‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 21 sur 65 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De l'ouverture de la conTention nationale à la chute des girondins. 20 septembre 1792 ^ 2 juin 179a,

L'assemblée législative s'était dissoute elle-même; celle ouvertuqui loi succéda ouvrit ses séances le 20 septembre 1792, c^n^if.

, -, , * tion na-

et prit le nom de Convention nationale : son premier acte ^^omie. fàt d'abolir la royauté et de proclamer la république y elle déelara ensuite qu'elle daterait de l'an V^ de la république française. Ces mesures furent décrétées par un vote La répuunanime ; mais bientôt les deux partis qui]s*étaient divisés ^^^ à la fin de la législative recommencèrent une guerre achar- bK^7?i. née , dont l'issue fut mortelle à l'un et à l'autre. Ces partis ^^fP^^c^aétaient celui des girondins y qui siégeaient à droite dans ^^^^, l'assemblée, et celui des montagnards, qui occupaient la »«"Wée. T. II. 10

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crête de la gauche, d*où leur vint le nom sous lequel ils lurent désignés. Les preitiiers étaient sivsèreœent ré^wt* blicains; mais, d'une part, ils s'étaient aliéné les constitutionnels, en ébranlant la a<raarcliie par les décrets qu'ils avaient rendus dans la précédente assemblée, et, d'autre part , leur répugnance à employer les moyens violents et à recourir à la multitude les rendait suspects aux démocrates. Les montagnards , moins éclairés, moins éloquents que Us girondins, étaient plus résolus, et nullement scrupuleux sur le choix des moyens; la démocratie ta plus extrénae leur semblait le meilleur des gouvernements : ils avaient pour chefs principaux Danton, Robespierre et Marat. Ces deux derniers surtout étaient particulièrement et avec raison en horreur aux girondins : Robespierre , doué de talents médiocres, mais dévoré d'envie et d'ambition , s'était jusque là tenu à part, se prononçant soit dans la constituante , soit aux Jacobins, où il régnait, soit enfinà la convention, contre tous ceux qui tour à tour y avaient obtenu l'ascendant; il aspirait au premier rang, et, associant la cause de m vanité aux pastion» populaires, U triomphait de toute supériorité en la frappant du nom, odieux alors, d'aristocratie et de privilège ; il se distinguait aux yeux 4e la multitude par les apparence» d'un patriotisme austère, et la captivait en lui prodiguant tes biens des vaiMW et leur sang. Marat, faiiatiqw furteux, «'était fait Vapètre du meurtre àms tes discours et daaft son infâme jomw nal eAmi du Peuple : 11 prêchai le recour» à la âicta^ turc, pour combattre teseoMmis de la révolulMi, et iextermlnation en masse pour s'en ééftûre. Ces 4oux chefs, dignes l'un de l'autre, laissaient déjà loin derrière eux Danton et ses partisan», q«i auraient voulu, dan» la carrière du meurtre, s'arrtter aux massacres de sepleiiibra.

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LIVAB II* CB4PITBB té 219'

Les giroûdios l'emportaient dans l'assemblée sor leurs rivaux , et les départements leur étaient favorables ; mais la commune de Paris était dévouée aux montagnards , qui disposaient par elle des insurreotions, paries Jacobins de l'esprit public, et enfin des sections et des faubourgs par les sans^culottes. Un troisième parti , saus opinion pro« noncée et sans système^ flottait entre les deux autres : • c'était celui de là plaine ou du marais. Il était composé d 'hommes pour la plupart bien intentionnés, mais dé-* < pourvus de caractère; ils votèrent pour la Ginmde, et lui donnèrent la majorité aussi longtemps qu'ils forent sans alarmes pour eux-mêmes; la peur les jeta ensuite dans les rangs opposés.

Les girondins^ et entre autres l'énergique Bàtbaroux , chef des Marseillais, accusèrent Robespierre de viser à la tyrannie; cette accusation, mal soutenue, retomba sur Marat, qui chaque Jour préconisait les massacres : il voulut se justifier; son aspect à la tribune excita un mouvement d'horreur ; et lorsque cet homme atroce , restant imperturbable , eut dit : « J'^i dans cette assemblée un « grand nombre d'ennemis persotmels, » — Tous! tous! fut le cri général ; et cependant cette attaque n'eut pas de suite. Elle fut reprise quelques jours plus tard contre Robespierre. Personne, avait-il dît, n'osera m^accuser en face! — Moi! s*écria Louvet ; et, courant à la tribune, il foudroya Robespierre par l'improvisation la plus éloquente, faisant précéder chaque nouvelle énumération de griefs pn* cette redoutable formule : Robespierre, je f accuse. Le tyran futur eât été vaincu ee Jour-là ; mais il demanda une semaine pour préparer sa défense, l'obtint, et l'ordre du jour termina eette lutte. C'est ainsi que les girondins, par Itnrf attaques , grandissaient eux-mêmes Timportance

