‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 18 sur 65 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De roovertare des'états généraax jusqu'à la dissolution de rassemblée constituante.

5 mai 1789 — 20 octobre 1791.

Les états généraux s'ouvrirent le 5 mai 17899 dans la ouTersalle des Mraas, à Versailles. Les députés (tarent appelés é^ Sà la séance royale et introduits suivant Tordre établi \^ €n 1614; mais le temps n'était plus où le tiers état, parlant à genoux et découvert, reconnaissait son humiliante infériorité en présence des autres ordres : il se hâta de témoigner qu'il se regardait comme leur égal; et lorsque, à l'exemple du roi, les députés des deux premiers ordres se furent couverts, ceux du troisième, contre l'usage des anciens états, imitèrent sur-le-champ la noblesse et le dergé. Ce geste faisait suffisamment comprendre qu'une révolution s'était accomplie dans les esprits et dans les mœurs. Les députés du tiers état auraient peu gagné cependant à se proclamer eux-mêmes les égaux des députés des antres ordres, s'ils n'avaient pu faire reconnaître cette égalUé en l'établissant sur des faits. La première et la plus

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17S QVifftiJuii iMvm,

importante question à résoudre était de savoir si ies votes seraient recueilïïs par ordre ou par t£te : dans te premier cas les députés du tiers état auraient perdu l'avantage que leur domait leuf bOdktfe, dôti)le ds ielui des députés de chaque ordre privilégié. La cour, la majorité de la noblesse et une grande partie du clergé attsichatent la plus haute importance à ce que les votes eussent lieu par ordre dans toutes les ^ittoHS pdit^pies; mali ta noMesse comptait parmi ses membres quelques dissidents populaires ; les curés formaient une partie considérable des députés du clergé; leurs opinions se rapprochaient de celles des députés du tiers état, auxquels Tunanimité de sentiment et la force nmoMqiM dontaiMt un itomcttae anMige^ €ouk-^ procédèrent à la vérification de Itars pouvoirs, après avoir invité la noblesse et le elergé à. vérifier en commun les pouvoirs de tous; puis, de l'avis de Sieyes, ils se constituèrent) le V7Jqéi, en âsrambtée nflti«nio. eètle grave décision fbt^utenoèAUisitô^piir âss actes de têavertioelé; î^nin- ràMenilllë«ft)rttéet«B dé|«rt^4u tieisétRM: etdet rnenn

trou de

bîéfiSr bnw dtosidentade la nobierae et du dcrgé vi0ti la ptncep-

^?f^ tion provibdiM^des iaspét^tint qu'elle serait néwiie , et la

ensfltion de ceux qu'elle at»nM pu établis; ^k ooitso-

lîda la d«tte publique^ nom» un comité de subsistances,

et proelanM ritvfolatrilitéàe ses nitnriires.

L'agitation àm esprtta était eitréme , lorsqu'une sémee royale fWt «nitoneée;'et]sous pfétexte des préfmatlA «pi'elle ««igeatt, Pautorité ^ lurmer ta sidie des ^«ts« BaiUy, premier dépi^ de Paris, présidait ators ruasem* btée : estimé powr ses tr»vnuxr littéraires et adentifiqae», il s'était aeqois Testam de tous les partis far la aobloM* «tia formaté de ton cara^tèosL il se peéaaitai le fia Jcdti f 789^ avec un grtMl nonAre deses otilègdes, à la porte

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des états » et la trcnvftfennée. Lespn^ets violeats de la eour n'étant plus m n^rstère^ \m députés résolareat d'en prévenir l'exécotion; ils snîTirent lear président au Jeu ^^^j^ de Pamie, e< là^ tes mains levées» ils jurèrent tous , hors £«"^ un seul, de ne se sép«per qu'après atoir donné une consti* ""** tutloAà la FraMe. Deux, jonrs après,la minorité du clei^ se réunit aux dépotés des communes dans l'église SaintlAMrts, où ceux-d s'étaient proTisoIrement rassemblés.

Nedcer avait conçu un plan qui devait tendre au rapprochement des ordres et à la ooiidiiation des esprits ; le roi avatt promis de l'adopier , et d'en t^àie mention dans son diseoursà rassemblée : l'influence de la cour l'em* porta sur la prndense du ministre. Effrayé de TimmoMe ascendant que prenait le tiers ^t, par ses premiers actes, sur l'opinion publique, le parti opposé à Necker, celui des princes, eonmuaiqua ses alarmes à Louis XVI , et obtint de loi qu'il ferait bitervenir son pouvoir en cassant les arrêtés de l'assemblée , en ordonnant la séparation des ordres, et en fixant lui-saème toutes les réformes ipd devaient être opérées par les états généraux.

Tels 'furent les préludes de la séance royale qui se tint séance le 23 juin. Le roi y vint avec tout l'appareil de la puis- S]^ sance souveraine, et fut reçu d'une partie des députés avee on silence Racial ; il ne reosimnt l'assemblée que flsimne l'ordre du tiers état, et lui ordonna de se dissoudre. Les membres présents delà noiilesse et du clergé obéirent anssitât après le dépiurt de Louis XVI ; ceux des communes ne qiûttèrent pelai leurs slég^. Le grand nuitre des cérémonies vint leur rappeler l'ordre du roi. « Allex dire « à vntrt maître, s'écria Mirabeau » que nous sommes id < par llordredu peupte, et que nous n'en sortirons que par « la puissance des iMiionnettes. » Sieyes , s'adressent alors

