‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 22 sur 65 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

De la chute des gûrondins à celle de Robespierre.

2 juin 1793 — il juiliet 1794 ( 9 thermidor an It ).

Les girondins Pétion, Barbaroux, Guadet, Louvet, Buzot, Lanjuinais, réussirent à s'échapper et mirent à profit l'indignation excitée en France par les événements du 31 mai et du 2 juin, et tentèrent de soulever les départements. Caen devint au nord le centre de Tiasurrection : la Bretagne y prit part, et les insurgés, sous le nom d^As-

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^88 QUATKIBMB ÉPOQ0B.

Semblée des départements y réufns à Caen, foitnèreBl me armée commandée par le général Wimpfèii) et disposèrem tout pour marcher sor Paris* G'eit et là que partit Thé* roîque Charlotte Corday , jeune Hlle douée d'une âme généreuse, aussi intrépide qu'exaltée. Indignée du mal que quelques monstres faisaient à la France et à la cause de la liberté, elle avait cru rendre uh service Immense à son pays en le délivrant de Marat^ le plus atroce de tous ; elle

Mort de Ic poignarda dans son bain , et mourut sur T^ohafaud avec.

13 jîuûêt un noble courage. Mais l'horrible système de Marat ne ■périt pas avec lui : la situation violente do la répuUique avait mis en fermentation les passions sanguinaires de la multitude; Marat assassiné devint un dieu pour elle; ses restes furent portés en triomphe au Panthéon , et dans toutes les sociétés populaires son buste fut placé à côté de celui du conventionnel Lepelletier Sftint-Fargeau^ qu'«n garde du corps, nommé Paris, avait puni de scm vote régicide en Fassassinant.

Cependant les dangers de la convention redoublaient cl\aque jour : les principales villes du royaume et plus de soixante départements s'étaient soulevés. Un scélérat fanatique, nommé Châlier, émule de Marat, avait voulu re-

Soulève- nouveler à Lyon les proscriptions de la commune de Paris ;

L^ïnet un combat s^était engagé , !a municipalité avait été prise

ytf^^x <i'assaut par les sections , et Châlier décapité. Lyon cepen- ?uilî* dsiï^t obéissait encore à la convention; mais après le 2 juin il se déclara contre elle : vingt raille hommes prirent les armes dans ses murs. Marseille se souleva en même temps ; Toulon, Ntmes, Montauban, suivirent cet exemple, et partout dans ces villes les royalistes s'emparèrent du mouvement : ils appelèrent les Anglais à Toulon , où Famirai Hood entra en proclamant roi le jeune dauphin , fi\s

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Juin

LIVBS IL GHAPITKS II. 299

de Loub X VI, sous le nom de Louis XVII. Bcurdeaux^ éga* lement révolté^ demeura favorable aux proscrits du 2 juiu. Viosurrectiou s'étendait eu Bretague ; les Yeudéens étaient Progrès maîtres de Bressuire , d'A rgentan et de Thouars : quarante rection' mille hommes, sous Gatbelineau, Lescure, Stofflet, la <i<^»"<'* Hochejacqueteio , enlèvent Saumur et Angers , et se Jettent sur Nantes. La situation de la réj^ubli^ue n'était pas plus rassurante en lace de Tétrai^r : l'accord avait cessé entre les généraux, la plupart girondins, et les montagnards ^vainqueurs de la convention. En vain Gustine fut appelé à succès Tarmée du Nord : Mayence capitula après une résistance ^^' admirable, qui valut à ses défenseurs le glorieux surnom de Maymçaii; Tennemi prit Valenciennes et Gondé; la frontière fut entamée, et Tarmée, découragée, se retira derrière la Scarpe, dernière position défensive jusqu'à Retraite

, derarmée

Paris. française

sur la

La convention résolut de faire face à tant de périls, que ^^»n>e. ses propres excès avaient suscités à la France ; elle vota en quelques heures une constitution qui établissait le pur ré- constitu- ^madeia multitude, et qui, reconnue impraticable par ran ii! ses auteurs mêmes dans un temps de guerre générale , fut suspendue jusqu'à la paix. Elle renouvela en même temps un comité redoutable , de création récente, et dont te but était de pourvoir par d'énergiques mesures aux besoins du moment. Ce comité, exclusivement composé depuis le 2 juin de montagnards extrêmes, est fameux dans l'histoire» sous le nom de Comité de salut public. Ses principaux memiires furent Bobespierre , Saint- Just, Gouthon , Gollotd'flerbois , Billaud- Varennes, Garnot, Gambon et Barrère* Geint- ci fut l'omteur officiel du comité» Gambon surveilla les ânances ; Garnot s'occupa de la guerre»

L'agitatioB du peuple était extrême : les députés des mu-

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340 QUàTKlkMl ÉPOQUE.