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de leurs adversaires ; ils ne sentaient pas qu'ils devaient les vaincre et les écraser, sous peine de périr eux-mêmes. Impuissants contre la commune, ils abandonnèrent encore à leurs ennemis le club des Jacobins, et irritèrent la population de Paris, en demandant que la garde de TAssemblée fût confiée à un corps tiré des départements. De là leur vint le nom de fédéralistes , avec le reproche de vouloir soulever les provinces contre la capitale, tandis que les montagnards faisaient décréter Tunité et rindivisibilité de la république, victoire Nos armcs triomphaient en Belgique. Le général Clairmouriez'à fait avalt rejoint le duc Albert devant Mous , et leurs ar-

Jemnja-

pjj-^j^- mées réunies couvraient les hauteurs qui portent les villages 17M. de Jemmapes, Guesmes et Berlaimont. La position des Autrichiens, défendue par de nombreux abatis, des pentes rapides, des bois, quatorze redoutes et une artillerie puissante, semblait inexpugnable : leur cavalerie, postée dans rintervalle des coteaux, surtout entre Jemmapes et Guesmes , se tenait prête à fondre sur nos colonnes aussitôt que le feu des batteries les aurait ébranlées. Dumouriez forme son armée en demi-cercle parallèlement à Tennemi : les généraux Ferrand et Beurnonville commencent Tattaque par les ailes. La gauche des Français fait fléchir l'ennemi, et aussitôt Dumouriez porte le centre en avant contre Jemmapes. Son infanterie s'avance en colonnes serrées sous un feu meurtrier; mais alors la cavalerie autrichienne s'ébranle : à ce mouvement une brigade française recule , et découvre, sur la droite, le flanc de nos colonnes. L'attaque allait échouer lorsque le jeune Baptiste Renard , simple domestique de Dumouriez, s'élance, signale le danger, et ramène la brigade à l'ennemi. Déjà l'alarme avait gagné les bataillons de l'attaque du centre, et ils

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tourbillonnaient sous le feu des batteries; mais le duc de Chartres, fils aine du duc d'Orléans, les rallie ; il forme autour de lui une troupe d*élite, et rétablit le combat. Dumouries court à la droite, au moment où l'intrépide Dampierre s'élançait dans une redoute autrichienne ; il rassemble quelques bataillons épars, repousse la cavalerieennemie, et, entonnant la Marseillaise à la tète de ses bataillons, il fond sur les retranchements des Autrichiens, les renverse, et enlève le village de Cuesmes. La bataille était gagnée; les Autrichiens furent rejetés au delà de la Roer, et le gé» Déral vainqueur entra le 14 à Bruxelles, tandis que ses conq^ lieutenants s'emparaient de Namur et d'Anvers : la Bel- «Megiqoe entière fut soumise.

Dès lors commencèr^t les divisions entre Dumouries vainqueur et les Jacobins. Ceux-ci fondirent sur les provinces conquises comme sur leur proie. Les Flamande avaient reçu les Français avec enthousiasme et comme des libérateurs : les Jacobins les aliénèrent bientôt en les frap* pant de réquisitions, et en les livrant à une odieuse anarchie. Dumouriez, indigné, se rendit à Paris, dans le double but de réprimer leurs violences et de sauver Louis XYI : ses efforts furent impuissants.

L'infortuné monarque languissait depuis quatre mois dans la tour du Temple, avec la reine, avec sa vertueuse sœur madame Elisabeth, et ses deux enfants, partageant ses moments entre les soins de leur éducation et la lecture. La commune exerçait sur ses captifs une surveillance cruelle, et les abreuvait d*amertume. La discussion sur le procès du roi s'ouvrit dans la convention le 13 novembre; les principales charges contre Louis XYI résultaient de papiers trouvés aux Tuileries, dans une armoire de fer, dont le secret avait été indiqué au ministre Roland. Là furent

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âéoMvertft les cmnpiota de la eoar contre la révolution, ainai que les arrangements ateo Mirabeau et le général Bouille. Enfin d'autres paj^rs, trouvés dans les bureaux de <a liste dvile, semblaient établir que Louis n'était pas resté toujours étranger aux mouTements tentés par l'Euffopee&sa ftiTeur. Mi^s, eonunereiy la ooostitution le dé* clarait inviolable ; d*aâlleurs il étiH déchu, et n'aurait pn ^re condamné qm^ mépris de tentés les lois, pour des actes antérieurs à sa déchéance. Les montagnards sentaient •enx'inémes toute illégalité de la procédure dirigée contre bii. Robespierre, en demandant sa mort, repoussa toutes les ibrmes comme mensongères, et ne fit valoir, avec Saint- Just, que la raison d'État : « Que ne doivent pas Mr craindre parmi nous , dit ee dernier, les bons citoyens

* amis de la liberté, en voyant la haebe trembler dans vos ^« mains, et an- peuple dès le preitftor jour de sa liberté

• respeeter le souvenir de ses fcrsT »

La Montagne ' en poursuivant avec acharnement la •eondamnatîen du roi voulait abattre la Gironde, qui avait hautement manifesté le désir de le sauver. La grande ma- JorHé de l'assemblée persista danaTintention de soumettre ce grand procès à des formes juridiques ; et Loufs XYI, déjà séparé de sa famille, parut en accusé devant la oonrro<^de vention , qu'il ne récusa point. Sa contenance taî ferme et noble, ses réponses prédses, touchantes, et presque toujours victorieuses. Reconduit a« temple, il demanda nn défenseur, et indiqua Target et Tronchel. Le prem^ refusa ; le vénérable Malesberbes s*off(it à sa place, et écrivit à la convention ces paroles mémorables : « J^ été appelé denx

' On appelait la Màntagne le parti des montagnards, et la Of- Tonée celui des girondfas.