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à ses collègues, leur dit avec sang-firoid : « Vous êtes au- « jourd'hui ce que vous étiez hier : délibérons* » L'assemblée persista dans tous ses arrêtés , et , sur la motion de Mirabeau , décréta rinviolabilité de ses membres. Dès lors la puissance royale fut perdue; la majorité des membres du clergé siégea de nouveau dans l'assemblée dès sa;prenésistiQ. mière séance. L'ordre de la noblesse persista dans son

ce de la '^

noblesse, rcfus, malgré les instances du comte de Clermont- Tonnerre et les ejLbortations plus vives de Lally-ToUendal , fils de rinfortuné général Lally, et déjà célèbre par le talent qu*il avait déployé pour faire réhabiliter la mémoire de son père. « Songez , messieurs, dit-il , que dans la marche des « révolutions politiques il est une force des choses qui « remporte sur celle des hommes. Il a été une époque où « il a fallu que la servitude fût abolie, et elle l'a été ; une « autre où il a fallu que le tiers état entrât dans les assem- « blées nationales , et il y est entré. En voici une où les « progrès de la raison, où les droits de l'humanité, trop « longtemps méconnus, où le respect que doit inspirer cette « masse imposante de vingt-quatre millions d'hommes, « vont donner à ce même tiers réalité d'influence, la Juste « proportion de droits qui doivent lui appartenir. Cette n troisième révolution est commencée, rien ne l'empêchera. « Je crois fermement qu'il ne tient qu'à la noblesse de s'y « assigner une place d'honneur, de s'y couvrir d'une gloire « plus brillante peut-être que toutes celles qu'elle a jadis « recueillies, de s'y inscrire pour jamais comme bienfoitrice « de la nation. C'est à ce titre, messieurs, c'est par vos « plus chers intérêts que je vous presse d'acquiescer à la « motion de M. de Clermont-Tonnerre. » Les efforts do Lally furent vivement combattus par d'Épremesnil et Cazalès, et la motion fut rejetée; mais le lendemain qua*

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raute-sept membres de la noblesse, ayant à lenr tète le duc d'Oriéans, se réunirent au tiers état et à la majorité du clergé : ils furent accueillis avec enûiousiasme.

Cependant la fusion des ordres en une seule assemblée n'étantpas complète', et cette dissidence entretenant au de* hors une extrême agitation , Necker conseilla de nouveau la réunion des trois ordres : la reine et plusieurs per- d^^"^. sonnages influents unirent leurs instances aux siennes ; jîl^îîr^ Louis XVI céda, et annula sa déclaration du 23 Juin aussi "état* facilement qu'il avait abandonné les idées de Necker pour celles des courtisans. Il manda auprès de lui le duc de Luxembourg , président de la noblesse, et lui exprima son nouveau désir. Luxembourg combattit ce vœu ; il montra au monarque la désunion entre les ordres comme le dernier moyen qui lui restât de conserver le pouvoir. « Votre fidèle noblesse , dit le duc en terminant , a le choix d'aller, comme Votre Majesté l'y invite, partager avec ses codéputés rexercice de la puissance législative, ou de mourir pour défendre les prérogatives du trône. Son choix n'est pas douteux. — Monsieur de Luxembourg , répondit le roi d'une voix ferme, mes réflexions sont faites, je suis déterminé à tous les sacriflces : je ne veux pas qu'il périsse un seul homme pour ma querelle. Dites donc à Tordre de la noblesse que je le prie de se réunir aux deux autres. Si ce n'est pas assez , je le lui ordonne comme son roi ; je le veux. Le roi fut obéi : après le 27 juin le clergé, la noblesse et le tiers état ne formèrent plus qu'une seule assemblée, qui fut indistinctement nommée nationale et con5(iïttan^e; la délibération devint générale, et la distinction établie entre les ordres cessa d'exister.

Toute l'autorité morale ayant passé du monarque à l'assemblée, les conseillers de Louis XVI rengagent trop tard

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^ imprttâQÉimeiit à reoomir à la force. Bcs. troupe» Bonfc ]9pelée8 en grand nomlnre autour de Versailte ; Necker EKU^de est exilé ; le marédial de Broglie , la OalitsoQDière , It d«e ' de la Yaugiqron , le baron de Breteuil^t Thitendimt Foulon sont désignai pour le minfetère : tout parts^feaicat plus ou moins roj^nlon de la oomr* L'appvodie de troupes et Texil QHiinie de Ned^er exdtetri; une fermentation dans Paris. Caeaille ^^a Desmoulins , jeune et lougoeux démagogae, harmipie le Royal, peuple dans le jaisdin du Palate~Boya&, et Finvite à counr aux armes. Le pistolet à la mais, il s^élaiiea mt une table et ^^ouee le projet de la cmir contre le& patrietea : « Ce soir même, s'écrie-t-il, les bataillons suisse» et allemands sortiront du Gbamp de Mars pour noua forger! Une seule ressource nous reste : courons aux armes. » La foule lut ré* pond par ses acclamations : il propose ator» d'adopter une couleur pour signe de raliiemeat. Le vert, symbole de Tespérance, est choisi. L'orateur arrache une feuillo d'arbre qu'il attadie à son chapeau : chaeun l'imite , et les arbres du Jardia sont presque dë|K)ttillés. On court de là chez un sculpteur prendre les bustes de Necker et du duc d'Orléans ' : on les vdte d'un crêpe, et ils sont promcfloés dans Paris. Le prince de Lambesc , cokMBel do Royal-Allemand, trouble eette ovation en faisant charger les troupes ; mais les gardes françaises prennent parti pour le peuple , les troupes refirent de tirer sur leurs con^Mignons d'armes, et battent en retraite. Cependant le tumulte et le désordre augmente dans la capitale, les barrières sont incendiées , des mal&iteurs pillent plusieurs maisons : la populace dn'éiec. ^^' ^^^ P^^ ' ^ ^'^^ prévoyait les plus grands malheurs. teni's- Pour les prévenir, quelques électeurs réunis à Thôtel de

^ he bruit s^était réj^da que le duc d^OriéftBS venait d'être exilé.

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idUe pffeoMot eo maio rautorité, et rendent àt grandi services par lesf eonânlte à la Ibis ferme, aetive et pru* dettte* L'assemblée Mtiooalc ) après avoir vaineiBeot tenté me ooncUiatîen entre elle et la conr , décrète à Tunanin^lé la rcspOBsdNitté des ministres et de tous les conseillers du roi, de quelque rang qu'ils puissent être ; elle vote des regrets à Necker et aux ministres disgraciés , place la dette publique sous la sauvegarde de la loyauté française j et s'établit en permanence ; l'archevêque de Vienne la préside , et la Fayette est élu vioe-président.

