ces paroles : « h parait que le plan de rennemi est de marcher drait « sur la capitale, en htisrant les places fortes derrière lui. « Eh Men I ce projet fera notre satut et sa perte. Nos ar- « mées, trop faibles pour lui résister, seront assez fortes « pour le harceler sur ses derrières; et tandis epalï arri- « yera poursuivi par nos bataillons , il trouvera en sa pré- « sesee l'armée parisieniM rangée en bataille sous les SMirs « de la capitale ; et, enveloppé de toutes parts, il sera dé* « voré par cette terre qu'il aura profanée.... Parisiens, « c'est aujourd'hui qu'il laut déployer une grande énergie f « Pourquoi les retranchements du camp ne ssnt-ils pas « plus avancés? où sont la bêche , la pioche qui OBt élevé « Tai^l de la fédération et nivelé le Champ de Mars ? «t Yousaves chanté et célébré la liberté, il fout la délsD- « drc! Nous n'avons plus à renverser des rots debrona», « mais des rois vivants , et armés de teur puissance. Je n demande donc que l'assemblée nationale donne le pre« « mier exemple, et envcrie douze commissaires, non pcmr « fiire des exhortations, mais pour travailler eux-méme» « et piocher de leurs mains à la face de tous. >» Cette propositioii est adoptée tout d'une voix. Danton suceède à Vergomud , et propose de nouvelles mesures : tandis qu'à parle , la générale se fait entendre, on tire le canon. « Ce « canon que vous entendez, s'écrie le fougueux orateur, «^ ce n'est point le canon d'alarme , c'est le pas de charge

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LI¥UI 1. GHAPITBS H. 215

« aar nos emiemis. Qve fiiat-il poor les Tainere et les m atterrer? De Tandtee, encore de Taudaee, toujours de « l'audace. »

La nouvelle de la prise de Yerdan arrive à Paris dans la nnit du 1^' au 2 septembre, et y répand la stupeur. La commune saisit cet instant peur accomplir ses exécrables projets; le tocski soÉne, ks barrières se ferment, et les massaiores des prisons commencent. Pendant trois jours, les malb^ireux, n^es et prêtres, récemment enfermés à Mamcre l'Abbaye, à la Conciei^rie, aux Carmes ^ à la Force, prS«L sont égorgés par trois cents meurtriers, au nûliett d'une ^^^ bîdeuse parodie de formes Jiuridlques. Là se multipUent de la part des victimes ôeti traits d'une nobte résignation et do plus béroiquedévouement,etdela part des bour^ reanx les c^tes du phMi atroœ dé^e. 0abiles à inventer des tortures pour ceux même que leurs bras ne peuvent attein^b-e, ils font d'borribies satornates autour du Temple , et pr^ntent aux fenêtres de cette prison royale, sous les yeux de la reine, la tète sanglante de son amie , l'infortunée prineesse de Lamballe. L'assemblée veut arrêter les massacres^ mais elle est impuissante. Le maire Pétion est sttspoidu êe ses fonctions ; les bons citoyens gémissent épouvantés, et la commune seule règne dans Paris. Ces horribles scènes firent un tort immense à la cause de la révohiëoB, et le châtiment en retomba sur leurs féroces antears.

Le» Prussiens avancaioit tonjours : Dumouriez, nommé oumoa-

• riez ar-

wà commandement de rarmée sur la Moselle, se Jette, par ^^^^^^ WÊ€ inspiration dn génie, dans la forêt de l'Argonoe, seule ^^^^li^ position où il p&t arrêter l'enDemî; là il étafiiit ses principales forces à Grand-Pré et aux Islettes, et écrit à Tas^ semblée : J'attends les Prussiens; le camp de Grand-Pré

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216 QITATBlàME EPOQUE.

et celui des Mettes sont les Thermopyles de la France; mais je serai plus heureux que Léanidas. Les Prussiens soDt en effet obligés de suspeodre leur marche ; mais une faute commise par Damouriez le contraint loi-même d'abandonner sa position et de se replier dans le camp de Sainte-Menehould, où il concentre ses forces, et reçoit les renforts que lai amènent Beurnonville et Kellermann; son armée s'élève à soixante et dix mille hommes. Le 20 sep- ' Bataille tembre Tarmée prussienne attaque Kellermann àValmy,

deValmy. \ ^ ., , - *

tembre ^*°* Tîntention de couper la retraite à larmée française, "^' dont la contenance belliqueuse intimide le duc de Brunswick ; l'action se réduit à une vive canonnade, qui se prolonge jusqu'au soir , et l'honneur de la journée reste aux Français. Ce premier succès, peu important d'ailleurs, anime notre armée, et lui donne confiance en elle-même; il étonne l'ennemi , à qui les émigrés avaient parlé de cette campagne comme d'une promenade militaire. Le duc de Brunswick était sans magasins, et la saison devenait mauvaise : il promet de se retirer si les Français rétablissent le roi constitutionnel sur son trône. Le conseil exécutif répond qu'il ne peut écouter aucune proposition avant que les troupes prussiennes aient évacué le territoire de

Retraite la Fraucc. » Brunswick ordonne la retraite; elle connméeprus- mcuce à s'cffectucr le 30 septembre. Les Français rentrent

sienne. ^ *

Smbrc ^*"^ Verdun et Longwy, et l'ennemi passe le Rhin à "^- Coblentz. D'autres sncaès, sur différents points^ avaient marqué cette catnpagne. Gustine, sur le Rhin, s^était emparé de Trêves, de Spire et de Mayence; Montesqaioo avait envahi la Savoie; Anselme, le comté de Nice : nos armées reprenaient partout l'offensive , et ramenaient la victoire.

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LITBB n* GHAPITAB I. 217

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