« fols afu coDsdl de celui q\x\ fut mou maître, dass le temps « que celte fonetfan était ambitionnée par tont le ftonde; « je lui dois le même service lorsque c'est «ne £(»iotimi « que bien des gens troavent dangereuse. * On^ lui accorda sa demande, dont Louis XV J f»t profondémeot touché. Lorsqu'il te vit, il le serra dans ses bras, et lui dit, les larmes aux yeux : « Vous exposez vcrtire Tie, et vous ne « sauvez pas la mienne. » Male^erbet, tenaoA les mains du roi pressées sur ses lèf ras et ie^ baignant de larmes, se dit heureux encore de pouvoir lui consacrer un reste de vie; puis il essaya de rendre à Tauguste cap^ l^esféraoee dans la justice de ses juges et dans la phié de ses persécuteurs* « l>^ou, non, répondit le rsi, ils me feront mcmrir, j'en « suis sûr ; its en ont fe pouvoir et la volonté; n'importe, « occupons-nous de Mon pnacès comme si je devais le « gagner; et je le gagnerai en effet, puisque la mémoire « que je laisserai sera sans tadie, *

Tronchet et Malesherbes s*^eupèrait aussitôt ée sa dé^ fense, ets'adjoignh^nt Desèze^ avocat de Bordeaux établi à Paris.

Depuis que son procès était conmieiieé, Louis XVI, séparé de sa famille par Tordre de la Convention et tenu au seoret, se pouvait plus ccdumuniquer avec aucun des êtres qui lui étaient siehers* Letirs soitffrances, leurs périls et leur amour étaient sans cesse présents à sa pensée. Le 19 d^embre il dit à Theure du déjeuner à Gléry, son uni* que serviteur, devant les quatre mufiicipaux de garde : « Il y a quatorze ans to«b fûtes plw matinal qu'aujour- « d*hui. » Un sourire triste révéla à Gléry le sens de ces paro^. « G^estlejour, poursuivit le loi, où naquit ma « fille! Aujourd'hui, son jour de naissance, être privé de « la voir I » Des larmes mouiltèrrat ses yeux : les munici-

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paux gardèrent le silence, et semUèrent reipeeter ce sott* venir des Joars heureux, qui traversait sa prison pour la rendre pins sombre >• »

Le lendemain Louis XYI écrivit un testament, pages sublimes d'une âme chrétienne prête à paraître devant son Dieu : il y iéguidt sa reconnaissance à ses serviteurs , son pardon à ses ennemis. « Je pardonne, dit-il, de tout mon cœur à ceux qui se sont foits mes ennemis sans que Je leur en aie donné aucun motif, et je prie Dieu de leur pardonner, de même qu'à ceux qui , par un sèle malentendu , m'ont fait beaucoup de mal... Je le prie de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfants, ma sœur, qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s'ils viennent à me perdre et tant qu'ils resteront dans ce monde périssable... Je reccmimande à mon fils, sll avait le malheur de devenir roi, de songer qa'il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu'il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que J'éprouve... Je finis en déclarant devant Dieu, et prêt à paraître devant lui, que je ne me reprodie aucun des crimes qui sont avancés contre moi... »

Le roi fut conduit une seconde fois à la convention, et parut à la barre accompagné de ses défenseurs. Desèze lut la défense, et termina son plaidoyer pathétique par ces pa* rôles solennelles et vraies : « Louis, monté sur le ttàut à « vingt ans y y porta l'exemple des mœurs, la justice et « l'économie; il n^ porta aucune faiblesse, aucune passion •c corruptrice ; il fut Tami constant du peuple. Le peuple « voulut qu'un impôt désastreux fût détruit, Louis le dé-

' Lam.'irtine , Hist des Girondins , t V.

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LIYAB II. CHÀPITBS I. 215

« traifiit; le peuple voulut l'abolitioii de la servitude, « Louis l'abolit; le peuple sollicita des réformes, il les fit; « le peuple voulut changer ses lois , il y consentit ; le peu- « pie voulut que des millions de Français recouvrassent « leurs droits, il les leur rendit; le peuple voulut la liberté, « il la lui donna. On ne peut pas disputer à Louis la gloire « d'avoir été au-devant du peuple par ses sacrifices ; et « c'est lui qu'on vous a proposé... Citoyens, je n'ad^ve « pas, je m'arrête devant l'histoire : songez qu'elle jugera « votre jugement, et que le sien sera celui des siècles. »