Le peuple de Paris 5 enflammé par l'attitude hostile de la cour et par l'énergie de l'assemblée, veut poursuivre ses premiers avantages, et demande des armes : le comité des électeurs, siégeant à l'hôtel de ville, organise la garde na« tionale , qu'il porte à quarante-huit mille hommes , et à laqudle, sur la proposition de la Fayette, il donne la cocarde tricolore ' ; chaque district a son bataillon. Cinquante mille piques sont forgées , on pille l'arsenal des Invalides ; A ia Bastille! à la B(istiUe! ôeyient le cri de la multitude déchaînée. Le siège de la Bastille est aussitôt entrepris , les gardes françaises se révoltent , accourent à raide du peuple avec du canon, et décident la prise de la citadelle, dont la prise de

la Bas-

ikUrit g^umison rend les armes. Le peuple, élevant dans «uoie.^, ses mains de sanglants trophées de son triomphe, revient en rugissant à l'hôtel de ville, et bientôt des assassinats souillent la victoire. L'infortuné Delauny, gouverneur de la Bastille et prisonnier de la multitude , est égorgé par elle. Une lettre trouvée sur lui fait accuser de trahison Flesselles, prévôt des marchands; la populace veut le massacrer, puis ordonne qu'il soit traduit en jugement

' Cette cocarde tmit a« blanc , aneienne couleur de h France , le rouge et le bleu , couleurs de la ville de Paris.

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devant elle : il est assassiné d'an coup de pistolet. L'effer* vescence est au comble ; Paris se prépare au combat pour le lendemain, et la ville entière offre l'aspect d'un vaste camp.

La cour ne voit qa*une émeute dans le mouvement de Paris : le roi se proposait de dissoudre rassemblée, et avait donné au maréchal de Broglie, commandant de l'armée, un pouvoir sans limites. Instruit au milieu de la nuit, par le duc de la Rochefoucauld- Liancourt, de la prise de la Bastille et des autres événements du 14 Juillet : « C'est une révolte, » dit le roi. « Sire', c'est une révolution , » répond le duc. La résolution du roi fléchit devant la gravité des circonstances , et le lendemain il se rend au sein de l'assemblée. « Le silence des peuples est la leçon des rois, » avait dit Mirabeau, et les députés gardèrent d'abord une sombre attitude en présence du monarque ; mais lorsqu'il eut dit qu'il n'était qu'un avec la nation y que les troupes allaient s'éloigner, et qu'il eut ajouté d'une voix ferme : t Eh bien! c'est moi qui me fie à vousl » des applaudissements se firent entendre : l'assemblée se leva, et reconduisit Louis XVI dans son palais.

Le roi reconnut la nécessité d'apaiser lui-même la capitale : il fit annoncer qu'il rappellerait Necker, et qu'il se rendrait le lendemain à Paris, où Bailly venait d'être nommé maire et la Fayette commandant de la garde bourgeoise. Ce furent eux qui reçurent le monarque. <( Sire, » lui dit le premier en lui présentant les clefs de la ville, « Henri IV avait reconquis son peuple; ici le peuple « a reconquis son roi. » Louis entra sans gardes à l'hôtd de ville, et reçut la cocarde tricolore aux acclamations de la multitude ; il ne repartit pour Versailles qu'après avoir approuvé le choix du peuple et sanctionné les nouvelles magistratures.

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LIYIUB I. GHAPITfiB I. 185

Alors commença la première émigration. Le comte première d'Artois, le prince de Gondé, le prince de Conti et la fii- /^gn^^ mille Pofignac, donnèrent l'exemple, et sortirent de France. *'**- Le retour de Necker à Paris fut pour lai un triomphe ^^ mais ce fut aussi son dernier beau jour : il se crut le maître du parti qui ne voyait en loi qu'un instrument, et tenta de sauver Bezenval , commandant en second des troupes/ et prisonnier du peuple. Déjà l'intendant Foulon et son neveu Bertbier avaient péri , victimes de la fureur populaire : Bezenval était plus compromis qu'eux, et Necker, en proposant l'amnistie, se dépopularisa sur-le-champ. Il commença dès lors, mais en vain, à lutter contre la révolution. Les mouvements de Paris s'étendaient aux provinces ; partout le peuple s'organisait en municipalités et en gardes nationales. Des troupes d'hommes armés parcouraient les campagnes, pillant et incendiant les châteaux, brûlant les titres des seigneurs : l'assemblée espéra calmer cette irritatioa violente et en détruire en partie la cause par l'aboli- ^^^^, tlon des privilèges les plus décriés : elle procéda sans mé- ]^f^ nagement à cette réforme dans la célèbre nuit du 4 août. "*^' Le vicomte de Noailles donna le signal des sacrifices en proposant le rachat des droits féodaux et la suppression des servitudes personnelles ; il s'établit entre les privilégiés une rivalité d'offrandes , et en apparence aussi de patriotisme : mais un grand nombre d'entre eux , membres du côté droit de l'assemblée, ne contribuèrent à tout détruire dans l'ancien système social que dans l'espoir de tout bouleverser, et d'amener ainsi une réaction qu'ils croyaient inévitable. Les abus, les privilèges furent supprimés : on vota le rachat des dîmes et leur changement en taxe pécuniaire, la suppression du droit exclusif de chasse, l'abolition des justices seigneuriales; celle de la vénalité des

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dtarges dé la m^mloref celk de fia^ilé dos iMpAts, daifiiioateB de lacoardeEéOMietde là ptamlité dit béaé^ fiiM; eaûn ks juranéet^t to maftttos furcni soppHniéeft, ttHasiBa^léa déeerna à Louis XVI le ttlnr da JResé9mr&-* tear de la libérée franfoése^ Cette Mil mémofable rendît tMis les Frao^ égaux devaDi la kn : ila purent toua par»nmàr ma emplois , prétendre à k Broprîâé, et se livrée à Uttt industrie^elooiiqde ; eltefift eofe tomber les <^HCaol a qai s^opposefcrt eacare à la préparatkm de la eousIitalkNi nouvelle.