nicipalités, entendas à la barre de la conveotion^ demandèrent l'arrestation de tous les suspects et la levée en masse de la nation. « Répondons à leur vœu , s*écria Danton. « Cest à coups de canon qu'il faut signifier la constitution « à nos ennemis I Voici l'instant de Jurer que nous nous « vouons tous à la mort, ou que nous anéantirons les ty- « rans f » Le serment fut prêté , et bientôt Barrère, au nom du comité de salut public , proposa des mesures urgentes, qui furent soutenues par des moyens odieux. Tous les jeunes gens de diz-buit à vingt-cinq ans furent appelés sous les drapeaux, et bientôt la France eut sur pied quatorze armées et douze cent mille soldats. Mais la terreur fut mise en œuvre pour subvenir à leur entretien et à leur subsistance; des réquisitions violentes et multipliées frappèrent la classe moyenne ; deux lois terribles furent portées : la loi du tHiiximum, qui obligeait, sous peine de mort, les propriétaires et les marchands à fournir à un prix indiqué comme maximum les denrées nécessaires ; et la loi des suspects, qui autorisait l'emprisonnement préalable et illimité de toute personne soupçonnée de conspirer contre la révolution. La France transformée en un camp pour les uns devint une prison pour les autres. Le commerce et la bourgeoisie fournirent les prisonniers, et furent mis , ainsi que les autorités, sous la surveillance de la multitude, représentée par les clubs , et que la convention voulut à tout prix attacher à sa cause. Chaque indigent reçut quarante sous par jour pour assister aux assemblées de sa section; on délivra des certificats de civisme, et chaque section eut ses comités révolutionnaires.

Succès de Par ces moyens violents la convention obtint des ressour- ▼en^'n. CCS temporaires suffisantes pour triompher de ses ennemis :

Déroute

dertnaée farméc du Calvados fut mise en fuite à Vemon , et^l y eut

LITAB II. CHikPITBB II. ^41

à Caen, de la part des insurgés, rétraction solennelle; "^^^^^^ Bordeaux se soumit ; Toulon et Lyon , après une lutte ^*"®"acharnée, tombèrent successivement devant les armes de la république. La Vendée seule, au nom de l'autel et du succès et

^ . , , , rcversdca

trône, contmua longtemps encore une lutte héroïque et vendéens terrible. Repoussés à l'attaque de Nantes , où ils perdirent riatrépide Cathelineau , les Vendéens se replièrent derrière la Loire, et battirent successivement les généraux republicainsBiron, Rossignol et Ganclaux. Enfin dix-sept mille bommes de Tancienne garnison de Mayence, réputés l'élite de Tarmée , furent transpcurtés en Vendée ; Kléber les commandait sous l'incapable Léchelle, nommé généralissime des armées de la république. Les royalistes vainquirent dans une bataille Kléber et les Mayençais ; mais ils éprouvèrent quatre défaites consécutives à Ghâtillonetà Chollet; et leurs principaux cbefs , Lescure, Bonchamps, d'Ëlbée, reçurent des blessures mortelles dans ces sanglantes journées. Cernés de toute part dans la Vendée , les insurgés demandèrent du secours à l'Angleterre , qui , avant de les seconder, exigea qu'ils s'emparassent d'un port de mer. oésas- Qoatre-vingt mille Vendéens sortirent de leur pays dévasté, ^^f et se dirigèrent sur Grandvjlle ; repoussés devant cette g^jj^jf I^ace , faute d'artillerie , mis en déroute au Mans , ils furent jf^r^f.?^ détruits en essayant de passer la Loire à Savenay. Charette î?f |J! continua la guerre, mais l'Ile de Noirmoutier lui fat en- ^t?n.' levée. L'Achille de la Vendée, Théroîque Henri de la Rodi^acquelein, fut tué par un soldat qu'il avait épargné : sa mort acheva de rendre les républicains maîtres du pays; on commença aussitôt un affreux système d'extermination. La Vendée , vaincue , fut entourée par le général Tliureau de seize camps relraociiés; et douse oolonses mobiles, connues sous le nom de colonnes infernales, parcou-

T. II. u

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242 QUATl^liMfi BtOQyi.

rureot cette mi^heiiieuse eeotrée^ portaBi psrtwit te fkf el la flamme.

Campa- La république triomi^halt eo même teo^ aux fronlièpeff. %5.^ Celle du Nord était la plus forteaieiit menacée : te doc d'York assiégeait Duakerque avec trente-trois miHe ham- Opéra- mes. Freytftg , le teng de TYser, couvrait te siège arec «ne d.f NÎfrd autre armée; et te prince d*Orange commaniail quinze mille Hollandais à Menin. Cent milte soldats de l'armée coalisée, répandus du Quesnoy à la Mmelte» assiégeaîesC des places ou gardaient des passages '. 11 s'agissait d'empêcher l'invasion de la France en coupwat cette ligne îwuû^ dable, et de faire lever te siège de Dunkerque. Hooebard, commandant de l'armée du Nord, se rapprocha tout à couj^ de cette place avec des forces très-infàieures , après me sanglante attaque sur Menin, et marcha d'abord contre te corps d'observation de Freytag. Au premier choc, Freytag recute et son centre repasse l'Yser, pul« il revient à la charge pour dégager son aile droite. Un second et fudeaK combat s'engage, et l'ennemi se retire en nmsse sur te chemin de Furnes, quartier général du duc d'YoriL : U victoire s'arrête au village d'Hondtschoot, où II occupe me posiilStfi tion redoutable. Bouchard le imit , et te tendemain une «^ sti?oot. taque'de front s'engage sur toute la ligne. D'épate tai^ q^ couvrent l'ennemi deviennent le peiot centcal de l'aet

' Pour lire arrec fruit duis cette histoire Texposé des principales opératioBS inilitairei feadant la réYoluim, il ftot lessnâvœ sordU lK>nDe8 cartes de Belgique, d'Allemagne et d'Italie. Les tecteun étn» gers à la profession des armes peuvent se borner à retenir de mémoire les résultats principaux, dont la plupart sont rappelés dans les notes marginales, et ^e fék rétamés dans ma Géographie historique, pmir le» siii Qoftiittoftfoafare la Fmam durant laMrolviM et Pempire, pages/Q-si. .....