Louis XYI sortit avec ses défenseurs , et aussitôt un vio* lent orage s'élève dans l'assemblée. Lanjuinais, indigné, s'élauce à la tribune, et demande l'annulation de la procédure ; il s'écHe que le temps des hommes féroces est passé; qu'il ne faut pas déshonorer l'assemblée en lui faisant juger Louis XVI; que personne n'en a le droit en France; que si l'assemblée veut agir comme corps politique, elle ne peut prendre que des mesures de sûreté contre le ci-devant roi ; mais que si elle agit comme tribunal, elle est hors de tous les principes , car c'est faire juger le vaincu par le vainqueur lui-même, puisque la plupart des membres présents se sont déclarés les conspirateurs du 10 août. A ce mot il s'élève un tumulte épouvantable; de toutes parts .on crie : « A l'ordre 1 à l'Abbaye 1 » Lanjuinais , intrépide et calme, ajoute : « Plutôt mourir mille fois que de condam- « ner contre toutes les lois le tyran même le plus abomi- « nable I » Une foule d'orateurs succèdent à Lanjuinais. Saint-Just enflamme la haine des ennemis de l'infortuné prince en le représentant, avec une douceur hypocrite, sous les plus odieuses couleurs. Rabaud Saint-Étienne, ministre protestant, qui déjà s'était honorablement distingué comme membre de la constituante, s'indigne à son tour

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de raceunnlailoD dft pou voira qa'exirce la coaveQtfbii. « Qciant à moi, dit*fl , ^sois Imi de ma j^ortloQ de des- « potjsmc ; jesais lK>Qrrelé de la tynmrie que j*^]ieree pour « ma part, et je ae«^re après le moment oî tous aurez « créé an tribanak qm me latse perdte les forme» et la « ooDteDttoce d'im tjraiL^ Yoas chereàez des raiB<ms poli- « tiques ; ees raisens sontdaM t^histeire;.. Le peaple de « Londres, qui avait tanl preaié le sappKce du roi, fut le « premier à maudire ses Juges et à se prosleraer devant K sou sueeesseor... Il eounit assister à leur suppitoe...

• Peuple de Paris , parlem«it de France, m*a?eK-vous

* entendu ?» Le sombre ilobespienre parut alors, et dit, pteiu de fiel et de colère : « La dernièNr preuve de dévoue- « ment que nous devons à la patrie, cfest d'^uffer en nos «r cceurs tout mouvement de sensibilité. » Il se répand en invectives et en perfides insinuations cmolre les députés de la Gironde, qui dans ce momei^ critique gardent un prudent silence; pour lui , il dira toute sa pensée : il demande que Louis XYl soH condamné, il veut que son sang soit répandu.

Ces débats orageux se prolongent trois jours ; enfin Yergniaud prend la parole, Vei^gniaud, le plus grand orateur du parti girondin : on l*éeoute dans u» profond silence. Il se prononce pour Tappei au peuple ; il repousse avec énergie les perfides InsiBuatîeos de Robespierre ; Il prédit tous les dangers qui résulteront peut* la France d'une condamna tioDi ptéeipitée : « Les puissances, dlt-ii, n'atten- « dent qae ce dernier prétexte pour fondre toutes ensemble <t sur la France : on les vaincra sins deute, Fbéri^sniedes « soldats français en. est un sûr garent; mafs la victoire « mette demandera uft surcroît de dépenses et d'efforts.... <« Queile recoMoIssanee vou» devta la patrie pour avoir

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Lindi n. eWArarBs i. f37

« Mt eovterdMflof»é^8aflgde ptasmr lefionewmt «ttur « les merS) et pe«r «inoir exercé e» sotr non hb aete de « iiviigeâiiGe dertm lis eame de toot de eafami^. Le

• eori^s sedâl, IfotFgvé des asvemls quettfi HTrerofft tra ^- « horfles evniemis âPttiâs, mr dedans leir hf^Êam soulevées» « tombera dans mm fanfnMHP morCelte. Craignes q«*aii « mffiiea de ses triomp^ies fa France ne ressemble à ces » moDuments famear qui dans FÉ^ypte ont vafnett te « 1»Bps r rélranger qtrf passe /étonna de leur grandenr;

• sH veut y pénétrer, (jfn*y tPonve*t-îf? Des cendres Inani» « mées et îe silence des tombeaux. » Vergnfemd demande 8^ n'est pas à craindre que îe peuple n'attribue alors tous SCS maux à îa conventiorr ; « Qui me garantira, pour- « snft-il , qu'aux cris séditieux de fa turbulence anarcfaique

* ne vfendraiem pas se raWer l'aristoctatie avide de ven- « geance, la misère avide de changement, et jusqu'à fa « pitfé que des préfugés invétérés auront excitée sur le « sort de Louis? Qvd me garantira que, de cette tempête « ou Ton verra sortir de leurs repaires les tueurs do 2 sep- «tembre, on ne vous présentera pas tmit couvert de « sang, et comme un libérateur, ce défenseur^ ce chef « qu'en dît être si nécessaire? Un chef! Ah ! si telle était « leur audace, il ne paraîtrait q(x^ pourêtre à IMnstant percé