^t^ Trois partis prindpoax ^yisaieat àeette époque TasKoi^ blés ; eehilde la cour et des pririlégîés^ formé de la mi^ rilède la noblesse et du devgé, .et dont les orateurs 1» plus rensarçisdjks'étaîeiit l'abbé Maury et Csaaiès , offîeier decaviAerès^csIul qptLdénrait «ne eoostitatioa smrk m»* dèfe de la coostHotioii d'Angleterre : Nodier, llounier^ Ladly-Tolkndid et Mahraet étaient à la tète de ce oecond partie coassé prindpakment de la minorité delà noUeaw; enftOy le reste de l'hsseaiblée fofmalt le parti ennemi ée tonte distinction arfsfioeratlqae ^tro ks dUfiérentm claasea de la nation : ee parti se divisait lu^méRle en pkoieisrs fractions y £DFt pea d'aecord entre ellea : duis Tnne on remarquait BaHly et la Fayette; daa*«ne autre on dia* tiagoait ks membres d'un trium?irat célèbre^ toison» ardente soutenir les propositions les plos popalidres^ et formé du Conseiller Diq^ort , auteur de la fasMUse eonft^ dération des dubs, du coknel Alexandre de Lameth» et de l'ékquentBamave; enfin quelques membres de ce troisiènsa parti se irignalaient par leur vioknoe révolutionnaire > mais leur crédit était £aibie encore : pmimi kors noma figurait un nom sinistee, <^)scur alors et depuis trop ia> maux, oehii de Babespierce» On pouvait oompter eooane

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u^sm u ev^mai i. 1S7

lia quatrième parti dans Fassemblée, {«parti d'Onléand; mais il était vaguent iadéds i et s*U existait KéeUemeat, il se se eosopesait que de quelques membres particulièremeoft attaehéi au priaee, et auxquels oa supposait le deaasia die transférer la eouromie sur sa tète. Lea priaeipaux ebeb de i'assemWe étdent deux homiacs étmngers au tlnra était et adoptés par kd, Sieyes et liind>ean. Le pre* Bsfer la doottuait par i-aseeodaot d'une puissante raison^ d'aae tète forte, pbilosc^hiquey et abondante en idéee nevree et profondias : H goavemalt dans toi comités; le seeend régaait à la tribune : abandonné de boone heure aux psKlana les plus fougueuses, yictiaie de wsb désordres et bflA»itué à lutter contre l'arbitraire, détoré par le iMsoiil d'uae actiThé prodigieuse en harmonie avee ses puissants la^fteas, aussi audacienx qu'âoquent, les révdntieas étaient aoaéléflie&t. R^oussé par la noblesse de Pnrrenoa^ lise jeta dans les bras du peuple, qui raceoeilllt avas transport ; il domina qudque temps au^essas de tous les partis, et fl exerça daas Fassasibiée la souveraineté da

Le poaToir royal, suspeada de fait, était alors remplaeé par celui de l'asSemUée nationale, qui s'empressa de aanwBCff différents comités chargés de pourvoir à toutes les bfaaebcs du service paUic. Elle adopta ensuite, sur la piaposition de la Fayette, une déclaration des droits de niomme, rédigée dans l'esprit de la célèbre déclaration da congrès imiéricûin, et qui servit de base à la constitu* tlea. Louis XVi hésita avant de l'accepter, et n'y doana son adhésion qu'à regret. L'assemblée décréta la pennSK aeoee du oorps législatif; et après une discussion trèslaiiaés, dans laquelle Necker, Mounler etLally-Tollendal insftrtèrast poar le partage de ce corps en un sénat et une

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18S QnATBIBMB iPOQUB.

chambre de représentants, il fut décidé qu'il serait indiyisible et composé d'une chambre unique.

Il s'agissait ensuite de déterminer l'action du monarque dans la confection des lois; les uns voulaient que le roi pût s'opposer d'une manière absolue aux décrets de l'assemblée, et les autres que son veto ne fût que suspensif : cettt questi(m excita les pins violents débats. Paris était eneor« dans une grande agitation , suite naturelle de la victoire du 14 juillet. L'assemblée des électeurs , qui avait tenu lieuMle municipalité provisoire, venait d'être rempkicée. ^m- Cent quatre-vingts membres, nommés par les districts, ^rts. ' s'étaient constitués en législateurs et en représentants de la commune, tandis que les comités des soixante districts de Paris, dont ils tenaient le pouvoir, s'attribuaient également un pouvoir législatif et supérieur à celui de leurs commettants. La manie des discussions publiques était devenue générale ; il se formait dans la ville des assemblées de toute espèce : les soldats, les garçons tailleurs, Jes perruquiers, les domestiques, avaient tous un lieu spécial de réunion. Les délibérations les plus animées avaient lieu au Palais-Royal, où le peuple contrôlait celles de Fas- DiscM- semblée nationale ; ce fut là que la discussion sur le veto

8lon Hur ' ^

royS^j ^^^^ excita la plus violente irritation ; la classe moyenne, qui composait la garde nationale, n'avait pas encore à Paris toute l'autorité en main, et le ministère, effrayé des démonstrations menaçantes de la multitude, décida le rm à abandonner le veto illimité y pour se réduire au vête suspensif. L'assemblée décida que le refas de sanction du monarque ne se prolongerait pas au delà de deux législatures. Cependant la cour ne se résignait qu'avec peine, dL méditait d'autres projets : elle voulait que le roi cherdiât un refuge au milieu de son armée. Louis XVI résistait à

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Lnrms i. ghapitrb i. 1S9

ces suggestions ; des troupes néanmdos forent appelées à Yersailies : on y fît venir des dragons et le régiment de Flandre y et les adversaires du régime nouveau reprirent eourage.

Les officiers des régiments récemment venus furent fêtés par leurs camarades, dans la salie de spectacle du Banquet château, réservée aux grandes solennités : le roi et la <«' oc-

tobre.

reine y tenant le dauphin dans ses hras, parurent dans cette réunion bruyante ; leur vue excita des cris d'enthousiasme; des cocardes blanches forent distribuées, et Ton foula aux pieds des emblèmes tricolores : tel fut le fameux repas du l^** octobre, dont les suites devaient être si funestes à la famille royale. La nouvelle s*en répandit bientôt dans Paris, et produisit la plus grande fermentation : l'arrivée des régiments, lenrs dispositions hostiles, la crainte des complots , et surtout la disette , firent éclater un soalèvement redoutable. Une jeune fille donne le signal le 5 octobre, en parcourant les rues avec un tambour et en criant : Du pain! du pain! Une troupe de femmes Tentoure. A Versailles! devient le cri général; Maillard, Tun Le peuple des vokmtalres de la Bastille, se met à la tète de cet étrange saui^

K octobre.