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LiTfti II. csAVirra II. %4Z

^àùù ; &àûïk ses poslëtiis sont entevées ; le« Français tcknipb«Bt, «t Fveytag se replie en désovdre sur Fiiraes. La lerée da siège de Dnnkerqoe fat qq des résultats et eette Lerée da vietoire. doot Paris reçut la nouvelle a^eé enthoésiasme. Dunknî

• que. Sep-

Cepcndaut les eoaUsés s'^aient repliés vers le milieu de ^^mbre leur Hgae d'c^rattons , et formaieDt eoewre une masse iin<^ posante entre TËscaut et la Meuse. Yaleneienoes, Gottdé , le QuesBoy , tombés en leur pouvoir, leur domMdent une importante position sur TËseaut ; ils en voulaient «ne également sur la Sambre, afin de se porter ensuite «n avant. La pnse de Maul>euge pouvait les rendre maîtres, nonseulement du bassin de la Sambre, mais encore de tout Fespaee compris evtre cette rivière et la Même : ils inves^ tirent cette place. Le prince de€obourg, commandan(îen investis. (Aef, partami son armée en deux corps : l'un de tMnIe* Ma^a-^

ge par les

dnq n^lle boniiMs, entoura Maubeuge, tandis qu'avec ^^»^^- Fautre corps , de force à peu près ^ale , CM>ourg couvrait le sl^ en occupant les positions de Dourlens et de Watfinies* Boucbard, le vahiqueur d'Hondstehoot, venait d'être remplacé à l'armée du Nord par Jourdan : Gamoty de concert avec ce général, dirigeait les opérations. L'ai-»* taque sur Wattignies fut résolue, et, après une vig^joreose victoire

de Jour»-

résistaBce, le village lut emporté* Cet hearsus snoeès fil! ^^ lever le siège de Maubeuge, ooncealra Farmée eaàtiBée ^J^^-^^ entra l'Esosat et la Sambre, el permit à Jourdan dero- 4^^. prendre l'oUSnisive. Keliermann ^ à la même époque, re- Sm^w], jetidt les Fiémomais au delà d#s Alpes. La Francs peidh

; Pyrénées les Kgnes du Te<^» et êon arasée ftit obligée La France

de 06 replier en avant de Perj^gnaii r les lignes àè ^^^^^^ senriMurgaivaieat aussl^été (breées h fcst par les JArnssieHi *p^i ^^5 AutrlcMensisonsBmaswtekel Wurmser; mais w^L^. et Intid^ HMie, à la téle^ naMMéed^rlaMes ^'"^

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344 QUATBIÈMI ÉPOQUB.

Jonction s^iig^ ^ porta, par une marche habile, sur le flanc de

f^ a Wurmser, et l'ayant fait reculer, opéra sa jonction avec

Miie^Re^ rarmée du Rhin> Brunswick suivit le mouvement rétro-

coaiisés. grade de Wurmser; dès lors les deux armées françaises

oombinées se portèrent en avant, et campèrent dans le

Palatinat. La France, dans sa lutte contre l'Europe, avait

recouvré tout ce qu'elle avait perdu, hormis Condé, Ya-

lenciennes et quelques forts dans le Roussilion. Les puis-

sances coalisées n'avaient rien obtenu, et s'accusaient ré^

ciproquonent de leurs défaites.

La gkmre de la France était alors tout entière dans ses armées , qui semblaient rivaliser d'efforts pour effacer Topprobre dont un atroce gouvernement flétrissait la république aux yeux de TËurope. Le comité de salut public poursuivait le cours de ses impitoyables exécutions. « Il « faut , » avait dit l'exécrable Saint- Just en faisant décréter le pouvoir déœmviral jusqu'à la paix, «^ il faut que le tt glaive des l<rifi se promène partout avec rapidité , et que « partout votre brad soit présent. » Ainsi fut créée cette €om|tô puissance terrible qui finit par se dévorer elle-même. L'ao- ^mn ^^^ executive était concentrée dans les mains de ce "*^' comité^ qui disposait de toutes les existences et da toutes les fortunes. Il avait pour appui la multitude, qu'il nourrissait avec le maximum , et qui déiil>érait dans les dubs ^B^ et gMvemait dans les comités révoiationoaires. Après i^iS^m. chaque victoire de la république sur ses ennemis de IHntérienr,. il ordonnait des exécutions atroces ou d'horribles massacres : Barrèi^ fit prononcer un effroyable anatbème contre \a ville de Lyon, dont le nom môme dut dispa^ nitre, dt être remplacé par oelui de Commmne-Àffranekiê. Gollot d'Herbois, Foocbé, Goathon, furent les imptoyaUes exéenteiirs 4i»«rrêts 4hi wmiXé etiitre celle elle maUmi-

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LIYBB II. CHAPITBB II. 345

rense : Tëchafaud était trop lent pour leur vengeance , et la mitraille foudroya , sur les places publiques, les insurgés vaincus.