• de- mille coups. Mais à quelles horreurs ne serait pas 11- « vré Paris !.. . Qui pourrait habiter une cité où régneraient <« fa terreur et h mort?... Quelles mains essuieraient vos « larmes, et porteraient des secours à vos familles déses- « pérées^ Iriez- vous trouver ces faux amis, ces perfides « flatteurs quî vtnis auraient précipités dans Fabîme? Ah I

* foyez-leS'pfulôt: redoutez Içurrépewse! je vais vousTap- <r pfisndre. Vous Venr demanderiez d« pain» ite vous é^

* raient: AWez dans les carrières dispnter à la terre que^

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« ques lambeaax sanglimts des victimes qoe vooi ave^ <i égoi^éesl ou : Youlez-voas da sang? prenez, en voici l «1 du sang et des cadavres : nous n'avons pas d*autre nom** « ritore à vous offrir!... Vous firémissez, citoyens I 0 ma « patrie 1 je demande acte, à mon tour, des efforts qae Je • fais pour te sauver de cette crise déplorable. »

L'impression produite par ce discours prophétique fut profonde, et l'assemblée liésitait, divisée en deux parts* Brissot, Gensonné, Pétion, soutinrent Tappel au peuple; Barrère le combattit : sa souplesse cauteleuse, sa froide et cruelle logique, abondante en raisons spécieuses, triompha de l'éloquence de Vergniaud. La clôture de la discussion fut prononcée y et un décret fixa l'appel nominal au 14 janvier. Trois questions furent soumises au vote : la culpabilité, V appel au peuple, et la peines Les passions étaient aveugles, implacables , et un vote unanime déclara Louis coupable. L'appel au peuple fut écarté; il restait à résoudre quelle peine serait infligée. L'agitation était au comble dans Paris; une multitude furieuse proférait à la porte de l'assemblée d'effroyables menaces contre ceux qui inclinaient à la clémence. Un grand nombre parurent intimidés; Vergniaud lui-même, qui présidait, sentit fléchir le courage qu'il avait montré les jours précédents, et opina lâchement pour la mort. Enfin, après quarante heures d'appel nominal, il prononça, d'une voix émue, le résultat du scrutin. Sur sept cent vingt et un votants , la mort fut prononcée à la majorité de vingt-six voix. Les défenseurs de Louis XYI, Desèze et Tronchet , protestent contre l'arrêt ; Malesherbes veut parler, et les sanglots étouffent sa voix. La propositions d'un sursis est rejetée, deux jours plus tard , à la majorité de trois cent quatre-vingt-dix voix contre trois cent dix.

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et rexécQtion de la leotenee est fixée aa lendemaiD', 21 janvier.

Louis avait demandé an prêtre, en désignant l'abbé £dgevwrth de Firmont. Cette demande fiit accordée. M. £dgeworth vint au Temple, et aussitôt qu*il vit le roi, il voulut se jet^ à ses pieds : Louis le releva, et le reçut dans ses bras. Une dernière entrevue avec sa famille avait été permise à l'infortuné prince ; les officiers municipaux, ne voulant point le perdre de vue un seul instant, décidèrent que l'entrevue aurait lieu dans une salle dont une porte était vitrée , et laissait voir ce qui se passait à Tintérieur. Louis XYI y entra à huit heures, et s'y promena Denuére quelque temps avec anxiété, dans Tattente des êtres qui |^\y, lui étaient si chers. A huit heures et demie une porte s'ou- f/^^ vrit : la reine parut, tenant le jeune dauphin par la main ; madame Elisabeth et Madame Royale la suivaient : elles se jetèrent ensemble dans les bras du roi, avec de douloureux gémissements. Après un long et déchirant entretien, le roi se leva , et mit un terme à cette cruelle scène en promettant de revoir sa famille le lendemain. Malgré cette promesse, qui ne devait point s'accomplir, les adieux furent des sanglots et des cris. Louis XYI s'arracha enfin à ces poignantes émotions; il rejoignit seul l'abbé Edgeworth, et retrouva auprès de lui de la résignation *et du calme. Il ne songea plus qu'à se préparer à la mort. Vers minuit il se coucha , et s'endormit. Cléry, son fidèle et unique serviteur, demeura debout auprès de lui , contemplant le sonmieil paisible de son maître à la veille du supplice. A dnq heures du matin le roi s'éveilla. Cléry alluma du feu, fitd'une commode un autel. L'abbé Edgeworth df t la messe: Louis XYI reçut à genoux la communion des mains du prêtre, et se releva avec le courage du chrétien et du juste.

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ttO QVinfÈMB i»O^B.