rassemblement, grossi par une multitude furieuse, et offre de les cmiduire : retenu pendant sept heures par la Fayette, il part enfin , et arrive à Versailles, où il jette l'épouvante. Un premier engagement avait eu lieu entre le peuple et les gardes du corps, quand la Fayette arrive à la tête de Tarmée parisienne pour contenir cette populace désordonnée : sa présence ramène la sécurité , et le calme se rétablit. Tandis que chacun se livre au sommeil, quelques hommes du peuple trouvent pendant la nuit une des grilles du château ouverte; ils entrent en appelant leurs eamarades; l'alerte est donnée, et le combat s'engage dans

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ks apfWttHMMs eatn le ptiipte et les gardks ils ûtvps ^ service, dcmt plusievn se tmt tuer héralipenieiit à tovr poète «o crlaat : Sauvez la reine / Marie- Antoioette, avertie du péril , s'enfuit à demi vêtue auprès du ^. La Fayette «eeourt ; dé}à les gardes fraufaiees avalent pris parti pour les gardée du corps ; la Fayette adièvedeéé« gager le château, et expose sa vie pevr rq^oasser le peaple des appartements. La multitude demande^ grwids eris que le roi paraisse. Louis XY I cède à ses CKf gesees , et se meatre sur le grand balcon d« eMteaii. liais k reimsw* tout était en butte à ta fureur popularf re : la Fayetleparatft avec elle au]près du roi, et baise sa main avec re^ct La foule applaudit, mais elle exige avec violence que IotoI parte pour Paris. Louis XVI consent, et s'^ rend le jour mén^ avec sa ImsHIc , escorté de ses gardes, et accompagné d'un sanglant et hideux cortège. Cet événemeaU «ut pour principal résultat de placer la cour sous la sarveil« lance immédiate du peuple. Il remplit d'horreur et dVffroi tous ceux qui redoutaient avec raison iHnterrontion populaire, et détermina pluskurs membres de rassamliftée à rabaadonner: Lally-Tolkndal et Mounkr forent de oe nombre; et cetei<i essaya, mais sans siuîcès, de sovtevcr k Bauj^iné sa province, contre rassemblée nationale.

Cette tentative de Moookr, quoique sans résultat, §t craindre ks dangers de l'organisation provim^ale. &es provinces, qol vo^^aient avec peine la perte de tetirs privilèges, formaient dans ropiaion de l'assemblée de petits États trop vastes ^ trop ind^ndatits; il importait, pour prévenir la guerre civile, éit réduire kur étendue, et de les s<ramettre sons d'autres noms à un régime uniforase. Le 2â <léeembre Ctassettfbke adopta k projet de Skyes, qu! dlTisalt la France en quatre- vingt-

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IMMM U CmJOfVSmBi I. 191

Irote dépftrtmnettts d'vae «urlactf à peu près égÊÊt'^ ; te dé* otriaioii partement tst divisé «n dtstriels , «t le ifistrict en CMitoiis. F^nœ On régla leur admloistratlOD d'une manière uniferme ^ départe- Iliérarchiqiie : le département et le district eurent çimom «^tê im conseil adnoMstratif et an directoire exécutif; ceux da "*^ district relevaient do consdl et du directoire supériews. Le organisa* eantoB , composé de chiq on six paroisses, fut «ne simple n^û^tlïe divIsioB éleetorale. Les citoyens pajrant une contributioa ciaire.' équivalait à trois journées de trarvail forent ééelanés citoyens actife , et se réunirent au cMiton pour TiMcimer leurs députés et leurs magistrats : tout fut soumis à i'électimi, et ceHe-d eut plusieurs degrés. On étaâ>lit un tribunal cri* mine] pour tout le département, un tribunal ci vil peur diaque district, ^ un ^bunal de paix peur cbaque oa»^ Ion. L'administration de la ^mraïune fut confiée à un oon* sdl géoéreA et à une muoieipalHé, composés d*un nombre de membres en proportion avec la population, et itiMttèdiatement élus par te peuple : les officiers annicipaux ouvrent seuls le droit de requérir Inaction de la force armée. L'exécution de ce vaste pkm provoqua le ressentiment très-natupH des états et des parienients de plusieurs p»o* ▼fnees , dont elle annulait les pouvoirs ; ils protestèrent^ et précipilèrent ainsi leur ruine. La crise financière et les besoins du tnésor oontriiMmeiit nsalbeureusement à soulever eootre la révolution la grande majorité do olergé : le défi* eft était immense, les fuipôts presque rédmts à rieA, et les ênipnmts mal -couverts : Necker, après plusâeturs escpé* tfettis peu produettfii, avuit demandé que rassemblée votikt on ittpdt extmordlfialre 4u quart du revenu, que <d)ae«u

' Pour la division de la France en départements, voyez ma Geogra* p^e physique, historique et politique de (a[Pranc€t fageè 7», W^ 9S, 97, carte a'' 18.

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ûevsàt évala€r lai-méme; et Mirabeau, entraînant ses ooUègoes par le tableau hideux de la banqueroute prête à dévorer la France , les avait spontanément déterminés à aaaetionner cette utile mesure ; mais elle était loin de suffire pour combler le vide du trésor, et dès lors les biens immenses du clergé furent convoités comme Tuniqae ressource susceptible de faire face à tous les besoins. Déjà les dîmes, d*abord rachetables, avaient été supprimées^ lorsque Talleyrand, évèque d*Autun, proposa au clergé de renoncer à ses biens , évalués à plusieurs centaines de millions, en faveur de la nation, qui les emploierait au payement de sa dette et à Tentretien du culte. Le clergé résista vainement; il fut déclaré qu'il n'était point propriété clergé taire, mais dépositaire, de ces biens consacrés aux autels, p^ô^ et que la nation, en acquittant les frais du culte, devait biens, rentrer dans sa propriété.* Les dépenses publiques exigeaient quatre cents millions pour cette première année : on créa pour une valeur égale des billets d'État , auxquels on donna un cours forcé , avec hypothèque sur les biens du clergé : telle fut la naissance des assignats , qui , d'abord émis avec prudence, facilitèrent à la révolution l'accomplissement de grandes choses, et qui furent discrédités plus tard par l'odieux abus qu'on en fit Cette mesure violente et spoliatrice irrita profondément le clergé y et l'assemblée rendit l'opposition de ce grand corps plus vive et {dus inflexible en portant une atteinte imprudente à sa discipline et à la conscience de ses membres , par le vote fatal consHta- de la constitution civile do clergé : celle-ci établissait le dnéf^né! siège d'un évêché dans chaque département, accordait au **fl^7M.^^ peuple l'élection des évèques et des curés, et allouait aux ecclésiastiques un salaire qui devait remplacer les biens possédés auparavant par le clergé, et dont la nation s'em-

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parait II se fit dès lors une scission dans cet ordre; un grand nombre «le ses députés abandonnèrent aussitôt l'assemblée, et se lignèrent avec la noblesse dissidente.