Toulon, Caen, Marseille et Bordeaux devinrent le tbéâtre de scènes horribles. A Paris, les plus illustres Tictimes et les chefs de tous les partis abattus portent leur tête sur i'éehafaud : la reine Marie-Antoinette et Bailly suppuce

•^ de la

meurent ainsi à peu de jours l'un de l'autre, et d'exécra- 'Jjjf^'jî" blés circonstances ajoutent à l'horreur de leur condamna- /^JJtobrc tion et de leur supplice. Les girondins , proscrits au 2 juin, suppfîoe les suivent de près , au nombre de vingt-deux , et mar- rondins". chent à la mort avec un stoïque courage; le duc d'Orléans n'est pas épargné; Barnave, Doport-Dutertre, sont immolés, et avec eux les généraux Houchard, Custine, Biron, Beauhamaiset nombre d'autres; Pétion et Buzot se frappent eux-mêmes : on trouve leurs cadavres à demi dévorés par lesjoups. Madame Roland meurt sur l'écha* ûtud; son mari, à cette nouvelle, te tue sur un grand chemin. Tous les girondins fugitifs sont mis hors la loi. Deux cent mille suspects sont incarcérés ; le sang coule dans toutes les villes ; on détruit les châteaux, les couvents, les églises; les monuments des arts sont abattus; la terre manque de bras pour la féconder, et la disette ajoute aux fléaux qui dévorent la France. Le crédit public était anéanti , on suppléait à toutes les dépeiues par la vente des biens des proscrits > et par des mesures despotiques soutenues par la terreur. On voulut consacrer par une ère nouvelle une révolution inouïe : on changea les divisions de Tanoée, les noms des mois et des jours, et le calendrier chrétien fut remplacé par le calendrier républicain. L'ère aiennonveile data du 22 septembre 1792, époque de la fonda- pabtfcain. tion de la république. Il y eut douze mois égaux de trente

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jmr% :ve$Hiémi0ke, brumaire, frivimre, pmir rcitomae; mvùse s ^lum&se, ventât ^ pour l'hivor ; germitwi, floréal ^ prairial , pour le printemps ; enfin , messiior, ther* midur ^Jmmtidor, pew Ir'été. lieftctoqjoar^coiBplémentaiiies de l'aonée reçsr/mt le nom de sans^ulottiàes^ CetaU pe«i eocoi^ peur la ooaim«Be de Paris, dirigée par l'iuttne Chaumette » par son gabsUUit Hébert, pla& iofâîne encoce^ par Ronsin, générai de l'armée révolttUofiaaire; et par TatMe Anachar^is Cloetz; elle obligea Tévéc^ constitutionnel de Paris et son vieaire à abjurer le cbristiani^me à Ja barre de la couYentioa , fit décréter pour ^sulte Culte de celui de la Raison^, et instituer des fêtes qui deviorekit de

la Raison. ' i ^

impi^. scandaleuses scènes de d fauche et d'albéiscoe ; c'est là seiidement, au dernier terme du crime et de la folie, que fut arrêté le oMuvement révedtttionttalre de la eoinmme* Paryeaue à ce poiiit de démeaoe , le comité de salut piAlk se diéeiara ctntre elle*, et Eobespierre fit interdire par la -tonventlon toutes mesure «oa^ire à la liberté des cultes. Dattten et ses amis, CamUle Desmeulins, Phttipfeaux, Lacroix , Faère d'Églantine^ Westermann , densaedaieat beaucoup plus : ils désiraient rétablir l'ordre l^al, et, pour y panrenir, ils vcalureiit arrêter Taction du tribunal révolutionnaire , vider tes pris<»fô reaif^iesde suspec^^ et dissoudre les comités. Camille Desmoulins rédigea, dans ce but, iom le nom de Vieuœ Corâelier, un journal fa»» droyat^ contre le despotisme des dictateurs* Bobespierpe était parmi eux le {^ redoutable : Camille et ses amis dierchent à le gagner; mais EM>eapierre les joue^ et, a£fettnskt la nentralrté entre les partis , 11 médite d'abattre leurs chefs lésons après les autres. Ses collègues au comH^ de satut pubMeétaleirt furieux contre Camille et les danlottistes^: il leur Mvre cenx-ci , et obtient, en retour des pre*

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94 mars

UVftI II. (»AP1TBB 91. 147

mkfs, la tête d'Bébert, de GlooU, de Chaumette, de RoQsm, et des frineifaiix anareinstes de la coitiatuiie : puis, ee pacte conclu , il maafte à fo tFibune , et dénoDoe à la c(Mivevlioii , comme ennemis de la répabliqne, d'une {Mirt , les ulIraHrévolutKmnaires , 'el d'autre part , les dantODlstes , qu'il désigne sous le non> de modérés. Saint- Just pofk dans ie même sens , il tonne cantre ceux qu'il nooiHie les ennetnis de la vertu ^ de la terrer, et fait donner au §^vereement , pour les pu»ir, les pouvoirs les plus étendus. Les anarchistes de la cofnnrane, Hébert, Clootz, chute de