B^ k faiiiboQr battsit dans Pftriff, etiea Mftfoos pre* naleot les armes. A huit heures Sauterre, avec une dé^ pnfetfon de ht emnmmie, du département et do tribniial crfMiiiel , se rend au Temple. Le roi se dispose à paAfr ; il épargne à sa fiennille et à lui-même une nou^'vtle sépa* ratloD, plus horrible que eelfe du Jour précédent; tf diarge Cléry de transmettre ses adieux àsa femme, à sa mew et à ses enfants ; ri fui remet pour eux des efaeTeux, quel* ques bijoux, et présente son testament à nn offîcîcr mu* nfcipaf ; puis il donne avec cahne le signal du départ. iSîbxvi ^®"^ Hgnes d'hommes armés bordaient le chemin jus- "«tÎT*^ q^'à fa place de la Révolution , et partout au passage de la fatale voiture if se fait un profond sifence. A dix beureg et demie Louis XVI arrive à la place de la Révohrtlon. Là autour de l'échaftmd un vaste espace était laissé vide, des canons étaient braqués alentour , et des fédérés eo armes contenaient les ftots d'une vîfe populace, qui à te vue de la victime poussa quefques cris féroces. Le rof se déshabille lui-même ; et comme if hésitait à se laisser Ker les mafns par ses bomteaux , Tabbé Et^evrorth le regarde, et lui dft : • Souffrez cet outrage, comme une dernière res* « semblance avec le Dieu qui va être votre récompense. » Louis se résigne : il se laisse lier et conduire sur Féch»feud. Là, se séparant tout d'un coup des bourreaux , el s'adtessant à fa multitude: «Je meurs innocent, dit-W ;^je « pardonne à mes ennemis; et vous, peuple Infortuné... » Un roulemeni de tambours couvrît sa vofx ; les bourreaux le saisirent : « Ff Is de saint Louis, montez an cfet f » dfl Kabbé Edgeworth : défà Louis XVI avait cessé die vivre. wuïns" ^*^* P^^ ' '® 2t Janvier ; après dix-huft ans de règne , ^ tomI^ un des rois qui ont le pins honoré te trône par Fenr» ver* "roi.**" tusj il eut fe droiture d'intention nécessaire pour eom-

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meocer d^uliles réiérans ; il kil manqua la Ibree de canetèfe iodi^easalilê^ pour les Kainleiir, pour diriger ia rémAMom H la emâmre au port. Sa nMPt est un gnmd criner dont ta FMAeemiS fn^ pas compHee, etdoot poartaot i^e porta la p^te^ Elle décnpla Les périls de la réroiatm:, irrita la Aurinr dcB» partis, et lea premiers diâttm^ta tomhèrent maa ses p■ine^>allx aii^nrs. Les girtmdfaiisaaraieat TODila sao¥er Louis XYI, mais ils n'avmeiil osé preiK&pe ouTcrleiMi^ sa défense : ils redoutoicsit le aom de eootreréiroluti»iHiaire8 et de eomptiees des tyrans» aoa& lequel leurs ennemis ks déstgoaioit; et plusieuRs même, entre antres Vergi^aud, avaient dcmaé malgré eux ub ^ige erir nteel de leor dévouement à la révoinUen en votant la mort du roi : ils furent victimes de leur lâeheté. L'laic|«té dtt supplice de Lonia XYI e& multipliant les dangers autour de la couventiou l'entraînait dans une voâe nouvelle de fareirsel devloleacea, où il devenait imposaibie ds l'arrêter. Nous verrons ain^i chai}ue nouveau crime de cette assemblée ûuneuse enfanter aij^ur d'elle de nouveaux tmnemis^ et la contraindre à redouliler de mesures ârueUes et tyranniques pour ks combattre : c'est seutemaïkt de ostte manière ({ue doit être Mtoiûse et entendue la fatalité histoffiqwe des événements i$ la révolution. Si après Jemmapes la vie de Lottis.XVI eût été le gage de lapaix entre la France et L'Europe, qui oserait dire que L'atroce dictature du ccMVûlé cte aaM pufeHic fût devenue indispeur sable pour sauver la patrie ?

Après l'attentai du 21 janvier, l'Europe, indignée, prit ^^^''^^^ les iffmes d'un aesord unaaimcL La révoLutian dès lors ^^^}o% compta pour ennemis dédacéi l'Angleterre, la Hollande, ^p^Jf l'Eapagne, toute la Goolédératioa gecmanique, la Bavière, "^' la Souabe, rÉlect^ir paMin, Naples et le Saint-Siège,

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2S2 QUATEiiMB ÈPùqom.