L'assemblée nationale persévérait avec suite, mais sans mesure» dans la Tde des réformes et dans la nouvelle organisation du corps social et politique : elle attacha l'armée à la révolution , en déclarant les grades et Tavancement indépendants des titres nobiliaires; elle abolit tous ces titres, d'après la proposition des membres populaires de la noblesse, et organisa sur une base nouvelle le corps judiciaire. Elle établit deux degrés de Juridiction , et une organ^cour de cassation; le jury, à Texempie de ce qui avait ^'^(^l^^i lieyi en Angleterre , fut introduit dans les causes criminelles ; toutes les charges de la magistrature furent temporaires, et données par l'élection ; enfin, la législation de cette époque découla tout entière du principe de la souveraineté du peuple. Cependant le roi conserva l'initiative dans les questions de paix ou de guerre : le droit de les résoudre fut réservé au corps législatif.

L'anniversaire de la prise de la Bastille approchait : on résolut de le célébrer avec un éclat extraordinaire. Des dé- Fédéraputés envoyés à Paris par les quatre-vingt-trois départe- 14 juuiet. ments formèrent une nombreuse confédération au Champ de Mars. Là, en leur présence, en celle de l'assemblée nationale, de la garde parisienne, des députés de l'armée, d'un peuple immense, l'évéque d'Autun célébra une messe solennelle sur un vaste autel décoré selon l'usage antique, et dont quatre cents prêtres, revêtus d'aubes blanches et dé ceintures tricolores » occupaient les extrémités. La Fayette, en sa qualité de commandant général des gardes nationales du royaume, s'avança le premier pour prêter le serment civique; après lui tous les députés le répétèrent,

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J94 * QUATtUMft ÉP09«V<^

au l»*iit de Tartilierie, des acclamations du peuple, et des cris proIoDgés de Vive k roi! vive la natWn! Louis XYI se leva siors, et dit : « Moi, roi des Fraoeais , je jure é'em- « j^yer tout le pouvoir qui m'est délégué par Tade ccmsa tttntioniiel de TÉtat à maïuteoir la coostitutioB décrétée « par rassemblée uatioDale, et acceptée par moi. »

« Voilà mon ûh ! » dit la reine émue , en élevant le dmiphin dans ses bras et le montrant au peuple, « voilà « mon fils, il s'unit à moi dào& les mêmes sentiments. » Les bruyantes acelamatiMS du peuple se firent entendre de nouveau , et un cantique d'actions de grâces termina cette fête , dernier jour d'espérance et de bonh^eur pour la femille royale.

Les intrigues des partis recommencèrent le lendemain, et le côté droit poussait l'assemblée à l'ejLagération : « Nous « aimons ses décrets , » disait ironiquement l'abbé Maury ; « il nous en faut encore trois ou quatre. » Nedter, doot les idées méthodiques et absolues étaient nms cesse en opposition avec la marche brusque et rapide de l'ass^nblée, donna sa démission le 4 septembre ; un grand nombre de nobles émigrèrent à la même époque , et Fesprft d'insurrection fit chaque jour des progrès dans le peuple et dans l'armée. Trois ré^nents en garnison à Nancy se révoltèrent , et furent soumis avec peine par le général Bouille , qui ^sirait attircar te roi dans l'armée qu'ii eom-. mandait ai chef, sur la frontière du Nord.

Le roi avait sanctionné la constitutien civile du ekrgé; le pape refusa son adhésion : dès lors les archevêques et les évéques formèrei^ une i^e que l'assemblée fortifia in^> prudemment en exigeant de tous les j^è^es en exerdee le serment de fidélité à la nation, à la lot, au nn et à la constitution civik : ce^ux qui refuseraient devaient être

Lirmi I. cHAPiTit I. iftô

flrappés de AestlMkni. Cette mesure fatale attmpiait les eonsetencef , et«réa un schisme : il y eut deux clergés éans schisme. le royaume, Tnn constitutioDiiel et assermenté, f autre réfiractaire et non assermenté. Les niembres de ee dernier refesèrent d'ahandouner leurs fonctions, et fàliBinèrent contre les successeurs que leur donnait la loi ; ils employèrent toute leur puissance sur les populations, que leur soumettaient Tkabitude et la fol ^ poar les attachera leur esuse : ce fut ainsi qu'une hitle i^iolente se prépara sur j^usicurs points du royairaiey et que, sous un cahneappureoft, tout espoir d'ordre et de conciliation s'évanouit.

La création des chil)s multfplia les semences d'agHation, Fondaet précipita la France vers l'anarchie ;• les clubs étaient ,j,<?Jj^ d'idN»d des réunion» privées , sans autorité politique, où "^ l'on discutait sur les affaires de l'État ; le premier formé dans cette vue le fut par les députés bretons, à l'ancien couvent des Jacobins, d'où it reçut son nom; mais bientiVt ce ekib s'étendit^ et voulut agir sur l'assemblée , sur la municipalité, sur la nraltitude ; ses premiers menl>reB l'i^Mtndoiittèrcnt , et furent remplacés par des bomnes violons , ambitieux et amis du désordre , me«l»res de la commune ou simples c^yens^. Ils formèrent des affiliations dans les provinces, et élevèrent, à côté de la puis- SfflDce légale, une autre puissance, plus redoutable, qui ne tttrdft point à conduire la première et à la subjuguer.