' ' la cora-

Mofisin et teors complices , sont les premiers saisis et con- ^^^^ danmés ; ta plupart meurent en lédies ; l'armée révolutionuaire est cassée, et la convention obH^ la commune à venir lui rendue grâce , à sa barbe , des actes mêmes qui amiulaieot son pouvoir. Le tour de Bamton et de ses amis était venu : représentants fameux de Taticienne Montagne, lewi noms, celai du clœf surtout , sevibiaient encore tout^ulssants. Averti des projets d'attaque de ses ennemis , Dmtoii rendit, oomme autrefois le due deOuise : Ils n'ose-raient! mais le comité comptait avee raison sur la terreur de l'assemblée : les dantonistes sont arrêtés le i 0 germinal ; Robespierre empêche c^'iis ne soient entendus dans l'assemblée : « Nous verrons en ce jour, dit-il, si la convention « saura briser ane prétendue idole pourrie depuis long- « temps ^ ou si cette idole, dans sa diute, écrasera la con- *< ventien et le peuple français. » Saint-Just lit le rapport eoatre les prévenus; et rassemblée , en proie à un effioi >tupide, décrète leur accusation. Traduits devant le tri^ boual révolutionnaire , ils se signalent par leur audace et par leur mépris pour les juges ; ils sont condamnés : « On « ftous immole, s'écrie Danton, à l'ambition de quelques « lâches l)rigands ; mais ils ne jouiront pas longtemps de

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248 QCATBIBMS éPOQUB.

« leur victoire.... Tentraliie Robespierre.... Robespierre d^^'^San^ " me suit. » Ils marchèrent avec assurance an supplice, ^ravru ' AU milieu d'une foule silencieuse : depuis lors aucune voix "*** ne s'éleva plus de quelque temps contre les décemvirs, et la convention décréta que la terreur et toutes les vertus étaient à Fordre du jour.

Pendant quatre mois le pouvoir des deux redoutables ' comités , l'un de salut public , l'autre, de sûreté générale, s'exerça sans retenue, et la mort devint le seul moyen de gouvernement. On inventa les conspirations des prisons , et les envoyés du comité de salut public remplacèrent dans les départements ceux de la Montagne. Ce fut alors que les proconsuls Carrier dans la ville de Nantes , Joseph Lebon dans celle d'Arras, Maignet à Orange, se signalèrent par des atrocités inouïes. A Orléans, les principaux habitants furent égorgés; dix-sept jeunes filles de Verdun, accusées d'avoir dansé à un bal donné par les Prussiens ^ moururent le même jour sur Téchafaud; à Paris , parmi les plus illustres victimes de cette époque , on cite les maréchaux octogénaires de Noailles et de Maillé, les ministres Machaud et Laverdi, le savant Lavoisier, le vénérable LamoignondeMalesberbes,et, avec eux, d'Espré^ menil, Thouretet Chapelier, tous trois membres de l'assemblée constituante, enfin l'angélique madame Elisabeth, dont Blllaud-Varennes demanda le sang. « Il n'y a que tes « morts qui ne reviennent pas ! » disait Barrère. — «Plus le '^ corps social transpire , répétait Collot d'Herbois , plus il « devient sain ! » Parce régime infernal, Robespierre et le fanatique Saint- Just annonçaient vouloir établir le règne de la vertu ; ils s*associèrent le paralytique, et impitoyable Couthon , et formèrent ensemble, au sein même du comité, un redoutable triumvirat qui, en s'isolant, se perdit;

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LIVIB II. CHAPITIB II. 249

mais, avant àe se désunir, les déeemvirs teirtèrent de j^er les fondements de nouvelles mœurs et de nouvelles institutions. Robespierre , qui régnait par le meurtre , sentait néanmoins que Tordre social , sous peine de dissolution , doit reposer sur une base religieuse; il avait en conséquence fait décréter, par la convention , que le peuple français reconnaissait Texistence de Dieu et Timmortalité de rime ; il fit ensuite dédier des fêtes décadaires à PÊtre suprême , à la Vérité , à la Justice , à la Pudeur, à VAmitié, à la Frugalité, à la Bonne- Foi , au Malheur. Considéré par ses fanatiques admirateurs comme le principal fondateur d'une démocratie morale, et comme le nouveau pontife de TÉternel, il parvint au plus haut degré de la puissance.

Le 20 prairial , jour consacré à la fête de l'Être su- Fjkte de

l'Etre suprême, fut pour Robespierre un jour de triomphe. Prési- ^P^J^Jf^^i

dent de la convention , il marche à sa tête , seul et à vingt (*^^) pas en avant d'elle ; il est Tobjet de l'attention générale ; sa figure rayonne d'orgueil et de joie, il porte dans ses mains des fleurs et des épis et s'avance ainsi vers l'autel; Jà il harangue le peuple en grand prêtre. On espérait désormais un régime plus doux, mais il termina son discours par ces paroles : « Peuple, livrons-nous aujourd'hui aux « transports d'une pure allégresse ; demain nous combat- « trons encore les vices et les tyrans. » Les exécutions recommencèrent, et le lendemain, 21 prairial , Robespierre fait présenter par Couthon un exécrable projet de loi, dont les dispositions sanguinaires sont au besoin applicables à tous les Français. Ce projet refuse des défenseurs aux accusés, les faitjuger en masse, et ne donne d'autre règle aux jurés que leur conscience : il est adopté. Fouquier-Tainville, accusateur public, et les juges ses