pois la RQtsie; et presque en même temps la Vendée «e leva menaçante et redoutable : il fallut eombattre, outre l'ennemi intérieur, 350,000 hommes des meiHeures troupes de l'Europe qui s'avançaient sur toutes tes frontières de It république. Pour faire face à tant de pârils , Danton et kn montagnards qui l'avaient pris pour chrf excitèrent d'abord par des discours et des insurrections l'oitliousiasme et le fanatisme du peuple, au nom de la liberté, de régalite, de la fraternité, et le maintinrent dans cet état de crise violente, afin de disposer de ses passions et de ses fureurs. Ce fut Danton qui fit établir le despotisme de la multitude, sous le nom de gouvernement révolutionnaire. Une levée de 300,000 hommes fut ordonnée, et Ton créa icr^on un tribunal extraordinaire de neuf membres, destiné à ^ùS!^ punir les ennemis de la révolution à Tiatérieur et dont les J^in arrêts devaient être sans appel. Les girondins combattirent *'*** une institution si arbitraire et si redoutable; leur résistance fut inutile : flétris sous le nom d'intrigants et d'ennemis du peuple, déjà leur perte était résolue; Marat, Robespierre, poussaient contre eux la multitude aux dernières violences, et le projet de les assassiner tous dans une insurrection nocturne fut conçu aux Jacobins et aux Cordeliers , mais il avorta. Yergniaud monta le lendemain à la tribune, où il dénonça ces projets de meurtre. « Noos « marchons y s'écria*t-il , de crimes en amnisties, et d*am- « nisties en crimes. Un grand nombre de <^toyens en est « venu au pœnt de confondre les insurrections séditieuses « avec la grande insurrection de la liberté, de regarder « les provocations des brigands comme des explosions « d'âmes énergiques!.... Citoyens, il est à craindre que la «révolution, comme Saturne, ne dévore successiTenient « tous ses enfants , et n'engendre enfin le despotisme avec

UTBI II. CHÂPITBB I. 333

« les calamités qui raccompagnent. » Paroles prophétiques, mais impuissantes!

L'insurrectfpn de la Vendée redoubla Taudace des Ja* ^^^!^ cofoins. Déjà des troubles partiels avaient éclaté dans * cette partie de la Bretagne et da Poitou, presque toute boisée, sans routes, sans commerce, et où le défiiut d'industrie, en arrêtant le développement de la classe moyenne, fermait tout accès aux idées nouvelles. Là les anciennes mœurs s'étaient maintenues avec les coutumes de la féodalité; là les populations des campagnes demeuraient soumises aux prêtres et aux nobles : ceux-ci n'avaient point émigré. La réquisition des trois cent mille hommes fit éclater en Yendée Tinsurrection générale, dont les premiers chefis furent le voiturier Cathelineau, l'officier de marine Charette et le garde^chasse Stofflet. Neuf cents communes se soulevèrent au son du tocsin , et les chefs nobles Bonchamps, Lescure, la Bochejaquelein, d'Elbée, Talmont, se joignirent aux autres, et secondèrent le mouvement avec énergie. Ils battirent les troupes de ligne et les bataillons de la garde nationale qui marchèrent contre eux. Tout pliait devant la fougue intrépide des paysans vendéens : sans armes ils s'emparaient de l'artillerie, en se précipitant sur les canons qui les foudroyaient. C'est ainsi que lés généraux républicains Marcé, Gauvilliers, Guétineau, Ligpnnier, furent culbutés tour à tour. Les Vendéens, vainqueurs et maîtres de plusieurs places, formèrent trois corps de dix <m de douze mille hommes chacun : le premier, sous BoDchàmps, occupa les bords de la Loire, et reçut le nom alarmée d^ Anjou ; le second, sous d'Elbée, au centre, fàt appelé la grande armée; le troisième forma l'armée dite des Marais y sous Charette, et ocoeupa la basse Vendée. Un conseil d'opérations fût établi, et Cathelineau proclamé gé*

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néraHssInie. Ce fbrmidaMe sonlèvement provoqoa aa sas de la convention des mesures encore plas terribles contre les prêtres et les nobles; tons ceux qui pafticiperaient à Qfi attroupement ftnrent mis hors la loi , on confisqua les biens des émigrés, et le tribunal révolationnaîre entra dans ses effroyables fonctions.

Un autre ennemi se déclarait alors. Dumourîez, après une invasion malheureuse en Hollande, venait de perdra Jj^eiî la bataille de Nerwinde contre le prince et Gobourg, iî*Siws commandant en chef des Autrichiens, et avait été obHg;é d'évacuer la Belgique. Depuis longtemps en guerre ouverte avec les jacobins, il songeait à les renverser et à rétablir la monarchie constitutionnelle : aprèâ la défaite de Nerwînde, en butte plus que jamais à leurs attacpies fafiéuses, il médita une défection et le projet de marcher sur Paris, de concert avec les Autrichiens. H est à présu^ mer que son intention était d*y fÉire couronner le jeune due de Chartres, alors dans son camp, et qui s*était distingué aux journées de Valmy et de Jemmapes. Il promit aux Autrichiens piuslenrs places fortes comme garantie; mais îî échoua dans ses tentatives peur s'en emparer, et acheva de se dévoiler aux yeux de la convention. €elie d, instruite de ses projets, le manda sur-le-champ à sa barre ; et sur son refus elle envoya le ministre de la goem Beornonvitfe et quatre députés, Camiu», Quinette, Lamar* que et Blancai, chargés de le traduire devant die, ou de Tarrêter au milieu de son armée. Dumourieif les Ifvra aux Aotriehleus; mate il avait tropprésmnéde f affection que wfecuon ses troupcs lui portaient : la fièvre révotutionnaire gagnait "ÂtÎÎî* tes soldats, et DmnonrieB fot abanAoïiné par les siens: fl *^^ n'eut alors d'autre ressource que de pMser dans le eanf enemi»