L'émigration continuait; lestantes du roi sortirent de France ; Loui» XVI , qu'on soupçonnait de vouloir les rejoindre , fût arr^é par le peuple et retenu dans Paris avec sa famille , au moment où if se préparait à quitter la cajole pour Saint-Clwid : f assemblée, en proclamant l'invioMiilité do monarque, déclara^ que sa Mie hors du royaume entralberait sa déchéance. Cependant, les dé-

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196 QUATHIJIMB ÉPOQUE.

pQtés, après avoir détrait tons les privilèges, et achevé la coDstitatioD, manifestèrent dans leurs actes une tendance plus monarchique; cette réaction favorable au pouvoir était due en grande partie à Mirabeau , dont la cour avait acheté les services, et qui voulait en même temps consolider le trône et maintenir tous les utiles résultats de la révolution. Mais pour que sa voix fût respectée 11 aurait fallu que sou caractère personnel fût respectable : Tor coupable qu'il recevait pour ses folles dépenses écartait de lui cette considération sans laquelle les hommes politiques sont le plus souvent condamnés à une douloureuse impuissance ; on refusait à son caractère la confiance que commandait son génie : le roi reconnaissait la Justesse de ses conseils , et il tremblait de s*y abandonner. Nul ne déplora plus que Mirabeau lui-même cette situation fatale , qu*il s'était faite : « Je paye bien cher, dit-il souvent, les fautes de ma jeunessel... Pauvre prince, on te les fait payer aussi I... Regardez autour de vous, dit-11 un jour à un des Grillon avec l'accent d'une conviction profonde , il n'y a que moi, moi seul y qui puisse combattre l'anarchie qui va dévorer vous, vos amis, le trône, le prince; il faut qu'on m'écoute, qu'on me suive, ou nous périssons tous... » S'entretenant une autre fois avec Cabanis, il jeta des regards tristes et prophétiques sur l'avenir de la patrie, et rompit un solennel silence par ces paroles : « Oh ! si j'eusse apporté dans la révolution une réputation semblable à celle de Malesherbes, quelles destinées j'assurais à mon pays I quelle gloire j'attachais à mon nomi » Malgré ses fautes^ son génie dominait encore l'assemblée nationale; il parvint à faire rejeter, comme portant atteinte à la liberté individuelle, un décret violent proposé contre les émigrés ; ce fut son dernier triomphe. Quoiqu'il n'eût que

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LIYBE I. GHÀPITBB I. 197

quarante-deux ans, sa constitution était détruite par des excès de tout genre ; il attendit et appela la mort au milieu d'atroces douleurs. Dans son agonie il s'entretint encore de la France, de l'état où il la laissait : « J'emporte dans mon cœur, dit- il, le deuil de la monarchie, dont les débris vont être la proie des factieux ». » Peu d'instants après ^JJJ/jJ, il mourut. L'assemblée nationale assista en corps à ses ob- *'•** sèques, et fit porter ses restés dans la nouvelle église de Sainte-Geneviève, destinée, sous le nom du Panthéon, à recevoir les dépouilles mortelles des grands hommes. Mirabeau, après avoir trop puissamment concouru à déchatner le torrent révolutionnaire, eût seul peut-être été capable de le diriger et de le contenir; sa mort fut une calamité publique, et la nation porta son deuil.

Déjà l'orage grondait sourdement sur les frontières. Les émigrés sollicitaient toute l'Europe contre la France. ^ Ils formaient deux corps, l'un organisé sous Condé à Worms, l'autre sous le comte d'Artois à Coblentz : ce prince se rendit avec Calonne , son ministre, auprès de l'em* pereur Léopold, et la déclaration secrète de Mantoue , si- i^ragnée le 20 mai 1791, fut le résultat de leur conférence : ^|y*;jf; elle promettait à Louis XVI les secours d'une coalition où devaient entrer l'Autriche, les cercles d'Allemagne, la Suisse, et les rois de Sardaigne, d'Espagne et de Prusse. Mais Louis essaya d*abord de relever seul la monarchie : il tenta de se rendre à Montmédy , au milieu de l'armée que commandait Bouille ; son plan d'évasion fut concerté avec ce général , qui plaça de distance en distance des détachements sur la route que le roi devait suivre. Le 20 juin , dans la nuit, la famille royale sort déguisée du

' Joseph Droz , Hist, du Règne de Louis XVI ^t III , p. 367.

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108 QVkTtdÈMS, XP^Oyi,

ckâteau des Tuileries , trooipe la survdllaoce des geurdas ,

franchit les barrières de Paris sabs ebstaele , et prend snr-

Fuite le-charap la route de CliâloAS et de liontnédy. A eette

'^ail. ^^^6^ ^ stupeor règne d'aterd dans Pads et dans

^J^^ rassemblée; mais eelle-d s'eoipare aussitôt da poirt oir eié-

cotif , annoDee ses résolutions paeiâf«es ani puissanees,

tt envoie des commissakes aux troi^es pour reeeroir

knr serment en son propre nom. UeitfAt le ftrnit de l'ur-

Arretta- restation do soi se répand : riafiNrtnné Louis XVI UYêSL

lion du , ^

'^^^T' ^^ reconnu et arrêté à Var^Mies; tonles les gardes nal'uris. tionales des environs prennent les armes ; les âétachemeots de troupes postés sor fat route sont repowsés, •« eraignent d'agir ; Booillé aeeourut kiî-nième à la tète â\in régiment; mais il arrive trop taid : déjà, depuis plnsteors heures, le roi éttôt en route pour Paris. L'assemblée avait envoyé trois de ses membres au-devaat de k&, à l'effet d'assurer son retour : c'étaient le eomte de Latoor-Maobourg, Pétion et le jeune Bamave; ee dernier^ depuis lors , touché des prévenances et du triste sort de la làmiHe royale , résolut de lui pr^er ses conseils et son a^i:^.