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9êt . QUàTBIÈMB BtOtiI««

CMspUcta, mtobte^àu U^inial réveistioiMHike, peuvent à peintt suffire au jugement des proscrits ; cinquasle vioë* meS) à Pam, sont ttfatnéeft par jour au suf^lke; réchaÛNid est traospevté dans lelaobourg Saint- Antoine, et on acpwdue est eenstrait pour reeevek et router le jemg hueaain.

campa- L'iumiortslle campagne de 1794 avait < 'ÏtÎm.^ cet exécrable régime. La frontière do Nord était encoïc, eomme l*année précédente^ iz grand théâtre de la guenw. Opéra- Les Français occupaient ^ comme positions principales, Fiand^?. Lille, Guise et Maubeuge : Pichegru les comodMidait, Joardan ajant quitté lecommandemeat en chef de Taraiée du Nord pottT celui de la Moselle. Le prince de €obo«vg, Blocus de chef dçs coalisés , commença les opérations par le blocus cief. de Landnectes avec «me masse d'environ eaxt miMe hommes ; les Anglais, sous le duc dTork, oouvrirent le bloeus vers Cambray ; et Gobourg lui-même, avec un cerps nonbreux, s'étaMk en observation du eèté de Gkiise, laocfo qoe 4e générai autrkhien Glalrfait étendait ses forces en avant de Menin et de Gourtray. Telle étmt la dtsposîtîen des deux armées, lioraque l'invasion de la Fhndre par l'aile gauche de Tarmée âvnçaise fut résolve. Les généraux Victoires Souham et Moreau se portèrent rapidement de Lille sur fat

de Sou- , , '^ '^

hametde droite dts ennemis, et remportèrent à Moncroën une pee- Moucroën mière vietoHnefeur Clair£nt. Jourdan, alors, reçut Tordre ^^""^"^ de détacher quarante-cinq mille homotes de l'armée de Ja Moselle, et de se porter à marches forcées sur la Sanafoie et la Meuse, pour léeraser la gauche des coalisés : ee plan assura le suooès de la tauipagne. £n vain eeux-ci essayèrent-ils de couper l'armée firançaise par une marche hardie sur Tbroeing, eBtte.Ulle>et Gonrtray; le général Soubam nenporta une victoire emnpMe sur le duc d'York à Twt^

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Ll^TftS II. CKAMTmB II. S51

ooiog. L'anen se ralila devane ToorMry ; il arrêta notre acmée tietorieote, et LaBdreeies sQecmnbft. Mais Joardan arrivait avec Tarmée de to Moselle, il joignit l'armée dn Jonction Nofd : qaatre^0gt-dix BSiHe bonmieB allaient prendre J^^£^' l'eUensive avec sneeés; la ^Icte^re de Tarèoing nmw en ^eVL^?i présageait d'autre», et nos deux ailes menaçaient d'enve- dîTCd^. Jopper l'ennemi. Pidiegm se porta en avant sur la gauche ^^ vS"^ des Autrichiens, et assiégea Ypres ; attirant à dessehi Clair- ii!:og!èdc. fait au secours de la ville, il le vainquit à Hooglède, tanéis que Joordàn -inrestissait Chart^roi et occupait déjà les bords de la Sambre. Le prince d'Orange, pids Gobourg, marchèrent à la cféUvraiiee de eette place ^portante. Isurdan, repoussé ptusieurs fais, franchit de nouveau la rivière, et s'empara des hauteurs qui bordent les plaines deFleurus, déjà glorieuses pour la France sons Louis XIV. ^f^'/iiJif. Là se Ihrm, le 16 Juin 17^4, une nouvelle bataille. Les To^Ve^de' deux armées étaient à peu près égales, et quatre* vingt ^^t^juln mille hommes ^de -chaque c6té prirent part à Taotion. "^*' Ctoleroi ^nail de tomber au pouvoir des Français; les «memis ignoraient ce revers, et les forces combinées du prince d'Orange et de Cobourg fondirent »ir Joinrdan, dims le but de délivrer la place. Kléber, Ghampionnet, Lefd^vre, Maree»u, commandaient nos divisions; Kléber, par une dmr^ vlgoonuse, repousse la droite des coalisés ; Xourdaa 'ftdl âédiir U centve et la gsmehe. L'emiemi, d^ ttradlé,treeDiloait eafm q«ie Ghartenil, qu'M vient dé*feadrt,a 8«ocoiabé; il hésite, neoole, et la* victoire 09C gagiée» Qtboarg ordoKM la retraite, et se dédie à ooneantper livrtès sesfovees vers Bpuxdies, pour couvrir cette eapitaie. Piohegni lefap« ée vitesse, et bkntét BruxeUes ^j^\^ est oceupé:p»rl- armée du Nord, «ous ses ordres, et par celle ^pS^Ï deloordan, qui seçolt le nom d'armée de Sambre-et-Meuse. joufdw?