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UVXS n. CHAPITRE I. 2Z6

Les gfroûdiDS, en condamnant Dumouriez, avaient montré autant d^énerigie qae les montagnards; ils furent néanmoins accusés de complicité avec lui. Yergoiaud, Brissot, Goadet, Gensonné, Pétion, devinrent particulier rement l'objet des poarsuites de Robespienre et de Marat. Ils eurent un moment de vigueur, et tradoisirent Marat divant le tribunal révolutionnaire-: il fut acquitté, et porté en triomphe dans Rassemblée. Dès lors les sans-culottes occupèrent les avenues de la sâlle et les tribunes. Gnadel, pour soustraire rassenri>iée à la tyrannie des Jacobins et de la commune, proposa d'énergiques mesures, telles que la dissolution de la municipalité et la réunion de la convention à Bourges. Barrère fit adopter un moyen terme ; et l'assemblée créa un comité de douze membres, ^â^gJJ^ cbargé de surveiller la commune, et d'arrêter les auteurs des complots ourdis contre la représentation natio- " nate.

Une guerre à mort, fatale à la Gironde, s'engage aussitêt entre elle et la muirieipaUté. La commission des Douie épouvante d'abord ses ennemis par i'arrestalioB de Finlime Hébert, substitut du procureur de la commune, auteur de i*^éerable feuille du père Duchesne, et qu'on sai^t an sein de la nsunicîpallté. Les jacobins , les cordeHers, les seetioDs, se mettent en permanence , et organisent une insurrection formidable; Danton les dirige. Une multitude immense marche sur l'assemblée; les députés introduits demandent audacieusement la liberté d'Hébert et la oppression dss Douze. Les girondins résistent ; mais les montagnards et les sans-culottes des tribunes édatent con^e eux en vociférations et en meneœs; la séance se prolonge ^ms on désorcbe ef(h>yable; ente, au milieu de la nuit, des cris et du tomvite, les pétitionnaires, cottfondus «vec les

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236 QUATKIÀIIB BJPOt^UK.

montagnards sur les mêmes bancs, votent la destltotioB des Douze et Félai^ssement des prisonniers.

Cet arrêt est révoqué le lendemain. La commune, les jacobins , les sections , s'agitent de nouveau : Robespierre) Marat , Danton , Cbaumette et Padie, maire de Paris, se inaarKc. réunisscut pour conduire cette seconde insurrection, pins fftroiJSns ^^'"^^^^l^ V^^ 1a précédente. Henriot commande la forée >* B||i armée : quarante sous par jour sont promis aux sans-culottes pour le temps qu'ils seront sous les armes : le canon d'alarme est tiré, le tocsin sonne; on mardie sur la convention. Les Tuileries, où elle siégeait, sont bloquées; toute délibération libre est impossible. Barrère alors et le comité de salut public, à qui était due la cr^tion des Douze y demandent leur suppression , et elle est définitive- ^lent prononcée. C'était assez pour Danton ; c'était peu pour Robespierre , Marat et la commune : « H ne faut pas, « dit un député du club des Jacobins, laisser le peuple se « refroidir. » Henriot met la force armée à la dispositioo du club; l'arrestation des députés girondins est résolue. Chute des Marat sonne lui-même le tocsin, Henriot commande le

girondins

tjoin mouvement ; et le 2 juin quatre- vingt mille hommes en armes entourent la convention. L'intrépide Lanjuinais s'élance à la tribune; interrompu par des vociférations fiirieuses, il dénonce le projet des foetieux. « Paris est pur, « s'écrie-t-il , Paris est bon , mais Paris est opprimé par « des tyrans qui veulent du sang et de la domination. » Il conclut à ce que toutes les autorités révolutionnaires de la capitale soient cassées. Les pétitionnaires insurgés entrent au même instant, et demandent son arrestation et celle à» ses collègues du comité des Douze. Un violent débat 8*engageait, lorsque le d^uté Lacroix se précipite dans la salle, se plaint des outrages qu'il a reçus de la multitude, et

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LIVAB n. CHàPITAE II. 237.

déclare que la convention n*est pas libre. Les montagnards eaz-mèmes s*indignent : Danton s'écrie qu*il faut venger ]a majesté nationale outragée ; la convention se lève tout entière, et se met en marche ayant en tète son président. Elle rencontre snr la place da Carrousel Henriot à che^' val et le sabre à la main : « Que demande le peuple? lui « dit le président Hérault de Séchelles ; la Convention n'est « occupée que de son bonheur. — Le peuple ne s'est pas « levé pour entendre des phrases , répond Henriot; il veut «c qu'on lui livre vingt-quatre coupables. — Qu'on nous « livre tous I » s'écrièrent les députés. Henriot fait pointer ses canons contre eux, et la convention recule. Cernée de toutes parts, elle rentre découragée dans la salle des séances ; elle ne s'oppose plus à l'arrestation des proscrits, et Marat décide en dictateur du sort de ses membres. Yingt-quatre girondins sont mis en arrestation chez eux par l'assemblée; la multitude, satisfaite, s'écoule. Dès ce Jour le parti de la Gironde fut abattu, et il n'y eut plus de convention libre.

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