Le roi fut accueilli dans Paris par un silence de sinlstie augure : l'assemblée te suspendit provisoirement de ses fonctions , nomma des comarissaires pour rintenrogèr, et le soumit daus son palais à une rigoureuse surveillanoe'.

t « Le service du château se faisait comme à l'ordinaire ; mais la Ft7«tte donnsit le mot d'ordre sans le receyoir dn roi. Les grilles des oonrset des jardiiis étaient fermées. La hmMe royale somnettait à la Fayette la liste des personnes qu'elle devait reeeroir. Des sealinelles étaient placées dans toutes les salles , à tontes les issues, dans les couloirs intermédiaires entre la chambre du roi et la chambre de la reine. Les portes de ces chambres devaient rester ouvertes. Le lit même de la reine était surveillé du regard. Tout lien» même le plus secret, ^ait «us^ect Le roi, si résieiié, si impassible, fléc&ltuamo-

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U s*agit eosvile de décider si Louis XVI contmaeraît à ruiner 4>a si la dédiéance serait pronoAoée. Les Lameth et Bamave s'unirent, daos l'inte&tioQ de défeadre le roi, au parti modéré, et eréèreat te club des Feuilla&ts pour l'opposer à oehû des Jacobios , dont la direction fat saisie par PétioQ et Robesj^erre , chefs du parti répoblicaio. L'asseaiblée, de Ta vis de Baruave,déelaca qu'il n'y avait lieu à traduire Louis XVI eu jugeineat, ou à proDoocer sa déchéance ; mais en môflae temps, pour caliser l'effervescence populaire, elle décréta que le roi aurait abdiqué de fiait» et cesserait d'^re inviolable^ s'il âiisait la guerre à la nation ou souffrait qu'elle lui fût faite en son nom« Cette déclaration de Tasseinblée irrita la multitude. Les agitateurs préparèrent une pétition dans laquelle ils en appelaient à la souveraineté du peuple» et considéraient Louis XVI comme déchu depuis sa fuite. Brissot la rédigea ; elle fut portée» le 17 juillet, au Champ de Mars, sur PétHion Tautei de la patrie « où Danton et Camille Desmoulias ha- 4e auSf ranguèrent une foule immense » en Texcitant à l'insurrec- *^-

meut sous le poids de tant de douleurs et de tant d^humiliations. Concentré dans ses pensées, U resta dix jours entiers sans dire une parole, même à sa famille. Sa dernière latte avec le malheur semblait avoir époisé ses forces. Il se sentait vaincu et voulait , pour aia» dire, mourir d'avance. La reine , en se jetant à ses pieds et en lui présentant ses enfants, finit par Parracher à ce silence. « Gardons, lui dit-elle, toutes nos forces pour livrer ce long combat avec la fortune. La perte fùt-elle inévitable , il y a encore le choix de l'attitude dans laquelle on périt. Péris6ot)s en rois, et n'attendons pas sans résistance et MBS vengeance qu'on vienne nous étouffer sous le parquet de nos appartements! » La reine avait le cœur d'un héros; Louis XVI avait i'ànie d'un sage ; mais le génie qui combine la sagesse avec le courage manquait à tous les deux : l'un savait combattre , l'autre savait se soun^tre, aucun ne savait régner. »

(Lamartine, Bist. des Girondins, 1 1".)

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tion. Le péril devenaft menaçant, et rassemblée enjoignit à la municipalité de veillera la sûreté pablique. La Fayette et Bailly se transportèrent au Champ de Mars, à la tête d*une troupe nombreuse de gardes nationaux; Bailly prononça les sommations légales , et fit déployer le drapeau rouge : la multitude répondit à ce signal par une grêle de pierres; alors toute vole de conciliation étant fermée, il fallut recourir à la force , et la Fayette commanda le feu ; la seconde décharge fut meurtrière, et dissipa l'attroupement ; la multitude prit la fuite, et ne pardonna ni à la Fayette ni à Bailly d'avoir rempli leur devoir dans cette fatale journée, premtëre Gcs déplorablcs disscnsious entraînèrent à des actes im- ' prudents les adversaires de la révolution , et les émigrés ne songèrent plus qu'à l'étouffer par l'effort de tonte l'Europe : Monsieur prit à Bruxelles le titre de régent ; Bouille écrivit une lettre foudroyante à l'assemblée; l'empereur, le roi Traité de de Prusse et le comte d'Artois se réunirent à Pilnitz, où xr^jntitet ils signèrent, aux risques de compromettre le roi qu'ils voulaient défendre , le traité du 27 juillet Ils considéraient, dans cette déclaration, la cause de Louis XVI comme la leur, exigeaient qu'on le remit sur son trône, et que l'assemblée fût dissoute ; sinon ils menaçaient la France des plus effroyables calamités. L'assemblée, irritée , répondit à ces menaces en levant cent mille gardes nationaux , et en armant ses frontières. Cependant elle touchait au terme de ses opérations , et la convocation des collèges éiectoiaux fût fixée par elle au 5 août; un décret funeste, rendu avant le départ du roi pour Varennes, interdisait à tous ses membres de faire partie de l'assemblée suivante. En vain Duport s'était écrié : « Depuis qu'on « nous rassasie de principes, comment n'a-ton pas re-

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<c connu que la stabilité est aussi un principe de gouver- « nement ?» Le décret fut rendu ; et la manie de désintéressement devenant contagieuse , Bailly se démit de la mairie, et la Fayette du commandement des gardes nationales. Cest ainsi que la conduite de la révolution fut abandonnée à des hommes nouveaux, qui en recommencèrent une autre pour se faire un nom et une fortune.

Avant de se dissoudre, rassemblée réunit ses décrets constitutionnels en un même corps, déclarant que la France avait le droit de revoir sa constitution , mais qu'il était prudent de n'en pas user avant trente ans. Le roi accepta sans restriction Tacte constitutionnel ; il fit le 29 septembre la clôture de rassemblée, et prononça dans son ciôtpr« sein de touchantes paroles , qu'elle accueillit avec des ac- semblée clamations et des témoignages de respect et d'amour. Alors ^\^^: Thouret, s'adressant au peuple, prononça ces paroles : **5îJy* « L'assemblée constituante déclare que sa mission est ache- « vée y et qu'elle termine en ce moment ses séances. »

Ainsi finit cette célèbre assemblée , après avoir accompli les choses les plus considérables avec un grand mélange de bien et de mal dans le court espace de deux années. Les vices principaux de la constitution rédigée par elle étaient la réunion des membres du corps législatif en une seule chambre et la subordination beaucoup trop grande de l'autorité royale à la puissance populaire. Cependant , tout en reconnaissant le peuple comme la source des pouvoirs , c'était aux mains de la classe moyenne et la plus éclairée qu'elle en avait confié rexercice par l'élection à deux degrés ; et l'on peut dire qu'elle périt moins encore par ses propres vices que par la fureur des factions qui soulevèrent l'Europe contre la révolution et amenèrent l'intervention directe de la multitude dans le gouvernement de TÉtat.

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niée.

2)02 QVÀTBIBIUl BP0Q1I1.

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