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3â2 QUATBIIMB BFOQIII*

Reh^l^ Les ennemis, dispersés, reculent vers la Meuse et le ennemis. k^Iq; |a Fraucft recoQvre toutes les plaees qu'elle avait perdues» et fiiit de nouvelles conquêtes. ^Jamais nos armées » en Belgique, n'avalent été plus nombreuses et plus redoutables : Pichegru commandait « soixante-dix mille hommes présents sous les armes, Jourdan cent seize mille. L'administration, épuisée par tant d*efforts, ne pouvait suffire ni à Tentretien ni à l'équipement des armées; mais les soldats savaient se passer des objets les plus nécessaires : ils ne^campaient plus sous les tentes, ils bivouaquaient sous des branches d'arbres : les officiers, sans appointements, vivaient comme le soldat, mangeaient le même pain, marchaient à pied comme lui et le sac sur le dos : l'enthousiasme de la victoire soutenait ces armées immortelles.

Pichegru poursuivit sa marche vers rerobouchure de

l'Escaut et de la Meuse, acculant à la mer le duc d'York

et les Anglais, tandis que Jourdan occupait la Meuse de

Liège à Maêstricht, en face de Clairfait et des Autrichiens.

Il s'agissait, pour Jourdan, de franchir ce fleuve, afin de

gagner la rive du Rhin ; et pour réussir, il fallait forcer

les lignes de l'Ourthe et de la Roer, affluents de la Meuse.

Victoires II livrc successlvemeut deux batailles sur ces deux riviè-

daaTJir' rcs, remporte deux victoires, poursuit Clairfait jusqu'au

Consulte ^^^°) s'empare de Cologne, et assiège Maestricht. L'armée

du RUn.l ^u ^^"^ gagnait aussi la rive de ce fleuve; Bois*le-Dttc et

Venloo avaient succombé devant elle. Le duc d'York ,

inhabile et malheureux dans toutes ses opérations, éva-

ÉYsena- cualt le tcrralu compris entre la Meuse et le Wahal, l'une

riîet^^ des branches du Rhin, et se repliait vers Nimègue sur

waiia? le Wahal, où Pichegru vint bientôt le braver; le 8 no-

parledac ' ^ . , ,

d'York, vembre enfin, cette importante place tombe au pouvoir

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LIVBS II. GHAPIT&B II. 953

des Français. Ce dernier et brillant soceès terminait au Piciwgra nord cette glorieuse eampagne ; l'armée entra dans ses nu^. cantonnements : rapproche de l'hiver et le débordement des eaux firent suspendre jusqu'au printemps Tinvasion de ia Hollande.

Le contre-coup de ces heureux événements se fit sentir succès <ie aux armées de la Moselle et du Haut-Rhin, commandées à rest^de

Dugom-

par le général Michaud. Les Prussiens qu'elles avaient eu mieret faee^ n'étant plus soutenus par les Autrichiens au nord, »» """«^ n'osèrent tenir devant ces armées dans les Vosges ; ils repassèrent le Rhin , et il ne resta aux coalisés, sur la rive gauchedu fleuve, que Luxembourg et Mayence, dont le comité de salut public ordonna le blocus. Nos armes triomphaient à la fois au nord , à Test et au midi : Dugommier et Moncey réparèrent promptementde premiers revers sur les frontières d'Espagne : ils chassèrent les Espagnols de France, et pénétrèrent dans la Péninsule, ou Moncey s'empara de Saint Sébastien et de Fontarabîe.

Tel était l'état prospère de la France à l'extérieur, lorsque, las et dégoûtés des atrocités qui la souillaient à l'intérieur, un certain nombre de montagnards résolurent d'y mettre un terme et de venger Danton, Camille Des- conim/Lmoulins et leurs amis égorgés : à leur tète étaient Tallien , tieR^ Bourdon de l'Oise etLegendre : ilsavaient pour appuis, ^^^'^' dans le comité de salut public, Billaud-Varennes et Collot d'Herbois, tous deux jaloux de Tautorité des triumvirs; et dans celui de sûreté générale, Yadier, Voulant, Anoar, qui tenaient tous à la faction renversée de la commune. Robespierre, irrité de leur sourde résistance, voulut les abattre et les immoler; ceux-ci sentirent qu'il fallait le prévenir^ sous peine de devenir ses victimes. Ils l'aocu-

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ièreiM d*iborâ de tymimle dans les comités, €it le d^sigaèrenl sovs le nom de Pisistfale ; p«is ils hti reproehèreet riateatioB de se fdire passer pour un envoyé de Dieu , en fovorisaDt de mystérieuses assemblées tenues par Taneien chartreux dom Guérie et une fanatique ridicule , nommée Catherine Théot, qu'ils en^reyèrent à la mort malgré hii. Ro))espierre, de ce moment, ne parut plus que rarement dans les comités , et établit le centre de son empire aux ' Jacobins : ce fut là qu'il dénonça ceux qu'il nommait les dantonistes. Tout-puissant -dans ce club, mattre du bas peuple, soutenu par le maire Fieurlot, par Hénriot , cooh mandant de la force armée, par le tribunal révolutionnaire, dont tous les membres étaient ses créatures, il crut pouvoir entreprendre l'attaque au sein même de la convention , et le 8 thermidor il y dénonce les comités : on l'écoute en silence , puis H éprouve un premier échec ; son discours est renvo3'é à l'examen de ces mêmes comités qu'il accuse. Il se rend le soir aux Jacobins, où il exhale sa colère : il est reçu avec enthousiasme; tout s'y prépare pendant la nuit pour une insurrection, tandis qu'une Kgue se forme parmi les conventionnels, en&e les dantonistes, la diroîte et le Marais.

OMrte de La s^ncc du 9 themridor s^ouvre sous ces auspices nie- Robes- • SSÏÏi- ï^^Çû^^s : Saint- Just monte à la tribune, en face de lui est

%i\S assis Robespierre ; Tallien etBillaùd interrompent Saint-

"^^' Just, et commencent l'attaque; Robespierre s'étance pour

leur répondre : A bas le tyran! s'écrie-t-on de toutes parts.

Tallien agite un poignard, et menace d'en percer le cœur

de celui qull nomme un nouveau Cromwell; il obtient

farrestation d'Henriot et la permancfnce de l'assemblée.

Barrère la fait placer sous la gardé des secHons armées.

«Occupons-nous du tyran, » reprend Tallien ; mille cris

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UWIW 11. GKAPITAl II. £46

menaçants «mpêotieui E^Mspierfe d'être enteidu; ilisNt e&core un effort, et ft'éerfe : « Président de» assassins, pMur « la dernière foift me donneffas-tu la.parole? » U ne peut l'obtenir; il s^agite eotnme un fwriénx ^ pnrooiirt les Isanes de l'assemblée, s'adresse en suppliant aux n^mbms de la droite, qui le r^ttentavee hocrear; enfin il retombe à sa plaoe, sans f<Hree et sans parote : « Malheureux , lui dit «n <* membre , le sang de Danton t'étouffe. » Son arrestation est aussitôt proposée : son frère et Lebas demmident à partager son sort : l'assemblée ordonne à l'unanimité qu'Us soient saisis avec Robespierre, Couthcm et Saii^^Just, et livrés aux gendarmes. « La république est perdiue , dit Bo* « bespierre ; les brigands triomphent I »

La victoire cependant demeurait indécise ; les jacobins aussi s'étaient mis en permanence, jurant de D»)urir, disaienMU, plutôt que de vivre sous le crime; les députés municÉpaux se rendaient dans leur chib ; Henriot courait les rues, le sabre à la maia, criant : Atcx armes J mais U estaiTÔté avec l'agent national Payan, et chargé de liens. Les sections (Nrennent les armes, la convention les appelle à sa défense ; pendant le jour elles sont victorieuses , et le soir les insurgés reprennent l'avantage : ils marchent en masse sur les pristms, et délivrent Robespierre, ilenriot et toracdmpiioes. Henri^ fait aussitôt cerner la convention, et pointer sur elle les canons ; l'effroi règne dans l'assemblée, à Jaquelie rimminéuce du péril inspire une résolution énergîqiiie : Hernie est mis hors la loi ; ses canon^iers r e£ii* sent de iaite feu, et^e replient avec lui sur l'hôtel de ville : ce refus décide du succès de la journée. La convention prend à son tour l'offensive; elle attaque la commune et met les membres rebelles hors la loi. Barras est nommé coffloMadMA^ea^cbef de la force armée ; les bataillons des

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35 6 QUATBIBMI BPOQUB.

sections Jurent de défendre l'assemblée , et dMlent dans son sein , animés par Fréron. « Partez, leur dit le prési- « dent, afin que le jour ne paraisse point que la tète des « conspirateursnesoit tombée. » Il était minuit : on marche sur la commune, où Robespierre, porté en triomphe, restait immobile et comme paralysé par la terreur. On lit sur la place de Grève la proclamation de l'assemblée qui met la commune hors la loi : les groupes se dispersent aussitôt, et laissent la place déserte. L'hôtel de ville est investi aux cris de Vive la convention/ Le désespoir et la rage s'emparent des proscrits : Lebas se tue, Robespierre jeune se précipite d'un troisième étage, et survit à sa chute ; Couthon se frappe d'une main mal assurée; Coffinhal accable Hen* riot d'imprécations, et le jette d'une fenêtre dans un égout; Robespierre demeure immobile et pétrifié par l'irrésolution et l'épouvante. Les vainqueurs forcent les portes et montent rapidement ; un gendarme ajuste Robes{^rre et lui fracasse la mâchoire d'un coup de pistolet' : on le saisit, ainsi que ses collègues et les principaux membres de la commune. Ils sont jugés, le lendemain, par ce même tribunal révolutionnaire qu'ils ont alimenté si longtemps de victimes et qui à leur tour les envoie au supplice. Une foule immense se presse autour de la charrette où Robespierre, la tête enveloppée d'un linge sanglant, était placé entre Henriotet Couthon, mutilés comme lui: on se félicite, on s'embrasse à ses yeux, on le maudit , et au moment où sa tête tombe sous le couteau, de longues salves d'applaudissements se font entendre. La France respire , et le règne de la terreur est fini.

' On avait cru jusqu^à présent que Robespierre avait tenté un suicide. M. de Lamartine a détruit Terreur générale sur ce fait

{Histoire des GiroiuUns.}

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LIYBS If. CBAPITEB III. 257

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